Au Royaume uni, la santé mentale se trouve presque exclue des progrès observés dans les autres champs médicaux.

Plaidoyer pour que la psychiatrie ne soit plus le parent pauvre de la recherche médicale

Dr Alain Cohen

29 juillet 2026 https://www.jim.fr/viewarticle/plaidoyer-que-psychiatrie-ne-soit-plus-parent-pauvre-2026a1000pqn?ecd=wnl_all_260729_jim_daily-doctor_etid8549618&uac=368069PV&impID=8549618&sso=true

Il y a quelques mois, un éditorial du British Journal of Psychiatry célébrait les 20 ans du National Institute for Health and Care Research (NIHR, l’Institut national de la recherche médicale au Royaume-Uni), fondé en avril 2006. Stimulée notamment par « l’importance croissante de la médecine factuelle » (evidence-based medicine), cette institution britannique a largement contribué à renforcer la recherche médicale outre-Manche, en l’intégrant étroitement au système de santé (NHS, National Health Service). Enseignante à l’Université d’Oxford, après avoir exercé durant sept ans au NIHR, Belinda R. Lennox se félicite des avancées permises par ce NIHR : fusion efficace entre recherche scientifique et pratiques cliniques, amélioration des protocoles thérapeutiques, « vies sauvées », et reconquête du Royaume‑Uni de sa place au sein de la recherche médicale. 

La santé mentale presque exclue des progrès généraux

Cependant, cette célébration du vingtième anniversaire n’est pas complète, car il subsiste une inégalité importante entre l’essor de la médecine somatique, sous l’égide du NIHR, et la stagnation de la santé mentale. D’environ 825 millions de £ par an, le financement des Centres de recherche biomédicale (BRC) n’a en effet que peu ou pas concerné les établissements de santé mentale parce que ceux-ci, comme organisations distinctes de leurs homologues des services de soins aigus, « ne disposaient pas du volume ni de la diversité de recherches de haute qualité nécessaires pour atteindre le niveau requis pour obtenir un financement des BRC. » Par conséquent, la santé mentale se trouve presque exclue des progrès observés dans les autres champs médicaux.

Moins soutenus par le NIHR, et surtout moins financés, les établissements de santé mentale n’ont pas bénéficié de l’intégration entre recherche et pratiques cliniques, réussie dans d’autres spécialités médicales. 

Faire pour la psychiatrie ce qui a été fait dans les autres spécialités

Déplorant cette dissymétrie flagrante entre médecine somatique et psychiatrie, Belinda R. Lennox plaide pour la création d’un National Institute for Mental Health Research(NIMHR) qui serait un analogue du NIHR pour la recherche en santé mentale. Cette nouvelle structure viserait à « combler le retard historique de la recherche en psychiatrie », donner à cette spécialité une place équivalente aux autres disciplines médicales, y transposer des innovations d’autres disciplines médicales et surtout, en renforçant la recherche et les pratiques cliniques, améliorer la qualité des soins aux patients. Vu « la prévalence et le fardeau des troubles mentaux » au Royaume‑Uni et la nécessité de développer la recherche en santé mentale, l’auteure prône « l’allocation de ressources équivalentes (au NIHR) et dédiées à la recherche au sein des services de santé mentale du NHS », avec la création d’un clone du NIHR en santé mentale « doté d’un budget distinct et équivalent à celui du NIHR. » 

https://www.nihr.ac.uk/ & https://en.wikipedia.org/wiki/National_Institute_for_Health_and_Care_Research

Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

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