Il y aura grève le 17 septembre, à l’appel des quatre syndicats des psychiatres publics

Appel à une journée de mobilisation et de grève des psychiatres publics

(National)

17/09/2026 https://toute-la.veille-acteurs-sante.fr/245184/appel-a-une-journee-de-mobilisation-et-de-greve-des-psychiatres-publics-national/

Émis par : IDEPP, le SPEP, le SPH et l’USP

TwitterLinkedInFacebookShare

L’Intersyndicale de la Défense de la Psychiatrie Publique (IDEPP), le Syndicat des Psychiatres d’Exercice Public (SPEP), le Syndicat des Psychiatres des Hôpitaux (SPH) et l’Union Syndicale de la Psychiatrie (USP) appellent à mobilisation le 17 septembre 2026 :

« La Psychiatrie Publique traverse une crise profonde qui s’aggrave d’année en année :

– Crise des effectifs (30% des postes de PH ne sont pas pourvus).
– Crise des vocations (15% des postes d’internes ne sont pas pourvus).
– Crise capacitaire (il manque environ 10.000 lits d’hospitalisation et des centaines des patients restent plusieurs jours aux Urgences en attendant qu’un lit se libère).
– Crise budgétaire (la plus faible progression de l’ONDAM toutes disciplines confondues).
– Crise institutionnelle (attaques et démantèlement du secteur et de ses structures par couches successives, destruction de la psychiatrie basée sur la pluralité des modèles et des pratiques).
– Crise de reconnaissance (dénigrement régulier de nos instances représentatives nationales : CNP, syndicats des PH).
– Crise des moyens, des ressources et des rémunérations.

A cela s’ajoutent :

– Une vétusté parfois criante des locaux et des équipements.
– Une augmentation constante de nos files actives tant ambulatoires (plus de 2.000.000 de patients suivis dans nos CMP dont les listes d’attente s’allongent de manière préoccupante) qu’en hospitalisation (480.000 patients hospitalisés/an).
– Des missions nouvelles qui s’ajoutent sur notre discipline (radicalisés, coupe-file jeunes, zéro contention etc..).
– Une survalorisation des structures de type centres experts souvent à distance des populations desservies.

Nous avons à plusieurs reprises alerté les ministres successifs, rédigé des rapports (souvent à leur demande) qui sont restés sans suite aucune. De plus, des annonces parfois maladroites ont davantage découragé les professionnels de terrain déjà exsangues par une charge de travail immense (voir notre rapport au Ministre BRAUN) et se sentent pas reconnus.

Nous demandons un dialogue constructif avec le gouvernement, la co-construction d’un plan pluriannuel de redressement de la psychiatrie publique, la reconnaissance et le respect de ses instances représentatives et de ses syndicats.

Nous demandons par ailleurs et en urgence la revalorisation de nos revenus et la reconnaissance de la pénibilité de la psychiatrie de service public, clef de la lutte contre la désaffection de notre discipline.

Nous demandons une augmentation significative de la capacité en lits d’hospitalisation et en places pour l’extra-hospitalier.

Nous demandons enfin la facilitation et la consolidation de l’accès aux soins au plus près des patients, dans les CMP, pour assurer des prises en charge évitant les ruptures.

Devant cette situation catastrophique qui dure et pour faire entendre que l’état la psychiatrie publique est devenue une Urgence Républicaine, nous appelons à une journée d’action et de mobilisation des PH en psychiatrie et nous déposons un préavis de grève pour la journée du 17 septembre 2026. »

Contact presse :
Union Syndicale de la Psychiatrie
uspsy@free.fr

http://www.uspsy.fr

Psychiatrie publique : les syndicats dénoncent des mesures « cosmétiques » et préparent une grève mi-septembre

Article Article  

« Consternés » par les « réponses inconsistantes » du gouvernement face à la crise de la psychiatrie, les principaux syndicats de psychiatres du secteur public appellent à la grève à partir de mi-septembre.

Par La rédac’

17 juin 2026 – 16:03 https://www.whatsupdoc-lemag.fr/article/psychiatrie-publique-les-syndicats-denoncent-des-mesures-cosmetiques-et-preparent-une-greve

Psychiatrie publique : les syndicats dénoncent des mesures « cosmétiques » et préparent une grève mi-septembre

© Chat GPT

Début juin, lors de la réunion interministérielle sur la Grande cause nationale dédiée à la santé mentale, « on attendait un projet ambitieux, structuré, une méthode, un échéancier, une perspective d’envergure » mais « on a trouvé de la communication, des promesses vagues, des mesures cosmétiques ou irréalisables, sans moyens supplémentaires », écrivent ces organisations.

Parmi elles figurent l’Intersyndicale de la Défense de la Psychiatrie Publique (IDEPP), le syndicat des Psychiatres d’Exercice Public (SPEP), le syndicat des Psychiatres des Hôpitaux (SPH) et l’Union syndicale de la Psychiatrie (USP).

Les responsables syndicaux se sont vus proposer une rencontre, mais des ministres, « nous en avons rencontré au moins 5 ou 6 depuis 4 ans, nous avons déposé des propositions qui sont restées sans suite », poursuit l’intersyndicale.

Un dossier disparu

Les auteurs rappellent avoir élaboré, pour l’ex-Premier ministre François Braun, « un dossier complet sur la charge de travail en psychiatrie hospitalière lequel, malgré son actualité brulante, semble s’être volatilisé… et la psychiatrie publique se trouve de plus en plus exsangue », soulignent-ils.

La psychiatrie « n’a pas besoin de communication ni de caresses », mais de mesures « concrètes et pluriannuelles pour rattraper les retards qui se cumulent d’année en année», et de « moyens conséquents pour pouvoir faire face aux missions » qui se multiplient, estiment-ils.

Hikikomori : comment la psychiatrie française tente de structurer la prise en charge de ces jeunes en isolement social extrême

Les syndicats réclament notamment l’augmentation des capacités d’hospitalisation et d’accueil en CMP (centres médico-psychologiques, sans nuitée), une « revalorisation des ressources » des structures et des rémunérations.

« À défaut, et devant ce silence assourdissant, nous lançons un mouvement de mobilisation et de grève de tous les psychiatres publics à partir de mi-septembre », indiquent-ils.

Le 2 juin, le gouvernement avait annoncé deux nouvelles mesures, dont un « coupe-file», qui doit permettre aux élèves « repérés » par l’éducation nationale comme étant en état de détresse psychique, d’être orientés en moins de 48 heures vers un suivi adéquat.

Psychiatrie : pourquoi certains médicaments récents restent inaccessibles en France

Mais ce sera aux professionnels de santé de « s’organiser entre eux » de manière à « libérer des créneaux » pour ces « urgences », avait dit la ministre de la Santé Stéphanie Rist.

Elle avait aussi annoncé vouloir mettre fin aux pratiques de contention – qui consistent à entraver physiquement certains patients – dans les établissements psychiatriques d’ici 2030.

« Une urgence républicaine » : La psychiatrie publique confirme sa grève le 17 septembre 

Article Article  

Comme annoncé en juin, plusieurs syndicats de psychiatres hospitaliers appellent à une journée de mobilisation et de grève le 17 septembre, dénonçant une crise persistante de la psychiatrie publique, marquée par des pénuries de professionnels, de lits et de moyens financiers.

Par La rédac’

3 septembre 2026 – 12:14 https://www.whatsupdoc-lemag.fr/article/une-urgence-republicaine-la-psychiatrie-publique-confirme-sa-greve-le-17-septembre

« Une urgence républicaine » : La psychiatrie publique confirme sa grève le 17 septembre

© Midjourney x What’s up Doc

« La psychiatrie publique traverse une crise profonde qui s’aggrave d’année en année », écrivent l’Intersyndicale de la défense de la psychiatrie publique (IDEPP), le Syndicat des psychiatres d’exercice public (SPEP), le Syndicat des psychiatres des hôpitaux (SPH) et l’Union syndicale de la psychiatrie (USP), dans un communiqué paru hier.

Les organisations avancent que 30 % des postes de praticiens hospitaliers (PH) ne sont actuellement pas pourvus, tandis que 15 % des postes proposés aux internes resteraient vacants. Elles évoquent également un déficit d’environ 10 000 lits d’hospitalisation, contraignant certains patients à attendre « plusieurs jours aux urgences » avant qu’une place ne se libère.

Hausse de l’activité

Les syndicats font également état d’une hausse de l’activité, avec plus de deux millions de patients suivis dans les centres médico-psychologiques (CMP), où « les listes d’attente s’allongent de manière préoccupante », et environ 480 000 patients hospitalisés chaque année.

Ils dénoncent en parallèle la vétusté de certains locaux et équipements, l’insuffisance des financements et l’accumulation de nouvelles missions confiées à la psychiatrie publique (prise en charge des personnes « radicalisées », dispositif prioritaire « coupe-file jeunes », ou plan gouvernemental « zéro contention »).

À l’inverse, ils critiquent une « survalorisation » des structures type centres experts, qu’ils jugent souvent éloignés des populations. 

Plan pluriannuel demandé

« Nous avons à plusieurs reprises alerté les ministres successifs, rédigé des rapports, souvent à leur demande, qui sont restés sans suite aucune », affirment les organisations, ajoutant que certaines annonces publiques ont contribué à décourager les équipes, « déjà exsangues par une charge de travail immense » et qui « ne se sentent pas reconnus ».

Les syndicats demandent désormais au gouvernement la construction d’un plan pluriannuel de redressement de la psychiatrie publique, ainsi qu’une hausse des capacités d’hospitalisation et des places en structures extrahospitalières. Ils réclament également une revalorisation des rémunérations et la reconnaissance de la pénibilité de l’exercice en psychiatrie publique.

Ils souhaitent enfin renforcer l’accès aux soins de proximité, notamment dans les CMP, afin de limiter les ruptures de prise en charge.

Psychiatrie : 20 % des effets indésirables graves surviennent dans les 48 premières heures d’hospitalisation

Qualifiant l’état de la psychiatrie publique d’« Urgence Républicaine », les quatre organisations ont déposé un préavis de grève pour le jeudi 17 septembre.

Psychiatrie hospitalière : les raisons de la grève nationale du 17 septembre

Selon les chiffres publiés par Egora le 2 septembre 2026, 30 % des postes de praticiens hospitaliers en psychiatrie publique française sont vacants, et 15 % des postes d’internes restent non pourvus.

mis à jour 03 septembre 2026 https://e-sfar.fr/articles/psychiatrie-hospitaliere-les-raisons-de/

Psychiatrie hospitalière : les raisons de la grève nationale du 17 septembre

Sur cette base, l’intersyndicale de la psychiatrie publique — IDEPP, SPEP, SPH et USP — a appelé à une grève nationale le 17 septembre, dénonçant « une crise profonde qui s’aggrave d’année en année » et des alertes adressées au ministère de la Santé restées « sans aucune suite ».

Les marqueurs d’un effondrement structurel

L’intersyndicale aligne plusieurs indicateurs convergents qui dépassent la question des postes vacants. Files actives en hausse constante, en ambulatoire comme en hospitalisation, signe d’une demande non satisfaite plutôt que d’une baisse de la pathologie. Vétusté « parfois criante » des locaux et des équipements, point déjà documenté par plusieurs rapports publics. Empilement de missions nouvelles — du « coupe-file jeunes » à l’objectif « zéro contention » — sans moyens dédiés ni redéploiement de postes. La plateforme revendicative est précise: un « plan pluriannuel de redressement » co-construit, une revalorisation « en urgence » des revenus, une reconnaissance officielle de « la pénibilité de la psychiatrie de service public », et une augmentation « significative » des capacités en lits d’hospitalisation et en places extrahospitalières. L’accès aux soins « au plus près des patients, dans les CMP », pour « éviter les ruptures », ferme la liste.

Le débordement qui nous concerne directement

Ce que les dépêches omettent, c’est la diffusion systémique de la pénurie. Quand l’aval psychiatrique s’effondre, les urgences absorbent mécaniquement les crises aiguës, les états d’agitation, les comorbidités sévères — et l’anesthésiste-réanimateur en hérite en bout de chaîne. Durées de séjour allongées en UHCD, transferts intersectoriels impossibles, surveillance rapprochée assurée par des équipes non spécialisées, occupation inadéquate et prolongée des lits critiques. Le phénomène n’est pas nouveau, mais l’amplification est désormais chiffrable. À mes yeux, ce mouvement du 17 septembre dépasse le périmètre catégoriel: il signe la défaillance d’un pilier de l’hôpital public, avec des conséquences directes et mesurables sur nos organisations de soins critiques.

Trois signaux à observer d’ici octobre

Verdict suspendu à trois variables. Premièrement, le taux de mobilisation au 17 septembre — test de radicalité syndicale ou signal d’essoufflement. Deuxièmement, la posture du ministère de la Santé: réouverture d’un cycle de négociation ou énième fin de non-recevoir, après des alertes restées « sans suite » depuis deux ans. Troisièmement, et c’est l’angle qui concerne directement notre pratique, l’impact mesurable sur les données d’activité des urgences et de la réanimation: séjours non programmés, durées moyennes de passage, taux d’occupation des lits critiques, indicateurs de delayed discharge pour défaut d’aval psychiatrique. Si ces chiffres confirment le débordement, la crise cessera d’être un dossier sectoriel pour devenir un sujet de gouvernance hospitalière globale. Applicable à nos services: oui, sans hésitation.

« Il manque 30 à 40 %

Psychiatrie publique : la colère monte

Axel C. 8 Septembre 2026 https://www.marxiste.org/psychiatrie-publique-la-colere-monte

Les principaux syndicats de psychiatres hospitaliers appellent à la grève à partir du 15 septembre. Ils demandent davantage de moyens pour les services et une hausse générale des rémunérations. Ces revendications répondent à une crise profonde de la psychiatrie publique, qui est frappée par l’austérité. Celle-ci a des conséquences dramatiques pour les patients et les soignants. Nous nous sommes entretenus avec Alan, infirmier au Centre psychiatrique d’orientation et d’accueil (CPOA) de l’hôpital Sainte-Anne à Paris, qui nous a décrit l’impact du manque de moyens sur son service.

« On essaie seulement de faire au moins pire »

Le CPOA est un service d’urgences psychiatriques qui accueille des patients de toute l’Ile-de-France, seuls ou accompagnés de leurs proches, de la police, des pompiers ou du SAMU. Après une première évaluation, les équipes orientent les patients vers une prise en charge médicale avec ou sans hospitalisation.

Mais les lits manquent. Le CPOA ne dispose que de sept chambres, alors qu’une dizaine de patients y passent en moyenne chaque nuit. « Il y en a toujours au minimum trois qui dorment à l’arrache » explique Alan. « On met des matelas par terre dans les bureaux médicaux ou les patients dorment sur les banquettes de la salle d’attente. La nuit, on doit parfois déplacer quelqu’un qui est calme pour libérer une chambre à un patient qui risque de s’agiter. Ça fait bien longtemps qu’on a arrêté de faire bien : on essaie seulement de faire au moins pire. »

Ces patients sont pourtant en pleine détresse psychique, parfois délirants ou suicidaires. Faute de lits, les « consultations prolongées » – qui permettent d’observer un patient pendant une nuit avant de décider de son orientation – sont devenues presque impossibles.

Cette saturation ne tombe pas du ciel. Au fil des années, plusieurs services d’urgences parisiens ont supprimé leurs services de garde psychiatrique à cause de l’austérité. Des patients qui pouvaient auparavant y être pris en charge sont désormais orientés directement vers le CPOA. Dans le même temps, les structures vers lesquelles le CPOA doit ensuite orienter les patients manquent elles aussi de places, ce qui aggrave l’engorgement du service.

La grève paie !

C’est dans ces conditions que les travailleurs du CPOA ont mené une grève victorieuse, du 26 mai au 4 juin dernier. Soutenus par la CGT, ils ont obtenu quatre postes d’infirmiers, la pérennisation de six postes d’aide-soignants, l’ouverture de deux nouveaux postes d’aide-soignants ainsi que du matériel supplémentaire. La direction s’est également engagée à accélérer la réouverture de lits fermés. Mais, comme l’affirme Alan : « ce ne sont que de petits pansements sur une hémorragie. Tu pourrais ajouter dix lits au CPOA, ils seraient remplis tous les soirs. »

Et la situation va encore s’aggraver. Le 10 juillet, la direction du Groupe hospitalier universitaire (GHU) Paris psychiatrie & neurosciences a fermé les six lits du Centre d’accueil et de crise (CAC) Ginette-Amado. Depuis 1981, cette structure accueillait 24 heures sur 24 les personnes en situation de crise psychiatrique. Le centre ne conservera désormais qu’une activité ambulatoire, c’est-à-dire des consultations et des soins sans hospitalisation.

Le CAC permettait d’accueillir pendant quelques jours des personnes en crise et d’éviter leur passage aux urgences. « Sans possibilité d’accueillir les gens la nuit, ça casse le principe du CAC. Cela fera encore plus de patients qui viendront chez nous », explique Alan. Le 23 juin, près de 200 personnes se sont rassemblées contre cette fermeture.

La grève du CPOA et la mobilisation contre la fermeture du CAC sont deux expressions de la colère qui monte dans la psychiatrie publique. La grève de septembre peut permettre de franchir une nouvelle étape. Les syndicats de psychiatres réclament notamment davantage de capacités d’hospitalisation et de moyens pour l’accueil dans les Centres médico-psychologiques (CMP), des mesures qui permettraient de désengorger les services comme le CPOA.

Mais cette mobilisation ne doit pas se limiter aux psychiatres et à leurs seules revendications. Pour mettre un coup d’arrêt aux fermetures de lits et à l’austérité, il faut étendre la lutte aux infirmiers, aux aide-soignants, aux assistants sociaux et à l’ensemble des travailleurs de la psychiatrie. Il faut porter des revendications communes pour tous les personnels : des postes, des lits, de bons salaires et des moyens à hauteur des besoins. La grève du CPOA a montré que la lutte permet d’arracher des avancées. Pour obtenir plus de moyens pour la psychiatrie publique, il faut construire une grève unitaire, massive et reconductible.

Geneviève Henault

Psychiatre à l’hôpital public

La colère monte en psychiatrie. De nombreuses institutions sont en très grande difficulté et certaines équipes ont lutté ces derniers mois pour obtenir les moyens de soigner correctement et dignement (CPOA*, CAC Amado**…). Le plus souvent, ce sont les paramédicaux et les psychologues que l’on voit et entend manifester, revendiquer, s’exprimer auprès des médias. Les psychiatres sont discrets. Très discrets.

Il y aura grève le 17 septembre, à l’appel des quatre syndicats des psychiatres publics. J’hésite à me mobiliser. J’hésite car un mouvement corporatiste, à laquelle ni les paramédicaux, ni les psychologues et encore moins les premières personnes concernées : les patients et patientes, ne sont conviés et bien… ça ne suscite pas d’espoir, pour moi. Pour tout dire, je n’y crois pas. Je suis convaincue de la nécessité d’un très large mouvement unitaire étendu à tous les corps professionnels de la psychiatrie publique. Il faut que ce mouvement soit soutenu par les associations de patients et de famille. Engager seuls la lutte apparaît tellement vain, dans un temps où le gouvernement montre clairement son mépris envers la psychiatrie publique.

Je n’y crois pas et pourtant, j’ai envie que l’on me convainque d’aller devant le Ministère de la Santé le 17 septembre.

Illustration piochée sur l’article du PCR : l’interview d’un infirmier du CPOA 👉 https://lnkd.in/eEZmSC95

de soignants en psychiatrie » : Dominique Simonnot alerte sur une prise en charge « défaillante » et « indigne » des patients

COVID-19 Coronavirus, HOPITAL DE CANNES « Simone Veil » – URGENCES 7/7 24h/24 orientation par un infirmier vers Urgences Covid-19 (separe), urgences psychiatriques, ou Urgences general pour, hospitalisation, consultation, soins, suivie medicale. En collaboration avec le centre 15, les sapeurs pompiers, les ambulances, les medecins de ville, ARS, CCAS centres communaux d’action sociale, la Gendarmerie et la Police nationale et municipale, la justice, avenue des broussailles, Cannes FRANCE – 09/04/2020//SYSPEO_sysF008/2004122306/Credit:SYSPEO/SIPA/2004122310

Les services de la Contrôleure générale des lieux de privation de liberté (CGLPL), dirigée par Dominique Simonnot, alertent sur les conditions d’accueil des patients dans les services d’urgences psychiatriques et hospitalières de l’Île-de-France, jugés « indignes ». Leurs recommandations ont été publiées ce jeudi 10 septembre au Journal officiel. Chiara Carbonnet

Par Chiara Carbonnet

Publié le 10/09/2026 à 17:22 https://www.publicsenat.fr/actualites/sante/il-manque-30-a-40-de-soignants-en-psychiatrie-dominique-simonnot-alerte-sur-une-prise-en-charge-defaillante-et-indigne-d

De mars à juillet dernier, la CGLPL a mandaté une équipe de six contrôleurs pour effectuer la première visite thématique des services d’accueil des urgences (SAU) ainsi que quatre équipes pour visiter l’infirmerie psychiatrique de la préfecture de police de Paris. Au total, quinze services d’urgences ont été contrôlés en Île-de-France, dont Cochin, Robert-Debré, Necker-Enfants malades, la Pitié-Salpêtrière, Kremlin-Bicêtre (Val-de-Marne) ou encore l’hôpital européen-Georges-Pompidou.

Dominique Simonnot pointe des dysfonctionnements graves tels qu’un temps d’attente trop long avant une hospitalisation, entre 20h et 40h, un manque saillant de personnel, des locaux non adaptés, des situations de rétentions arbitraires dans l’attente d’un placement en soins sans consentement ainsi que des contentions sans cadre légal.

Une prise en charge « défaillante »

Depuis 2019, le nombre de passage aux urgences pour des motifs psychologiques a augmenté. Selon le rapport de 2024 de la mission d’information sur la prise en charge des urgences psychiatriques de l’Assemblée nationale, cette hausse est de 21 % sur la période 2019-2023. Aussi, il pointait déjà les défauts du schéma organisationnel de l’offre de soin, en particulier sur la surcharge de travail aux urgences. Selon Dominique Simonnot, les principales causes de ces « défaillances » sont le manque de lits dans les services psychiatriques et le manque de soignants aux urgences. « Il manque 30 à 40 % de soignants en psychiatrie », assure-t-elle sur franceinfo ce matin. En effet, des postes médicaux et infirmiers sont vacants, et impliquent par conséquent des difficultés de prises en charge. Le personnel soignant déplore cette défaillance systémique qui peut devenir une source de risques psychosociaux pour les patients. Or, ces conditions découragent les professionnels à rejoindre ces services et expliquent les difficultés de recrutement : « Quand les personnes sont traitées de manière aussi indigne, les soignants ne veulent pas aller dans ces services », explique Emmanuelle Rémond, présidente de l’Union nationale de familles et amis de personnes malades et/ou handicapées psychique (Unafam).

Le manque de lits disponibles est également un point soulevé par ces contrôles. La configuration et la superficie des locaux des SAU sont majoritairement inadéquates pour garantir la dignité des conditions d’accueil. Certains patients s’assoient ou s’allongent sur le sol des couloirs des hôpitaux, parfois pendant plusieurs jours, à cause de l’absence de brancard ou de chaise. Depuis 2022, l’ARS d’Île-de-France a alors mis en œuvre une cellule d’appui à la recherche de lits d’hospitalisation en psychiatrie. Et l’analyse statistique comparative des indicateurs de cette cellule révèle une augmentation significative du nombre de patients concernés par une attente prolongée, soit 31,8 % entre les premiers semestres de 2025 et de 2026.

Une fois hospitalisés, ces patients sont parfois soumis à des pratiques de rétention ou de contention, sans consentement et sans qu’un cadre légal n’en définisse le contexte. Ces cas de figure se produisent généralement lorsque les soignants attendent une décision de soins de la direction ou lors d’une situation d’agitation du patient malade. Ils « se retrouvent contentionnés sur un brancard », témoigne Dominique Simonnot sur franceinfo, « attachés par cinq points : au ventre, aux chevilles et aux poignets ». Si certains services d’accueil des urgences possèdent des espaces d’isolement comme des boxes, la plupart n’ont d’autre choix que d’utiliser des kits de contention pour maintenir le patient sur un lit ou un brancard. Dominique Simonnot considère que ces situations représentent une atteinte aux droits fondamentaux des patients car ils sont privés de leur liberté d’aller et de venir. « Comment vous faites pour satisfaire vos besoins naturels ? », s’indigne la contrôleuse générale des lieux de privation de liberté.

Des rapports laissés sans suite

Alors même que la santé mentale a été désignée Grande Cause nationale pour les années 2025 et 2026, les derniers rapports sur ce sujet sont restés largement sans suite. Publié en juin 2025, un rapport d’information du Sénat sur l’état des lieux de la santé mentale depuis la crise du covid-19 soulignait déjà les difficultés des services d’urgences dans la prise en charge des patients. « Les services d’urgences se trouvent souvent saturés alors qu’ils ne sont pas en capacité de répondre à cette demande dans des conditions satisfaisantes », notait le rapport. En se rendant au sein du service d’urgence du centre hospitalier de Perpignan, les rapporteurs de cette mission d’information ont montré qu’un nombre important de patients souffrant de troubles psychiatriques attendaient sur des brancards. « Une telle situation se répète bien entendu dans de nombreux centres hospitaliers en France », poursuit-il.

Le rapport du Sénat propose alors plusieurs recommandations pour réduire la tension qui s’exerce sur les services d’urgence. Une des principales mesures porte sur l’amélioration des soins de proximité, notamment à travers la mise en avant des centres renforcés d’urgences psychiatriques (CRUP) ou encore le déploiement des filières psychiatriques des services d’accès au soin (SAS Psy), actuellement en expansion sur le territoire. Ce dernier, qui permet de répondre à des demandes de soins non programmés sans orienter les patients vers les urgences, doit cependant « encore se consolider et se généraliser ». « Seuls quinze départements en sont aujourd’hui pourvus », indique le document de la commission des affaires sociales du Sénat.

Suite à ces contrôles, la Contrôleure générale des lieux de privation de liberté a également transmis des recommandations en urgence aux ministres de la Santé, de l’Intérieur et de la Justice le 24 juillet dernier. Parmi elles : il s’agit de rendre proscrites les mesures de contention, former les soignants à des techniques alternatives ou encore améliorer la configuration des locaux des services d’accueil en urgences. Ces mesures « relatives à l’accueil, l’attente et l’orientation des patients à présentation psychiatrique dans les services d’accueil des urgences des hôpitaux de Paris et de la petite couronne », sont désormais publiées au Journal officiel. Dominique Simonnot n’a pour l’heure aucune réponse des ministères.

Commentaire Dr Jean SCHEFFER:

En réalité il y a 50% de postes vacants dans les hôpitaux psychiatriques et un taux encore plus élevé en pédopsychiatrie. Dans les CMPP, nombreux sont ceux qui n’ont pas de psychiatre.

Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

Laisser un commentaire