Un scandale absolument: les marges des distributeurs beaucoup plus élevées sur les fruits et légumes bio, selon une étude.
L’association Que Choisir Ensemble pointe du doigt, dans une étude mercredi, les marges pratiquées par la grande distribution sur les fruits et légumes bio. Sur les tomates bio par exemple, la marge distributeur est deux fois plus importante que pour les tomates classiques.
Par Mariam El Kurdi • Publié le mercredi 27 mai 2026 à 19:00
ouvrir crédits photoLa marge brute est 81 % plus élevée en moyenne sur le bio que sur le rayon primeur classique, a calculé l’association Que Choisir Ensemble. ©Maxppp
Les fruits et légumes bio sont chers et souvent beaucoup trop chers. L’association de consommateurs Que Choisir Ensemble dénonce, mercredi 27 mai, des surmarges de la part de la grande distribution. La marge brute est 81 % plus élevée en moyenne sur le bio que sur un rayon primeur classique.
Prenons l’exemple de la tomate. Elle est achetée en moyenne 1,52€ le kilo aux producteurs en conventionnel, en bio, c’est 2,19€. Or, le prix de vente en rayon est beaucoup plus élevé dans les supermarchés, gonflé par les surmarges de la grande distribution. « Une tomate conventionnelle en supermarché, c’est 3,26€ le kilo et c’est 1,57€ de marge distributeur, expose Marie-Amandine Stévenin, la présidente de Que Choisir Ensemble. Une tomate bio en supermarché, c’est 5,84€ le kilo et c’est 3,35€ de marge pour le distributeur. Donc on voit bien qu’on a une marge qui est deux fois plus élevée sur le bio que sur le conventionnel. »
Une étude contestée par la Fédération du commerce et de la distribution
Des résultats qui n’étonnent malheureusement pas Thomas Gibert, maraîcher bio en Haute-Vienne et porte-parole de la Confédération paysanne. « C’est un scandale absolu puisque la grande distribution rend encore plus inaccessibles les produits bio et sains aux clientèles moins fortunées », regrette-t-il.
La Fédération du commerce et de la distribution conteste l’enquête et la méthode, mais pour l’association de consommateurs, c’est une question de santé publique. Une récente enquête sénatoriale sur les marges de la grande distribution révèle notamment que, sur les produits d’appel comme les sodas ou les aliments transformés, les marges sont quasi nulles. À l’inverse, sur les fruits et légumes, les marges sont beaucoup plus importantes.
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