« “C’est un signal d’alerte” : entre deux canicules, les infirmiers de Senlis dénoncent le danger des urgences toujours fermées »
Date de publication : 3 juillet 2026 https://www.mediscoop.net/index.php?pageID=6451986a35f703f4078c6e3b25332e5e&id_newsletter=24014&liste=0&site_origine=revue_mediscoop&nuid=44baf5968540a6248a8065e80f2f7273&midn=24014&from=newsletter&slnk=6
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Hervé Sénamaud observe dans Le Parisien que « jusqu’à présent discrets sur la fermeture temporaire, depuis 4 ans, des urgences de l’hôpital de Senlis [Oise], les infirmiers libéraux de Senlis montent au créneau après la période de canicule et avant le probable retour des températures trop élevées ».
Le journaliste fait savoir qu’« un collectif de ces professionnels de santé vient d’adresser un courrier au directeur du Groupe hospitalier public du sud de l’Oise (GHPSO), responsable des hôpitaux de Creil et de Senlis, dans lequel ils ne dissimulent pas leur inquiétude ».
Les signataires soulignent ainsi qu’« en cette période de canicule, nous sommes confrontés à des patients particulièrement fragiles. Nous estimons que la situation actuelle expose la population à un risque accru en cas d’urgence et qu’il est de votre responsabilité d’engager les évolutions nécessaires pour y remédier. Nous ne souhaitons pas attendre qu’un événement dramatique vienne confirmer ce que les professionnels de terrain constatent et signalent depuis plusieurs années ».
Hervé Sénamaud relève que « le constat demeure inchangé depuis plusieurs mois : des urgences de Creil surchargées et au bord de l’implosion, des patients horrifiés par leur passage dans le service et qui feraient tout pour ne pas avoir à y retourner ».
« La récente période de canicule n’a fait qu’aggraver la prise en charge des patients », ajoute-t-il.
Séverine Saget, porte-parole du collectif des infirmiers libéraux de Senlis, déclare ainsi : « J’ai été appelée durant la semaine passée pour un patient âgé qui avait chuté dans la rue et avait passé du temps assis sous un arrêt de bus surchauffé. Il avait 40,8°C de fièvre ».
« Je suis allée prendre des nouvelles le soir [aux urgences de Creil] et, comme j’ai dit au médecin que je voyais ce patient trois fois par jour, il m’a dit qu’il pouvait rentrer chez lui. Mais le lendemain, il avait toujours 40°C de fièvre. Le monsieur âgé m’a supplié de ne pas appeler les pompiers pour ne pas aller de nouveau à Creil, mais je n’avais pas le choix. Je plains le personnel des urgences, il y a des patients partout qui attendent sur des brancards », poursuit la soignante.
Hervé Sénamaud note que « comme à peu près tous les 6 mois, une possible date de réouverture des urgences de Senlis a été évoquée pour septembre prochain, mais rares sont ceux qui y croient encore ».
Séverine Saget souligne : « Ce qui bloque, c’est le recrutement du personnel mais cette fois, comme les précédentes, cela ne fonctionnera pas pour deux raisons. D’abord, ils veulent mettre en place un accueil réduit de 8 heures à 20 heures. On sait très bien que l’urgence ne s’arrêtera pas à 20 heures pile et qu’une infirmière pourrait rester 2 ou 3 heures de plus, avant de reprendre son service le lendemain à 8 heures. Ensuite, parce qu’ils veulent recruter des personnes qui seraient susceptibles de travailler à Creil ou à Senlis, selon les besoins. C’est trop difficile de travailler dans ces conditions ».
Hervé Sénamaud indique que « les infirmiers suggèrent qu’il est peut-être temps de changer de manière de procéder pour obtenir des résultats et surtout rouvrir les urgences senlisiennes ».
Ils écrivent que « l’absence de recrutement n’est pas une fatalité. C’est le signe qu’une stratégie ne produit pas les résultats attendus et qu’elle doit être réévaluée. À l’approche de septembre, nous craignons qu’un nouveau report de la réouverture des urgences soit annoncé pour les mêmes raisons que les années précédentes ».