Nouvel espoir pour les migraineux

Vers un traitement miracle contre la migraine ? Un nouveau médicament prometteur développé par un laboratoire français

Publié le 20/07/2026 à 06:06 , mis à jour à 09:39 https://www.ladepeche.fr/2026/07/20/vers-un-traitement-miracle-contre-la-migraine-un-nouveau-medicament-prometteur-developpe-par-un-laboratoire-francais-13468252.php

Article rédigé par  Sabrina El

Sabrina El

La Dépêche du Midi

l’essentiel

Le traitement de la migraine franchit une étape décisive. Le laboratoire français Ipsen a annoncé des résultats prometteurs pour son traitement à base de toxine botulique, baptisé Dysport. Si ces essais sont confirmés, cette innovation pourrait offrir une nouvelle option thérapeutique à de nombreux patients, dont près de 11 millions de Français souffrent de cette pathologie.

C’est une avancée médicale qui pourrait changer le quotidien de nombre de Français souffrant de maux de tête. Un nouveau traitement innovant contre la migraine est peut-être en effet à portée de main, et c’est un laboratoire français qui en est à l’origine.

Le laboratoire pharmaceutique Ipsen a fait part jeudi 9 juillet de résultats positifs pour l’un de ses principaux médicaments, la toxine botulique Dysport, quand il est utilisé pour soulager ces violentes céphalées.

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Enfin une solution pour 11 millions de Français migraineux ?

« Dysport a obtenu des résultats préliminaires statistiquement significatifs de phase 3, atteignant les critères d’évaluation principaux dans la migraine épisodique (…) et dans la migraine chronique », a déclaré dans un communiqué le troisième laboratoire français après Sanofi et Servier. 

Dysport est une toxine botulique, de la même famille que l’emblématique Botox. Elle est à la fois utilisée en médecine esthétique et comme traitement de différents troubles comme des contractions musculaires.

La réussite de l’essai d’Ipsen, si elle se confirme, marquerait un tournant : ce serait la première fois qu’une toxine botulique fait ses preuves dans la prise en charge des migraines, une pathologie très répandue mais résistante aux traitements existants et qui touche 14 % de la population mondiale, dont près de 11 millions de personnes en France.

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Une réponse à un « trou thérapeutique »

Jusqu’à présent, seul le Botox de la firme américaine AbbVie avait fait ses preuves contre les migraines chroniques. Les patients doivent en prendre en traitement préventif via une trentaine de micro-injections sur le crâne.

Ipsen pourrait ainsi mettre fin au monopole américain, promettant non seulement une réponse aux migraines chroniques mais également épisodiques, largement majoritaires. « Seuls 1 % à 2 % de la population a une migraine dite chronique, définie par quinze jours ou plus de crise par mois », détaille Sabine Debremaeker, présidente de l’association La Voix des migraineux, dans les colonnes des Echos. Cette avancée permettrait donc de combler « un trou thérapeutique ».

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« Le neurologue pourra traiter ses patients migraineux chroniques et épisodiques avec le même produit, sachant que la migraine épisodique peut devenir chronique », assure Christelle Huguet, directrice de la recherche et développement d’Ipsen.

Ipsen n’a pas détaillé les résultats de ses essais, précisant juste que Dysport avait réduit le nombre de jours mensuels de migraine par rapport à un placebo, et renvoyant à une présentation lors d’un « prochain congrès scientifique ». L’entreprise envisage de solliciter une autorisation de mise sur le marché sans néanmoins préciser de date.

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Un potentiel économique considérable

Dysport est l’un des principaux moteurs de la croissance d’Ipsen, qui fait par ailleurs face depuis plusieurs années à la concurrence de génériques de son traitement vedette Somatuline, utilisé contre certaines tumeurs.

Le potentiel économique s’avère considérable. En 2025, AbbVie a généré 3,8 milliards de dollars de revenus grâce aux usages médicaux du Botox, dont environ 1,2 milliard concernerait uniquement le traitement de la migraine chronique.

Après l’annonce de jeudi dernier, le titre d’Ipsen progressait de plus de 1 % dans la première heure d’échanges à la Bourse de Paris.

En France, l’intégration du Dysport dépendra aussi du remboursement ou non de ce traitement par la Sécurité sociale. « On espère que la concurrence va faire baisser les prix et faciliter l’accès des migraineux à la toxine botulique à l’hôpital, car aujourd’hui il n’y a pas égalité d’accès », confie Sabine Debremaeker.

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Les personnes suivies tiennent notamment un "agenda migraine" pour recenser leurs crises, les traitements pris et les éventuels facteurs déclenchants.Les personnes suivies tiennent notamment un « agenda migraine » pour recenser leurs crises, les traitements pris et les éventuels facteurs déclenchants. Creative Commons

Publié le 20/07/2026 à 06:39 https://www.ladepeche.fr/2026/07/20/reportage-je-revis-ils-souffrent-de-migraines-severes-ce-parcours-de-soins-pres-de-toulouse-revolutionne-leur-quotidien-13471482.php

Article rédigé par  Liza Cossard

Liza Cossard

Journaliste

La Dépêche du Midi

l’essentielPour lutter contre l’errance médicale des malades souffrant de migraines sévères, la clinique des Cèdres à Cornebarrieu (Haute-Garonne) a déployé un parcours de soins spécifique. Grâce à un suivi coordonné et à l’accès à des traitements innovants, l’établissement aide plus de 200 patients à revivre normalement.

Longtemps réduite à un simple mal de tête, la migraine est pourtant une maladie neurologique qui touche environ 20 % des Français âgés de plus de 18 ans. Pour un quart d’entre eux, les crises sont si fréquentes qu’elles deviennent un véritable handicap au quotidien. Depuis fin 2024, la Clinique des Cèdres à Cornebarrieu, près de Toulouse, a mis en place un parcours spécifique pour ces patients atteints des formes les plus sévères.

« Une crise de migraine peut durer entre trois heures et trois jours. Quand un patient souffre de huit crises dans le mois, il y a un vrai impact sur sa vie quotidienne », explique la docteure Angélique Gerdelat, neurologue à la Clinique des Cèdres. À la douleur s’ajoutent souvent une grande fatigue, des troubles de l’attention et une incapacité à mener normalement ses activités professionnelles, familiales et sociales.

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Dans l’établissement toulousain, le nouveau parcours vise précisément ces patients dont la maladie résiste aux traitements classiques. « On parle de migraine sévère lorsque les personnes présentent généralement plus de huit crises par mois et qu’elles restent en échec malgré deux autres traitements de fond différents de ceux à base d’anticorps monoclonaux anti-CGRP », précise la spécialiste.

Une prise en charge globale

Après une évaluation complète réalisée par les neurologues, les patients bénéficient d’un accompagnement coordonné avec une infirmière douleur et une psychologue. « On revient sur leur histoire avec la maladie, les symptômes, la fréquence et l’intensité », détaille Valérie So, cadre coordinatrice.

Les personnes suivies tiennent notamment un « agenda migraine » pour recenser leurs crises, les traitements pris et les éventuels facteurs déclenchants. Lorsque les critères sont réunis, les patients peuvent ainsi accéder à des traitements innovants, notamment les anticorps monoclonaux anti-CGRP. À la Clinique des Cèdres, le traitement proposé est le Vyepti (son principe actif est un nouvel anticorps monoclonal, l’eptinezumab), administré tous les trois mois en milieu hospitalier.

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« Au départ, l’ouverture de ce parcours, c’était surtout l’opportunité de disposer de ces médicaments en milieu hospitalier, même s’ils sont très onéreux : une injection coûte 540 euros, tous les trois mois. Ça a permis d’ouvrir le traitement à plus de personnes, sans frais pour elles », souligne la docteure Angélique Gerdelat.

Pour autant, ces traitements ne constituent pas une guérison définitive de la migraine. Ils visent à réduire la fréquence et l’intensité des crises et nécessitent un suivi dans la durée. « Il n’y a pas d’effet curatif. On ne fait pas simplement trois injections pour être guéri, ce n’est pas magique », précise la neurologue.

« Une amélioration majeure de leur quotidien »

Aujourd’hui, la Clinique des Cèdres suit une centaine de patients traités par toxine botulique et près de 130 autres bénéficiant des traitements de la classe des anti-CGRP. « La plupart des patients sont très satisfaits : ils voient une amélioration majeure de leur quotidien. Beaucoup racontent qu’ils s’isolaient socialement. Aujourd’hui, ils nous disent ‘je revis’, ils reprennent une vie normale, ils osent repartir en vacances sans angoisse permanente », raconte Agnès Carayon, infirmière douleur.

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Derrière ce parcours de soins, les soignants veulent aussi répondre à une réalité encore trop fréquente : de nombreux patients arrivent après des années à chercher une solution, en vain. « On a observé, surtout au début, beaucoup de patients en errance thérapeutique, frustrés, désespérés par des années de souffrance sans solution. On a encore des personnes en errance médicale, mais beaucoup arrivent désormais plus tôt dans le parcours », témoigne Agnès Carayon.

Cette errance s’explique notamment par une banalisation de la migraine, encore réduite à un simple mal de tête. « C’est une maladie grave, même si beaucoup de monde ne la considère pas ainsi. Le problème, c’est que certains médecins ou soignants eux-mêmes minimisent cette souffrance », alerte Angélique Gerdelat.

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À cette méconnaissance s’ajoutent des idées reçues qui persistent encore autour de cette pathologie. « On continue d’entendre que la migraine, c’est ‘dans la tête’, ou que c’est juste un problème ‘de femmes’. Pourtant, ce sont de véritables crises neurologiques, qui mettent à mal des gens actifs, des parents, des étudiants… Ce n’est jamais un caprice. C’est épuisant, c’est handicapant, et c’est pour cette raison que la prise en charge doit être complète et prise au sérieux », insiste la neurologue.

Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

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