« Le centre hospitalier de Compiègne (Oise) a ouvert en 2024 un plateau technique à la pointe de la technologie » il fonctionne a moitié !

« “C’est une coquille vide” : 35 millions d’euros pour un bloc opératoire fantôme pendant que l’hôpital de Compiègne s’écroule »

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 Date de publication : 5 octobre 2026 https://www.mediscoop.net/index.php?pageID=82c058defdb9d3831173822557640187&id_newsletter=24398&liste=0&site_origine=revue_mediscoop&nuid=44baf5968540a6248a8065e80f2f7273&midn=24398&from=newsletter&slnk=10

Temps de lecture: 3 min


C’est ce que titre Le Parisien, qui observe que « le centre hospitalier de Compiègne (Oise) a ouvert en 2024 un plateau technique à la pointe de la technologie. Deux ans après, il fonctionne au mieux à la moitié de sa capacité, faute de personnel, tandis que des services ferment ou sont en difficulté. Des médecins lancent un appel à l’aide ».
Stéphanie Forestier remarque ainsi : « 5849 m2, 13 salles de bloc opératoire avec deux robots chirurgicaux, 3 salles de pré-travail, 4 salles d’accouchement, 17 cocons de réveil, 8 chambres fermées… Un investissement de 35 millions d’euros ! ».
La journaliste souligne que « derrière les chiffres, c’est une tout autre réalité qui se dessine. Si l’équipement devait être un aimant à médecins, autant qu’une promesse d’amélioration des soins pour nos patients, il n’en est rien. Au contraire, «cet hôpital dans lequel on a investi des millions crie sa souffrance», soupire la [Dr Cécile Laterza, cheffe du service de chirurgie orthopédique et cheffe du bloc opératoire] ».
Stéphanie Forestier note qu’« après deux ans d’activité, les professionnels dressent un constat amer et, le 21 septembre dernier, la commission médicale d’établissement (CME) a adressé une lettre ouverte à sa direction et à l’Agence régionale de santé (ARS) ».
La journaliste indique qu’« à son ouverture, le plateau technique comptait 7 anesthésistes et déjà, ces derniers se disaient en sous-effectif. Désormais, ils ne sont plus que 4. Les conséquences sont désastreuses ».


La Dr Laterza déclare qu’« on ne peut pas opérer si on n’a personne pour endormir le patient. On compte un anesthésiste pour deux salles d’opération. […] Avec le jeu des intérimaires qui viennent ou pas, à la fin, on ne sait plus qui a endormi qui ou qui était là quel jour. On finit par prioriser les patients de la façon suivante : lui a été déprogrammé deux fois, il doit être opéré. Lui une fois, on peut l’annuler ».
La praticienne ajoute que « ça touche tous les services.

En cardiologie, on déprogramme des opérations pour mettre des pacemakers, par exemple. Ça décourage les patients et c’est épuisant pour les chirurgiens ».
Stéphanie Forestier note que « le découragement gagne quoi qu’il en soit tout l’hôpital. «Le château de cartes s’écroule», résume un médecin. Les services se dépeuplent. Les départs ne sont pas remplacés. […] Les soignants en colère implorent la direction d’être «moins administrative, plus compréhensive» ».
La journaliste évoque « une situation économique fortement dégradée pour l’établissement. En 2019, avant le Covid, la chambre régionale des comptes (CRC) alertait sur l’endettement important du CHCN, à hauteur de 40 millions d’euros, évoquant «une trajectoire financière [qui] n’était pas soutenable». La direction n’a donc plus le choix que de faire des économies, mais cette politique a un prix ».
« L’ARS, qui se dit «pleinement mobilisée» sur le sujet, indique qu’elle va injecter «des aides financières supplémentaires et financer des audits pour identifier les leviers d’amélioration possibles». […] La direction, elle, invoque un «contexte de pénurie national» de médecins.

Catherine Latger, la directrice, annonce néanmoins «le recrutement d’une anesthésiste temps plein au 1er novembre, ainsi que l’arrivée d’un docteur junior» », poursuit Stéphanie Forestier.

Commentaire Dr Jean SCHEFFER

Un scandale évitable au détriment de l’accès aux soins et qui pousse les patients à se faire opérer en secteur lucratif avec des dépassements d’honoraires

Pourtant il y une solution pour résoudre cette situation inacceptable, et toutes les autres similaires de plus en plus nombreuses, c’est « Le Clinicat Assistanat pour tous ».

Les déserts médicaux ne sont pas qu’en médecine générale. Ils sont dans les hôpitaux (40% de postes vacants dans nos hôpitaux généraux), en PMI, crèches, médecine scolaire et universitaire, médecine du travail, pénitentiaire, santé publique… La seule solution pour résoudre en même temps tous ces manques, c’est un « clinicat-assistanat pour tous » de Deux à trois ans en fin d’internat pour tous les futurs généralistes et spécialistes. A l’image de l »Assistanat partagé « entre CHU et Hôpitaux généraux dans toutes les spécialités, ces chef de clinique-assistants exerceraient une partie en CHU ou Hôpital général et une autre partie dans tous les postes non pourvus y compris en centres de santé et maisons de santé libérales. Je l’ai proposé à de nombreux syndicats, responsables administratifs et politiques, y compris à Mr Garot. Malheureusement il n’ y a que l’association des maires ruraux et l’association  de citoyens contre les déserts médicaux (ACCDM) qui ont repris cette proposition.

Pour plus d’information: « Vision Globale -Solution globale »: https://1drv.ms/w/s!Amn0e5Q-5Qu_sAoKetf_T8OKk2Io?e=GfjeRj?e=4YzGt2

On peut suspecter les gouvernements successifs de laisser pourrir la situation afin de favoriser dans de nombreuses villes l’essor du secteur lucratif. On assiste même à la création dans les grandes villes d’Hôpitaux privés lucratifs, suite à la fusion d’anciennes cliniques, qui sont gérés souvent par des fonds de pension (Ramsay, Elsan, Clinipole, Vivalto, Almaviva Santé…). Elles font même concurrence à nos CHU, à tel point que certains postes d’agrégés sont vacants. (

voir: https://environnementsantepolitique.fr/2026/10/05/derriere-les-enseignes-des-cliniques-francaises-quelques-groupes-nationaux-ont-ouvert-leur-capital-a-des-fonds-des-assureurs-des-investisseurs-souverains-et-des-soignants/)

Dr Jean  Scheffer cardiologue, ancien médecin chef au CH d’Albi

Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

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