« En quatre mois il y a eu deux décès » : médecins et spécialistes alertent sur les injections esthétiques illégales
Publié le mardi 18 août 2026 à 08:20 https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/l-invite-de-8h20-le-grand-entretien/l-invite-de-8h20-le-grand-entretien-du-mardi-18-aout-2026-8172090?at_medium=newsletter&at_campaign=inter_quoti_edito&at_chaine=france_inter&at_date=2026-08-18&at_position=1
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Une signée par 5 000 médecins libéraux et spécialistes de médecine esthétique demande un durcissement des sanctions, après le décès de deux jeunes femmes ayant subi des injections pratiquées illégalement.
Avec
- Karine Berthelot-Guiet
- Professeure des universités et directrice du CELSA-Paris-Sorbonne
Nice en juillet, Villeurbanne en mars dernier. En quelques mois, deux femmes sont mortes en France après des injections illégales pratiquées hors de tout champ médical. Face à un phénomène qui ne cesse de prendre de l’ampleur, 5 000 médecins libéraux et spécialistes de médecine esthétique publient cet été une tribune pour demander aux autorités d’agir. 40 % des personnes ayant recours à des injections esthétiques en France s’adressent désormais à des professionnels qui ne sont pas médecins, expliquent les signataires de la tribune.
À écouter
Une femme décède après une injection d’acide hyaluronique illégale, pratique dangereuse promue sur les réseaux sociaux
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« Un marché illégal d’injections esthétiques se développe depuis quelques années »
Dominique Bellecour, médecin esthétique, explique qu’à « quatre mois de distance, il y a eu deux décès suite à des injections dans les fesses, a priori. La nature des produits n’est pas encore tout à fait clarifiée. Nous savons qu’il y a effectivement un marché illégal d’injections esthétiques qui se développe depuis quelques années, qui est en train de prendre beaucoup plus d’ampleur récemment et avec forcément des complications graves par centaines« .
Le praticien observe « une fois par mois environ, des jeunes patientes qui ont été effectivement injectées par des fake injectors, qui viennent avec des boules, par exemple, dans les lèvres, souvent ce sont des granulomes qui se constituent au fil des mois et des années avec des déformations des lèvres. Généralement lorsqu’il y a une déformation importante, je l’adresse à un confrère chirurgien. »
« Des groupes de travail vont être constitués très prochainement »
Mila Kiss, documentariste, constate des profils variés : « J’ai une étudiante qui est aux Beaux-Arts, j’ai une mannequin, j’ai une très jeune fille qui est encore dans ses études et donc je voulais vraiment casser le cliché parce que effectivement c’est en train de devenir un peu un phénomène de santé publique aussi à certains égards avec les fake injectors. […] C’était tellement associé jusqu’ici dans tous les documentaires qu’il y avait des profils de téléréalité, de filles un peu stupides, etc. Je voulais des profils complètement différents, montrer que ça touche des milieux sociaux différents. »
Karine Berthelot-Guiet, spécialiste de la communication sur les réseaux sociaux, estime que l’on voit sur internet non seulement « les personnes qui présentent les résultats de leurs opérations, […] mais aussi de personnes sur Instagram, Facebook, TikTok, etc., qui montrent les différents jours après, ça fait partie des récits, avec des photos, ‘je ressemble à ça’, ‘j’ai mal à ce point-là’, etc. » Selon Dominique Bellecour, la ministre de la Santé « a mesuré les enjeux et est en train de prendre ses responsabilités, des groupes de travail vont être constitués très prochainement. »