Total va participer au master « Énergie » de l’université de Montpellier.

À l’université de Montpellier, c’est Total Energies qui va enseigner la transition énergétique

Publié le lundi 15 juin 2026 à 06:47 https://link.newsletter.franceinter.fr/m/ml/7429/1031484/BPGAwDN7ps8viUTbuqlN-wmIFOyMymSiqF3i4a5Xm2g=/F11h0GFioYUm4mrT+7B0TD7KhChvLMe91uzKzzmfsrA=/

L’établissement, premier français dans le classement de Shanghai, a signé le jeudi 10 juin un partenariat avec la multinationale pour qu’elle participe à son master « Énergie » à partir de la rentrée 2026.

Plusieurs syndicats, enseignants en particulier, alertent au sujet d’un partenariat signé jeudi après-midi entre l’université de Montpellier et Total Énergies. Et pas n’importe quel partenariat puisque la multinationale va être directement impliquée dans le Master mention Énergie.

Des salariés et retraités de Total Énergies vont faire cours, 62 heures et demi, gratuitement (c’est Total qui prend tout en charge) aux 80 étudiants du Master à partir de septembre, pour « apporter, je cite le communiqué de presseOuverture dans un nouvel onglet de l’université de Montpellier, des contenus académiques et des retours d’expérience sur les enjeux de la transition énergétique ».

Des salariés ou retraités de Total comme professeurs

Il y aura aussi des conférences, des visites de sites industriels de Total Énergies avec prise en charge des déplacements de tout le monde par Total (c’est bien précisé), et facilitation de l’accès aux stages, alternances et emplois proposés par l’entreprise.

On n’est pas loin du petit lavage de cerveau d’autant que Total Énergies est présentée dans les documents comme un acteur majeur de la transition énergétique qui « réinvente la production et la consommation d’énergie pour atteindre la neutralité carbone en 2050 », relaie le media spécialiste de l’écologie ReporterreOuverture dans un nouvel onglet.

Techniquement Total Énergies est un acteur majeur de la transition énergétique, mais les trois-quart des investissements vont toujours au pétrole et au gaz, la production a même augmenté de 4% l’an dernier… Et mettre le contraire en avant est illégal, la Cour de cassationOuverture dans un nouvel onglet a condamné Total en octobre dernier pour ses présentations trompeuses.

Une privatisation masquée de l’enseignement supérieur face au désinvestissement de l’État

Et puis le problème derrière tout ça, c’est l’influence de Total Énergies et d’autres grandes entreprises sur l’enseignement supérieur, via des partenariats ou des mécénats. En ce qui concerne Total Énergies, 250 « professeurs associés »Ouverture dans un nouvel onglet forment 10 000 étudiants dans plus de 600 établissements chaque année, moitié en France, moitié à l’étranger.

Un entrisme, une privatisation masquée, résultat du désinvestissement de l’État soulève notamment la chercheuse Tamara Ben Ari, cofondatrice du labo 1.5 qui travaille à la transition écologique dans l’enseignement supérieur et la recherche. Mais la question au delà du côté moral, moralisateur des grandes méchantes entreprises, si l’on dézoome, la question est factuelle, et la voilà :

« Je pense qu’on est en droit de se demander collectivement si des entreprises qui ont contribué activement à la fabrique du doute et à la decrédibilisation de la science, à l’obstruction scientifique, sont légitimes pour porter des formations au sein des universités ou pour financer de la recherche »

Et là c’est factuel puisque ça a été prouvé : Total en fait partie, et beaucoup d’autres.

Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

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