Comment adapter son activité physique aux épisodes de canicule
Chronique
« Dix mille pas et plus ». Face à la multiplication des épisodes de chaleur, des spécialistes livrent des conseils pour continuer à bouger, en minimisant les risques pour la santé.
Publié aujourd’hui à 06h00, modifié à 11h11 https://www.lemonde.fr/sciences/article/2026/07/07/comment-adapter-son-activite-physique-aux-episodes-de-canicule_6721410_1650684.html?lmd_medium=email&lmd_campaign=trf_newsletters_lmfr&lmd_creation=a_la_une&lmd_send_date=20260707&lmd_link=lecturedujour-title&M_BT=53496897516380
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« Je n’ai pas fait de sport depuis une semaine. Je suis fatigué, je ne bouge plus, je vais être encore plus fatigué »… Pendant les épisodes de canicule, nombreux sont ceux qui renoncent à leur activité physique, la mort dans l’âme. Mais faut-il vraiment arrêter de bouger lorsque le thermomètre s’emballe fortement et rapidement ? Une question qui risque de se poser de plus en plus.
Les pics de chaleur n’affectent pas seulement notre confort, mais directement notre organisme. Ils agissent très négativement sur le sommeil, l’un des trois piliers de notre santé avec l’alimentation et… l’activité physique.
En analysant des données internationales, des chercheurs ont montré que, chez les adultes de 18 à 40 ans, ce sont cinquante heures par an d’activité physique légère qui ont été limitées lors de la dernière décennie, du fait d’une température supérieure à 25 °C. Soit deux fois plus que dans les années 1950, souligne cette étude publiée en mars dans la revue Environmental Research Health.
Lorsqu’il fait très chaud, le corps doit maintenir la température interne autour de 37 °C. Une mission qui devient encore plus difficile pendant l’effort. Quand les muscles s’activent, « c’est comme une voiture, seule une partie est transformée en énergie, le reste est dissipé en chaleur », détaille Arnaud Hays, responsable du projet HIPE (faculté des sciences médicales et paramédicales d’Aix-Marseille Université).
« Forcément, plus la température est élevée, plus cette dissipation de température via l’exercice est difficile à faire », poursuit le chercheur. Ainsi, après un effort intense, la température centrale (gastro-intestinale) peut facilement atteindre 38 à 38,5 °C, quel que soit le niveau de mercure. Elle peut même monter à 40 °C après un marathon chez des athlètes entraînés.
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Pour éviter la surchauffe, l’organisme dispose de plusieurs mécanismes. « Le meilleur moyen de refroidir le corps est l’évaporation de la sueur par le passage de gouttes de sueur de l’état liquide à l’état gazeux. Très efficace en cas de chaleur sèche, ce mécanisme fonctionne aussi quand l’air est très humide, explique le cardiologue du sport François Carré. Dans ce cas, s’éponger peut aider, en nettoyant les pores par lesquels la sueur passe. »
Changer ses habitudes
Autre mécanisme-clé : la vasodilatation. Sous l’action de l’hypothalamus, qui agit sur le système cardio-vasculaire, les vaisseaux sanguins situés sous la peau se dilatent et se gonflent de sang, qui se refroidit grâce à l’évaporation de la transpiration (et cela même s’il fait chaud dehors), avant de recirculer dans tout le corps. François Carré décrit ainsi le sang comme le « liquide de refroidissement du corps ». Cette mobilisation du système cardio-vasculaire se traduit par l’augmentation de la fréquence cardiaque.
Le flux d’air joue aussi un rôle important. « On observe d’ailleurs beaucoup moins de coups de chaleur en cyclisme qu’en course à pied. A vélo, le déplacement crée un vent, qui améliore les échanges thermiques. C’est comme si on avait un petit ventilateur », détaille Arnaud Hays.
L’objectif est d’éviter le coup de chaleur d’exercice, défini comme une température corporelle supérieure à 40 °C associée à des signes neurologiques (confusion, convulsions, perte de conscience). Heureusement rare, il peut toucher des sujets jeunes et en bonne santé et conduire à la mort en l’absence d’une prise en charge rapide.
Pour autant, les spécialistes ne recommandent pas d’arrêter toute activité physique, mais de changer ses habitudes. D’abord, en cas de doute, il est nécessaire d’avoir l’aval d’un médecin. « Le niveau d’entraînement, d’acclimatation, et la génétique influent », explique Arnaud Hays. Le corps doit s’habituer, s’adapter progressivement aux conditions estivales.
Les experts conseillent de privilégier les heures les plus fraîches de la journée, tôt le matin, de réduire l’intensité et la durée des séances, de porter des vêtements amples et clairs ainsi qu’une casquette, et de rester attentifs aux signaux de son corps.
Aller faire du sport dans les salles climatisées, nager, en veillant aux changements brutaux de température, constituent de très bonnes alternatives. Et dans tous les cas, l’hydratation est capitale.
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Pascale Santi