« On voit tout ce qu’on ne voit pas normalement” : quand la psychiatrie se rend au domicile des plus âgés »

Revue de presse du 8 octobre 2026

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 Date de publication : 8 octobre 2026  https://www.mediscoop.net/index.php?pageID=34a67dc4ac3231fb10f14fa42b5f4bbf&id_newsletter=24408&liste=0&site_origine=revue_mediscoop&nuid=44baf5968540a6248a8065e80f2f7273&midn=24408&from=newsletter&slnk=10

Temps de lecture: 3 min


Esther Serrajordia indique en effet : « À l’occasion de la Semaine bleue, consacrée aux retraités, La Croix se penche sur le rôle crucial de la psychiatrie à domicile. Nous avons été autorisés à suivre l’équipe mobile dédiée au sujet âgé de l’hôpital Corentin-Celton AP-HP (Issy-les-Moulineaux), l’une des 27 qui existent en Île-de-France ».


La journaliste note ainsi : « Sans blouse blanche, difficile d’imaginer qu’elles sont professionnelles de santé. Taous Cherrou est pourtant docteure junior et Magalie Gil, infirmière. Toutes deux travaillent au sein de l’équipe mobile de psychiatrie du sujet âgé de l’hôpital Corentin-Celton. […] Spécialisées en géronto-psychiatrie, elles se rendent au domicile de patients âgés ou à l’Ehpad à la demande d’un médecin, afin d’évaluer leur état psychiatrique ».


Magalie Gil précise que « ce ne sont pas forcément des gens qui ne peuvent plus se déplacer, mais des patients qui souffrent de troubles psychiatriques et sont en rupture de suivi ».


Esther Serrajordia explique : « La Dre Cherrou s’installe à côté du patient, allongé dans un lit d’hospitalisation à domicile. […] «Comment puis-je vous aider ?» «Je voudrais que vous me donniez du Rivotril pour mourir, répond l’homme, âgé de 71 ans. Je suis alité depuis 2 mois. Je ne sais plus ce qu’est le sommeil, je n’ai plus d’appétit, les douleurs sont permanentes, je suis faible» ».


« D’une voix lente et douce, la Dre Cherrou reprend. Elle commence par évaluer les capacités cognitives du patient, lui demandant la date du jour ou encore son numéro de téléphone, avant de revenir sur ses antécédents médicaux. […] Pour poursuivre son évaluation, la médecin l’invite à raconter son parcours de vie, son métier, ses amis, son entourage », continue la journaliste.


Elle relève que « l’un des principaux intérêts des visites à domicile est de pouvoir observer directement l’environnement du patient, permettant aux soignants de recueillir des informations difficilement perceptibles lors d’une consultation dans un cabinet, et de mieux distinguer ce qui relève de troubles psychiatriques ou cognitifs ».


Magalie Gil déclare ainsi : « On voit tout ce qu’on ne voit pas normalement. À ces âges-là, la zone est souvent floue. De nombreux troubles cognitifs démarrent par une dépression. Quelqu’un qui n’a aucun antécédent psychiatrique et qui, d’un coup, se met à en avoir à 95 ans, ça cache quelque chose. D’autres fois, c’est la fin de vie ou des douleurs qui se manifestent par des troubles du comportement parce qu’ils ne savent pas l’exprimer autrement… ».


Esther Serrajordia note que « cette expertise en géronto-psychiatrie permet notamment d’éviter des hospitalisations ou des passages aux urgences, particulièrement délétères pour les personnes âgées, et de favoriser leur maintien à domicile ».


La journaliste conclut qu’« après leur réunion hebdomadaire à l’hôpital, les médecins préconiseront pour [ce patient] un traitement antidépresseur également efficace sur les douleurs neuropathiques dont il souffre ».

Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

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