La Drees détaille les revenus d’activité des médecins exerçant au moins en partie en libéral, spécialité par spécialité *. En 2021, ils s’élèvent en moyenne à 124 000 euros par an, mais l’écart est considérable : moins de 90 000 euros chez les pédiatres, plus de 400 000 euros chez les radiothérapeutes. Et les trajectoires depuis 2017 sont tout aussi contrastées.
* https://drees.solidarites-sante.gouv.fr/sites/default/files/2026-09/ER1383_Structure_démo_médecins_MEL.pdf
Par La rédac’
16 septembre 2026 – 10:43 https://www.whatsupdoc-lemag.fr/article/revenus-des-medecins-liberaux-de-88-400-euros-chez-les-pediatres-417-500-euros-chez-les?utm_source=&utm_medium=&utm_campaign=&utm_content=&utm_term=

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En 2021, le revenu d’activité moyen des médecins ayant une activité libérale atteint 124 000 euros. Les omnipraticiens (essentiellement médecins généralistes dans la nomenclature utilisée par la Drees) se situent nettement en dessous, avec 98 300 euros, contre 153 300 euros pour l’ensemble des autres spécialistes. Entre 2017 et 2021, le revenu moyen a progressé de 0,6 % par an en euros constants, c’est-à-dire une fois l’inflation retranchée. La hausse atteint 0,7 % chez les omnipraticiens, tandis que le revenu des autres spécialistes recule légèrement, de 0,1 % par an.
Attention à ce que recouvre ce chiffre : il ne s’agit pas du chiffre d’affaires ni du montant des honoraires. La Drees calcule un revenu libéral net de charges, auquel elle ajoute, lorsqu’il existe, le revenu d’une activité salariée complémentaire. En moyenne, 92 % du revenu d’activité des médecins étudiés provient néanmoins de leur activité libérale.
Radiothérapie, médecine nucléaire et radiologie en tête
La hiérarchie par spécialité fait apparaître des écarts impressionnants. Avec 417 500 euros de revenu annuel moyen, les radiothérapeutes se situent très nettement au-dessus des autres spécialités étudiées. Suivent les médecins nucléaires, à 283 300 euros, puis les radiologues, à 212 700 euros.
Les ophtalmologistes et les anesthésistes-réanimateurs affichent des niveaux quasiment identiques, autour de 192 000 euros. Les oncologues médicaux atteignent 187 100 euros et l’ensemble des spécialités chirurgicales 178 300 euros.
À l’autre extrémité, les pédiatres enregistrent le revenu moyen le plus faible parmi les spécialités détaillées par la Drees : 88 400 euros. Viennent ensuite les rhumatologues, à 92 200 euros, les psychiatres, à 92 800 euros, et les dermatologues, à 96 800 euros. Les omnipraticiens dépassent tout juste ce seuil avec 98 300 euros.
Les revenus par spécialité en 2021
| Spécialité | Revenu d’activité moyen en 2021 | Évolution annuelle moyenne 2017-2021* |
|---|---|---|
| Radiothérapeutes | 417 500 € | -2,0 % |
| Médecins nucléaires | 283 300 € | -0,5 % |
| Radiologues | 212 700 € | -1,0 % |
| Ophtalmologistes | 191 900 € | -0,1 % |
| Anesthésistes-réanimateurs | 191 700 € | -2,7 % |
| Anatomo-cytopathologistes | 189 500 € | -0,2 % |
| Oncologues médicaux | 187 100 € | +4,9 % |
| Cardiologues | 163 000 € | -1,1 % |
| Gastro-entérologues | 149 000 € | -0,3 % |
| ORL | 133 100 € | -0,6 % |
| Pneumologues | 129 900 € | -0,6 % |
| Gynécologues | 117 700 € | +0,3 % |
| Dermatologues | 96 800 € | +0,2 % |
| Omnipraticiens | 98 300 € | +0,7 % |
| Psychiatres | 92 800 € | -0,1 % |
| Rhumatologues | 92 200 € | -2,6 % |
| Pédiatres | 88 400 € | -0,3 % |
*Les montants de 2021 sont exprimés en euros courants. Les évolutions 2017-2021 sont calculées par la Drees en euros constants, donc corrigées de l’inflation.
Les oncologues progressent fortement, anesthésistes et rhumatologues reculent
Le niveau de revenu ne dit cependant pas tout. La dynamique entre 2017 et 2021 bouleverse en partie le classement.
Les oncologues médicaux se distinguent très nettement : leur revenu moyen est passé de 146 700 euros en 2017 à 187 100 euros en 2021, soit une progression moyenne de 4,9 % par an après correction de l’inflation. Aucune autre spécialité étudiée n’affiche une hausse comparable. Les généralistes progressent de 0,7 % par an, les gynécologues de 0,3 % et les dermatologues de 0,2 %.
À l’inverse, plusieurs spécialités pourtant situées parmi les mieux rémunérées ont vu leur revenu réel diminuer. C’est notamment le cas des anesthésistes-réanimateurs, avec -2,7 % par an, des radiothérapeutes (-2,0 %), des chirurgiens pris dans leur ensemble (-1,6 %), des cardiologues (-1,1 %) ou encore des radiologues (-1,0 %). Chez les rhumatologues, le recul atteint 2,6 % par an, leur revenu moyen passant de 97 400 euros en 2017 à 92 200 euros en 2021.
Ces chiffres ne traduisent donc pas seulement des différences de tarifs entre spécialités. Le revenu dépend également du volume et de la nature des actes réalisés, de leur tarification, des charges, de l’organisation de l’activité, de la localisation ou encore de l’existence d’une activité salariée complémentaire.
Une photographie de 2021 à manier avec précaution
Cette publication sortie en septembre 2026 repose néanmoins sur des revenus de 2021. La Drees souligne elle-même le caractère particulier de ce millésime : l’année reste marquée par la crise sanitaire, avec des indemnisations exceptionnelles pour pertes d’activité et des possibilités de reports de charges utilisées de manière variable selon les médecins.
Le champ exclut par ailleurs les remplaçants et porte sur les médecins conventionnés de moins de 70 ans, installés avant l’année étudiée, ayant réalisé au moins un acte et déclaré un revenu libéral positif.
Par La rédac’
Les changements de profil des médecins libéraux ont modéré la hausse de leur revenu moyen entre 2017 et 2021
ÉTUDES ET RÉSULTATS
N° 1383
Paru le 15/09/2026 https://drees.solidarites-sante.gouv.fr/publications-communique-de-presse/etudes-et-resultats/260915_Structure-démographique-et-revenu-des-médecins-libéraux
Christophe Loussouarn
La Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees) publie une étude documentant les déterminants structurels de l’évolution du revenu des médecins libéraux avant les dernières négociations conventionnelles de 2024. Les résultats de cette étude mobilisent les données de l’appariement Insee-Cnam-DGFiP, qui permet d’associer pour chaque professionnel de santé concerné des informations sur son activité et des données sur ses revenus d’activité. Les analyses sur les évolutions survenues entre 2021 et 2024 seront publiées en 2027.
À répartition par sexe, âge et secteur inchangée, le revenu d’activité des médecins aurait augmenté de 1,2 % par an entre 2017 et 2021
Entre 2017 et 2021, le revenu d’activité libérale et salariée des médecins libéraux en France a progressé, en moyenne, de 0,6 % par an en euros constants, c’est-à-dire après déduction de l’inflation. Cette évolution globale reflète en partie les transformations du profil de ces praticiens au cours de cette période. À structure d’âge, de sexe et de secteur de conventionnement inchangée, leur revenu aurait augmenté de 0,6 point supplémentaire par an (soit +1,2 %).
L’augmentation du revenu d’activité moyen des médecins est atténuée par l’évolution de leur structure démographique
La proportion de femmes parmi les médecins libéraux augmente tendanciellement. Or, le niveau d’activité des femmes est inférieur, en moyenne, à celui des hommes, à tout âge et dans toutes les spécialités. Si la part de femmes parmi les médecins était restée la même qu’en 2017, le revenu moyen de la profession aurait augmenté de 0,5 point de plus par an.
Le vieillissement de la profession a également été marqué entre 2005 et 2017, mais la part de nouveaux praticiens repart à la hausse depuis. Le niveau d’activité étant plus faible en début comme en fin de carrière, cette déformation de la structure par âge affecte l’évolution du revenu moyen. Sans changement de la répartition par âge, sa croissance aurait été de 0,6 point supérieure par an.
L’évolution de la part de médecins libéraux en secteur 2 exerce des effets variables sur le revenu moyen selon les spécialités
La part des médecins exerçant en secteur 2, autorisés à pratiquer des dépassements d’honoraires, a nettement augmenté au cours des années récentes. Cette évolution contribue, à l’inverse de la structure par sexe et âge, à la croissance du revenu d’activité des médecins libéraux mais de façon modérée (+0,2 point par an en moyenne) et avec des effets variables selon les spécialités.