Ils ne jouent pas perso, se complètent et font naître un espoir

« On se renifle »: François Ruffin et Dominique de Villepin ouvrent la porte à un rapprochement politique

Publié hier à 22h14 https://www.bfmtv.com/politique/on-se-renifle-francois-ruffin-et-dominique-de-villepin-ouvrent-la-porte-a-un-rapprochement-politique_AV-202609020871.html

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BFMCoralie Rabatel

Lors du Débat Libé 2027 diffusé en direct sur BFM2 et l’application BFM ce mercredi 2 septembre, François Ruffin et Dominique de Villepin ont ouvert la porte à un rapprochement, le premier déclarant: « on se renifle ».

François Ruffin et Dominique de Villepin « se reniflent ». C’est en tout cas ce qu’à déclaré le premier ce mercredi 2 septembre lors du Débat Libé 2027 diffusé en direct sur BFM2 et l’application BFM. Les deux hommes répondaient alors à la question: « pourriez-vous travailler l’un avec l’autre? ».

« Oui et je m’entraîne tous les jours, a affirmé Dominique de Villepin. Je ne revêt pas mon petit tutu rose pour m’entraîner à la barre et me préparer à faire le grand écart, mais je crois qu’il n’y a pas de politique sans capacité à réconcilier ».

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Il a aussi souligné l’importance de « se soumettre à une règle qui est complètement oublié par la politique à droite et à gauche: l’intérêt général. Il y a un intérêt à défendre en France aujourd’hui si on veut que le train fou de l’histoire ne déraille pas dans les bras du Rassemblement national. »

François Ruffin s’est montré moins affirmatif tout en restant ouvert. « Je ne sais pas si on peut déjà préparer le Pacs mais disons qu’on se renifle. Il y a je pense à la fois un diagnostic partagé et un horizon qui a des points communs. »

« Moi, je ne suis plus là »

Il estime notamment rejoindre Dominique de Villepin sur « les défis que la France a à affronter ». Le candidat à la présidentielle énumère: « le défi productif, pas de grand pays sans grande industrie et sans une agriculture qui assure son autonomie, le défi démographique, on a de plus en plus de personnes âgées dont il faut s’occuper, et le défi climatique. »

L’ancien Premier ministre, de son côté, en a profité pour citer ceux avec qui il ne souhaite par travailler, y compris au sein de sa famille élargie. Il s’agit de ceux « qui tiennent un discours qui veut flatter les populismes et qui marque ce dévoiement, ou en tout cas ces risques de dévoiement ».

Il a cité Édouard Philippe pour sa suppression du droit du sol, Gabriel Attal pour la remise en cause du droit international ou encore Bruno Retailleau concernant l’État de droit. « Si vous mettez Gabriel Attal ou Édouard Philippe autour de la table, moi, je ne suis plus là », a répondu François Ruffin. Ce à quoi Dominique de Villepin a répondu: « moi non plus ».

Le RN ciblé, « horizons communs », « grande transformation » écologique… Ce qu’il faut retenir du débat entre François Ruffin et Dominique de Villepin

Publié hier à 20h59 https://www.bfmtv.com/politique/elections/presidentielle/le-rn-cible-horizons-communs-grande-transformation-ecologique-ce-qu-il-faut-retenir-du-debat-entre-francois-ruffin-et-dominique-de-villepin_AV-202609020827.html

BFMSophie Cazaux

Dominique de Villepin et François Ruffin ont participé ce mercredi à un débat organisé par Libération, en partenariat avec BFM. Un échange marqué par de nombreuses convergences, sur les questions géopolitiques notamment.

Deux personnalités politiques qui plaident pour une transformation du « système ». Dominique de Villepin et François Ruffin ont débattu pendant plus d’une heure ce mercredi 2 septembre en vue de l’élection présidentielle de 2027, un échange lors duquel ils ont témoigné du respect qu’ils ont l’un pour l’autre, malgré leur statut d’adversaires.

L’ancien Premier ministre de droite a fait part à plusieurs reprises ces dernières semaines de sa « volonté » de se présenter à l’élection et le député de gauche a déjà annoncé sa candidature, qui ne passera pas par la primaire organisée par le Parti socialiste. Voici ce qu’il faut retenir de cette rencontre à l’Académie du Climat, un lieu de réflexion situé à Paris.

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• Un échange marqué par de nombreuses convergences politiques

Tous deux fondateurs de petits mouvements, Dominique de Villepin et François Ruffin se trouvent dans une situation particulière pour cette élection. Sans être épaulés par de plus importantes formations, seront-ils présents au premier tour en avril 2027?

Chacun a insisté sur la menace d’une victoire de Marine Le Pen, François Ruffin refusant le « train de la fatalité » y menant, Dominique de Villepin souhaitant que « le train fou de l’histoire ne déraille pas dans les bras du Rassemblement national ».

François Ruffin et Dominique de Villepin ont reconnu des convergences, jusqu’à un éventuel rapprochement? « On se renifle », a ironisé François Ruffin. « Il y a un diagnostic partagé et un horizon qui a des points communs », a-t-il ajouté.

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• Sur l’environnement, « taxe carbone » contre « travaillisme écologique »

Dénonçant une « régression écologique », Dominique de Villepin s’est revendiqué d’un « éco-gaullisme », appelant à une « grande transformation ». « Il faut la planification » écologique, mais « elle doit aujourd’hui s’incarner » avec l’inscription dans la Constitution de « la neutralité carbone d’ici 2050 », a-t-il plaidé.

L’ex-Premier ministre souhaite la mise en place d’une « taxe carbone » pour donner « un avantage à tout ce qui n’est pas le recours à l’énergie fossile ». Un « point de désaccord » avec François Ruffin, qui estime que « la taxe carbone, ça n’a pas marché dans la population », une référence au mouvement des gilets jaunes notamment.

De son côté, le fondateur du parti Debout a estimé que l’été passé, marqué par les canicules et les feux de forêts, montre une « faillite des élites ». Le défi climatique « suppose de tout transformer », a déclaré le député. « Cela suppose que le travail soit valorisé » pour œuvrer à cette transformation, a-t-il expliqué, rappelant son souhait d’un « travaillisme écologique ». Il a mis en avant la rénovation des logements, des passoires thermiques en particulier.

• Alignement sur l’importance de la « souveraineté » de la France

Sur la géopolitique, l’un des sujets de prédilection de Dominique de Villepin en tant qu’ex-ministre des Affaires étrangères (2002-2004), le probable candidat a affirmé qu’il « faut que la France redevienne la France, c’est-à-dire une puissance de référence en matière de droit international, en matière de justice et en matière de paix ». Elle doit pour cela créer autour d’elle « un pôle alternatif à la confrontation qui se dessine tous les jours entre la Chine et les États-Unis », a-t-il déclaré.

Même son de cloche du côté de François Ruffin, qui a appelé la France et l’Europe à « proclamer leur indépendance ». L’élu a affirmé qu' »on ne peut pas avoir une politique industrielle sans politique commerciale » pour la « souveraineté » de la France. « Il faut passer d’une mondialisation malheureuse à une démondialisation heureuse », a-t-il ajouté, dénonçant la « machine du libre-échange ». Dominique de Villepin s’est montré « 100% d’accord sur l’idée d’une grande politique commerciale », rappelant néanmoins qu’elle est du ressort de l’Union européenne.

• Face à la dette publique, réformes des niches sociales et fiscales et « États généraux de la fiscalité »

D’emblée, François Ruffin a tenu à rappeler l’un des échecs politiques de Dominique de Villepin, instigateur du contrat première embauche (CPE), qui n’a jamais vu le jour face à une large mobilisation de la jeunesse. Celle-ci s’est opposée dans la rue à ce contrat à durée indéterminée destiné aux moins de 26 ans, assorti d’une longue période d’essai – deux ans -, pendant laquelle l’employeur pouvait licencier le « jeune » sans motif. « J’ai manifesté contre », a déclaré François Ruffin dès le début du débat. « Le CPE, c’est bien dans l’optique de la réparation que je l’ai fait », a répondu l’ex-Premier ministre, devant « l’absence totale de perspective qui était donnée aux jeunes des banlieues ». Il a néanmoins dit avoir « retenu la leçon », soulignant avoir enterré cette réforme « même si la loi avait été votée ».

Sur la situation financière du pays, Dominique de Villepin a estimé qu' »on ne peut pas fermer les yeux sur cette situation budgétaire, sur cette dette qui va croissant, et sur les intérêts de la dette qui sont littéralement en train de nous dévorer ». Il a glissé au passage un tacle au RN, pour lequel « c’est haro sur les immigrés, c’est haro sur l’Europe ». L’ex-Premier ministre veut réformer un « impensé » de la politique française, les niches sociales et fiscales, et la CSG (contribution sociale généralisée).

Doit-on s’inquiéter de la nouvelle augmentation de la dette française?

« La question de la dette publique, ce n’est pas quelque chose que je considère comme secondaire », a abondé François Ruffin. Sa solution serait de cibler les plus fortunés, via la fiscalité. « On doit avoir comme objectif minimal que les firmes paient autant d’impôts que le boucher du coin. On doit avoir comme objectif que les milliardaires ne paient pas moins d’impôts en proportion que leur secrétaire ou que les infirmières », a-t-il déclaré.

Dénonçant un pays « camé aux subventions », François Ruffin s’est dit en faveur d' »États généraux de la fiscalité » pour une « discussion sur ce qui est le fondement » du contrat social.

En conclusion du débat, le député de la Somme a affirmé qu’il « faut tout essayer, et essayer aussi de péter les cloisons, et que chacun ne reste pas dans son couloir ». Une main tendue à Dominique de Villepin?

« C’est le premier moment original de cette campagne » : pourquoi Dominique de Villepin et François Ruffin affichent leurs convergences pour la présidentielle

France Info

Lors d’un débat organisé par « Libération », le député de la Somme, issu de la gauche, et l’ancien Premier ministre de Jacques Chirac, figure de la droite, ont mis en avant leurs affinités. Mais avec quel objectif politique ?lire plus tard375 commentaires

Article rédigé par Daïc Audouit

France Télévisions

Publié le 03/09/2026 16:05 https://www.franceinfo.fr/elections/presidentielle/c-est-le-premier-moment-original-de-cette-campagne-pourquoi-dominique-de-villepin-et-francois-ruffin-affichent-leurs-convergences-pour-la-presidentielle_8175026.html

Mis à jour le 03/09/2026 16:32

Temps de lecture : 4min

François Ruffin, le 11 juin 2026 à Paris, et Dominique de Villepin, le 2 septembre 2026 à Paris. (UMIT DONMEZ / ANADOLU / MAGALI COHEN / HANS LUCAS / AFP)

François Ruffin, le 11 juin 2026 à Paris, et Dominique de Villepin, le 2 septembre 2026 à Paris. (UMIT DONMEZ / ANADOLU / MAGALI COHEN / HANS LUCAS / AFP)

C’est l’alliance qu’on n’avait pas vu venir. Lors d’un débat organisé par le journal Libération(Nouvelle fenêtre)mercredi 2 septembre, Dominique de Villepin et François Ruffin ont constaté un bon nombre de convergences dans leurs idées alors qu’ils souhaitent tous deux concourir à l’élection présidentielle. Mais jusqu’où pourrait aller ce rapprochement ? « Je ne sais pas si vous avez déjà préparé le Pacs, mais disons qu’on se renifle », a déclaré le député de la Somme.

Il y a vingt ans, une telle perspective semblait impossible quand le journaliste de Fakir, homme de gauche, défilait contre le projet de CPE lancé par le Premier ministre de Jacques Chirac. Aujourd’hui, même si elle reste surprenante, elle peut être habile politiquement. « Ce qui est intéressant, c’est que ce sont deux hommes libres, mais qui ne sont pas du copié-collé », fait valoir Sophie Taillé-Polian, députée du Val-de-Marne et porte-parole de François Ruffin.

« Bien sûr qu’ils sont complémentaires »

Dominique de Villepin, l’homme du discours devant les Nations unies contre la guerre en Irak en 2003, est très identifié sur les questions géopolitiques, ce qui n’est pas le cas de François Ruffin. Ce dernier, en revanche, a une image sociale qui manque à l’ancien locataire de Matignon. Lequel n’a jamais été élu, alors que le Picard possède un fort ancrage local. « Bien sûr qu’ils sont complémentaires », poursuit la porte-parole. « Il y a d’un côté une expérience gouvernementale et internationale forte, et, de l’autre, l’expérience du terrain au plus près des préoccupations des Français. » Raquel Garrido, ancienne députée insoumise, ayant comme François Ruffin pris ses distances avec Jean-Luc Mélenchon, a suivi le débat, qu’elle a trouvé « intéressant »

« Il y a naturellement pas mal de convergences parce que Villepin se détache progressivement du logiciel économique de la droite. »Raquel Garrido, ancienne députée LFI

à franceinfo

Selon un des organisateurs du débat, c’est d’ailleurs Dominique de Villepin qui était le plus allant pour parler de convergence, alors que François Ruffin semblait freiner un peu plus. « Les échanges ont été riches et ont montré des points d’accord mais aussi de désaccord, tout en gardant de l’honnêteté et du respect », estiment les proches du député de la Somme, « très contents d’avoir pu organiser ce débat ». Il avait été préparé avec les équipes des deux candidats, et facilité par des connaissances communes. L’idée était de marquer les esprits. « C’est réussi au-delà de nos attentes », commente l’entourage de Dominique de Villepin.

Car ce rapprochement est aussi un moyen de faire parler d’eux et de leurs ambitions. François Ruffin se prépare à l’élection présidentielle depuis plusieurs années, avec pour projet de réconcilier « la France des bourgs et la France des tours« . Il ambitionnait de se présenter à la primaire de gauche, tuée dans l’œuf par le refus du PS d’y participer. Il a maintenu sa candidature(Nouvelle fenêtre) mais peine à exister dans la campagne. « La séquence d’hier montre que François Ruffin est encore dans la compétition. Dans la mouvance unitaire de gauche, il n’y a plus que lui, Marine Tondelier et Olivier Faure. La situation n’est pas du tout cristallisée et ils ont raison de rester dans l’action », juge Raquel Garrido.

« Une volonté de rompre avec la politique menée aujourd’hui »

De son côté, depuis le printemps, Dominique de Villepin intervient régulièrement dans les médias pour promouvoir son envie d’être candidat, sans franchir le pas d’une déclaration officielle, laissant planer le doute sur sa volonté ou sa capacité d’aller jusqu’au bout. « On arrive à un moment de notre histoire où il faut avancer sans calcul », a-t-il affirmé lors du débat, se disant prêt à « sacrifier toutes ses ambitions ».

Peut-on alors imaginer un désistement de l’un au profit de l’autre ? « Ils sont certes complémentaires, mais il faut que le rassemblement soit beaucoup plus large que leurs deux personnes », commente Sophie Taillé-Polian, qui appelle à « une ligue des dérailleurs », reprenant l’expression utilisée par François Ruffin lors du débat. Il s’agit pour lui de faire dérailler « le train fou » qui conduirait à un second tour entre Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen, voire à l’élection de la figure d’extrême droite. Le président du think tank The Shift Project, Jean-Marc Jancovici, la journaliste Natacha Polony ou encore la directrice d’Oxfam France, Cécile Duflot, sont évoqués pour rejoindre cette ligue.« J’ai beaucoup apprécié ce débat », commente sobrement l’ancienne patronne des écologistes, contactée par franceinfo.

La porte-parole de François Ruffin fixe les règles de cette ligue pas encore légendaire : « Une exigence de clarté vis-à-vis du Rassemblement national et une volonté de rompre avec la politique menée aujourd’hui. » « Villepin coche les deux cases« , ajoute-t-elle. « Il y a un diagnostic partagé, il y a un horizon commun », a résumé François Ruffin. De nouvelles initiatives communes sont à l’étude pour les prochaines semaines. « Il faut désormais que d’autres rentrent dans la danse », espèrent les proches de François Ruffin. « En cette rentrée, c’est le premier moment original de cette campagne. Il ne faut pas laisser retomber la poussière », explique l’entourage de Dominique de Villepin.

Présidentielle 2027 : Dominique de Villepin et François Ruffin, quand les contraires s’attirent pour mieux débattre

Pas encore tout à fait lancé dans la course à l’Elysée, l’ex-premier ministre chiraquien a échangé mercredi, à Paris, avec l’ancien « insoumis », déjà en campagne. Différents par leurs styles et leurs parcours, les deux hommes semblent s’accorder sur l’essentiel ou presque. 

Par Alexandre Pedr

Aujourd’hui à 05h00, modifié à 08h30

https://www.lemonde.fr/politique/article/2026/09/03/presidentielle-2027-dominique-de-villepin-et-francois-ruffin-ou-quand-les-contraires-s-attirent-pour-mieux-debattre_6764808_823448.html

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François Ruffin et Dominique de Villepin à l’Académie du climat, à Paris, le 2 septembre 2026.
François Ruffin et Dominique de Villepin à l’Académie du climat, à Paris, le 2 septembre 2026. AGNÈS DHERBEYS/MYOP POUR « LE MONDE »

Le lieu incite au rapprochement. A l’invitation de Libération, Dominique de Villepin et François Ruffin ont débattu, mercredi 2 septembre, dans une ancienne salle de mariage, celle de l’ancienne mairie du 4e arrondissement de Paris, devenue l’Académie du climat. A la fin, personne ne s’est dit oui mais les deux « se reniflent », a admis le député de la Somme (ex-La France insoumise, LFI), provoquant l’hilarité dans la salle.

Après tout, les « François » lâchés par son interlocuteur trahissaient déjà une relation établie entre l’ancien premier ministre (2005-2007) de Jacques Chirac (1932-2019) et le fondateur du mouvement Debout ! ainsi que du journal satirique Fakir. Dominique de Villepin est devenu, à 72 ans, l’homme de droite préféré de la gauche, quand François Ruffin, 50 ans, défilait dans la rue, vingt ans plus tôt, pour manifester contre son projet de contrat première embauche.

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Présidentielle 2027 : Dominique de Villepin, candidat à demi-mot, mène déjà campagne à La Rochelle

De l’histoire ancienne. Désormais, l’aristocrate flamboyant et l’ancien « insoumis » – seul député qui ne conserve que le SMIC sur son indemnité de parlementaire – ont beaucoup de choses en commun. A commencer par une ambition élyséenne pour 2027. Mais quand Dominique de Villepin attend encore le moment opportun pour jeter toutes ses forces dans la bataille, en spécialiste de l’art militaire napoléonien, François Ruffin mène déjà une campagne officielle, en solitaire, après l’échec de cette primaire de toute la gauche qu’il a échoué à imposer. Face aux scénarios déjà écrits pour cette élection, le premier veut « faire dérailler le train fou de l’histoire » quand le second propose une « ligue des dérailleurs ».

Rares divergences sur le fond

Au-delà des métaphores ferroviaires, les deux hommes s’accordent pour déplorer l’« esprit de défaite » face au Rassemblement national. François Ruffin reconnaît à son aîné, passé par l’Ecole nationale d’administration et tous les palais de la République, sa lucidité. « Vous faites partie de ceux qui ont pris conscience d’une forme de faillite des élites, j’entends une voix qui fait sécession d’avec son camp et peut-être d’avec sa classe », dit-il. Mais pas complètement avec ses racines politiques. Sur l’écologie, Dominique de Villepin plaide pour une révolution très gaullienne au moyen d’« une planification » de l’Etat. Un de ses instruments de financement serait une nouvelle taxe carbone dont l’intégralité du bénéfice serait reversée « aux plus défavorisés ». François Ruffin n’achète pas : « La taxe carbone, ça n’a pas marché dans la population. »

François Ruffin et Dominique de Villepin, avec les journalistes Sonia Delesalle-Stolper et Thomas Legrand, à l’Académie du climat, à Paris, le 2 septembre 2026.
François Ruffin et Dominique de Villepin, avec les journalistes Sonia Delesalle-Stolper et Thomas Legrand, à l’Académie du climat, à Paris, le 2 septembre 2026. AGNÈS DHERBEYS/MYOP POUR « LE MONDE »

En revanche, l’élu picard reconnaît à l’ancien ministre des affaires étrangères d’avoir su dire « non » à la guerre en Irak, en 2003. « Et ce non, c’est la France », poursuit-il. Une France que les deux débatteurs voient comme une force d’équilibre dans le monde. « Le rôle historique de la France est d’être une passerelle avec les pays du Sud », explique François Ruffin. Presque du Villepin dans le texte. Ce dernier poursuit : « Les principes sont fondamentaux en ce qu’ils permettent de fixer une ligne pour les nations du monde. » Applaudissements dans la salle, comme lorsqu’il qualifie la colonisation française de « crime ».

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Présidentielle 2027 : dans l’Indre, François Ruffin se lance à la conquête des parrainages des maires

Sur le fond, les divergences sont rares. Le style diffère toutefois. Quand François Ruffin reste un reporter dans l’âme, appuyant son propos sur des rencontres, Dominique de Villepin développe des concepts plus généraux et moins incarnés mais agrémentés de métaphores inattendues dans un style très chiraquien. Au sujet d’un possible rapprochement avec son voisin du soir, Dominique de Villepin évacue ainsi : « Je ne revêts pas mon petit tutu rose pour m’entraîner à la barre et faire le grand écart. » Dans une salle de mariage, cela n’aurait pas vraiment été indiqué.

Libé 2027 

Débat Ruffin-Villepin : taxe carbone, géopolitique, rapprochement… Les 5 moments marquants de la rencontre organisée par Libé

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L’ex-insoumis, déjà en lice pour l’élection présidentielle, et le chiraquien, qui pourrait se déclarer cet automne, étaient invités à l’Académie du Climat à Paris ce 2 septembre. Un événement organisé pour le lancement de «Libé 2027», une série de rencontres prévues par notre journal pour animer la campagne.

Election présidentielle 2027


François Ruffin et Dominique de Villepin le 2 septembre à l’Académie du Climat, à Paris. (Denis Allard/Libération)

ParLucie Alexandre

Victor Boiteau

Publié le 02/09/2026 à 23h0 https://www.liberation.fr/politique/ruffin-villepin-les-4-moments-marquants-du-debat-organise-par-libe-20260902_PY3RLYR2VJH4POAL57GG4AGO5U/

L’affiche ? «Etonnante», introduit sur scène Sonia Delesalle-Stolper, directrice de la rédaction de Libération. Voilà les deux «inclassables», Dominique de Villepin, ancien Premier ministre de Jacques Chirac, et François Ruffin, député de la Somme, ex-insoumis, installés côte à côte pour un échange inédit. On vous résume les cinq moments forts du débat.

Pour démarrer, l’éditorialiste politique de LibéThomas Legrand, demande aux deux hommes de décliner leur «fiche d’identité politique». «Gaulliste», répond d’emblée Villepin, «radicalement soucieux d’un gaullisme de gauche, humaniste, républicain», écologiste et «culturel». Pas encore officiellement déclaré, l’ex-Premier ministre entend, à huit mois de la présidentielle, «faire dérailler le train fou de l’histoire». S’il a accepté de débattre avec Ruffin, c’est parce qu’il lui reconnaît «le mérite 

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Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

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