Les mandarins a l’hôpital, un système à bout de souffle !

« “Je suis super puissant” : les “grands mandarins” de l’hôpital public, incarnation d’un secteur en crise »

 Date de publication : 20 mai 2026 https://www.mediscoop.net/index.php?pageID=326be2d8c06a30f4333317f738124cb1&id_newsletter=23804&liste=0&site_origine=revue_mediscoop&nuid=44baf5968540a6248a8065e80f2f7273&midn=23804&from=newsletter&slnk=6

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Clémence Bauduin remarque dans Le Parisien que « pendant des décennies, des pontes de la médecine ont régné en maîtres sur leurs services et leur patientèle, exerçant une autorité nocive dans un hôpital public aux abois. Notre collègue Nicolas Berrod consacre une partie de son livre « Urgence Vitale » à ces « patrons » en voie de disparition, signe d’une libération de la parole ».


La journaliste explique ainsi que « notre collègue aborde les innombrables facettes de la mauvaise santé de l’hôpital public. Parmi elles, la toute-puissance des mandarins, pontes autoritaires dont la médecine se débarrasse… progressivement ».
Clémence Bauduin observe : « C’est à se demander s’ils ont précédé la crise de l’hôpital public jusqu’à y participer, ou s’ils ne sont qu’un énième symptôme de la souffrance hospitalière. Peut-être sont-ils les deux, à la fois cause et conséquence, d’un système à bout de souffle ? ».


La journaliste évoque « «cet ex-grand ponte au statut prestigieux de professeur des universités-praticien hospitalier (PU-PH)» mis en cause par deux familles pour des opérations aux allures de boucherie, qui «illustre jusqu’à la caricature le malaise de l’hôpital public», selon Nicolas Berrod ».
Clémence Bauduin note que « ce praticien a été démis en 2024 des fonctions qu’il a occupées 8 années durant dans un grand hôpital parisien, signe que les choses évoluent. Mais «cette culture professionnelle (…) peut être très rude», admet lui-même le patron de l’AP-HP, Nicolas Revel ».


Elle relève qu’« une expression revient régulièrement dans la bouche de nombreux témoins du livre : «l’hôpital entreprise», où «la priorité est de gagner de l’argent» pour parvenir à «la meilleure productivité» possible ».


Un médecin déclare ainsi : « Quand une décision est imposée d’en haut, cela vient souvent d’un tableur Excel. Un directeur voit deux infirmières pour deux lits dans un service et deux infirmières pour 14 lits dans un autre service, il se dit qu’il y a forcément trop d’infirmières d’un côté et trop de lits de l’autre ».
Clémence Bauduin continue : « «Humiliations publiques», «réflexions désobligeantes et ambivalentes régulières», insultes et violence physique… Les exemples égrenés au fil des pages ont-ils été permis par ce fonctionnement bureaucratique ? Ils mettent en tout cas en relief des personnalités toxiques, comme ce professeur réputé selon lequel «en médecine, il y a les faibles et les forts», résume une ancienne interne ayant fait partie de son équipe ».


Arthur Poncin, président de l’Intersyndicale nationale des internes, observe qu’« il y a encore beaucoup de travail. Dans certains services, le chef peut encore imposer une perception très personnelle des soins ou du management ».
La journaliste souligne cependant que « que la situation s’améliore, à en croire tous les interlocuteurs sollicités ». Bénédicte Champenois-Rousseau, sociologue indépendante spécialiste de la médecine, remarque : « Déjà, les malheurs de l’hôpital sont multifactoriels. On ne peut pas faire porter le chapeau tout entier aux médecins hospitaliers. Puis il y a beaucoup plus de contrôles sur eux qu’il y en a eu par le passé ».


Arthur Poncin indique que « les chefs de service rajeunissent, ils sont moins de la vieille école ».
Clémence Bauduin ajoute que « les futures générations peuvent désormais compter, semble-t-il, sur le Conseil de l’Ordre des médecins, «qui démontre une volonté de transparence, de fin de l’omerta et de l’impunité sur la hiérarchie autoritaire, sur les questions de violences sexistes et sexuelles, de harcèlement», salue Arthur Poncin ».

Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

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