Le scandale des accidents médicaux a l’hôpital (Le Cherche-Midi, avril 2026) par Marc Tadié, ancien chef du service de neurochirurgie

« Accidents médicaux à l’hôpital : “Ils se répètent sans que rien ne soit fait pour les éviter” »

 Date de publication : 20 mai 2026 https://www.mediscoop.net/index.php?pageID=36eb5f8293d4526ec5d577cb4eeea607&from=newsletter&go_to_tab=&month_to=5&year_to=2026

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Dans Libération, Nathalie Raulin fait savoir que « dans un livre édifiant, Le scandale des accidents médicaux (Le Cherche-Midi, avril 2026), Marc Tadié, ancien chef du service de neurochirurgie à l’hôpital francilien Bicêtre (AP-HP) et expert judiciaire depuis plus de 20 ans, retrace des drames à ses yeux emblématiques d’une défaillance systémique dans la sécurité des soins à l’hôpital ».
« Des erreurs médicales que les soignants, comme les autorités sanitaires, préfèrent souvent taire », note la journaliste.
Le Pr Tadié observe ainsi qu’« elles sont passées sous silence, et les mêmes accidents se répètent sans que rien ne soit fait pour les éviter ».
Nathalie Raulin livre un long entretien avec le praticien : « En tant qu’expert judiciaire, vous avez traité des dizaines de dossiers d’accidents médicaux. Certains vous ont particulièrement secoué ? ».
Marc Tadié répond : « Oui. Même après 25 ans de pratique, il m’arrive encore de ne pas dormir la veille et le lendemain de certaines expertises. L’histoire du petit Arthur me hante notamment : victime d’un traumatisme crânien après avoir été renversé par un vélo, l’enfant est renvoyé chez lui par les urgences sans qu’aucun scanner n’ait été réalisé. Sentant son état s’aggraver, ses parents le ramènent une heure plus tard. L’hématome extradural dont il souffre est alors identifié mais trop tard pour lui sauver la vie. Des cas humainement douloureux comme celui-là, j’en ai vu plus que de raison ».
L’expert ajoute que « l’aléa thérapeutique existe mais il est rarissime. Il peut s’agir, par exemple, d’un choc allergique imprévisible à un produit de contraste injecté en amont d’une IRM. Quand un accident est évitable, on n’est plus dans l’aléa thérapeutique. Une infection post-intervention chirurgicale de la hanche, de la colonne vertébrale ou du genou, est souvent liée à un manque d’asepsie [désinfection, stérilisation, lavage des mains, filtrage de l’air, port de vêtements spéciaux, ndlr] avant l’opération, au bloc ou après l’opération. […] Des précautions élémentaires suffiraient à éviter des drames ».
Il note cependant que « l’aléa thérapeutique est devenu le fourre-tout du manque de rigueur, du non-respect des protocoles et de l’absence de suivi des recommandations de la HAS. Beaucoup de jeunes, médecins comme administratifs, considèrent aujourd’hui les accidents médicaux comme une fatalité, alors même que l’observance de règles simples pourrait les réduire de moitié. Autrement dit, on pourrait sauver 15.000 vies et éviter de l’ordre de 50.000 handicaps lourds chaque année ! ».
Marc Tadié continue : « Une partie de l’énorme décalage entre les accidents médicaux et leur signalement relève d’un problème de codage auprès de la Sécu. […] La culture de la sécurité du personnel soignant laisse de plus en plus à désirer, faute notamment de formation des étudiants en médecine. L’obligation de déclarer les EIGS, instaurée en 2004, est perçue comme une contrainte administrative de plus, dans un planning déjà surchargé ».
« A cela s’ajoute la crainte qu’une faute avouée entraîne des sanctions ou plombe la réputation du soignant ou de l’établissement. L’omerta est plus confortable que le retour d’expérience. Parmi les 135 dernières expertises que j’ai réalisées, seuls deux accidents médicaux avaient fait l’objet d’un signalement et donc d’une analyse collégiale pour éviter qu’ils ne se reproduisent ! », poursuit-il.
L’expert indique toutefois que « les choses bougent un peu. En cas de soupçons de mauvaise prise en charge, les patients ou leurs proches peuvent désormais faire eux-mêmes un signalement sur le portail des événements sanitaires indésirables ».

Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

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