« L’évolution de François Hollande marque la fin du cycle mitterrandien, son enterrement par l’un de ceux qui ont échoué à reprendre le flambeau et se sont bercés d’illusions »
Chronique
Françoise FressozEditorialiste au « Monde »
Les socialistes auront mis neuf ans à réaliser qu’ils étaient incapables de renouveler l’exploit de François Mitterrand qui avait consisté à négocier avec la gauche radicale pour mieux l’affaiblir. Ils paient aujourd’hui ce retard au prix fort, explique, dans sa chronique, Françoise Fressoz, éditorialiste au « Monde ».
Publié le 08 septembre 2026 à 14h30, modifié le 08 septembre 2026 à 16h08 https://www.lemonde.fr/idees/article/2026/09/08/l-evolution-de-francois-hollande-marque-la-fin-du-cycle-mitterrandien-son-enterrement-par-l-un-de-ceux-qui-ont-echoue-a-reprendre-le-flambeau-et-se-sont-berces-d-illusions_6768384_3232.html?lmd_medium=al&lmd_campaign=envoye-par-appli&lmd_creation=ios&lmd_source=mail
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François Hollande n’y va pas par quatre chemins. Dans Unir. Nouveau monde, nouvelle gauche (Robert Laffont, 304 p., 21 euros), l’ancien président de la République (2012-2017) fait son aggiornamento. Constatant que le classique affrontement gauche-droite ne régente plus la vie politique, il vise, à huit mois de l’élection présidentielle, le rassemblement le plus large des Français. L’« union sacrée des citoyens » qu’il soutient aurait pour mission de défendre la démocratie face à la montée des extrêmes. C’est dire à quel point la maison brûle.
Pour donner des gages à sa mue idéologique, lui qui s’était refusé à sortir des strictes limites de la gauche, avance, parmi quelques propositions, une hausse progressive de quatre points du taux de TVA en échange de la baisse des cotisations salariales dans le but de revaloriser les salaires nets. Considérée par la gauche comme le plus injuste des prélèvements, la TVA lui sert de marqueur pour faire des appels du pied aux électeurs de la droite modérée, sans se couper de son électorat traditionnel puisqu’il précise que cet impôt serait supprimé sur les produits de première nécessité et certains investissements énergétiques.
Ce n’est pas un hasard si le premier à avoir réagi positivement à cette mue est l’ancien premier ministre, François Bayrou. Le 30 août, sur Radio J, le patron du MoDem a estimé que François Hollande avançait « des idées plus compatibles qu’avant » avec ses propres idées. Voilà plus de quatre décennies que le socialiste et le centriste jouent au chat et à la souris. Ils se sont connus dans les années 1990, lorsque François Hollande était président du Club Témoin, soutenait la candidature de Jacques Delors (1925-2023) à la présidentielle de 1995 et apparaissait au sein du Parti socialiste (PS) comme un « transcourant » désireux de participer au renouvellement du logiciel de la famille socialiste.
Les deux hommes ne se sont jamais perdus de vue, sans parvenir à réaliser le rêve de François Bayrou : unir le centre gauche et le centre droit. Le centriste a eu beau appeler à voter François Hollande durant l’entre-deux-tours de la présidentielle de 2012, il n’a pas obtenu, en retour, l’introduction de la proportionnelle. François Hollande, redevenu député socialiste, a lâché, en 2025, François Bayrou, alors premier ministre, lorsqu’il a vu que la renégociation de la réforme des retraites allait échouer en raison du durcissement de la position patronale. Il lui a reproché de n’avoir pas tout tenté pour satisfaire la CFDT.
Le livre de François Hollande tombe à un curieux moment : Raphaël Glucksmann, coprésident de Place publique, le réformiste de gauche le mieux placé dans les sondages pour la présidentielle, s’est plié à la primaire des socialistes de peur de se retrouver isolé. L’ancien président de la République lui joue un mauvais tour en considérant que la primaire n’est pas un bon mode de sélection alors que celle de 2011 lui avait donné la dynamique suffisante pour entrer à l’Elysée. Pire, en se présentant comme un recours, François Hollande a l’air de douter des capacités de celui qu’il devrait théoriquement soutenir. Mais passons. L’évolution de François Hollande va au-delà du cas des deux hommes. Elle marque la fin du cycle mitterrandien, son enterrement public par l’un de ceux qui ont eu à reprendre le flambeau, ont échoué et se sont, depuis, beaucoup bercés d’illusions.
Le ver était dans le fruit
La gauche plurielle a explosé à la fin du quinquennat de François Hollande. Depuis, les socialistes n’ont pas voulu voir que le clivage gauche-droite s’affaiblissait, que tous ceux qui avaient gouverné étaient marqués de l’opprobre d’avoir déçu ou trahi. Ils ont tenté de retrouver la martingale de François Mitterrand (1916-1996) à la fin des années 1970, celle qu’avait imparfaitement réussi à prolonger Lionel Jospin (1937-2026) entre 1997 et 2002 : renforcer le camp de la gauche en négociant avec ses membres les plus radicaux pour mieux les circonscrire. Ce qui avait marché avec le Parti communiste français s’est révélé inopérant avec La France insoumise (LFI).
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François Hollande a coutume de dire que, « quand il n’y a pas de solution, la situation décide à votre place ». C’est malheureusement ce qui est en train de se produire : faute d’avoir renouvelé son logiciel idéologique, la famille socialiste est soumise à la pression des événements. Après s’être fait réélire, en juillet 2024, député socialiste sous l’étiquette du Nouveau Front populaire, François Hollande se résout à tenter l’ouverture au centre tandis qu’Olivier Faure, le premier secrétaire du PS, cherche à opposer au fondateur de LFI, Jean-Luc Mélenchon, un « socialisme écologique » qui supposerait une entente avec Les Ecologistes. Or, divisés et affaiblis, ces derniers ont manqué l’occasion historique de peser.
Avec la dose de mauvaise foi qui caractérise le personnel politique, François Hollande estime, dans une interview au Point du jeudi 27 août, que l’affrontement classique entre la gauche et la droite a été abîmé « après dix ans d’une politique qui les a fracturées au bénéfice des extrêmes ». Or, si le président français, Emmanuel Macron, a bel et bien tenté, à partir de 2017, de structurer une force centrale, le ver était dans le fruit avant son élection. Comment aurait-il pu s’imposer à la présidence de la République sur une ligne proche de celle de Dominique Strauss-Kahn si François Hollande n’avait pas multiplié les bévues au cours de son quinquennat ? Notamment promettre une taxe inapplicable à 75 % sur très hauts revenus pour tenter de contenir Jean-Luc Mélenchon, puis amorcer la politique de l’offre sans réellement l’assumer, le tout dans un affrontement permanent avec les frondeurs.
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Les socialistes paient au prix fort la paresse intellectuelle induite par l’irruption dans le champ politique du Front national au mitan des années 1980 : à quoi bon réfléchir puisque le barrage anti-Le Pen servait de couverture à une alternance gauche-droite considérée comme automatique ? Depuis, tout s’est délité, et c’est au milieu de cette pétaudière que Raphaël Glucksmann doit évoluer. Le député européen a pour lui de n’avoir jamais gouverné. Il peut aussi faire valoir un engagement européen à toute épreuve et une sincérité que personne ne lui dénie. Mais, pour s’imposer, il va devoir faire preuve d’audace et d’anticipation pour démontrer que la rénovation du camp démocrate est en marche.
Françoise Fressoz (Editorialiste au « Monde »)
*Présidentielle 2027 : du PS à LR, les partis tiraillés entre « bataille fratricide » et nécessité de l’union face au RN et à LFI
La question d’une candidature unique se pose à gauche comme dans le bloc central et à droite. Les électeurs modérés pourraient être tentés de voter utile dès le premier tour pour le candidat le plus à même de déjouer le duel redouté au second entre le Rassemblement national et La France insoumise, tous deux portés par une forte dynamique électorale.
Par Mariama Darame (Sens [Yonne], envoyée spéciale)Publié le 31 août 2026 à 05h34, modifié le 31 août 2026 à 10h03 https://www.lemonde.fr/politique/article/2026/08/31/presidentielle-2027-la-petite-musique-de-l-union-au-centre-pour-contrer-le-rn-et-lfi_6761864_823448.html
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S’unir dès le premier tour ou s’affronter jusqu’au second ? Le dilemme est désormais posé à tous les partis ayant tracé une ligne de démarcation avec La France insoumise (LFI), d’un côté, et le Rassemblement national (RN), de l’autre. A huit mois de l’élection présidentielle de 2027, ces formations qui se définissent en miroir inversé de l’extrême droite et de la gauche radicale jouent des coudes sur un espace politique qui recoupe le vote utile souhaitant empêcher Marine Le Pen ou Jean-Luc Mélenchon d’accéder au pouvoir.
Or, après une quasi-décennie de macronisme, cet espace s’est rétracté. Et la potentialité d’un second tour entre les deux blocs antagonistes s’est imposée au cœur du jeu électoral. Sondage après sondage, les formations de l’ex-majorité présidentielle, les tenants de la gauche modérée et de la droite qui est restée réfractaire au macronisme et au lepénisme constatent que la dynamique électorale de ce début de campagne se trouve du côté de ceux qu’ils abhorrent.
« A la veille de l’élection de 2027, une tenaille infernale s’est mise en place : Mme Le Pen apparaît largement en tête des sondages et l’extrême gauche de Mélenchon, porté par une campagne puissante, est aux portes du deuxième tour », insiste l’ancien premier ministre François Bayrou dans un texte publié par La Tribune Dimanche, dimanche 30 août.
D’évidence, des causes profondes sont à l’œuvre. A commencer par l’avènement de ce « moment populiste » qu’a décrit, samedi 29 août à Sens (Yonne), le directeur général délégué d’Ipsos, Brice Teinturier, lors de l’université d’été du Laboratoire de la République, le think tank de l’ancien ministre de l’éducation nationale Jean-Michel Blanquer (2017-2022). « Le déclinisme [éprouvé par les Français] est aujourd’hui mis sur le compte d’une faillite des gouvernants, y compris par ceux qui ne votent pas pour des formations populistes. » De quoi planter le décor d’une élection présidentielle « surchargée en termes d’attente » où rompre avec un « système » jugé archaïque devient la priorité d’une majorité d’électeurs.
Dès lors, la crainte que cette aspiration au dégagisme puisse déboucher sur un second tour opposant Marine Le Pen à Jean-Luc Mélenchon s’enracine. La tripartition change aussi la physionomie de l’élection présidentielle, où le premier tour porte en lui tout l’enjeu du scrutin. « On éliminera au premier tour tous ceux qui ne seront pas en situation d’éliminer au second tour celui ou celle dont nous ne voulons à aucun prix », a prévenu, samedi, à Sens, l’ancien premier ministre socialiste (2016-2017) Bernard Cazeneuve, face à la profusion de candidatures.
« Personne ne plie le match »
Au sein du bloc central et de la droite, le doute s’enracine sur la capacité du candidat Horizons, Edouard Philippe, et de ses concurrents directs, le secrétaire général de Renaissance, Gabriel Attal, et le président du parti Les Républicains, Bruno Retailleau, à créer une dynamique porteuse pour faire refluer les options radicales.
D’autant que l’absence de règles de départage entre les trois prétendants de cet espace favorise les attaques entre eux, accentuant leurs différences, là où leurs positions sont souvent poreuses. Le bloc central est pour l’heure suspendu au jeu des écuries présidentielles instrumentalisant les enquêtes d’opinion, qui n’ont par définition pas de valeur prédictive, pour tenter de prendre l’ascendant. « Il n’y a pas de candidat naturel ou de candidat aujourd’hui favori dans cette élection (…), personne ne plie le match », a insisté Gabriel Attal, dimanche, en déplacement à la foire de Châlons-en-Champagne.
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Et si les appels d’élus ont beau se multiplier à la droite de l’échiquier pour l’organisation d’une primaire, Edouard Philippe s’y oppose, jugeant le procédé inopérant et tardif, persuadé que son leadership finira par s’imposer à l’évidence. Cependant, le candidat a réitéré, aux côtés du ministre de la justice, Gérald Darmanin, dimanche à Tourcoing (Nord) – le fief de ce dernier –, son appel au rassemblement de la droite et du centre, « pour que nous ne basculions ni dans la “nouvelle France” LFIste, ni dans l’identitarisme nationaliste et gauchisant de Mme Le Pen ».
Mais la tentation est forte de faire durer cette « bataille fratricide », se désole un ancien ministre, alors que les candidats renvoient la question de leur rassemblement au début de l’année 2027. « Est-ce que le bloc modéré peut attendre plusieurs mois pour créer une dynamique ? Je crois que ce n’est pas raisonnable », soutient l’ex-premier ministre socialiste Manuel Valls. « On n’arrive pas toujours à dévier le Titanic de sa trajectoire », déplore un membre du gouvernement Lecornu, qui ne voit pas comment les candidats lancés renonceraient d’eux-mêmes à leur destin présidentiel.
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Est-ce pour cette raison que le président du MoDem, François Bayrou, redouble ses assauts ces derniers jours ? « Aucun ne paraît réellement porteur du renouvellement que le pays attend en cette fin de cycle politique. (…) Et aucun mouvement significatif [dans les sondages] ne peut dissimuler l’inexorable effritement de l’ensemble », pourfend-il dans La Tribune Dimanche.
Puisque la tripartition l’impose, le démocrate-chrétien exige une candidature unique contre LFI et le RN. Lui qui défend toujours, contre l’avis de ses élus, la candidature de l’ancien commissaire européen Thierry Breton, propose « un vote par Internet » à la fin du mois de janvier. Il doit intervenir selon lui après un « débat de plusieurs semaines » pour trouver le leader qui saura faire la jonction entre les électeurs allant de la droite conservatrice à la social-démocratie.
L’option François Hollande
Loin des partis de gouvernement et de leurs difficultés à produire une candidature légitime, une autre campagne, en parallèle, est sur le point de prendre forme. Certaines personnalités à gauche et au centre balisent progressivement une troisième voie pour s’imposer au sein de cet espace. François Hollande est de ceux-là. L’ancien président socialiste, qui théorise l’agonie des partis de gouvernement, juge primordial de « s’adresser aux électeurs et aux électrices » pour former « une union sacrée » face au péril d’un pouvoir « insoumis » ou lepéniste et à la désaffection que suscite la droite libérale.
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François Hollande se laisse jusqu’en décembre pour déclarer sa candidature à la présidentielle, si le champion sélectionné par la primaire de la gauche ne parvenait pas à s’imposer. En attendant « le moment décisif », celui qui a été élu député de Corrèze sous la bannière du Nouveau Front populaire après la dissolution de l’Assemblée nationale de juin 2024, a procédé à quelques inflexions programmatiques, sur la fiscalité, les retraites et l’immigration, pour ne pas rebuter des électeurs de la droite traditionnelle ou des macronistes insatisfaits.
Quant à la méthode de gouvernement, elle reste encore à imaginer. « C’est une autre présidence qu’il va falloir inventer, une présidence qui rassemble, qui réunit et qui ne divise pas, qui ne fracture pas », a-t-il estimé samedi, lors d’un débat avec Edouard Philippe, à Sens. Ils sont nombreux, dans ce centre élargi, à estimer que le prochain président de la République ne disposera pas de majorité, à moins de nouer un contrat de gouvernement sur une poignée de priorités. « [La question] se posera, c’est évident, mais ce n’est pas maintenant », juge-t-on dans l’entourage d’Edouard Philippe.
Plus explicite que François Hollande, Bernard Cazeneuve a tenté de définir les contours de la « coalition des engagés » qu’il appelle de ses vœux. « Elle procédera de négociations sur des positions et des solutions, des engagements et des financements, comme lorsqu’on fait une grande coalition ailleurs en Europe », a-t-il posé. Le même jour, le centriste Jean-Louis Borloo partageait une ambition similaire en vantant « les mécanos de la République », une équipe composée d’élus de différentes sensibilités, prêts à gouverner ensemble.
Ces discours tenus par des personnalités en marge de leurs partis ont tous en commun de parier sur l’« esprit de responsabilité » de ceux qui ont le plus à perdre dans un duel entre le RN et LFI.
Mariama Darame (Sens [Yonne], envoyée spéciale)
Présidentielle 2027 : Raphaël Glucksmann rejette l’idée d’une primaire élargie à François Ruffin, estimant qu’« on ne change pas les règles en cours de jeu »
L’ancien « insoumis » avait proposé au candidat de Place publique un débat sur sa possible participation à la primaire qui se tiendra les 9-10 et 16-17 octobre, ainsi que sur un possible abaissement du prix à 2 euros, au lieu des 15 actuellement prévus.
Le Monde avec AFPPublié le 08 septembre 2026 à 11h44 https://www.lemonde.fr/politique/article/2026/09/08/presidentielle-2027-raphael-glucksmann-rejette-l-idee-d-une-primaire-elargie-a-francois-ruffin-estimant-qu-on-ne-change-pas-les-regles-en-cours-de-jeu_6768307_823448.html
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Le candidat Place publique à la primaire du camp social démocrate, Raphaël Glucksmann, s’est opposé, mardi 8 septembre, à l’élargissement du scrutin à François Ruffin auquel le premier secrétaire du PS, Olivier Faure, s’était dit favorable. « Les militants socialistes ont tranché, on ne change pas les règles en cours de jeu », s’est agacé l’eurodéputé sur RTL.
« Ce pourquoi je vais me mobiliser, c’est que cette primaire solde tous les comptes, qu’on définisse enfin une ligne cohérente et claire, qu’on refonde une gauche capable de gouverner ce pays, capable de mettre fin à dix années d’injustice et d’impasse », a ajouté celui qui domine pour l’instant les sondages d’intentions de vote à la présidentielle dans cet arc social-démocrate.
La veille, François Ruffin, candidat à la présidentielle et ancien « insoumis », avait interpellé sur X Raphaël Glucksmann sur une primaire élargie à sa candidature et au prix de 2 euros au lieu des 15 euros actuellement prévus (10 euros pour le tarif social). Il s’appuyait sur des déclarations répétées d’Olivier Faure en faveur d’un tel processus.
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François Ruffin propose un débat
« Pour moi, c’est oui. Et toi, @rglucks1, que réponds-tu ? (…) Je te propose même un débat, pour que tu t’en expliques, de ça et de tes choix. Il y a bien une chaîne que ça intéresserait, non ? », écrivait-il.
Les lieutenants des uns et des autres se sont ensuite affrontés sur le réseau social. Arthur Delaporte, proche d’Olivier Faure, a réclamé que l’on sorte « des querelles de chapelles avec une primaire vraiment populaire » quand Sacha Houlié, de Place publique, interrogeait François Ruffin : « Tu es anticapitaliste, tu es souverainiste, tu es contre le nucléaire civil, tu es opposé à la régularisation des travailleurs étrangers (…). Comment peux-tu prétendre incarner la gauche sociale-démocrate ? »
« Ce que j’attends, c’est que tout le monde respecte la règle et, quand on est premier secrétaire du Parti socialiste, la première des choses qu’on doit faire, c’est respecter le vote de ses propres militants », a tranché Raphaël Glucksmann.
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Interrogé sur les huées entendues lundi soir lors de son arrivée dans la manifestation parisienne pour une loi intégrale contre les violences sexistes et sexuelles, et sa prise à partie par une syndicaliste l’accusant de ne pas représenter « la vraie gauche », le candidat a assuré que « la majorité des femmes qui étaient présentes (…) m’ont remercié ». Il a cité son « combat sur, par exemple, la question du viol au Parlement européen, sur la définition du viol, sur les politiques qu’il faut mener pour mettre fin aux violences sexistes et sexuelles, sur le modèle espagnol que je tente de généraliser à l’échelle européenne ».
Le Monde avec AFP
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A Frangy-en-Bresse, François Hollande en campagne s’inscrit dans la tradition socialiste
L’ancien président François Hollande, toujours pas candidat à la présidentielle mais plus que jamais en campagne, s’est affiché, samedi, à l’historique Fête de la rose de Frangy-en-Bresse (Saône-et-Loire), s’inscrivant dans une tradition socialiste qui remonte à plus de 50 ans. En contrepoint à l’effervescente Fête de L’Humanité, M. Hollande a préféré se rendre dans ce petit village de 700 habitants, où il souhaite « mesurer les attentes des citoyens ou voir leur refus de voir un ancien président redevenir président », car « c’est possible que ça ne soit pas forcément de l’évidence », avait-il déclaré plus tôt à radio-Bresse.
Fief d’Arnaud Montebourg, c’est à la Fête de la rose qu’en 2014 celui qui était alors ministre du redressement productif avait lancé sa fameuse Cuvée du redressement, à l’issue d’un discours frondeur qui avait précipité sa sortie du gouvernement Hollande. Et en 2021, alors que le même Montebourg tentait de doper sa candidature à l’investiture du PS – il s’était finalement lancé sans le soutien d’un parti avant de renoncer –, le nom de François Hollande est alors hué par une partie du public.
Mais samedi, le député de Corrèze a reçu un accueil chaleureux. « Il faut vous déclarer », l’a imploré Jeanine, militante de 83 ans – François Hollande attend décembre pour choisir de se lancer dans la course à l’Elysée. « Je suis socialiste, c’est lui que je préfère », a-t-elle expliqué, même si d’autres socialistes, dont le premier secrétaire, Olivier Faure, sont déjà sur la ligne de départ, par une primaire prévue les 9-10 et 16-17 octobre, à laquelle l’ancien président refuse de participer.
« L’idée, ce n’est pas d’annoncer une candidature. L’idée, c’est d’annoncer un projet qui peut mobiliser largement pour faire que les Françaises et les Français aient un choix, pas simplement une obligation d’écarter » un candidat, a-t-il expliqué à la presse. Après un banquet républicain, François Hollande doit tenir un discours dans l’après-midi, au cours duquel il compte évoquer l’incertitude du moment et le besoin d’unité. « Unir », le titre de son nouveau livre, « ce n’est pas un slogan, c’est une démarche, c’est une voie possible », a-t-il insisté, face à « ceux qui appellent à la division, produisent de la division, et sont organisés pour la discorde, pour la séparation ».
Selon François Ruffin, la gauche ne pourra pas gagner « avec deux tiers des Français qui [la] haïssent » et doit « rassembler »
Dans un discours devant ses partisans à la Fête de L’Humanité, François Ruffin a appelé, samedi, à « rassembler » la gauche et « élargir aux Français » : « On ne pourra pas gagner avec deux tiers des Français qui ont peur de nous, (…) qui nous rejettent, (…) qui nous haïssent ». Comme mercredi, le candidat à la présidentielle a déploré le périmètre restreint de la primaire socialiste, à laquelle Raphaël Glucksmann, candidat de Place publique, lui a refusé la participation.
Commençant par rappeler « un échec des libéraux » à « protéger les Français » – de la canicule, des incendies, des violences sexuelles, de la délocalisation de l’industrie… –, M. Ruffin a établi qu’il « devrait avoir en contrepoint une victoire des antilibéraux, (…) nous, la gauche ». Pourtant, « la division [de la gauche] n’aide pas à construire une grande force commune qui fait qu’on apporterait une réponse au peuple français et qu’on irait dans une grande bataille sur l’hégémonie avec l’extrême droite », a-t-il continué, déplorant la « logique identitaire » de certains partis.
« Nous ne serons pas un obstacle à la victoire, nous ne serons pas un obstacle au soulèvement de l’espoir. Nous n’avons même jamais mis comme impératif qu’à la fin, ce soit le bulletin Ruffin », a rappelé le chef de file du petit parti Debout !, appelant chaque force politique de gauche à ne pas « rester dans son couloir ». Dans une situation où la majorité des Français a plus peur de la gauche que de l’extrême droite, selon lui, « nous n’avons qu’une chose à faire : il faut nous faire aimer, Il faut faire aimer nos idées, il faut les faire aimer dans tous les foyers », a conclu François Ruffin.