Compléments d’honoraires : bloquer le secteur 2 ne soignera personne. Revaloriser les tarifs opposables, si
(Communiqué syndicat des dermatologues)
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18/06/2026
Émis par : Syndicat National des Dermatologues-Vénéréologues (SNDV)

Le SNDV répond aux scénarios du HCAAM et appelle à une revalorisation forte des tarifs opposables, seule mesure qui réduise réellement le reste à charge des patients.
Alors que le Haut Conseil pour l’avenir de l’Assurance Maladie (HCAAM) vient de présenter trois scénarios de réforme du secteur 2, dont la fermeture progressive de l’accès aux honoraires libres, et que l’Assurance Maladie a ouvert des négociations sur les « pratiques tarifaires », le Syndicat National des Dermatologues-Vénéréologues (SNDV) alerte : réguler les prix sans traiter la pénurie de dermatologues et le décrochage des tarifs opposables n’apportera ni un rendez-vous de plus, ni un euro de reste à charge en moins pour les patients.
LE SECTEUR 2 : UN SYMPTÔME, PAS LA MALADIE
Les chiffres officiels croisés du Conseil National de l’Ordre des médecins (Atlas 2026), de la CARMF, de la CNAM et du CNG sont sans appel : la France ne compte plus que 2 859 dermatologues en activité régulière, des effectifs en recul sur dix ans, un âge moyen d’environ 54 ans, et 18,7 % de praticiens en cumul emploi-retraite, un amortisseur transitoire qui masque l’ampleur de la crise.
22 départements n’ont plus aucun dermatologue hospitalier ; 5 CHU n’ont plus de filière universitaire propre*; 51,6 % des PU-PH de la discipline ont 60 ans et plus*. Une spécialité n’existe plus s’il n’y a plus assez de formateurs : le SNDV demande une augmentation immédiate et significative des postes d’internes en dermatologie-vénéréologie associée à une augmentation du nombre de stage en milieu libéral pour pallier le déficit de lieu de formation hospitaliers.
Le syndicat met également en garde sur la financiarisation et sur la progression de salariés de plateformes de téléconsultation comptabilisés dans l’offre de soins alors que leur activité n’assure pas un parcours de soins d’expertise dermatologique efficient pour les patients.
L’offre dermatologique réelle est donc surestimée dans les statistiques officielles.
Fermer ou plafonner le secteur 2 ne créera pas un seul dermatologue. En revanche, cela favorisera le déconventionnement et le salariat de plateformes, soit moins de soins remboursés pour les Français.
*Sources : travaux du groupe démographie dermatologie (Dr I. Le Hir-Garreau)
LA VRAIE SOLUTION : REVALORISER FORTEMENT LES TARIFS OPPOSABLES
La revalorisation des tarifs opposables permettrait de réduire mécaniquement la part restant à la charge des patients, d’améliorer leur remboursement par l’Assurance Maladie et de rendre plus attractifs les dispositifs de maîtrise des dépassements. Elle renforcerait ainsi l’accès aux soins sans pénaliser les revenus des praticiens. Les précédentes revalorisations tarifaires ont d’ailleurs montré qu’une augmentation des tarifs opposables s’accompagnait d’une diminution des taux de complément d’honoraires.
L’expérience 2017-2020 l’a prouvé : quand les tarifs des médecins sont revalorisés, les taux de complément baissent.
LES COMPLÉMENTAIRES SANTÉ PEUVENT ACCOMPAGNER CE RÉÉQUILIBRAGE
46,5 milliards d’euros de cotisations en 2024 (+8,2 %, croissance la plus rapide depuis 2012) pour des prestations en hausse de 5,4 % seulement, ne reversant que 79 % des cotisations à leurs assurés, avec 8,8 milliards d’euros de frais de gestion (près de 20 % des cotisations).
La mise en regard s’impose : les frais de gestion des complémentaires dépassent à eux seuls le montant total des compléments d’honoraires de l’ensemble des médecins (4,9 Md€). Alors que de nouvelles hausses de cotisations de 4,3 à 4,4 % sont annoncées pour 2026, l’argument selon lequel une revalorisation de l’opposable « ferait exploser » les cotisations ne résiste pas à l’examen, d’autant qu’elle réduirait la part des compléments restant à leur charge.
REPÈRES CHIFFRÉS
- 2 859 dermatologues actifs réguliers (CNOM 2026) ; 22 départements sans dermatologue hospitalier (CNG)
- ≈ 9 installations sur 10 en secteur 2 ; complément moyen ≈ 67 % (HCAAM ; UFC-Que Choisir)
- 4,9 Md€ de compléments d’honoraires toutes spécialités en 2025 ; 51 % de taux moyen (CNAM)
- Complémentaires santé 2024 : 46,5 Md€ de cotisations (+8,2 %), prestations +5,4 % seulement, 8,8 Md€ de frais de gestion. (DREES)
Sources : CNOM, Atlas de la démographie médicale 2026 (Tomes 1 et 2) ; CNG, monographie PH/HU Dermatologie 2026 ; CARMF ; CNAM (avril 2026) ; HCAAM, rapports octobre 2025 et juin 2026 ; DREES, rapport 2025 sur la situation financière des organismes complémentaires (décembre 2025) ; UFC-Que Choisir (février 2024) ; travaux du groupe démographie dermatologie (Dr I. Le Hir-Garreau).
Les montants de l’exemple tarifaire sont illustratifs (hors majorations, participation forfaitaire non déduite).
LES MESURES IMMÉDIATES PROPOSÉES PAR LE SNDV
- Un amendement déposé au Sénat
Le SNDV continue de rencontrer les représentants institutionnels et les élus. Un amendement a été déposé au Sénat à son initiative et sera prochainement examiné dans le cadre des débats parlementaires. Celui-ci porte deux demandes concrètes :
- Rendre obligatoire un stage en cabinet libéralau cours de l’internat afin que chaque futur dermatologue découvre l’exercice de ville
- Demander aux instances nationales une augmentation du nombre d’internes formés dans la spécialité. C’est par la formation, et par l’exposition précoce des internes à l’exercice libéral, que se reconstruira l’offre de soins dermatologiques de proximité.
- Les équipes de soins spécialisés : une solution portée par le SNDV
Le SNDV rappelle qu’il a été à l’initiative de la première équipe de soins spécialisés (ESS) des territoires et en assure la promotion. Ces structures organisent l’accès au dermatologue en lien avec les médecins généralistes, fluidifient les parcours et réduisent les délais, en particulier pour les demandes urgentes et la prise en charge des lésions suspectes en oncodermatologie.
Le syndicat ne se contente pas de tirer la sonnette
d’alarme : il apporte des solutions. Nous demandons aujourd’hui la facilitation d’enregistrement des équipes de soins spécialisés en dermatologie-vénéréologie ainsi que la revalorisation de leur dotation financière, pour les rendre pérennes et de leur donner la capacité de se développer partout où les patients en ont besoin.
LES DEMANDES DU SNDV
- Former : adoption de l’amendement déposé au Sénat sur le stage obligatoire en cabinet libéral pour les internes en dermatologie et augmentation du nombre d’internes décidée par les instances nationales ainsi que le plan de sauvetage de la filière universitaire.
- Revaloriser : revalorisation forte, immédiate et pluriannuelle des tarifs opposables, sans condition.
- Préserver le secteur 2 : renoncer à tout scénario de blocage, de fermeture ou déplafonnement. La liberté tarifaire, exercée avec tact et mesure, est un pilier de l’exercice libéral et de l’attractivité de la spécialité.
- Assainir les statistiques : distinguer l’offre de soins réelle des effectifs administratifs (plateformes, postes non pérennes).
- Développer les équipes de soins spécialisés en dermatologie : dont le SNDV en est fer de lance. :augmentation de leur nombre sur tout le territoire et revalorisation de leur dotation pour les pérenniser.
- Mettre les complémentaires face à leurs marges: transparence sur frais de gestion et redistribution.
Le SNDV maintient que le HCAAM et la CNAM défendent une approche différente, centrée sur la régulation des compléments. Le syndicat est disponible pour en débattre publiquement, données à l’appui.
Contact presse : Sandra BOZZI – sbozzi@mcscom.fr
Commentaire Dr Jean SCHEFFER:
Voilà un vent de fraîcheur qui souffle au milieu d’un corporatisme syndical libéral qui oubli le plus souvent l’intérêt des patients.
Oui ce syndicats a raison de dénoncer:
-la financiarisation des soins à travers les plates formes de téléconsultation rn dermatologues.
-la rente de situation des complémentaires
-l’absence de revalorisation des consultations et actes, prioritaire.