BILLET DE BLOG 13 AOÛT 2026
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Sécheresse : encore des millions pour maintenir un modèle qui détruit la ressource
Face à la sécheresse, l’État annonce encore des aides massives pour maintenir un modèle agricole qui épuise la ressource. Aucune réforme structurelle, aucune condition écologique : on finance la continuité d’un système qui assèche les territoires au lieu de le transformer.
Il y a quelque chose de profondément dérangeant dans la manière dont l’État répond, année après année, à la crise de l’eau. La sécheresse s’aggrave, les territoires s’assèchent, les nappes s’effondrent, les rivières meurent — et pourtant, la réponse reste la même : injecter de l’argent public pour maintenir un modèle agricole qui dépend d’une ressource qu’il contribue à détruire.
On parle d’« aides d’urgence », de « soutien à la trésorerie », de « dérogations », de « simplifications », de « facilitation d’accès à l’eau ». Jamais de réforme structurelle. Jamais de remise en question des pratiques les plus consommatrices. Jamais de conditionnement des aides à des modèles réellement durables.
Autrement dit : on finance la continuité d’un système qui assèche les territoires, sans jamais exiger qu’il change.
L’argent public comme perfusion d’un modèle à bout de souffle
Ce qui choque, ce n’est pas d’aider les agriculteurs — personne ne souhaite les laisser seuls face à la crise climatique. Ce qui choque, c’est d’aider sans réformer, d’aider sans exiger de transformation, d’aider sans corriger les causes.
On met des millions sur la table pour « relancer la production », mais pas un mot sur :
- l’irrigation intensive,
- les cultures inadaptées aux territoires,
- les filières qui engloutissent l’eau,
- les forages qui vident les nappes,
- les pratiques qui aggravent la sécheresse.
On ne demande rien en échange. On ne conditionne rien. On ne corrige rien.
On subventionne la destruction de la ressource.
Pendant ce temps, les citoyens doivent “faire des efforts”
C’est toujours la même histoire : les particuliers doivent réduire leur consommation, les communes doivent restreindre les usages, les territoires doivent s’adapter… Mais les filières intensives, elles, obtiennent des dérogations, des aides, des facilités d’accès à l’eau.
Deux poids, deux mesures. Deux discours. Deux réalités.
La sécheresse n’est pas une fatalité : c’est un modèle qui la fabrique
La crise de l’eau n’est pas seulement climatique. Elle est politique. Elle est économique. Elle est structurelle.
Tant que l’on continuera à financer un modèle qui dépend d’une ressource qu’il épuise, la sécheresse restera un problème permanent — et les aides d’urgence deviendront un rituel annuel.
La vraie question n’est pas : « Comment aider la production à survivre à la sécheresse ? »
La vraie question est : « Pourquoi continue-t-on à financer un modèle qui rend la sécheresse inévitable ? »
L’urgence n’est pas d’aider, mais de transformer
Aider, oui. Réparer, oui. Soutenir, oui.
Mais sans réforme, ces aides ne sont qu’un pansement sur une plaie qui s’ouvre chaque été un peu plus.
La sécheresse n’est pas un accident. C’est le résultat d’un système que l’on refuse de changer.
Et tant que l’on continuera à « faciliter l’accès à l’eau » sans repenser les pratiques qui la détruisent, on ne fera qu’alimenter — avec de l’argent public — un modèle qui s’engraisse en asséchant les territoires.