Soins dentaires : malgré le rejet unanime, le Gouvernement publie son décret et envoie la facture aux Français !
(Communiqué Chirurgiens dentistes)
Émis par : Les CDF
Le décret relevant le ticket modérateur sur les soins dentaires a été publié le 21 août au Journal officiel.
La prise en charge par l’Assurance maladie obligatoire sera ramenée à 50 % au 1er janvier 2027, contre 60 % aujourd’hui et 70 % il y a trois ans. Le Gouvernement a donc passé outre l’avis défavorable rendu à l’unanimité par le Conseil de la CNAM, celui rendu à l’unanimité par le Conseil de l’UNOCAM, la demande de retrait formulée par les dix syndicats des professions libérales de santé réunis au sein des LDS (Libéraux de santé), et l’opposition de 76 % des Français selon un sondage ELABE. Les Chirurgiens-Dentistes de France demandent au Premier ministre le retrait de ce texte et appellent les Français à signer la pétition nationale.
Un passage en force
Aucune des instances consultées n’a validé ce texte. Le 28 juillet, le Conseil de la CNAM a rendu un avis défavorable à l’unanimité de ses 34 voix — syndicats de salariés, organisations d’employeurs, mutualité et associations de patients confondus — en dénonçant la précipitation d’une adoption estivale et l’absence de débat parlementaire et d’étude d’impact consolidée. Le 31 juillet, le Conseil de l’UNOCAM a rendu, lui aussi à l’unanimité, un avis défavorable, qualifiant le transfert de « montant sans précédent ». Le Gouvernement a choisi de n’en tenir aucun compte.
Ce n’est pas une divergence technique : c’est un désaveu complet de la démocratie sociale, suivi d’un passage en force. Une réforme qui touche aux principes de financement de notre protection sociale aurait dû être précédée d’un débat public et parlementaire. Elle a été décidée par décret, en plein été, selon la procédure d’urgence.
Une fausse économie et un mauvais coup porté à la prévention
Réduire la part remboursée par l’Assurance maladie ne fait disparaître aucune dépense : elle est reportée sur les complémentaires santé, donc sur les cotisations de l’ensemble des assurés, et sur le reste à charge direct des Français qui n’ont pas de complémentaire — souvent les plus fragiles. Le total dépensé pour soigner les Français ne baisse pas d’un euro.
Cette baisse frappe en premier lieu les soins conservateurs — le traitement des caries et les soins courants — c’est-à-dire le cœur même de la prévention. Le dispositif du 100 % Santé, invoqué pour rassurer, porte pour l’essentiel sur les prothèses et ne couvre pas ces actes. Renchérir aujourd’hui l’accès aux soins qui évitent les traitements lourds de demain, c’est programmer une dégradation de la santé bucco-dentaire des Français et une facture globale plus élevée.
Les chirurgiens-dentistes restent par ailleurs la seule profession médicale visée par cette mesure, au nom d’une dérive budgétaire qui n’a aucun lien avec la santé bucco-dentaire.
La publication du décret ne clôt pas le débat
Un décret publié peut être abrogé. Le Gouvernement dispose de plus de quatre mois avant l’échéance du 1er janvier 2027 pour revenir sur une décision que personne n’a approuvée. C’est au Premier ministre qu’il revient de le faire.
Les CDF étudient par ailleurs, avec leurs conseils, les suites qu’appelle ce texte, et envisagent notamment un recours pour excès de pouvoir.
Les Chirurgiens-Dentistes de France demandent au Premier ministre :
1. le retrait du relèvement du ticket modérateur sur les soins dentaires ;
2. le maintien d’un financement solidaire des soins courants et de la prévention par l’Assurance maladie obligatoire ;
3. l’ouverture d’une concertation réelle avec la profession sur le financement de la santé bucco-dentaire, plutôt que des mesures unilatérales à visée budgétaire.
Appel à la mobilisation
Les CDF appellent les Français à signer la pétition nationale « Non au déremboursement des soins dentaires », qui demande le retrait de cette mesure. Elle est accessible en ligne et disponible à la signature dans les cabinets dentaires, où une affiche informe les patients des conséquences concrètes de la décision. Les signatures seront remises aux pouvoirs publics avant le 1er janvier 2027.
L’Assurance maladie va-t-elle freiner les remboursements des séances de kiné ? La profession réplique : « si la démarche est exclusivement comptable, ce sera au détriment des patients »
L’Assurance maladie pointe du doigt la hausse des montants dépensés pour des soins en kinésithérapie, de 4 % par an depuis 2015. DDM – SEBASTIEN LAPEYRERE
Publié le 24/08/2026 à 06:35 , mis à jour à 07:28 https://www.ladepeche.fr/2026/08/24/lassurance-maladie-va-t-elle-freiner-les-remboursements-des-seances-de-kine-la-profession-replique-si-la-demarche-est-exclusivement-comptable-ce-sera-13515869.php
Article rédigé par Mathilde Luczak

Journaliste
La Dépêche du Midi
l’essentielEn 2025, les dépenses de kinésithérapie ont atteint 5,3 milliards d’euros pour l’Assurance maladie, soit une hausse annuelle moyenne de 4 % sur dix ans. Face à cette augmentation, un rapport propose de limiter les remboursements par un plafonnement des séances ou des forfaits. Les kinésithérapeutes s’inquiètent des impacts pour les patients les plus fragiles.
En dix ans, les dépenses de kinésithérapie ont augmenté en moyenne de 4 % par an. En 2025, elles ont atteint 5,3 milliards d’euros pour l’Assurance maladie. Dans son rapport adressé au ministère chargé de la Sécurité sociale pour 2027, l’organisme entend agir sur ce poste de dépenses, alors qu’il cherche plusieurs milliards d’euros d’économies pour les comptes sociaux.
Plusieurs phénomènes expliquent cette hausse, à commencer par l’augmentation du recours aux soins et une intensification des prises en charge. En parallèle, le nombre de kinésithérapeutes a fortement progressé en dix ans, avec 84 500 professionnels en 2025, soit 37 % de plus qu’une décennie auparavant.
Plafond, forfait ou tarif dégressif : ce qui pourrait changer
L’idée défendue dans le rapport serait de sortir progressivement du modèle actuel où une séance réalisée correspond à une séance remboursée. Plusieurs scénarios sont avancés : définir un nombre de séances remboursables en fonction de certaines pathologies, faire diminuer le tarif pris en compte au fil de la rééducation ou encore instaurer des forfaits pour certaines prises en charge.
Il ne s’agit toutefois pas, à ce stade, d’une baisse générale décidée des remboursements. Mais pour les patients qui suivent une rééducation longue, la question est néanmoins loin d’être anodine. Une fois un éventuel plafond atteint, le remboursement pourrait être réduit ou interrompu selon le dispositif retenu.
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« Les patients sont de plus en plus chroniques »
Les kinésithérapeutes reconnaissent l’augmentation des dépenses mais refusent de l’assimiler à une dérive de leurs pratiques. « Nous prenons en charge des patients de plus en plus chroniques », déclare Thomas Prat, Vice-président à la vie conventionnelle et aux relations avec l’Assurance Maladie pour la Fédération Française des Masseurs Kinésithérapeutes Rééducateurs (FFMKR), n’oubliant pas de préciser que le vieillissement démographique a un effet évident sur cette hausse. Autre facteur avancé : le transfert d’une partie des soins de l’hôpital vers la ville. « Les patients sortent plus vite et plus tôt et évidemment, ils ont plus besoin de soins, et nous, kinésithérapeutes, on répond à ce besoin », explique-t-il.
La profession conteste également l’idée selon laquelle la progression de la dépense profiterait directement aux kinésithérapeutes. Selon les données évoquées par l’Assurance Maladie, les revenus par kiné n’auraient progressé que de 0,6 % en dix ans. Mais en prenant en compte l’inflation et les charges des cabinets ayant augmenté « d’environ 20 % », selon Thomas Prat, les professionnels enregistrent une perte nette de pouvoir d’achat.
L’idée d’un plafonnement des séances crispe le secteur
Dans ces conditions, ils se disent prêts à discuter de la pertinence des soins, mais à la condition que la réforme ne se traduise pas par une nouvelle contrainte économique pour eux et pour le client vulnérable. « En revanche, si la démarche est exclusivement comptable, ce sera au détriment des patients comme des praticiens », alerte le délégué syndical.
La piste d’un plafonnement du nombre de séances suscite particulièrement les réserves des professionnels : « Les patients qui ont des prises en charge longues, c’est précisément les patients qui sont le plus âgés, les plus fragiles ou les plus dépendants. » La profession ne ferme toutefois pas la porte aux forfaits. « Il existe certaines pathologies neurologiques pour lesquelles une rééducation intensive sur une période courte peut être plus efficace qu’un suivi dilué sur l’année. »
Reste désormais à savoir quelles propositions seront retenues pour 2027. Pour Thomas Prat, la priorité devrait être donnée à la prévention à domicile ou en entreprise. « Chaque euro investi dans la prévention évite des dépenses de santé bien plus lourdes plus tard, même si cela ne se voit pas immédiatement dans les bilans à court terme de la Sécurité sociale. »
TEMOIGNAGES. Kiné : « Si le remboursement baisse, je ne pourrai plus me soigner », « trop de séances inutiles » : les patients partagés entre économies et nécessité
La Sécurité sociale a remboursé 5,3 milliards d’euros de soins chez le kinésithérapeute en 2025, soit une hausse de 4% par an depuis dix ans. Pexels – moona.lt
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Publié le 24/08/2026 à 06:16 , mis à jour à 11:49 https://www.ladepeche.fr/2026/08/24/temoignages-kine-si-le-remboursement-baisse-je-ne-pourrai-plus-me-soigner-trop-de-seances-inutiles-les-patients-partages-entre-economies-et-necessite-13515640.php
Article rédigé par Mathilde Luczak

Journaliste
La Dépêche du Midi
l’essentielLa question de la limitation du nombre de séances de kinésithérapie ou celle de son remboursement comme aujourd’hui divise les lecteurs de La Dépêche du Midi. Certains craignent que la réduction des remboursements rende les soins inaccessibles et isole les personnes vulnérables. D’autres appellent à un meilleur encadrement des séances pour éviter les abus et garantir la qualité des soins.
Faut-il limiter le nombre de séances de kinésithérapie ou revoir leur mode de remboursement pour réduire la facture de l’Assurance maladie ? Alors que la Sécurité sociale cherche à réaliser des économies, plusieurs pistes sont actuellement étudiées pour faire évoluer la prise en charge des soins chez le kiné. Parmi les solutions envisagées figurent notamment une limitation du nombre de séances pour certaines pathologies ou encore une nouvelle manière de rémunérer les kinésithérapeutes, avec des soins qui pourraient être davantage pris en charge sous forme de forfaits.
En tout cas, la question divise les lecteurs de La Dépêche du Midi. Après notre appel à témoignages, certains dénoncent des séances jugées inutiles ou trop peu encadrées mais pour beaucoup, toucher aux remboursements reviendrait surtout à rendre des soins indispensables inaccessibles.
« On n’y va pas par plaisir »
« Si le remboursement baisse, je ne pourrai plus me soigner correctement avec ma petite retraite. » Hélène, qui vit à Toulouse, consulte son kinésithérapeute deux fois par semaine depuis plus de dix ans dans le cadre d’une affection de longue durée (ALD). À Aiguillon (Lot-et-Garonne), Laurence, actuellement au chômage, est tout aussi catégorique : « Impossible de payer mes séances si elles ne sont qu’à moitié remboursées. »
Chez plusieurs patients souffrant de pathologies chroniques ou ayant subi une opération, la kinésithérapie n’est pas vécue comme un confort, mais comme une étape indispensable du parcours de soins. Véronique, installée dans le Morbihan, alterne deux séances par semaine, entre kinésithérapie et balnéothérapie, après avoir subi deux opérations pour des prothèses totales de genoux. « On n’y va pas par plaisir, plutôt par obligation », assure-t-elle.
Certains craignent aussi les conséquences indirectes d’une diminution des soins. Pour Céline*, une hausse du reste à charge pourrait l’empêcher de se soigner, voire de continuer à travailler. Et pour Lou, originaire d’Agen (Lot-et-Garonne), cela déplacerait le problème ailleurs : « La prescription de séances de kiné évite dans de nombreux cas des interventions chirurgicales tout aussi coûteuses. »
Des patients favorables à davantage de contrôle
Pour autant, tous les témoignages ne rejettent pas l’idée de mieux encadrer les soins. Plusieurs lecteurs estiment au contraire que des séances peuvent parfois être poursuivies alors qu’elles ne sont plus indispensables. « Je pense qu’il y a trop de séances qui ne servent à rien », estime Gisèle, opérée du genou. La Marseillaise évoque des cabinets où plusieurs patients effectuent simultanément leurs exercices. Elle juge notamment que certains exercices, comme le vélo, pourraient être réalisés à domicile.
Pour certains lecteurs, le véritable problème ne serait donc pas uniquement le nombre de séances, mais leur contenu. « Les kinés qui prennent en même temps cinq ou six patients font du chiffre, pas de la qualité », pointe Laurent, à Gaillac (Tarn). Un avis partagé par Margo qui estime que les tarifs et le taux horaire peuvent être faibles et pousser certains professionnels à multiplier les patients simultanément. Cette lectrice toulousaine qui pratique du handball à haut niveau se dit néanmoins ouverte à « un petit reste à charge », à condition de ne pas instaurer une limitation trop rigide du nombre de séances. « Elle devrait tenir compte de la pathologie, de la gravité de la blessure et de l’évolution propre à chaque patient », estime-t-elle.
Qu’ils soient pour ou contre une refonte des modalités de remboursement des séances, nombreux sont les lecteurs à estimer que le vieillissement de la population et l’augmentation des personnes atteintes de maladie respiratoire devraient obliger le gouvernement à nourrir une réflexion pour anticiper l’accès aux soins dans les décennies à venir. « Le climat qui se dégrade, la pollution qui s’amplifie, ont déjà des conséquences sur la santé des personnes qui subissent la dégradation de l’environnement pendant que l’État préfère casser les thermomètres », déplore Rose, à Lyon. Voilà qui est dit.* Prénom d’emprunt