La pharma française appelle à un sursaut pour ne pas décrocher dans un secteur très concurrentiel
Christophe Gattuso
30 juillet 2026 https://francais.medscape.com/viewarticle/pharma-française-appelle-sursaut-ne-2026a1000n8e?ecd=a2a
Fortement concurrencée en Europe par l’Espagne, l’Allemagne, le Royaume-Uni ou l’Italie, l’industrie pharmaceutique tricolore appelle les autorités à prendre les dispositions pour lui permettre de retrouver son attractivité, doper la recherche et renforcer l’accès des patients aux traitements innovants.
Un risque de décrochage massif
Longtemps considérée comme l’un des principaux pays européens de l’industrie pharmaceutique, la France voit progressivement son attractivité s’éroder. L’état des lieux est sans appel. Si elle conserve de solides atouts – réseau hospitalo-universitaire et excellence scientifique, main-d’œuvre qualifiée et capacités industrielles –, la France décroche sur plusieurs indicateurs (recherche et innovation, fiscalité, prix) et se fait dépasser face à une concurrence internationale renforcée.
93% des nouveaux médicaments sont accessibles et remboursables en Allemagne quand ils ne sont que 60% en France.
La France est régulièrement critiquée pour la longueur de ses procédures d’évaluation, de fixation des prix et de remboursement. Conséquence : les innovations arrivent ailleurs en premier, 93% des nouveaux médicaments sont ainsi accessibles et remboursables en Allemagne quand ils ne sont que 60% en France. Le délai d’accès aux nouveaux médicaments est en France parmi les plus longs d’Europe (520 jours) quand il n’est que de 56 jours en Allemagne. La fiscalité est par ailleurs défavorable aux industriels français avec un montant de la clause de sauvegarde en constante augmentation depuis 2021 (1,8 milliard d’euros en 2025), ainsi que l’indique le baromètre 2026 de l’attractivité de la France pour l’industrie pharmaceutique (fondé sur 80 indicateurs et 70 sources de données) réalisé par le cabinet de conseil en stratégie PwC Strategy& pour le Leem, le principal lobby des entreprises du médicament.
Plaidoyer pour un plan d’urgence
Fort de ce constat, le nouveau président du LEEM, Jean-François Brochard, élu début juin, a tenu à alerter les pouvoirs publics dès sa première prise de parole publique, lors d’une conférence de presse, le 25 juin dernier.
« Nous avons la conviction que le secteur du médicament est une chance pour le pays, a attaqué le président de Roche Pharma France. Il est urgent d’agir si on veut améliorer la compétitivité et préserver l’accès aux innovations thérapeutiques.
Le LEEM appelle les autorités à prendre des mesures rapides, concrètes et activables dans les 10 prochains mois.
La France doit créer sans attendre les conditions d’un sursaut. » Et ce sans attendre la constitution d’un nouveau gouvernement après l’élection présidentielle de 2027.
Le LEEM appelle les autorités à prendre des « mesures rapides, concrètes et activables dans les 10 prochains mois ». En premier lieu, pour assurer un accès plus rapide aux nouveaux médicaments, les industriels veulent accélérer les négociations de prix et de remboursement et consolider les dispositifs d’accès précoce, qui permettent à des patients en impasse thérapeutique de bénéficier, à titre exceptionnel et temporaire, de certains médicaments non autorisés dans une indication thérapeutique précise.
Pour redynamiser la recherche clinique (la France est passée de la 2e à la 4e place sur les essais cliniques multinationaux derrière l’Espagne, l’Allemagne et le Royaume-Uni), le LEEM propose un « plan flash ». Elle veut notamment déployer des dispositifs accélérés (« fast track »), des procédures simplifiées et des incitations spécifiques qui rendent l’environnement plus favorable au lancement d’études cliniques, mais aussi décentraliser les essais.
Appel à un moratoire sur les baisses de prix
Enfin, le LEEM veut rendre le cadre économique plus stable et plus lisible. Les industriels dénoncent une politique de régulation des dépenses de santé reposant principalement sur des baisses régulières des prix des médicaments et sur une fiscalité spécifique particulièrement lourde. La clause de sauvegarde, mécanisme destiné à limiter l’évolution des dépenses de médicaments remboursés, est devenue l’un des principaux sujets de tension entre l’État et les entreprises. Jean-François Brochard a réclamé un moratoire sur les baisses de prix du médicament, la suppression de la clause de sauvegarde et une meilleure cohérence avec les politiques tarifaires européennes. Selon le LEEM, cette prévisibilité est indispensable pour convaincre les groupes internationaux de localiser leurs investissements en France.
Le LEEM veut faire du médicament investissement stratégique créateur d’emplois (100 000 emplois sont concernés en France), d’innovation et de souveraineté sanitaire.
Cette prise de position du LEEM intervient alors que le gouvernement commence à échafauder le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2027. Un budget dans lequel il pourrait demander de nouveaux efforts au secteur. Une négociation est par ailleurs en cours entre les entreprises du médicament et le Comité économique des produits de santé (CEPS) autour de l’accord-cadre régissant la fixation des prix des médicaments.
En appelant à renforcer la politique industrielle du médicament, le LEEM a pour objectif de faire du médicament non plus une simple dépense de santé, mais un « investissement stratégique créateur d’emplois (100 000 emplois sont concernés en France), d’innovation et de souveraineté sanitaire ». Sans évolution rapide du cadre réglementaire, économique et industriel, le risque est celui d’un décrochage durable, avec des conséquences sur l’emploi, la recherche, la production et surtout sur l’accès des patients français aux innovations thérapeutiques, met en garde le lobby des industriels.
« Nous sommes convaincus que c’est à l’échelle de l’Europe que se joue la souveraineté et l’avenir de la santé » (Le Leem)
Jacques CofardAUTEURS ET DÉCLARATIONS
6 juin 2024 https://francais.medscape.com/voirarticle/3611487
Paris, France — Biogaran en vente, Novo Nordisk qui s’installe à Chartres, plan de lutte contre les pénuries… Au vu d’une actualité importante dans le domaine pharmaceutique, nous avons demandé à Thierry Hulot, président du Leem (les industries du médicaments) ce qu’il pensait des projets de délocalisations, ré-industrialisations dans un contexte de ruptures d’approvisionnement, de fiscalité considérée comme trop élevée par les industriels et d’élections européennes.
Les élections parlementaires du 9 juin seront déterminantes dans la construction de la politique de santé européenne des prochaines décennies Thierry Hulot
Medscape édition française : La réindustrialisation de la France en matière d’industries pharmaceutiques progresse, comme semble l’indiquer l’installation de Novo Nordisk à Chartres. Qu’en pensez-vous ?
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Thierry Hulot
Thierry Hulot : Novo Nordisk, mais aussi Sanofi, GSK, Pfizer, Abbvie, Chiesi, Zambon… Les industriels du médicament jouent le jeu. Qu’il s’agisse de création ou renforcement de capacités industrielles, d’investissements en décarbonation, d’investissements dans la recherche, de soutien à la production de traitements installés, ou investissements dans des thérapies de nouvelle génération, tous ces engagements témoignent du potentiel économique et scientifique de notre secteur.
Dans ce contexte, l’annonce de la mise en vente deBiogaran, filiale de Servier et fleuron français de l’industrie du générique, a surpris. Est-ce un constat d’échec en matière de réindustrialisation ?
Thierry Hulot : Pour être considérée comme un champion mondial de l’innovation et de la production de médicament, et réussir à retrouver une réelle attractivité pour tous, la France doit oser ce que d’autres ont fait avant elle : une politique de santé adaptée aux enjeux contemporains, qui pose un cadre d’exercice clair, lisible, prédictible, pour que toute dépense en santé puisse être vue comme un investissement au service de la population. Notre baromètre de l’attractivité, qui sera publié le 18 juin, permettra d’objectiver la situation et d’identifier les leviers à activer pour accélérer cette attractivité… et éviter davantage de délocalisations.
Un nouveau plan contre les ruptures de médicaments a été présenté, pensez-vous que l’on s’achemine dans la bonne voie ?
Thierry Hulot : Oui ! Une grande partie des recommandations du Leem a été intégrée dans la feuille de route du gouvernement, en particulier en ce qui concerne la nécessité de fluidifier l’information sur les stocks. D’ailleurs, si les signalements de risques de ruptures de stocks ont augmenté en 2023, les pénuries effectives, elles, ont reculé de 25 % ! Il faut aller plus loin pour enrayer ce fléau et surtout mieux coordonner tous les acteurs de santé pour agir plus efficacement.
L’Europe veut garantir la disponibilité des médicaments, mais cela aura un coût

Au cours de l’hiver 2022, l’Europe a connu une pénurie de l’un des médicaments les plus utilisés. L’amoxicilline — seule ou en association avec l’acide clavulanique — s’est raréfiée, la demande saisonnière de formulations pédiatriques ayant bondi de 500 % et les fabricants n’ayant pas pu suivre le rythme. « Nous avons connu des pénuries dans toute l’Union européenne [UE] », a déclaré Monica Dias, docteure en pharmacie et titulaire d’un doctorat, responsable de l’approvisionnement et de la disponibilité des médicaments à l’Agence européenne des médicaments (EMA).
« Nous avons dû demander [aux fabricants] d’augmenter leur capacité de production car nous avons constaté une hausse de la demande et nous ne disposions pas d’un approvisionnement suffisant de ces produits pour les patients européens. »

La crise de l’amoxicilline a finalement été résolue, mais elle a mis en évidence une fragilité plus profonde. Entre janvier 2022 et octobre 2024, l’UE a connu une pénurie critique de 136 médicaments — et la hausse de la demande n’en était qu’une des causes. Aujourd’hui, l’Union tente de passer d’une gestion réactive des pénuries ponctuelles à une stratégie visant à intégrer la résilience dans son approvisionnement en médicaments.
Cet effort s’inscrit dans le cadre de la nouvelle loi sur les médicaments essentiels, approuvée à titre provisoire en mai, et d’un vaste programme de l’EMA visant à identifier les maillons les plus vulnérables de l’approvisionnement européen en médicaments. Le problème est qu’une chaîne d’approvisionnement conçue pour être résiliente coûte plus cher qu’une chaîne axée sur la réduction des coûts — un compromis qui pourrait modifier les prix des médicaments et, en fin de compte, déterminer quels patients auront accès à quels traitements.
Une chaîne pleine de points faibles
Des pénuries touchent régulièrement l’UE, et la géopolitique en est souvent le déclencheur. Les tensions autour du détroit d’Ormuz affecteraient l’approvisionnement en matières premières utilisées dans des médicaments courants tels que l’aspirine, le paracétamol et les antibiotiques. En 2018, la peste porcine africaine a ravagé les élevages porcins en Chine — source de 80 % de l’héparine mondiale.
Selon un rapport exploratoire de la Commission européenne, la moitié des pénuries sont liées à la fabrication, et l’UE dépend fortement de la Chine et de l’Inde pour les principes actifs pharmaceutiques (API) essentiels qui sont au cœur de nombreux médicaments.
Nous devons mettre en place des systèmes de secours permettant de recourir à une solution alternative afin que le système continue de fonctionner
Pr Alexander Vlaar
Les risques s’étendent désormais bien au-delà de l’offre et de la demande. Le Pr Alexander Vlaar, docteur en médecine, titulaire d’un doctorat et d’un MBA, chef du service de soins intensifs à l’UMC d’Amsterdam (Pays-Bas) et président de la division chargée des blocs opératoires, de l’anesthésiologie, des soins intensifs et des services de stérilisation centrale, étudie les points de vulnérabilité dans l’approvisionnement des hôpitaux.
Le piratage informatique, a-t-il déclaré, affecte de plus en plus le secteur de la santé — non seulement l’approvisionnement en médicaments, mais aussi les services de compatibilité sanguine et les dossiers médicaux électroniques des patients. En mars, Stryker, un fournisseur multinational d’équipements essentiels, notamment de défibrillateurs, de glucomètres et d’appareils de réanimation cardio-pulmonaire, a été piraté, ce qui a affecté un grand nombre de fournitures.

Pour l’instant, lorsqu’un article vient à manquer, l’équipe du Pr Vlaar peut généralement se rabattre sur un produit similaire. « Mais la grande question est, bien sûr, de savoir ce qui se passera si la stabilité de l’approvisionnement de ces produits est davantage mise à mal », a-t-il indiqué.
Selon Alexander Vlaar, le corps médical doit prendre la résilience beaucoup plus au sérieux. « Cela vaut pour tous les types de produits, qu’il s’agisse de médicaments, de consommables ou de dispositifs médicaux », a-t-il souligné. « Nous devons mettre en place des systèmes de secours permettant de recourir à une solution alternative afin que le système continue de fonctionner. »
Mettre en place un système de secours
La nouvelle stratégie de l’UE est née précisément de ce type de « point de défaillance unique ». En avril 2022, le laboratoire pharmaceutique Boehringer Ingelheim a annoncé que sa capacité de production ne suffisait pas à répondre à la demande mondiale de médicaments thrombolytiques.
Lorsque l’UE a pris conscience qu’il s’agissait du seul site de fabrication de principes actifs (API) approvisionnant le monde entier, elle a apporté un financement et un soutien à l’entreprise pour qu’elle construise un deuxième site en Autriche.
L’agence est désormais chargée de mener des évaluations de vulnérabilité sur 300 principes actifs essentiels afin d’identifier les maillons les plus fragiles de la chaîne
Monica Dias
Ce qui n’était au départ qu’une solution réactive est depuis devenu une approche à l’échelle de l’Union visant à renforcer la résilience et à gérer de manière plus systématique les pénuries qui touchent les citoyens européens, a indiqué Mme Dias, qui préside le groupe de travail de l’EMA sur les pénuries de médicaments et de dispositifs médicaux. L’agence, a-t-elle précisé, est désormais chargée de mener des évaluations de vulnérabilité sur 300 principes actifs essentiels, correspondant à 19 000 médicaments, afin d’identifier les maillons les plus fragiles de la chaîne d’approvisionnement.
Les évaluations de vulnérabilité s’annoncent complexes en raison du caractère mondial et fragmenté de la chaîne d’approvisionnement en médicaments.
La loi sur les médicaments essentiels renforce ces mesures. Elle incite les fabricants à s’implanter dans l’UE lorsque l’approvisionnement dépend d’un pays tiers, en facilitant l’accès au financement et en accélérant le soutien administratif, réglementaire et scientifique nécessaire à la mise en place d’une nouvelle production de médicaments essentiels au sein de l’UE.
« Nous devons identifier les situations dans lesquelles il est absolument indispensable de garantir une production au sein de l’Union européenne », a déclaré Monica Dias.
Les évaluations de vulnérabilité s’annoncent complexes en raison du caractère mondial et fragmenté de la chaîne d’approvisionnement en médicaments. Alors qu’il y a vingt ans, une seule usine fabriquait un médicament de A à Z, plusieurs sites interviennent aujourd’hui.
« Une usine peut utiliser les ampoules d’une troisième usine, les étiquettes d’une quatrième et le diluant d’une cinquième », a expliqué un médecin urgentiste britannique impliqué dans des travaux sur la résilience, mais qui a souhaité rester anonyme.
« Et c’est là que les points de défaillance commencent à s’immiscer. » Si l’une de ces usines composantes — produisant des matières premières, des principes actifs ou des emballages — est touchée par un piratage informatique, une instabilité géopolitique, des inondations d’origine climatique ou une guerre, c’est toute la chaîne qui peut être perturbée.
Le prix de la résilience
Le transfert de la production au sein de l’UE risque toutefois de faire grimper les prix. « Le système actuel est optimisé pour offrir le prix le plus bas », a commenté le médecin. « Si une partie du médicament est fabriquée en Chine et une autre en Inde, puis conditionnée aux Pays-Bas pour être ensuite utilisée au Royaume-Uni, c’est parce que cela revient moins cher que de le fabriquer entièrement au Royaume-Uni. »
Renforcer la résilience, en d’autres termes, coûte plus cher, ce qui fait de la résilience et de l’efficacité des concepts pratiquement opposés. « Ainsi, tout élément de résilience nationale a un coût, et cela devient donc un choix », a-t-il expliqué.
Produire des médicaments dans l’UE peut s’avérer plus coûteux qu’à l’étranger, principalement en raison des coûts de main-d’œuvre et des réglementations environnementales
Jaume Vidal
Même un plan de secours plus coûteux peut s’avérer être l’option la moins chère par rapport à la production pure et simple de médicaments en Europe : le développement, les essais, la production et la commercialisation de génériques dans des régions telles que l’Inde et la Chine peuvent ne représenter que 40 % du coût européen équivalent.
« Produire des médicaments dans l’UE peut s’avérer plus coûteux qu’à l’étranger, principalement en raison des coûts de main-d’œuvre — notamment les salaires — et des réglementations environnementales, deux éléments qui, heureusement, ne sont pas négociables », a déclaré Jaume Vidal, titulaire d’une maîtrise, consultant senior en politiques publiques chez Health Action International, une organisation non gouvernementale spécialisée dans l’accès aux médicaments.

À moins que les gouvernements n’utilisent les outils réglementaires et juridiques à leur disposition pour contenir les prix, a averti Jaume Vidal, la hausse des coûts ne se contentera pas de peser sur les budgets à court terme : elle déterminera les orientations politiques pendant des années.
« Le grand risque est que, face à des ressources limitées, les gouvernements soient contraints de prendre des décisions plus radicales concernant le remboursement de certains médicaments et, en fin de compte, le nombre de patients ayant accès à un traitement donné sur une période de 12 mois, par exemple », a-t-il déclaré.
Si certains médicaments ne sont plus remboursés, cela pourrait nuire à la santé : l’observance des traitements par les patients atteints de maladies chroniques ou rares, par exemple, pourrait diminuer.
Malgré tout, l’EMA insiste sur le fait que cette nouvelle stratégie ne vise pas à rapatrier en bloc la production pharmaceutique. « Nous n’allons en aucun cas ramener la production de tous ces médicaments dans l’Union européenne », a déclaré Monica Dias.
« Les chaînes d’approvisionnement resteront mondiales. Il est impossible d’imaginer que tous les médicaments essentiels soient fabriqués au sein de l’Union européenne. Cela n’arrivera pas. »
MM. Vlaar, Dias et Vidal ont déclaré n’avoir aucun lien financier pertinent.
Commentaire Dr Jean SCHEFFER:
Servier et Sanofi ont vendu tous leurs génériques, médicaments essentiels que nous consommons tous les jours. Auparavant, Sanofi avait délocalisé de nombreuses productions et avait sabordé ses centres de recherche, au profit du rachat de start-up. Sanofi a suivi l’exemple des grands labos américains en axant tous ces moyens sur le développement de médicaments innovants en particulier en cancérologie vendus à des prix astronomiques.