Les plates formes de télé-consultations ont le vent en poupe !

Généraliste, il exerce exclusivement en téléconsultation : la justice lui donne raison face à la CPAM

La règle conventionnelle des 20% d’activité de téléconsultation ne s’applique pas aux médecins exclusivement salariés des plateformes, a jugé le tribunal de Reims. 

26/08/2026 https://www.egora.fr/actus-pro/judiciaire/generaliste-il-exerce-exclusivement-en-teleconsultation-la-justice-lui-donne?utm_source=Newsletter&utm_medium=gms_egora&utm_campaign=A_la_Une___Vendredi_28_ao%C3%BBt_2026&utm_medium=gms_egora&utm_source=email&utm_campaign=A%20la%20Une%20-%20Vendredi%2028%20ao%C3%BBt%20202620260828&sc_src=email_5036041&sc_lid=201416176&sc_uid=XYBlorZBtz&sc_llid=4600&sc_eh=5d463c22601bc0401

Par Aveline Marques

Embauché à temps partiel par une société de téléconsultation en avril 2024, un généraliste libéral à la retraite avait sollicité auprès de la CPAM de la Marne un aménagement du seuil maximal d’activité réalisée en téléconsultation, fixé à 20%* du volume d’activité globale conventionnée (40% pour un psychiatre). 

La convention médicale stipule en effet que « l’activité de consultation d’un médecin ne peut pas être majoritairement exercée à distance ». La Cnam et les syndicats de médecins libéraux rappellent ainsi que « la prise en charge de patients exclusivement en téléconsultation pourrait porter atteinte aux exigences déontologiques de qualité, de sécurité et de continuité des soins ». 

Lire aussi : Gares, mairies… Le Gouvernement va subventionner l’installation de cabines de téléconsultation *

Le texte conventionnel précise que ces « seuils s’appliquent à titre individuel aux médecins salariés des plateformes de téléconsultation ». Le Code de la santé publique stipule par ailleurs que pour bénéficier d’un agrément, les sociétés de téléconsultation doivent s’assurer « que les médecins qu’elles salarient respectent les règles de prise en charge par l’assurance maladie obligatoire fixées par la convention », notamment « ses dispositions relatives au volume d’activité à distance le cas échéant ». 

Ayant essuyé un refus à sa demande et saisi, en vain, la commission de recours amiable de la CPAM, le généraliste marnais a décidé de porter l’affaire en justice. Dans une décision datée du 30 juillet, le pôle social du tribunal judiciaire de Reims lui a donné raison face à la caisse. Relevant que le médecin avait cessé toute activité libérale depuis 2022 et que les médecins salariés exclusifs des sociétés de téléconsultation – comme ceux des hôpitaux ou des centres de santé – sont exclus du champ d’application de la convention, le tribunal a déclaré « inapplicable et inopposable » au généraliste la règle des 20%. 

L’exercice exclusif en téléconsultation reste toutefois interdit par l’Ordre des médecins. « Un médecin qui exercice exclusivement en télémédecine méconnaît ses obligations déontologiques et s’expose à des sanctions disciplinaires » ou à une procédure pour insuffisance professionnelle, rappelait en juin dernier l’instance disciplinaire.  

*Hors consultations du médecin traitant et télé-expertises.

Auteur de l’article

Aveline Marques

Rédactrice en chef web

*Gares, mairies… Le Gouvernement va subventionner l’installation de cabines de téléconsultation

Dans le cadre du plan d’investissement France 2030, le Gouvernement a lancé un appel à manifestation d’intérêt pour subventionner l’installation de télécabines, notamment dans les gares, les mairies et les pharmacies. 

20/08/2026 https://www.egora.fr/actus-pro/acces-aux-soins/gares-mairies-le-gouvernement-va-subventionner-linstallation-de-cabines

Par Chloé Subileau

Le Gouvernement veut miser sur la télémédecine. Pour preuve : il vient de lancer un appel à manifestation d’intérêt (AMI) afin « d’expérimenter le déploiement de solutions technologiques innovantes » permettant de renforcer l’offre de soins « là où l’accès aux professionnels de santé reste difficile », et ce « en pleine coordination avec le déploiement du réseau ‘France santé' ».

Sont ainsi visés les « lieux de soins mobilisant la téléconsultation, dans des espaces ouverts au publics, faciles d’accès, à pression foncière limitée, et s’appuyant sur du matériel médical connecté et la présence de professionnels de santé accompagnant la téléconsultation », peut-on lire dans le cahier des charges accompagnant l’AMI.  

Les cabines de téléconsultation en gare, en mairie ou en pharmacie sont notamment citées. Toutefois, l’appel est clair : la solution proposée doit prévoir « la présence en accompagnement » d’un professionnel de santé « local » et « éligible à un financement par l’Assurance maladie » (IDE, pharmacie, kiné…).  

L’aide versée ne pourra dépasser 50% du coût total du projet proposé ni excédée 3 millions d’euros, précise le Gouvernement.  

Lire aussi : Médecins téléconsultants, ils créent leur syndicat : « Seuls, on ne fait pas le poids face aux plateformes »

Le dimanche 16 août, dans son point hebdomadaire, la Dre Patricia Lefebure, de la FMF, avait mis en lumière cet appel à manifestation d’intérêt. La présidente du syndicat y établissait un lien entre la récente annonce du doublement des franchises pour les patients, dont la ministre de la Santé a assuré qu’il devait notamment permettre d’accroître l’offre médicale, et les subventions dédiées à la télémédecine.  

« On ne voyait pas bien le rapport entre les franchises médicales et l’offre médicale, mais on a vite compris », écrit la généraliste. « Alors non seulement ces sociétés [de télémédecine, NDLR] attirent les médecins en proposant de la médecine facile et ultrarapide, non seulement elles pratiquent des dépassements de tarifs en toute impunité, et voilà maintenant qu’elles ont réussi à se faire subventionner », déplore la syndicaliste.  

Auteur de l’article

Chloé Subileau

Cheffe de la rubrique étudiants

Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

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