« Soins palliatifs : la promesse d’un égal accès pour tous reste à concrétiser »
Date de publication : 11 mai 2026
Temps de lecture: 4 min https://www.mediscoop.net/index.php?pageID=6282e51119fae3b105779e83bfdadaa5&id_newsletter=23774&liste=0&site_origine=revue_mediscoop&nuid=44baf5968540a6248a8065e80f2f7273&midn=23774&from=newsletter&slnk=10


Antoine d’Abbundo indique dans La Croix que « le Sénat entame [ce lundi] l’examen en seconde lecture des propositions de loi sur la fin de vie, l’une sur les soins palliatifs, l’autre sur l’aide à mourir. Autant la seconde divise les membres de la chambre haute, autant la première devrait faire l’unanimité comme lors de la première lecture en janvier », remarque le journaliste.
Il rappelle ainsi que « le 29 avril, en commission des Affaires sociales, le texte visant «à garantir l’égal accès de tous à l’accompagnement et aux soins palliatifs» a été adopté «conforme» à la version issue de l’Assemblée nationale, fin février. Il est plus que probable qu’il en soit de même en séance publique, lors du vote solennel programmé le 13 mai ».
Antoine d’Abbundo s’interroge : « Mais que changera la loi au-delà du message politique qu’elle envoie ? ». Laurent Frémont, porte-parole du collectif Démocratie, éthique et solidarités, répond que « cette belle loi éthique a le mérite de dissocier ce volet de celui de l’aide à mourir. Mais il faut reconnaître qu’elle ne promet pas de révolution et que l’on a moins besoin d’un nouveau texte que de moyens supplémentaires ».
Magali Assor, directrice du Centre national des soins palliatifs et de la fin de vie, remarque pour sa part : « Effectivement, la loi toute seule ne changera pas tout, mais elle vient renforcer l’édifice législatif construit depuis une trentaine d’années sur au moins trois points ».
La responsable précise : « Le premier : préciser la définition des soins palliatifs, en soulignant qu’ils ne sont pas réservés à la fin de vie. Ensuite, permettre de développer l’offre de soins, en particulier au domicile, un besoin encore largement non couvert. Enfin, renforcer l’information sur les droits des patients qui existent déjà, comme la possibilité de désigner une personne de confiance ou de rédiger des directives anticipées ».
Ségolène Perruchio, présidente de la Société française d’accompagnement et de soins palliatifs (Sfap), note quant à elle que ce texte « pose les bases de la création de maisons d’accompagnement, chaînon manquant entre l’hôpital et le domicile pour des patients qui ne requièrent pas de soins médicaux complexes et ne peuvent plus rester chez eux. La Sfap a identifié une trentaine de projets qui n’attendent plus que la loi pour être lancés ».
Antoine d’Abbundo ajoute que « le texte précise aussi ce que doit être la bonne organisation territoriale pour assurer un maillage complet, à charge pour les agences régionales de santé de combler les trous dans la raquette. Il prévoit la mise en place d’un plan personnalisé d’accompagnement pour une prise en charge précoce et adaptable en fonction de l’état du patient. Il aborde, enfin, la question cruciale de la formation initiale et continue des soignants ».
Le Dr Olivier Mermet, copilote du dernier plan 2021-2024, relève toutefois : « Ce qui pèse, c’est l’absence de véritable pilotage de cette stratégie qui reste à la main du ministère. Il faudrait mieux associer les acteurs concernés que l’on se contente, pour l’instant, d’informer lors de comités de suivi. La loi devrait régler le problème puisqu’elle prévoit la mise en place d’une instance de gouvernance pour dynamiser les choses ».
Le journaliste observe : « Des critiques que le cabinet de la ministre Rist balaye en égrenant les résultats déjà acquis : ouvertures d’unités de soins palliatifs dans 9 départements sur les 18 qui en étaient dépourvus ; une augmentation de 8,4% des lits dédiés dans les services hospitaliers ; 11 projets de maisons d’accompagnement validés ; 6000 Ehpad ayant passé des conventions avec une équipe de soins palliatifs ; 100 postes de praticiens hospitaliers créés ».
Le Figaro titre quant à lui : « Loi fin de vie : de nouvelles hostilités attendues au Sénat ».
Agnès Leclair observe qu’« au Sénat, c’est la loi de toutes les divisions. Une nouvelle bataille politique s’annonce à la Chambre haute sur l’aide à mourir. Lundi, les sénateurs entament l’examen en deuxième lecture des textes sur le suicide assisté et les soins palliatifs. Avant même l’ouverture des débats, le climat est déjà tendu face à un consensus introuvable ».
« Aide à mourir : le Sénat rejette un article clé de la réforme de la fin de vie »
Date de publication : 12 mai 2026 Temps de lecture: 2 min https://www.mediscoop.net/index.php?pageID=e28176857b45f7ea454e8aa114e4805a&id_newsletter=23778&liste=0&site_origine=revue_mediscoop&nuid=44baf5968540a6248a8065e80f2f7273&midn=23778&from=newsletter&slnk=9


La Croix indique en effet que « comme en première lecture, le Sénat n’est pas parvenu à surmonter ses divisions sur la réforme de la fin de vie, rejetant lundi 11 mai un article central du texte créant un droit à l’aide à mourir. Les députés pourraient reprendre la main ».
Le journal explique que « l’article 2 de la proposition de loi du député Olivier Falorni, qui définissait les contours de la future procédure d’aide à mourir et les situations auxquelles elle s’appliquerait, a été emporté dans la nuit de lundi à mardi, dès le premier jour de l’examen de cette réforme ».
« La suite de cette deuxième lecture du projet, avec encore près de 600 amendements à examiner jusqu’à mercredi, s’annonce dès lors assez décousue, car le texte dans son ensemble semble dépourvu d’ossature », relève le quotidien.
La Croix observe que « le gouvernement, qui espère une adoption définitive avant la suspension estivale des travaux, pourrait choisir de donner in fine le dernier mot à l’Assemblée nationale pour faire aboutir cette réforme sociétale majeure ».
Le journal explique que « démarrée il y a plus de 3 ans via une convention citoyenne demandée par le président de la République, la réflexion autour de la fin de vie est en effet beaucoup plus mûre au Palais-Bourbon qu’au Palais du Luxembourg. Par deux fois déjà, les députés ont voté pour un droit encadré à l’aide à mourir accessible à certains malades atteints d’une affection grave et incurable, avec une majorité assez confortable ».
Le Monde titre quant à lui : « Fin de vie : le Sénat rejette un article-clé de la loi sur l’aide à mourir, mais adopte un texte renforçant l’accès aux soins palliatifs ».
Le journal indique aussi que « la réforme sur la fin de vie a été en partie mise en échec au Sénat, lundi 11 mai au soir. Sans surprise, c’est le volet sur l’aide à mourir qui a divisé les sénateurs, entraînant le rejet d’un texte central de la proposition de loi de l’ancien député Olivier Falorni. […] Plus tôt dans la journée, le Parlement avait, en revanche, définitivement adopté, après un ultime vote du Sénat, l’autre volet de la réforme, concernant les soins palliatifs ».
Fin de vie : le Sénat rejette un article-clé de la loi sur l’aide à mourir, mais adopte un texte renforçant l’accès aux soins palliatifs
L’examen de la proposition de loi portée par Olivier Falorni doit se poursuivre jusqu’à mercredi, mais la suite des débats s’annonce décousue. Le gouvernement pourrait redonner la main à l’Assemblée nationale, favorable à la réforme.
Le Monde avec AFPPublié aujourd’hui à 01h36, modifié à 08h17 (republication de l’article du 11 mai 2026 à 14h14) https://www.lemonde.fr/societe/article/2026/05/12/fin-de-vie-le-senat-rejette-un-article-cle-de-la-loi-sur-l-aide-a-mourir-mais-adopte-un-texte-renforcant-l-acces-aux-soins-palliatifs_6688114_3225.html
Temps de Lecture 2 min.
La réforme sur la fin de vie a été en partie mise en échec au Sénat, lundi 11 mai au soir. Sans surprise, c’est le volet sur l’aide à mourir qui a divisé les sénateurs, entraînant le rejet d’un texte central de la proposition de loi de l’ancien député Olivier Falorni.
L’article 2, qui proposait une définition de la future procédure d’aide à mourir et les situations auxquelles elle s’appliquerait, a été repoussé par 151 votes contre pour 118 votes favorables. Les voix des élus socialistes, qui regrettaient le durcissement du texte par rapport à la version des députés, se sont ajoutées à celles d’une partie de la droite, opposée à toute forme d’aide à mourir, même restreinte. La majorité des communistes ont, eux, voté pour et les écologistes se sont abstenus, espérant donner sa chance au débat. Sans succès.
Plus tôt dans la journée, le Parlement avait, en revanche, définitivement adopté, après un ultime vote du Sénat, l’autre volet de la réforme, concernant les soins palliatifs. Saisi en deuxième lecture, le Sénat a décidé d’adopter sans modification ce texte de la députée Renaissance Annie Vidal, à 325 voix contre 18, pour permettre sa mise en place rapide.
Sur l’aide à mourir, les débats doivent se poursuivre jusqu’à mercredi, avec encore près de 600 amendements à examiner. Mais avec le rejet de l’article 2, le texte dans son ensemble semble désormais dépourvu d’ossature.
Conséquence probable : le gouvernement, qui espère une adoption définitive avant la suspension estivale des travaux, pourrait choisir de donner le dernier mot à l’Assemblée nationale pour faire aboutir cette réforme sociétale majeure, chère à Emmanuel Macron.
La ligne dure de Retailleau l’a emportée
Par deux fois déjà, les députés ont voté pour un droit encadré à l’aide à mourir accessible à certains malades atteints d’une affection grave et incurable, avec une majorité assez confortable. Au Sénat, en revanche, les divergences de vue se révèlent insurmontables.
Sur l’aide à mourir, comme en première lecture, c’est la ligne dure du président des Républicains, Bruno Retailleau, qui a eu gain de cause. Le candidat à la présidentielle s’est de nouveau mobilisé dans l’hémicycle tout au long de la soirée, fustigeant un texte « très permissif ».
Lire le décryptage | Qui aura droit à l’aide à mourir si la proposition de loi sur la fin de vie est adoptée par le Parlement ?
« Si demain le texte était voté (…) au seuil de la mort, chacun devra se demander s’il n’est pas un poids mort, s’il n’est pas un fardeau pour la société ou pour ses proches », a-t-il lancé, craignant que les « verrous » encadrant ce texte finissent par « sauter » dans le futur.
Le président du groupe socialiste, Patrick Kanner, a, lui, justifié le vote défavorable de ses troupes pour des raisons inverses, regrettant le détricotage progressif du texte de l’Assemblée nationale.
La mesure phare soumise au vote n’avait, en effet, plus rien à voir avec la version des députés : en lieu et place d’un « droit à l’aide à mourir », elle prévoyait une « assistance médicale à mourir » réservée aux malades dont les jours étaient comptés « à court terme », soit potentiellement de quelques jours seulement.
« A ce rythme-là, il faudrait quinze lectures »
Proposée par les rapporteurs Les Républicains (LR) Alain Milon et Christine Bonfanti-Dossat, cette rédaction avait pour but d’établir une « alternative », susceptible de peser sur la commission mixte paritaire (CMP), une réunion de conciliation députés-sénateurs que le gouvernement pourrait bientôt convoquer.
Cette stratégie aurait constitué une « voie de sagesse », a lancé Alain Milon, attaché à « ne pas renvoyer l’image d’une Chambre d’arrière-garde » et à éviter de laisser les députés légiférer seuls. « Ce n’est plus l’heure de la stratégie », a répliqué le sénateur Place publique Bernard Jomier, notant qu’« à ce rythme-là, il faudrait quinze lectures pour qu’on arrive à s’entendre (…) avec l’Assemblée nationale ». Le gouvernement aussi a fait part de son opposition à cette nouvelle rédaction.
Ces derniers jours, l’option du référendum a également fait parler au Sénat : le sénateur LR Francis Szpiner, hostile à la réforme, a affirmé avoir réuni plus de 195 signatures de parlementaires, un nombre suffisant pour lancer une procédure de référendum d’initiative partagée (RIP) dans les prochains jours. Ce processus très complexe n’a toutefois jamais abouti dans l’histoire du Parlement depuis sa création, en 2008.
Lire aussi | Fin de vie : la justice face aux cas de refus d’administrer une sédation terminale
Le Monde avec AFP