«  Un médecine près de chez soi » n’a pas fait recette!

« “Monté à la hussarde”, “impossible à organiser”… Médecins volontaires à l’arrêt dans les déserts médicaux »

 Date de publication : 15 juin 2026 https://www.mediscoop.net/index.php?pageID=713e820ad1e9166bd8eccb84022d0abb&id_newsletter=23942&liste=0&site_origine=revue_mediscoop&nuid=44baf5968540a6248a8065e80f2f7273&midn=23942&from=newsletter&slnk=6

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C’est ce que titre Le Parisien, qui note que « fondé sur le volontariat, ce dispositif est loin des objectifs fixés par le gouvernement précédent. La preuve sur le terrain, en Nouvelle-Aquitaine ».


Fabien Paillot rappelle que « le dispositif des médecins solidaires, autrement baptisé «un médecin près de chez vous», vise ainsi à parachuter des professionnels de santé «deux jours par mois» dans les «territoires voisins» en souffrance ».

Le journaliste explique qu’« en Nouvelle-Aquitaine, 290 médecins généralistes avaient rapidement levé la main [en 2025] pour «participer à l’effort», selon l’Agence régionale de santé (ARS). Un an plus tard et dans cette même région, seuls 16 d’entre eux prennent réellement leur bâton de pèlerin (et leur véhicule personnel) pour visiter ces territoires ruraux ».


Fabien Paillot ajoute que « selon le ministère de la Santé, le dispositif «poursuit sa montée en charge» et comptabiliserait 330 médecins en France dans «50 lieux opérationnels» majoritairement situés en Normandie, en Occitanie et… en Nouvelle-Aquitaine ».


Il livre le témoignage du Dr Borrhis Lehideux, relevant qu’« installé à Langoiran (Gironde), ce médecin généraliste officie également 2 jours et demi par mois à Massignac (Charente) depuis novembre 2025. Près de 200 km séparent ces deux communes ».
« Ce généraliste girondin âgé de 51 ans s’est porté volontaire «pour prendre [sa] part». Officier en plein désert et «en première ligne» s’avère surtout «passionnant», insiste Borrhis Lehideux. Confronté à «des trucs qui paraîtraient incroyables en ville», ce médecin peut facilement jauger l’utilité de ses consultations », remarque Fabien Paillot.


Le médecin déclare : « Je ne suis pas qu’un prescripteur de lettres et d’ordonnances. Certaines pathologies chroniques n’ont pas été suivies depuis plusieurs années, des dépistages contre le cancer ne sont pas faits… Il faut tout reprendre ».
Le journaliste observe que « depuis peu, ce médecin a été rejoint par un autre praticien venu de Bègles, le Dr Yvan Brossard qui assurera lui aussi 2 jours de soins chaque mois. «Moins de routine, plus d’urgences», schématise ce généraliste âgé de 65 ans ».


Fabien Paillot souligne que « ce médecin le confesse sans détour : s’il ne possédait pas une résidence secondaire en Charente, il n’aurait probablement pas accepté cette mission supplémentaire. Borrhis Lehideux s’est, lui, rapproché de sa belle-famille charentaise et d’un toit près de Massignac ».
Ce dernier indique : « Sinon, j’aurais choisi la Dordogne. Et j’aurais davantage marché sur des œufs avant de m’engager dans ce dispositif monté à la hussarde ».


Fabien Paillot constate que « ce territoire charentais comptabilise en moyenne 3,5 médecins pour 10.000 habitants ». Benoît Savy, président de la communauté de communes de Charente limousine, indique que « tous ont l’âge de la retraite et leur patientèle peut atteindre 3500 personnes. Nous sommes le dernier wagon du train qui est déjà à la traîne ».
Le journaliste remarque en outre que « cette intercommunalité peut au moins se féliciter d’avoir «mobilisé» les acteurs de la santé.

Dans les Deux-Sèvres, les deux territoires sélectionnés par le gouvernement ont fait chou blanc. […] Dans la Vienne, l’intercommunalité du Pays loudunais a échoué elle aussi malgré les réunions à rallonge des élus, de l’ARS et du conseil de l’Ordre des médecins. Ce territoire compte une dizaine de généralistes pour 25.000 habitants ».
« Tous ont soulevé la question de la continuité des soins : qui interprétera les analyses ou examens prescrits par un autre ? Et qui annoncera les mauvaises nouvelles ? »continue Fabien Paillot.

Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

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