Franchises médicales : les patients en ALD sont bien les principaux perdants du système actuel !

Franchises médicales : les patients en ALD sont bien les principaux perdants du système actuel !

https://x.com/fredericbizard/status/2080678501150040401

Suite à mon interview d’hier sur @Franceinfo et à l’article qui l’accompagnait, plusieurs personnes m’ont écrit pour affirmer que les patients en ALD ne seraient pas concernés par les franchises. Certains fonctionnaires du Ministère l’auraient même confirmé.

Je pose donc ici, tranquillement, le lien vers Ameli qui précise qui est concerné par les franchises :

https://lnkd.in/e8rjBwsh

Vous constaterez que les patients en ALD sont bien concernés par les franchises.

Plus grave encore : ce sont les seuls à subir de plein fouet le doublement du plafond des franchises et participations. Une personne sans ALD atteint difficilement ce plafond — un patient en ALD (20% de la population), est quasiment le seul à pouvoir l’atteindre.

Nous sommes donc aujourd’hui dans un système de financement qui offre le reste à charge zéro pour les lunettes, et un reste à charge pouvant atteindre 200 euros pour soigner un cancer.

Un tel niveau d’incohérence dans une politique publique est difficile à atteindre ! Bravo


Franchises : faire payer les plus vulnérables pour éviter de réformer le système – France Info – Le 23 juillet 2026

23 juillet 2026 https://www.fredericbizard.com/franchises-faire-payer-les-plus-vulnerables-pour-eviter-de-reformer-le-systeme-france-info-le-23-juillet-2026/

 France Info/Presse

La promesse de ne pas être mis en risque financier quand on est très malade n’est plus tenue.

Le gouvernement de Sébastien Lecornu choisit de cibler les « gros consommateurs » de soins. Mais qui sont-ils réellement ?

Des malades, souvent âgés de plus de 75 ans, atteints d’un cancer, d’une insuffisance rénale ou d’une insuffisance cardiaque. Les 5 % de patients qui concentrent 51 % des dépenses ne sont pas des consommateurs excessifs : ce sont les personnes les plus gravement malades.

Les classes populaires et moyennes sont surreprésentées dans ce groupe. Ce sont pour l’essentiel des retraités polypathologiques, avec une pension inférieure à 1 500 euros.

Sans capacité d’épargne, le seul arbitrage possible face à cette mesure est de renoncer aux médicaments les plus coûteux pour échapper à la franchise. S’ensuivra une dégradation de leur état de santé — et des dépenses futures bien plus lourdes.

Leur demander un effort financier supplémentaire ne comblera pas le déficit structurel de l’Assurance Maladie, supérieur à 15 milliards d’euros (16 en 2025, 18 prévus en 2029).

En revanche, le coût sanitaire, social et politique sera considérable, à quelques mois de l’élection présidentielle.

La contradiction avec la politique menée depuis 2018 est saisissante :

➡️ En 2018, le « 100 % Santé » visait à supprimer le reste à charge sur les lunettes, les soins dentaires et les audioprothèses.
➡️ En 2026, le gouvernement augmente le reste à charge des patients atteints de cancers et d’autres pathologies graves.

La logique solidaire au cœur du modèle de 1945 est remise en cause par ce type de décision. Le système protège de moins en moins bien ceux qui ont le plus besoin d’être protégés.

Activer les vrais leviers de maîtrise de la dépense

La dérive de nos dépenses de santé s’explique par trois causes structurelles :

 L’échec du virage préventif. Les affections de longue durée concernent aujourd’hui 20 % de la population et pourraient en toucher 25 % en 2035. Elles expliquent déjà 80 % de la hausse des dépenses publiques et les deux tiers du stock Un retard technologique qui pèse sur la productivité. Faible automatisation, charges fixes élevées, effet Baumol : notre système mobilise toujours plus de ressources sans gains de productivité suffisants. Le retard de numérisation, et maintenant d’usage de l’IA, génère des surcoûts évitables.

 Des coûts administratifs exorbitants. La gestion absorbe 16 milliards d’euros par an, soit 6 % des dépenses de santé, contre environ 3 % en moyenne en Europe. Le système de financement à deux étages assurantiels en est largement responsable, en plus de la cause précédente.

Tant que ces trois causes ne seront pas traitées, le déficit de l’Assurance Maladie restera hors de contrôle : plus de 15 milliards d’euros aujourd’hui, 18 milliards prévus en 2029.

Le gouvernement écope la mer avec une petite cuillère.

Le doublement du plafond de la franchise est la pire des mesures paramétriques, puisqu’elle ne pèse que sur les plus vulnérables.

Inefficace économiquement, profondément injuste socialement — c’est une énorme erreur politique à quelques mois de la présidentielle, ou un énorme cadeau pour les oppositions, selon le camp où l’on se place.

Le gouvernement précise sa feuille de route d’économies pour la santé, ciblant les médicaments, les soins dentaires et les transports sanitaires

La ministre de la santé, Stéphanie Rist, a confirmé vendredi la hausse sur plusieurs actes médicaux du ticket modérateur, montant non remboursé par l’Assurance-maladie et transféré aux mutuelles, laissant présager de futures augmentations de leurs tarifs. La veille, elle avait annoncé le doublement du plafond des franchises médicales. 

Par Camille Stromboni

Publié le 24 juillet 2026 à 19h27, modifié le 25 juillet 2026 à 07h42 https://www.lemonde.fr/societe/article/2026/07/24/le-gouvernement-precise-sa-feuille-de-route-d-economies-pour-la-sante-ciblant-les-medicaments-les-soins-dentaires-et-les-transports-sanitaires_6731538_3224.html

La ministre de la santé, Stéphanie Rist, à Paris, le 26 juin 2026.
La ministre de la santé, Stéphanie Rist, à Paris, le 26 juin 2026.  JULIEN MUGUET POUR « LE MONDE »

La facture pourrait être élevée pour les Français qui ont le plus recours au système de soin. Le gouvernement a dévoilé, coup sur coup, deux pistes d’économies d’ampleur qu’il compte mettre en œuvre pour limiter les déficits de l’Assurance-maladie, avant même l’ouverture du débat budgétaire sur le projet de loi de financement de la Sécurité sociale 2027, attendu à l’automne. Toutes deux concernent les assurés, ce qui n’a pas manqué de provoquer un vent d’inquiétude et d’opposition dans le monde de la santé.

C’est au « ticket modérateur », soit la somme non remboursée par la Sécurité sociale – et prise en charge par les complémentaires santé dans la plupart des cas –, que le gouvernement prévoit de s’attaquer, pour plusieurs types d’actes médicaux, a confirmé la ministre de la santé, Stéphanie Rist, vendredi 24 juillet. Un projet, évoqué par l’exécutif devant les mutuelles dès le mois de juin, désormais officiel, avec l’envoi par le ministère de la santé des projets de décrets au conseil de la Caisse nationale de l’assurance-maladie, dont l’avis est consultatif.

Seront visés les médicaments dont le « service médical rendu » est jugé faible, comme la Bétadine, les bains de bouche, le Gaviscon… ou modéré, comme les laxatifs. Aujourd’hui remboursés respectivement par l’Assurance-maladie à hauteur de 15 % et de 30 % (le reste étant pris en charge par les complémentaires), ils le seront, demain, à hauteur de 5 % et de 15 %. Les transports sanitaires passeront, eux, d’un remboursement par l’Assurance-maladie de 55 % à 50 %, tandis que les consultations chez le chirurgien-dentiste ou les dispositifs médicaux verront ce taux diminuer de 60 % à 50 %.

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Soit des « mesures ciblées », a-t-on défendu, au cabinet du premier ministre, Sébastien Lecornu, pour maintenir notre système de santé « parmi les plus protecteurs au monde », bien loin de toute « hausse généralisée aveugle ».

« Petit effort »

Ces déremboursements pourraient s’appliquer à compter du 1er janvier 2027, et représenter 1,4 milliard d’euros d’économies. Un « transfert de charge », comme on l’appelle dans le jargon technique de la Sécurité sociale, de l’Assurance-maladie obligatoire vers les complémentaires (mutuelles, assurances, institutions de prévoyance), dont les répercussions sont d’ores et déjà dénoncées de toutes parts, par les patients comme les soignants, qui pointent la hausse des cotisations à venir pour les assurés.

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La passe d’armes est désormais habituelle, entre Etat et complémentaires, alors que ces transferts se sont multipliés (en 2023 sur les soins dentaires, en 2026 notamment sur les forfaits hospitaliers). Ce vendredi, la ministre de la santé a ainsi soutenu que cette hausse des tarifs n’aurait rien d’« automatique », tandis que Matignon a assuré qu’il serait vigilant à ce qu’il n’y ait pas d’« augmentations massives ». Du côté des complémentaires, vent debout, on annonce « inévitablement » des « conséquences pour les assurés sociaux », des mots de la Mutualité française, principale fédération de mutuelles, qui a souligné qu’une « dépense de santé transférée ne disparaît pas : elle continue d’être financée par les Français, directement ou au travers d’une augmentation de la cotisation de leur complémentaire santé ». Règle qui, dans les faits, s’est confirmée ces dernières années, au vu de l’augmentation continue des tarifs.

Autre mesure d’économie, plus inflammable encore car elle touche directement au reste à charge des patients : le gouvernement a annoncé jeudi qu’il compte doubler le plafond annuel des franchises médicales, soit ces sommes non remboursées notamment sur les médicaments (1 euro par boîte), les actes paramédicaux (1 euro), les transports (4 euros) ; ou encore les consultations chez le médecin (2 euros) – on parle alors de « participations forfaitaires ». Ce seuil maximal, par an et par assuré, établi aujourd’hui à 100 euros (50 euros sur les franchises, 50 euros sur les participations), devrait passer à 200 euros, avec à la clé 750 millions d’euros d’économies. Un projet de hausse des montants et des plafonds des franchises avait été abandonné, à la dernière minute, par le gouvernement, à l’automne 2025 lors des débats budgétaires.

Il s’agira d’un « petit effort » demandé à « ceux qui sont les plus consommateurs de soins », a défendu le cabinet du premier ministre, tout en rappelant que 18 millions d’assurés en sont exonérés, en premier lieu les plus modestes (les bénéficiaires de la complémentaire santé solidaire), les femmes enceintes, les mineurs.

« Erreur monumentale »

Dans les rangs des patients, qui n’ont eu de cesse de dénoncer, ces dernières années, ces projets de « taxe sur la maladie », les réactions ne se sont pas fait attendre. « C’est une erreur monumentale, tonne Gérard Raymond, président de France Assos Santé, principale fédération d’associations de patients. Ces mesures ne vont en rien améliorer l’accès aux soins, sa pertinence ou sa qualité, mais au contraire, elles vont fragiliser les plus malades, et engendrer encore plus de renoncement aux soins. » Le responsable balaie l’argument rituel d’une responsabilisation, avancé par le gouvernement : « Qui prescrit une boîte de médicaments ? Ce n’est pas le patient ! Et s’il va voir 25 fois un médecin dans l’année, c’est peut-être qu’il manque des parcours d’accompagnement adapté, dit-il. Ce ne sont pas de petites sommes dont on parle, et il ne faudra pas s’étonner si cela encourage encore certains vers un vote extrême. »

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Le ton est tout aussi sévère dans l’arène politique et chez certains syndicats, tel l’UNSA, qui condamne, avec la hausse du ticket modérateur, « un affaiblissement inédit de notre modèle solidaire », et une « logique de transfert progressif des dépenses de santé vers les complémentaires » qui « remet en cause le principe fondateur de notre protection sociale ». « Ces mesures ouvrent de la pire des manières les discussions sur le projet de loi de financement de la Sécurité sociale 2027 », déplore le député socialiste Jérôme Guedj, spécialiste des questions budgétaires en santé, qui regrette un « passage en force ».

Camille Stromboni

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Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

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