
« Avec l’IA, l’obsolescence humaine n’est plus un risque mais un fait » – Gaultier Bès
L’IA, c’est-à-dire l’automatisation de la pensée, est la dernière étape du processus d’artificialisation du réel. Elle nous fait basculer dans l’ère du post-humain, selon Gaultier Bès, professeur de lettres et auteur de La Vie machinale, Pourquoi et comment résister à l’IA ? (Desclée de Brouwer, 2026). Face à un désastre à la fois écologique, politique, éducatif, social et anthropologique, argumente-t-il, il est urgent de redécouvrir, grâce aux low techs, notre puissance d’agir, de percevoir et de décider par nous-mêmes. Entretien.
publié le 19/07/2026 https://elucid.media/societe/avec-l-ia-l-obsolescence-humaine-n-est-plus-un-risque-mais-un-fait-gaultier-bes
Par Laurent Ottavi
Élucid : Quelle est la spécificité de l’IA par rapport aux autres technologies auxquelles elle est comparée pour neutraliser les critiques à son égard ?
Gaultier Bès : Je m’inscris dans une tradition technocritique qui entend défendre l’autonomie du geste humain, manuel et intellectuel, contre son remplacement systématique par des dispositifs technico-marchands. L’IA, de ce point de vue, n’est que la dernière étape du vaste processus d’artificialisation du réel qui correspond, peu ou prou, à ce qu’on appelle l’Anthropocène. Mon combat contre ce que Bernanos nommait ironiquement le « Paradis des robots » ne commence donc pas avec l’apparition des IA génératives.
Je ne suis pas historien de la technique, mais je crois pouvoir dire qu’il y a un continuum entre toutes les technologies successives. Dans tous les cas, de la boussole aux lunettes en passant par l’arbalète, il s’agit de pallier une faille humaine, réelle ou supposée, son faible sens de l’orientation, son incapacité à viser loin ou à voir nettement… Et les innovations s’alimentent les unes les autres. C’est particulièrement vrai de la high tech, de plus en plus décloisonnée : les innovations circulent de l’armée aux multinationales via les laboratoires de recherche publics et privés.
Depuis les années 2000, comme le résument Monique Atlan et Roger-Pol Droit, on parle de « convergence NBIC » pour décrire l’interconnexion toujours plus étroite entre « l’infiniment petit (N), la fabrication du vivant (B), les machines pensantes (I) et l’étude du cerveau humain (C) » (1). L’idée d’une « intelligence artificielle » est ainsi présente dès l’origine de l’informatique, à travers par exemple le célèbre Alan Turing.
Cependant, la mise sur le marché des « grands modèles de langage » qui se cachent derrière les IA génératives constitue un saut quantitatif et qualitatif vertigineux. Il y a là quelque chose d’inédit et d’irréductible. Et d’abord, parce que le rapport au monde induit par Claude ou ChatGPT est celui de la dilution de la subjectivité. On ne sait plus qui a fait quoi, qui peut répondre de quoi. Même la lauréate du Prix Nobel de Littérature 2018, la Polonaise Olga Tokarczuk, a récemment reconnu utiliser un robot conversationnel dans son processus d’écriture. Et même un auteur de science-fiction comme Alain Damasio qui a pourtant construit son œuvre et sa renommée sur la résistance au contrôle numérique !
En confiant de plus en plus de tâches, surtout créatives, à des machines, on passe de l’homme outillé à l’homme monitoré, puis de l’homme monitoré à l’homme défait. Car nous en sommes déjà au point où les robots sont meilleurs que nous dans la plupart des domaines. Avec l’IA, à bien des égards, hélas, l’obsolescence humaine n’est plus un risque, mais un fait.
Élucid : En quoi l’IA remplace-t-elle l’autonomie par l’automatisme ?
Gaultier Bès : Si l’on suit le philosophe Ivan Illich, l’outil est bon – « convivial » – s’il augmente ma capacité d’agir par moi-même sur le monde, sans pour autant me rendre dépendant d’infrastructures sur lesquelles je n’ai aucune prise. Exemple paradigmatique : la bicyclette. On a beau construire aujourd’hui des pistes cyclables, pour tenter de contrebalancer un peu le monopole de la bagnole, elle me permet d’aller plus vite – et donc plus loin – sur à peu près n’importe quel chemin. Nul besoin pour circuler à vélo – et a fortiori à pied – d’hectares entiers de macadam, de gigantesques parkings, de radars, de puits de pétrole, de gazoducs, de stations-service et de toutes ces charmantes et encombrantes installations de la civilisation automobile. Une bicyclette s’entretient et se répare aisément. Bref, elle est au service de l’autonomie humaine dans la mesure où elle n’induit aucune contrainte individuelle ou sociale majeure.
Les Gilets jaunes et leurs descendants savent, eux, qu’un quotidien formaté par la voiture, c’est-à-dire un quotidien où tout, du travail aux loisirs, s’éloigne, n’est pas synonyme de liberté, mais de dépendance – à commencer par celle de la géopolitique mondiale, et des foucades de tel ou tel autocrate…
Promouvoir l’outil simple contre les machines sophistiquées, ce n’est donc pas seulement prôner le ralentissement face à l’accélération générale. C’est défendre notre puissance d’agir en première personne contre la soumission aux moteurs et aux algorithmes. Il s’agit de savoir si nous voulons et pouvons encore faire, ou si nous sommes condamnés à faire faire – c’est-à-dire à perdre la main (et la tête). C’est en cela que l’IA ouvre une ère nouvelle : celle où l’humain se rend non seulement destructeur (« Anthropocène », ou mieux : « Carbocène »), mais dispensable (« Numérocène » ou « Algocène »).
La plupart des technologies antérieures prolongeaient ou renforçaient l’effort humain, sans le remplacer totalement. Le clavier change de fait ma manière d’écrire et de réfléchir, mais en l’utilisant, c’est encore moi qui œuvre, mon cerveau qui est stimulé, ma main qui travaille. De même avec la voiture que je conduis : je ne suis plus le moteur de mon déplacement, comme lorsque je marche ou que je pédale, mais c’est encore moi qui démarre, dirige, freine, accélère. Comme les chatbots, les voitures soi-disant « autonomes » (qui, en réalité, dépendent d’un énorme processus technologique) changent la donne : le pilotage automatique relègue les aptitudes humaines au second plan.
« L’IA produit deux sentiments contradictoires : elle nous donne l’illusion d’être comme des dieux et elle nous humilie, nous renvoyant à notre indépassable médiocrité. »
Pourquoi l’IA est-elle un fait social total à vos yeux ?
Parce qu’aucun domaine ne lui échappe et que personne ne peut s’en dire indemne. Toute la société, à très grande vitesse, se reconfigure autour d’elle, du management à la guerre en passant par la consommation, la littérature, le cinéma ou les applications de rencontre.
Quand, en quelques mois, en quelques années, des milliards d’êtres humains se mettent à utiliser la même application dont ils n’avaient jusque-là jamais eu l’idée, l’envie ou le besoin, on peut parler d’un changement subit autant que subi. Soudain, brutalement, une société se rend, ou plutôt est rendue dépendante d’une machinerie, d’un technosystème qui envahit chaque aspect de nos existences sans qu’elle ait jamais été soumise à quelque vote, quelque sondage ou même quelque micro-trottoir que ce soit. J’appelle « machination » ce phénomène d’emprise d’aspect totalitaire.
En quoi l’IA résulte-t-elle à la fois d’une soif de toute-puissance de l’homme et d’une impuissance devant la machine ?
L’IA, en effet, produit ces deux sentiments contradictoires : elle nous donne l’illusion d’être comme des dieux – certains transhumanistes de la Silicon Valleys’imaginent déjà immortels – et elle nous humilie, nous renvoyant à notre indépassable médiocrité. Mais le paradoxe n’est qu’apparent. Pour au moins deux raisons.
Premièrement, car entre des gens comme Musk, Zuckerberg, Altman, Thiel et nous, le fossé ne cesse de se creuser. À eux la puissance, la gloire, l’argent ; à nous la frustration. À eux, l’orgie perpétuelle ; à nous le pain et les jeux qu’ils daignent nous laisser. Eux (jusqu’à un certain point) suscitent ; nous, nous subissons. Si les ingénieurs de Big Tech ont en effet acquis un pouvoir sur le reste de l’humanité fou, vertigineux, nous, chatbot ou pas, nous nous débattons toujours avec nos fins de mois difficiles, nos déserts médicaux, nos patrons toxiques, nos licenciements, etc. Et le fait que cette débauche de moyens technologiques mis, apparemment gratuitement, à notre disposition ne nous rende pas plus heureux, ni même plus riches ou en meilleure santé, a quelque chose de déprimant. S’il y a bien « empuissancement » grâce à l’IA, c’est du côté, exclusivement, des dominants.
De fait, et c’est le deuxième point, ce que nous gagnons en performance, nous le perdons en compétence. La vitesse acquise n’est pas de notre fait. C’est une augmentation par appareillage machinal, et non par amélioration personnelle. C’est un progrès technique, et non une progression personnelle dont nous puissions être légitimement fiers. C’est le résultat d’une prothèse, d’une hétéronomie, qui démultiplie certes notre impact sur le monde – produire dix, vingt fois plus vite un travail de même qualité, voire meilleure ; obtenir en quelques millisecondes des réponses synthétiques à des questions très spécifiques ; automatiser les tâches rébarbatives pour se concentrer sur la créativité ; avoir un double numérique ; que sais-je encore ? -, mais qui amoindrit nos capacités propres.
L’IA flatte notre paresse au lieu d’exercer notre patience. Ses prodiges ont beau flatter l’orgueil humain – car les ingénieurs qui ont conçu ces bolides le sont bien encore un peu, eux, humains ; ils sont de la même espèce que nous! -, ils nous renvoient à nos manques. Günther Anders l’a montré mieux que quiconque dans L’Obsolescence de l’homme (1951) à travers le concept génial de « honte prométhéenne » : nous nous sentons nuls, lents, patauds, devant les merveilles technologiques dont nous sommes pourtant les inventeurs, comme une limace devant un cobra, ou un mulet devant un pur-sang arabe.
L’IA ringardise l’intelligence biologique : l’élève ici fait mieux que dépasser le maître, il lui fait ressentir un indécrottable syndrome de l’imposteur. Ainsi notre complexe d’infériorité est-il la rançon de notre complexe de supériorité : à force de vouloir, par la technique, nous hisser au-dessus de notre condition d’êtres vivants limités, nous finissons par déchoir, non pas en sous-hommes, mais en sous-machines, en sous-robots. D’où cette formule de mon livre : l’homme augmenté est un vivant diminué.
« À la définition initiale de “technocratie”, il faudrait substituer celle de pouvoir des techniques, c’est-à-dire des robots – une “gouvernance algorithmiques” selon le processus d’autonomisation de la technique analysé par Jacques Ellul. »
Dans quelle mesure l’IA est-elle le fer de lance de la technocratie ?
La technocratie est le pouvoir des experts, des techniciens. Selon ses promoteurs, l’IA permet de démocratiser le savoir, comme internet. Et en effet, la toile nous a donné accès en ligne à presque tout le génie humain digéré, numérisé, synthétisé. Feu Michel Serres a même célébré les louanges de « Petite Poucette », cette digital native qui, grâce à son smartphone, a une bibliothèque universelle dans la poche, à portée de clic. N’ayant plus la mémoire encombrée de connaissances, son esprit est censé faire preuve d’une créativité, d’une ingéniosité démultipliée : une tête bien libre plutôt qu’une tête bien pleine, pour paraphraser Montaigne. Mais l’humaniste, lui, savait que connaissance et intelligence vont de pair – car ce qui compte vraiment, ce n’est ni le bourrage ni la vidange de crâne, mais d’avoir une tête bien faite, c’est-à-dire capable de ne jamais se lasser d’apprendre, de découvrir, de faire son miel, selon une métaphore tirée des Essais, de savoirs divers !
Il est à craindre que l’IA, pas plus qu’internet, ne démocratise réellement la culture. Dans les faits, le slop – cette bouille cérébrale qui submerge désormais notre temps de cerveau disponible – domine. Ceux qui tirent vraiment profit de l’IA pour apprendre sont les privilégiés – et encore, moi qui ai reçu un capital matériel, culturel et social important, je vois bien à quel point l’internet 2 ou 3.0 me tire vers le bas. L’algorithme de mon fil « Twitter/X », par exemple, me propose des contenus toujours plus débiles, dont une bonne partie est sans doute d’ailleurs intégralement générée par des robots, sans aucun contrôle humain. D’une part, des citoyens hypnotisés et humiliés par des puissances technologiques, politiques et financières sur lesquelles ils n’ont aucune prise, aucun pouvoir ; d’autre part, une poignée d’investisseurs, d’ingénieurs et de grands patrons – dont certains visages nous sont devenus familiers, comme ceux de Gates, de Musk, d’Altman ou de Zuckerberg – qui trustent à eux seuls une large partie des flux de la planète.
Ainsi donc, une poignée de magnats de la Big Tech, américains ou chinois, s’arrogent sur nos vies, nos idées, nos données, notre temps lui-même, et l’ensemble de nos sociétés, un pouvoir exorbitant et sans cesse croissant. Une entreprise de surveillance comme Palantir annonce la couleur : il s’agit de tout voir, comme l’œil de Sauron. De telles firmes règnent en maîtres, en situation de quasi-monopole.
Face à cela, il est mieux que rien de défendre la souveraineté technologique de la France et des autres pays. Quitte à automatiser nos facultés cognitives, autant que ce soit par des entreprises dont nous partageons un certain nombre de principes éthiques et d’intérêts économiques. Mais une technocratie nationale n’est toujours pas une vraie démocratie – ou alors il faudrait que les citoyens puissent choisir. Voulons-nous investir dans le développement de l’IA, ou plutôt susciter, comme le suggère le romancier Abel Quentin dans son pamphlet Sanctuaire, un espace politique et productif où les algorithmes et les grands modèles de langage ne feraient pas la loi ? De fait, plus personne, pas même les milliardaires de la Tech (de leur propre aveu !), n’est capable de comprendre exactement comment fonctionne cette gigantesque machinerie.
Car, à la définition initiale de « technocratie », comme pouvoir des techniciens, il faudrait peut-être substituer celle de pouvoir des techniques elles-mêmes, c’est-à-dire des robots – une « algocratie », une « gouvernance algorithmique », selon le processus d’autonomisation de la technique, analysé jadis par Jacques Ellul. Le glissement vers la « technocrature » est sans doute hélas l’avenir le plus probable : la dictature du fait accompli technologique selon lequel il n’y a(urait) rien à faire d’autre que s’adapter à la nouvelle donne et tenter de tirer son épingle du jeu, et selon laquelle hors de la Tech, il n’y a(urait) point de salut.
Pourquoi écrivez-vous que l’IA est une bombe à fragmentation dont les effets sont à la fois immédiats et à retardement ? Pouvez-vous ici mentionner la question de l’écologie ?
On présente justement parfois l’IA comme une alliée dans la lutte contre le désastre écologique, et notamment les dérèglements climatiques. Non seulement on nous vend une IA toujours plus « frugale » (quelle blague !), mais on nous vend une IA alignée sur nos objectifs environnementaux. Avant de se pencher sur les aspects économiques, éducatifs, politiques et anthropologiques, mon livre part de là : la généralisation de l’IA serait une catastrophe qui ne ferait qu’aggraver l’empreinte écologique déjà dévastatrice de nos sociétés industrielles.
L’accélération technologique que constitue l’omniprésence des IA génératives et généralistes est un contresens complet. À court terme, elle nous détourne de l’urgence absolue qui est de réorienter radicalement nos systèmes de production et de consommation vers la soutenabilité, de troquer la logique de « performance » des individus et des sociétés contre celle de « robustesse », selon les analyses d’Olivier Hamant. À long terme, elle nous installe dans un rapport toujours plus artificiel au monde.
Vous avez décidé d’écrire ce livre en réaction au poncif : « Étant donné qu’il est vain de tenter d’interdire le recours à l’IA ». Cela veut-il dire qu’il est possible d’« arrêter le Progrès », sans recourir à des méthodes autoritaristes ? Est-ce un affranchissement de l’IA qui permettra un rapport au monde direct, charnel, ce que vous appelez la présence d’un monde vivant ?
« On n’arrête pas le Progrès » est une de ces formules ambiguës, dont la part d’ironie ou de résignation dépend de son locuteur. Il est vrai qu’on « désinvente » rarement les choses, qu’on se prive rarement d’une technologie à moins de la remplacer. Les quelques exemples, comme le Concorde ou le nucléaire dans les pays qui en sont sortis, sont plutôt des exceptions qui confirment la règle. Cependant, je continue à croire qu’on peut, aussi bien individuellement que collectivement, bifurquer, résister à cette robotisation qui se présente comme une fatalité.
Aujourd’hui, on utilise des machines pour tout : pour faire la cour et pour faire cours, pour faire du sport et des enfants, pour faire la cuisine et l’amour, le ménage et le jardin, etc. Les gens prennent leur voiture, puis un escalator ou l’ascenseur afin d’aller courir sur des tapis roulants en écoutant de la musique (faite par IA) via leurs écouteurs connectés ! Du thermomix aux applications de rencontre, de l’armée à l’industrie, en passant par les techniques de procréation médicalement assistée, les robots sont partout.
Nous sommes encore quelques-uns à penser que cette fuite en avant technologique n’est ni désirable, ni soutenable, ni nécessaire – que nous avons tout intérêt à choisir, et vite, une autre voie.
Pour l’heure, nous ne sommes qu’une extrême minorité à tenter de continuer à vivre sans – non pas pour vivre « comme avant » (quoique ce ne serait pas forcément, en soi, une folie furieuse), mais pour vivre mieux ! Car, en bénéficiant de quelques techniques triées sur le volet – selon les critères des outils conviviaux d’Ivan Illich, simples, robustes, économes, corporels, réparables, non brevetés, etc. –, on peut s’affranchir de la domination et du réflexe robotique pour réapprendre à faire par soi-même – peut-être d’ailleurs y viendrons-nous sous la contrainte plus vite qu’on ne le croit si le coût de l’énergie, par exemple, devenait vraiment trop élevé. C’est ce qu’avec quelques autres familles, nous essayons de vivre dans notre petit village d’adoption.
Ce type de mode de vie, qui se veut radical bien que les compromis soient nombreux, reste bien sûr extrêmement marginal, mais, à bien y réfléchir, cela se vit déjà de manière beaucoup plus institutionnelle dans le fait, par exemple, que l’on continue à faire pratiquer à nos élèves des activités manuelles et physiques, et notamment à les faire écrire à la main. À l’heure des robots conversationnels, cela peut paraître une forme d’archaïsme ridicule, mais c’est pourtant une nécessité cognitive et un bienfait corporel ! « Petite Poucette » doit lâcher ses écrans si elle veut voir la beauté chatoyante des créatures, humaines et autres qu’humaines, qui l’entourent. Elle doit exprimer son intelligence pratique si elle veut épanouir son intelligence théorique et relationnelle. Elle doit apprendre à se servir de ses dix doigts si elle veut s’émanciper du tout digital !
Le défi est de est une aventure à la fois individuelle et politique, un combat à la fois philosophique et quotidien, mais aussi une joie morale, et même une fierté spirituelle !
Propos recueillis par Laurent Ottavi.
Notes
(1) Monique Atlan, Roger-Pol Droit, Humain : une enquête philosophique sur ces révolutions qui changent nos vies, Flammarion, 2014