Un tiers des boîtes de nuit et des plages privées testées par SOS Racisme refusent les personnes noires et arabes
L’association a réalisé des tests dans des établissements de tourisme du sud de la France. Des discriminations raciales ont été observées dans quatre discothèques sur dix et dans quatre plages privées sur treize. SOS Racisme a porté plainte.
Par Fanny Imbert • Publié le mardi 28 juillet 2026 à 07:30 https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/l-info-de-france-inter/un-tiers-des-boites-de-nuit-et-des-plages-privees-testees-par-sos-racisme-refusent-les-personnes-noires-et-arabes-2299821?at_medium=newsletter&at_campaign=inter_quoti_edito&at_chaine=france_inter&at_date=2026-07-28&at_position=6
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Les discriminations raciales ne prennent toujours pas de vacances. Après les agences immobilières, SOS Racisme a réalisé une étude sur les lieux de loisirs de l’été, dont France Inter vous révèle le résultat, mardi 28 juillet. Pour ce testing, l’association a envoyé des personnes considérées comme noires ou maghrébines dans des boîtes de nuit ou des plages privées de Marseille, Montpellier ou Nice. Elle compare ensuite leur accueil avec celui réservé à des personnes blanches. Dans un tiers des cas, il y a une différence de traitement.
Devant une boîte de nuit niçoise, un groupe de personnes perçues comme noires est refusé de l’établissement. « On est complet les gars, je suis désolé », leur répond-on. Quelques minutes plus tard, un groupe de personnes perçues comme blanches y entre sans problème. Des discriminations comme celle-ci ont été observées à l’entrée de quatre boîtes de nuit sur dix et pour quatre plages privées sur treize.
Racisme ordinaire
« Continuellement dans notre vie, il y a des endroits, des espaces, qu’on nous dit interdits, qu’on sait interdits, où on n’a pas notre place, où on n’est pas les bienvenus », affirme Grégory, qui a participé au test. « C’est ce qu’on appelle un petit peu le racisme ordinaire, même si effectivement il n’y a rien d’ordinaire dans le racisme », explique Sascha, qui a aussi testé ces endroits. « Ça ne se manifeste pas forcément par des propos racistes, mais on ressent quand même une attitude hostile à l’égard des populations noires et arabes à certains moments, à certains endroits, et c’est problématique », poursuit-il.
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Ces données servent de preuve juridique, mais ensuite c’est au pouvoir public d’agir, selon Dominique Sopo, le président de SOS Racisme. « D’abord, en faisant en sorte que les préfets ou les mairies convoquent les professionnels qui sont concernés par les secteurs testés pour leur rappeler les obligations en termes d’égalité de traitement », souligne-t-il. « C’est aussi faire en sorte que le ministère de la Justice prenne des circulaires pénales pour rappeler l’importance qu’il y ait des poursuites en matière de discrimination raciale et que des enquêtes sérieuses soient réalisées », martèle Dominique Sopo. Son association a d’ailleurs porté plainte à Marseille, Montpellier et Nice pour discrimination raciale.