Sport pendant les fortes chaleurs : ce qu’il faut savoir avant de se lancer
Avec la hausse des températures, les risques liés à la pratique d’une activité sportive augmentent également. Le point sur les principaux dangers et les comportements à adopter.
Par Lara Pino Lerro
Publié aujourd’hui à 05h30, modifié à 14h42 https://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2026/05/24/sport-pendant-les-fortes-chaleurs-ce-qu-il-faut-savoir-avant-de-se-lancer_6693088_4355770.html
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Alors que la France est frappée par une vague de chaleur précoce, la pratique d’une activité physique en extérieur doit se faire avec plus de précautions qu’en temps normal. Les conseils : maintenir un bon niveau d’hydratation, se protéger du soleil, porter des vêtements clairs et amples, multiplier les pauses, ne pas faire d’efforts trop importants ou prolongés et, en cas d’épisode de chaleur trop intense, remettre l’exercice à plus tard.
Maintenir une activité physique par temps chaud comporte des risques sérieux pour le corps humain et peut menacer sa capacité à réguler sa température interne. Si certains professionnels ont désormais recours à des « heat training », des entraînements sous la chaleur, afin de se préparer à des conditions toujours plus chaudes et d’augmenter leurs capacités, la pratique d’un sport par temps chaud reste pour l’immense majorité des sportifs potentiellement dangereuse.
Lors d’une activité physique, plus de 75 % de l’énergie consommée pour produire un effort est transformée en chaleur. Chaleur que « le corps évacue à travers ses différents mécanismes de thermorégulation et en particulier la transpiration », explique Frédéric Depiesse, médecin du sport. Mais lorsque les températures extérieures augmentent, l’organisme doit faire face à un double défi : gérer la chaleur générée par l’effort tout en luttant contre celle de l’air ; ce qui peut mener au dépassement du système de régulation interne du corps.
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Comme le rappelle une note de Santé publique France d’avril 2025, faire du sport en plein air lorsque les températures dépassent 30 °C représente un défi pour le corps, et ce « quel que soit le niveau de pratique sportive ». La température optimale pour une activité sportive en plein air se situe autour des 25 °C en cas d’effort bref, et entre 10 et 17,5 °C dans le cadre d’un effort prolongé, soit bien en dessous des températures que l’on connaît lors de pics de chaleur.
Signes d’alerte
Face à des températures élevées, le corps doit s’adapter pour évacuer la chaleur emmagasinée et maintenir une température constante autour de 37 °C. Le corps augmente alors le flux sanguin vers la peau et la production de sueur. Des mécanismes qui demandent eux aussi de l’énergie et sollicitent fortement le système cardiovasculaire, ce qui peut mener à une sensation de fatigue générale, voire de malaise, en particulier lorsque la situation s’accompagne d’une déshydratation. La nausée, les vertiges, maux de tête, sensation de déshydratation et crampes musculaires en sont des signes annonciateurs et doivent alerter.
Si le thermomètre reste l’indicateur principal à surveiller avant de prévoir une activité physique en période de forte chaleur, il n’est pas le seul repère. Une grande partie des fédérations sportives professionnelles se basent sur une autre donnée pour organiser leurs compétitions dans des conditions sereines : le thermomètre-globe mouillé (« wet-bulb globe temperature », WBGT). Cet outil composite permet de croiser l’impact de la chaleur dite « sèche » (la température qui s’affiche au thermomètre) avec des indicateurs d’humidité et de mesure du rayonnement solaire.
Cet indicateur, dit « de stress thermique » car il permet de mesurer pleinement la pression que l’environnement fait peser sur le corps, donne une mesure plus fidèle du stress ressenti par l’organisme que la température « sèche » seule. Et pour cause, « l’humidité rend la chaleur plus difficilement supportable », souligne Patrick Galois, météorologue chez Météo-France.
Adapter sa pratique sportive
Ainsi, plus le taux d’humidité augmente dans l’air, plus le corps a du mal à évaporer sa propre humidité, jusqu’à en être totalement incapable lorsque l’air est saturé. Sur cette échelle, la plupart des fédérations sportives recommandent d’annuler l’activité à partir de 32 °C WBGT. Ce seuil peut être atteint à 40 °C par 20 % d’humidité, et même dès 34 °C lorsque l’humidité de l’air atteint 80 %.
Si le territoire français n’est pas le plus exposé à des chaleurs humides, des variations peuvent toutefois survenir, « en particulier dans les zones côtières », précise Patrick Galois. Et le réchauffement climatique devrait en augmenter la fréquence.
Le plus important lorsque la température augmente reste d’adapter sa pratique. Si les personnes maintenant une activité physique régulière sont en règle générale moins exposées aux conséquences néfastes des vagues de chaleur, celles-ci, se croyant hors de danger, peuvent également avoir tendance à moins adapter leurs comportements, comme l’explique une étude publiée en 2025 dans la revue Climate policy.
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Si l’activité sportive est donc possible, l’acclimatation joue un rôle essentiel. « Mieux vaut éviter les efforts trop importants durant les premiers jours d’élévation des températures, afin de laisser son corps s’habituer à la chaleur, en particulier quand le changement de température est brutal », conseille Frédéric Depiesse. Lorsque la température dépasse 30 °C, le conseil général reste de décaler son activité sportive aux périodes les plus fraîches de la journée.
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