Déchets radioactifs dans l’Atlantique : une deuxième mission explore les fûts et leur environnement
Risques | 03.07.2026 |

© NODSSUM Cruise, CNRS, Flotte océanographique française Le sous-marin Nautile a effectué vingt plongées à plus de 4 700 mètres pour observer directement les fûts radioactifs et l’environnement immédiat.
LES POINTS À RETENIR
- Vingt plongées du Nautile ont permis d’observer directement plusieurs fûts dégradés.
- Des niveaux d’activité radioactive supérieurs aux attentes ont été mesurés sur site.
Explorer les zones d’intérêt mises en évidence lors de la première campagne. Tel était l’objectif de la mission menée du 27 mai au 28 juin 2026 par le Centre national de la recherche scientifique (CNRS) dans le cadre du projet Nodssum (1) , en collaboration avec plusieurs partenaires dont l’Ifremer et l’ASNR (2) , dans les abysses de l’Atlantique du Nord-Est.
L’objectif de ce projet est de mieux comprendre les interactions entre les 200 000 fûts de déchets radioactifs, immergés dans cette zone entre 1950 et 1990, et les écosystèmes de l’océan profond. Les scientifiques avaient mené une première mission entre le 15 juin et le 11 juillet 2025 afin de cartographier les zones d’immersion. Cette année, le sous-marin Nautile a réalisé vingt plongées à plus de 4 700 mètres de profondeur afin d’observer directement plusieurs fûts et leur environnement immédiat.
« Les scientifiques ont notamment pu documenter l’état de dégradation avancé de plusieurs fûts, observer, pour certains d’entre eux, un déversement de leur contenu et identifier les différents matériaux utilisés pour l’enrobage des déchets (résine, bitume ou ciment) », indique le CNRS. Des mesures réalisées sur site ont révélé des niveaux d’activité des déchets radioactifs « supérieurs à ceux attendus », mais des mesures en laboratoire doivent maintenant quantifier les radionucléides observés. « Les mesures réalisées lors de la mission donnent des niveaux d’activité qui demeurent limités autorisant la manipulation des échantillons sans contrainte majeure de radioprotection », tempère toutefois l’établissement public.
Quant aux interactions avec la biodiversité, la mission a réalisé des prélèvements d’eau, de sédiments et d’organismes vivants afin d’étudier les mécanismes de dispersion et de transfert de la radioactivité dans l’environnement. Les scientifiques ont également documenté et cartographié la biodiversité présente sur les fûts, à leur proximité immédiate et dans les habitats environnants. « Les analyses des échantillons prélevés et des images acquises se poursuivront sur terre, en laboratoire au cours des prochains mois », indique le CNRS.1. En savoir plus sur le projet Nodssum
https://miti.cnrs.fr/radiocean/2. Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection
Laurent Radisson, journaliste intégré
Rédacteur en Chef de Droit de l’Environnement