Victoire des lobbies des édulcorants: pour l’EFSA, l’aspartame est sans risque pour la santé.

Dose journalière admissible de l’aspartame : l’EFSA ne voit aucun problème. « Scandaleux », réagissent foodwatch et Yuka, qui continuent de réclamer une interdiction

(Communiqué de foodwatch)

10/09/2026 https://toute-la.veille-acteurs-sante.fr/245343/dose-journaliere-admissible-de-laspartame-lefsa-ne-voit-aucun-probleme-scandaleux-reagissent-foodwatch-et-yuka-qui-continuent-de-reclamer-une-interdiction-communi/

Émis par : foodwatch, Yuka

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Un nouvel avis scientifique de l’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) paru aujourd’hui ne relève aucun risque pour la santé lié aux utilisations et aux doses journalières actuelles concernant l’acésulfame K (E 950), l’édulcorant controversé aspartame (E 951) et le sel d’aspartame-acésulfame (E 962)

« Nous regrettons que l’agence minimise la pertinence des conclusions scientifiques indépendantes établissant un lien entre la consommation d’aspartame et des effets potentiels sur la santé », déclarent foodwatch et Yuka

Plus de 400 000 citoyens réclament une interdiction de l’aspartame et l’application du principe de précaution ; la Commission européenne doit agir sans délai

L’Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) a publié, le 10 septembre, son avis scientifique tant attendu sur le sel d’aspartame-acésulfame (E 962). Le E962 est un mélange de deux édulcorants, l’aspartame (E 951) et l’acésulfame K (E 950). En raison du manque général de données sur l’E 962, l’avis s’appuie en partie sur des données concernant l’aspartame.

Aujourd’hui, l’EFSA a confirmé la sécurité de l’aspartame et « n’a relevé aucun risque pour la sécurité lié aux utilisations et aux doses d’utilisation actuellement signalées de l’acésulfame K (E 950), de l’aspartame (E 951) et du sel d’aspartame-acésulfame (E 962) ». Le dernier avis scientifique de l’EFSA sur la sécurité de l’aspartame remonte à 2013 et s’appuyait principalement sur des études menées par l’industrie pour fixer une dose journalière admissible de 40 mg/kg de poids corporel par jour, ce qui équivaut à 9 à 14 canettes de soda par jour selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

« L’avis publié aujourd’hui est scandaleux, car l’EFSA ne voit aucun problème dans la consommation quotidienne actuelle d’aspartame, alors même que les risques pour la santé ont été documentés par des études scientifiques indépendantes récentes », déclarent foodwatch et Yuka, qui exhortent la Commission européenne et les États membres à appliquer le principe de précaution et à suspendre sans délai son autorisation. Selon les trois organisations : « Cet avis, qui comporte des éléments concernant l’aspartame, est une occasion manquée de répondre aux préoccupations croissantes en matière de sécurité liées à cet édulcorant très répandu ».

foodwatch et Yuka regrettent que « l’agence minimise la pertinence des conclusions scientifiques indépendantes établissant un lien entre la consommation d’aspartame et des effets potentiels sur la santé, notamment un risque accru de cancer, de maladies cardiovasculaires ou de diabète de type 2, ou encore de troubles du microbiome, et qu’elle n’ait pas intégré toutes les publications les plus récentes dans son évaluation. Nous appelons la Commission européenne à faire enfin passer la protection des consommateurs avant les intérêts de l’industrie et à interdire l’aspartame dès que possible ».

L’aspartame est un édulcorant très répandu, environ 200 fois plus sucré que le sucre. On estime qu’il est utilisé dans environ 2 500 produits en Europe et 5 000 produits dans le monde, notamment dans les boissons gazeuses, les chewing-gums et certains produits laitiers.

Une campagne lancée en février 2025 par foodwatch, Yuka et La Ligue contre le Cancer réclame une interdiction préventive de l’aspartame à l’échelle de l’Union européenne, sur la base des preuves scientifiques existantes concernant ses effets néfastes sur la santé, notamment les risques accrus de cancer, de maladies cardiovasculaires, de diabète de type 2 ou de troubles du microbiome. Plus de 400 000 personnes à travers l’Europeont déjà soutenu cet appel en faveur d’une protection accrue des consommateurs et signé la pétition commune.

En 2023, le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) de l’OMS a classé l’aspartame comme « potentiellement cancérigène pour l’homme » (groupe 2B), sur la base d’une analyse exhaustive de la littérature indépendante accessible au public. Cette analyse incluait les résultats de la vaste cohorte épidémiologique de l’institut public français INSERM (NutriNet-Santé, portant sur plus de 100 000 adultes), considérée par le CIRC comme l’étude la plus détaillée sur cet édulcorant.

Cette étude de cohorte a mis en évidence des liens entre la consommation d’aspartame et une augmentation des risques de cancer à des doses bien inférieures à celles jugées sûres par les autorités réglementaires : la consommation d’une demi-canette de soda light par jour était associée à une augmentation globale de 15 % du risque de cancer et à une augmentation de 22 % du risque de cancer du sein.

La consommation d’aspartame a également été associée à une augmentation des risques de certains événements cardiovasculaires (+17 %), tels que les accidents vasculaires cérébraux, ainsi qu’à un risque accru de développer un diabète de type 2 (+63 %). Une méta-analyse de l’OMS sur les effets des édulcorants sur la santé a également mis en évidence ces risques, tandis que cette même institution a également déconseillé de recourir aux édulcorants non sucrés dans le cadre d’un régime amaigrissant.

Comme l’ont montré les enquêtes menées tant par Yuka que par foodwatch, l’histoire de l’introduction et du maintien de l’aspartame sur le marché illustre parfaitement comment un lobbying d’entreprise puissant peut influencer les réglementations en matière de sécurité alimentaire. L’évaluation scientifique de l’EFSA de 2013 a suscité la controverse en raison de son appui massif sur des études menées par l’industrie, au détriment de preuves indépendantes mettant en évidence des risques pour la santé. Elle s’est notamment appuyée sur une seule étude de 1981, dont la méthodologie est contestable, réalisée par le fabricant d’aspartame Ajinomoto, pour étayer la sécurité de cet édulcorant et en déduire une soi-disant dose d’exposition sans danger, qui n’a jamais été révisée.

À ce jour, la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a refusé les demandes de rencontre formulées par foodwatch, Yuka et La Ligue contre le Cancer afin de discuter du dossier de l’aspartame.

Cependant, au cours de l’année écoulée, dans des échanges avec foodwatch, l’EFSA s’est engagée à examiner si une révision de la dose journalière admissible (DJA) de l’aspartame était nécessaire dans le cadre de l’avis sur le sel d’acésulfame-aspartame (E 962), et la Commission européenne s’est engagée à envisager éventuellement de nouvelles mesures de gestion des risques en fonction des conclusions de ce dernier avis scientifique.

Une majorité des personnes interrogées dans le cadre d’un sondage d’opinion YouGov commandé par foodwatch dans 7 pays en août 2024 a déclaré que l’aspartame devrait être interdit en application du principe de précaution.

Sources

Les études sont disponibles ici :

Contact : 

foodwatch France
Camille Dorioz directeur des campagnes
camille.dorioz@foodwatch.fr

Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

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