L’Agence européenne de sécurité des aliments (Efsa) annonce avoir revu à la baisse le seuil sans risques de l’acide trifluoroacétique (TFA) dans l’alimentation sur la base de nouvelles données scientifiques.

L’Efsa abaisse le seuil sans risque de TFA dans l’alimentation

Risques  |  23.07.2026  https://www.actu-environnement.com/ae/news/efsa-tfa-seuil-alimentation-pfas-48353.php4

|  L. Radisson

Envoyer par e-mail

L'Efsa abaisse le seuil sans risque de TFA dans l'alimentation

© NINENII

LES POINTS À RETENIR

  • L’Efsa abaisse la DJA du TFA à 0,014 mg/kg, soit 3,5 fois moins qu’en 2017.
  • Le TFA, dérivé des PFAS, perturbe la thyroxine, hormone clé de la glande thyroïde.

Par un communiqué du 22 juillet, l’Agence européenne de sécurité des aliments (Efsa) annonce avoir revu à la baisse le seuil sans risques de l’acide trifluoroacétique (TFA) dans l’alimentation sur la base de nouvelles données scientifiques. Selon un rapport scientifique (1) publié le même jour à la suite d’une commande de la Commission européenne, les experts de l’Efsa ont établi la dose journalière admissible (DJA) à 0,014 milligrammes par kilogramme (mg/Kg) de poids corporel par jour. Une valeur 3,5 fois plus faible que la précédente, fixée à 0,05 mg/Kg en 2017 à partir de données limitées. L’Efsa a par ailleurs fixé pour la première fois une dose aiguë de référence, en retenant la valeur de 0,07 mg/Kg. Le 5 juin dernier, le comité d’évaluation des risques de l’Agence européenne des produits chimiques (Echa) avait, quant à lui, classé le TFA comme substance « toxique pour la reproduction » de catégorie 1B.

Le TFA, rappelle l’Efsa, est un composé chimique provenant de multiples sources, qui peut se former lors de la dégradation de substances per- et polyfluoroalkylées (PFAS), notamment certains gaz industriels et certaines substances actives présentes dans les pesticides. « En conséquence, le TFA peut se retrouver dans les eaux souterraines, les sols et les cultures vivrières », explique l’agence.

La révision de ces valeurs, ajoute-t-elle, a été motivée par de nouvelles données qui montrent que cette substance « modifie les taux de thyroxine, une hormone produite par la glande thyroïde qui joue un rôle important dans la régulation du fonctionnement de l’organisme ». Des recherches plus approfondies doivent en revanche être menées sur le risque lié au TFA en matière de toxicité chronique, de cancérogénicité et d’immunotoxicité pour le développement, indique l’Efsa. « Un facteur d’incertitude supplémentaire a été intégré dans le calcul de la DJA afin de tenir compte de ces incertitudes », explique l’agence. Celle-ci indique par ailleurs travailler avec l’Echa sur les modes de dégradation en TFA des pesticides à base de PFAS, ainsi que sur le devenir et le comportement de cette substance dans les sols et dans l’eau. La fin de ces travaux est annoncée pour l’été 2027.

Ces nouveaux seuils sans risque, exprimés dans le cadre d’un avis scientifique, fournissent des repères actualisés pour l’évaluation des risques et « peuvent également éclairer le processus décisionnel de l’UE en matière de sécurité alimentaire, de surveillance de la qualité de l’eau et de réglementation des produits chimiques », explique l’Efsa. Les associations PAN Europe et Générations Futures saluent cet avis mais estiment que l’abaissement des valeurs reste insuffisant et réclament l’interdiction pure et simple des pesticides à base de PFAS. « L’agence continue de juger acceptable un niveau élevé de dysfonctionnement thyroïdien, tout en sous-estimant les impacts potentiels sur le système immunitaire et le développement cérébral. De plus, le potentiel cancérogène reste inconnu et la neurotoxicité développementale n’a pas été évaluée », déplore Pauline Cervan, toxicologue chez Générations futures.

Après cette publication, l’Agence de sécurité sanitaire française (Anses) a été sollicitée par ses ministres de tutelle pour élaborer de nouveaux seuils concernant le TFA dans l’eau potable, rapporte l’AFP. Ce seuil est actuellement fixé à 60 microgrammes par litre d’eau. En octobre 2025, l’agence française avait publié un rapport établissant que le TFA se retrouvait dans 92 % des échantillons d’eau brutes et potables analysés

1. Télécharger le rapport de l’Efsa (en anglais)
https://www.actu-environnement.com/media/pdf/news-48353-rapport-Efsa-TFA.pdf

Laurent Radisson, journaliste intégré
Rédacteur en Chef de Droit de l’Environnement

Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

Laisser un commentaire