Après sa démission de la direction du PS, Boris Vallaud propose « des rencontres de la nouvelle gauche plurielle »
Publié le lundi 11 mai 2026 à 07:49 https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/l-invite-de-7h50/l-invite-de-7h50-du-lundi-11-mai-2026-2526395?at_medium=newsletter&at_campaign=inter_quoti_edito&at_chaine=france_inter&at_date=2026-05-11&at_position=2
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L’invité de 7h50
Par Benjamin DuhamelSuivre
Boris Vallaud, député PS des Landes, président du groupe socialiste à l’Assemblée nationale, a quitté la direction du parti à moins d’un an de l’élection présidentielle. Il refuse la primaire socialiste et appelle à un rassemblement de la gauche non mélenchoniste.
« Nous avons un collectif défaillant au moment où nous avons au contraire besoin de nous frotter les uns aux autres pour fabriquer du consensus, pour essayer de trouver un chemin qui soit un chemin partagé », déclare Boris Vallaud sur France Inter, lundi 11 mai, trois jours après avoir quitté la direction du Parti socialiste. Un départ sur fond de désaccord avec le patron du PS Olivier Faure au sujet de la désignation du candidat de gauche à la présidentielle.
« Ma démission, ce n’est pas la crise » mais « un sursaut », « ce n’est pas une brutalisation, c’est un réveil », affirme le député socialiste des Landes. « La crise, c’est le silence, c’est de ne rien dire quand ça ne va pas, c’est de ne pas proposer de chemin alternatif », poursuit-il. « On ne construit rien de durable en brutalisant ses partenaires », avait déclaré vendredi soir la direction du PS après le départ de Boris Vallaud de la direction du parti.
Boris Vallaud ne veut pas de primaire
Boris Vallaud propose « sans délai que nous convoquions des rencontres de la nouvelle gauche plurielle ». Une main tendue « à celles et ceux qui sont engagés dans un autre processus, à Marine Tondelier, à Olivier Faure, à Clémentine Autain, à François Ruffin », liste le député socialiste. « Nous voulons tous un programme commun, un programme commun de gauche à vocation majoritaire dans le pays, eh bien, réunissons-nous », avance-t-il. Avec cette « nouvelle gauche plurielle » inspirée du gouvernement de Lionel Jospin (1997-2002), Boris Vallaud veut que les différentes figures de la gauche non mélenchoniste « travaillent ensemble », « pour avoir à la fin un contrat de législature, un contrat de gouvernement, un programme commun et un candidat commun ».
À écouter
« Le monde est une grande boutique, tout à son code-barre de la naissance à la mort », dénonce le socialiste Boris Vallaud
L’invité de 7h50 https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/l-invite-de-7h50/l-invite-de-7h50-du-jeudi-23-avril-2026-8311610
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Principal désaccord au sein de la gauche : le processus de désignation d’un candidat à l’élection présidentielle. « Puisque certains ne veulent pas de la primaire, et j’en fais partie parce que je considère que c’est d’abord une grande entreprise de désunion de la gauche, voyons si nous sommes capables de converger », plaide Boris Vallaud.
« Mettre ce parti en ordre »
Selon le député des Landes, le PS « n’est pas prêt » pour l’échéance de 2027. « Nous ne nous préparons pas à une élection présidentielle qui ne ressemblera à aucune autre », ajoute-t-il. « Tout le monde est en campagne, pas nous. Et j’appartenais à une direction qui ne construisait pas, une direction qui ne donnait pas une direction », pointe-t-il.
Cependant, Boris Vallaud estime qu’Olivier Faure peut rester à la direction du PS. « Il a été élu par nos militants, il a une responsabilité éminente à laquelle j’appelle : celle de construire l’unité, celle de construire le collectif de travail, celle d’écouter, y compris celles et ceux qui ne sont pas d’accord avec lui », assure le chef de file des députés socialistes. Il faut aussi, selon lui, « mettre ce parti en ordre ».
Boris Vallaud et l’ensemble de son courant quittent la direction du PS
Dans un courrier adressé, vendredi, à Olivier Faure, le mandataire du courant du député des Landes, le sénateur Alexandre Ouizille, dénonce une « brutalisation du fonctionnement » des instances du parti. La direction du PS a répondu qu’« on ne construit rien de durable en brutalisant ses partenaires ».
Le Monde avec AFPPublié le 08 mai 2026 à 18h20, modifié le 09 mai 2026 à 02h27 https://www.lemonde.fr/politique/article/2026/05/08/boris-vallaud-et-l-ensemble-de-son-courant-quittent-la-direction-du-ps_6687090_823448.html
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Le président du groupe socialiste à l’Assemblée nationale, Boris Vallaud, a décidé de quitter la direction du parti. L’un de ses proches accuse le premier secrétaire du Parti socialiste (PS), Olivier Faure, de « décider seul » et de refuser « dialogue et recherche de compromis », notamment sur la stratégie pour la présidentielle.
Dans un courrier adressé, vendredi 8 mai, à Olivier Faure et que l’Agence France-Presse (AFP) a obtenu en exclusivité, le mandataire du courant du député des Landes, le sénateur Alexandre Ouizille, dénonce une « collégialité bâclée », une « brutalisation du fonctionnement » des instances du parti, une « stratégie d’isolement et d’enlisement ».
« On ne construit rien de durable en brutalisant ses partenaires », a répondu la direction du PS, dans une déclaration à l’AFP. « Rien ne nous fera dévier de notre volonté de construire une solution de rassemblement crédible, solide et capable de gagner pour empêcher l’arrivée de l’extrême droite au pouvoir en 2027 », ajoute-t-elle.
Le patron des députés socialistes mais aussi l’ensemble de son courant, baptisé Unir, partent : 24 membres dont 21 secrétaires nationaux, soit environ un tiers de la direction, selon l’entourage de l’élu des Landes.
Jean-Luc Mélenchon a envie de « rire et pleurer »
Cela donne « envie de rire » et « de pleurer, de voir le courant qui s’appelle Unir, aggraver les divisions de son propre parti », a raillé sur LCI le leader de La France insoumise, Jean-Luc Mélenchon, lui-même candidat à la présidentielle. Le PS est devenu « une troupe confuse de gens qui se disputent à tout propos », a ajouté celui qui a quitté le parti à la rose en 2008.
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Ce départ illustre l’exacerbation des tensions au sein du PS depuis plusieurs mois, notamment autour de la question de la primaire de la gauche, que souhaite Olivier Faure mais que refuse Boris Vallaud. Cela n’empêche pas le premier secrétaire de rester à la tête du parti, même s’il n’est plus majoritaire et se retrouve isolé.
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Arrivé troisième au dernier congrès du PS il y a un an, Boris Vallaud avait choisi de se rallier à Olivier Faure, lui permettant de garder la tête du parti, face au maire de Rouen, Nicolas Mayer-Rossignol.
« L’accord politique avec notre texte d’orientation qui a permis ton élection comme premier secrétaire du Parti socialiste impliquait par nature autant que par nécessité – puisque ton texte d’orientation n’a pas de majorité dans nos instances à lui seul – notre association étroite aux discussions stratégiques, dialogue et recherche permanente de compromis », écrit Alexandre Ouizille, au nom de Boris Vallaud.
Mais « force est de constater que cela n’a que trop rarement trouvé de réalité et n’en a plus aucune aujourd’hui. Le plus souvent désormais tu décides seul. Le plus souvent en dehors des instances, de plus en plus rarement réunies », accuse-t-il.
Il évoque aussi les nombreuses tentatives de Boris Vallaud pour obtenir au sein du bureau national du PS une délibération sur un vote des militants avant l’été pour choisir leur candidat et la stratégie pour la présidentielle, ce que refuse la direction.
« Tu as préféré la fuite en avant au débat et au vote », poursuit-il, accusant M. Faure de « tenir à distance de la direction du parti, depuis des mois, celles et ceux qui avaient fait le choix de [le] soutenir ».
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Le Monde avec AFP
Avec la démission de Boris Vallaud de la direction du PS, la perspective de la primaire de la gauche s’éloigne
L’annonce du retrait du président du groupe socialiste à l’Assemblée nationale a été faite, vendredi, dans une lettre dénonçant « une stratégie d’isolement et d’enlisement » du premier secrétaire du PS, Olivier Faure, dans la perspective de la présidentielle de 2027.
Par Sandrine Cassini
Publié le 09 mai 2026 à 06h00, modifié le 09 mai 2026 à 11h05 https://www.lemonde.fr/politique/article/2026/05/09/avec-la-demission-de-boris-vallaud-de-la-direction-du-ps-la-perspective-de-la-primaire-de-la-gauche-s-eloigne_6687261_823448.html
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L’étoile d’Olivier Faure a sérieusement pâli et l’horizon de la primaire de la gauche s’est un peu plus éloigné en ce jour de commémoration du 8 mai 1945. Le président du groupe socialiste à l’Assemblée nationale, Boris Vallaud, qui était l’allié du premier secrétaire du Parti socialiste (PS) depuis le congrès de Nancy de 2025, a claqué la porte de la direction du PS vendredi, emmenant un tiers des secrétaires nationaux.
L’annonce a été faite dans une lettre, signée par le sénateur de l’Oise Alexandre Ouizille, mandataire du courant Unir – celui de Boris Vallaud. La missive dénonce une « stratégie d’isolement et d’enlisement » du premier secrétaire, qui pousse le député des Landes à se retirer « à regret de la direction ».
Boris Vallaud, arrivé troisième au congrès derrière Olivier Faure et le maire de Rouen, Nicolas Mayer-Rossignol, avec 18 % des suffrages des militants, donnait au chef du parti une assise majoritaire dans les instances du mouvement.
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Pour le député (Indre-et-Loire) Laurent Baumel, proche du premier secrétaire, l’annonce est avant tout symbolique. « Personne ne pensait plus au PS que Boris était encore dans la majorité. Les courants B [Boris Vallaud] et C [Nicolas Mayer-Rossignol] se sont mis d’accord contre la primaire, analyse-t-il. Boris durcit le ton pour matérialiser son opposition. Mais la vérité des prix, c’est qu’il n’a mis aucune solution sur la table. »
Déterminer un projet
Le départ du président du groupe socialiste à l’Assemblée nationale fragilise Olivier Faure, qui tient le gouvernail du parti depuis 2018 et hypothèque un peu plus la primaire de la gauche, déjà mal en point, en donnant corps à une réalité : le PS n’y participera probablement pas.
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La crise couvait depuis des semaines entre les deux hommes. Boris Vallaud demandait au premier secrétaire d’organiser avant l’été un vote pour déterminer un candidat socialiste, un projet et une méthode – une primaire ou un choix par consensus – pour la présidentielle de 2027. Lors des deux derniers bureaux nationaux, Olivier Faure, se sachant minoritaire, avait refusé de mettre au vote les résolutions du député des Landes portant sur le calendrier. Il n’avait pas non plus voulu convoquer, comme il le lui avait suggéré, de « conseil national », le parlement du parti.
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De son côté, Alexandre Ouizille affirme que la décision ne concerne pas tant le processus qu’une « collégialité bâclée », des « conditions de travail dégradées » et la « brutalisation du fonctionnement de nos instances », dressant un tableau très noir de l’alliance scellée en juin 2025 avec Olivier Faure. « Le plus souvent, désormais, tu décides seul. Le plus souvent en dehors des instances, de plus en plus rarement réunies », écrit le sénateur de l’Oise, qui fustige le « refus du fait majoritaire » du chef de file du PS. Avant d’envoyer la missive, le trentenaire a passé l’après-midi avec Boris Vallaud, à s’assurer que les secrétaires nationaux de son courant étaient d’accord avec cette décision. Il a ensuite appelé le numéro deux du parti, Pierre Jouvet, pour l’informer de la décision du courant. De son côté, Olivier Faure explique ne pas avoir été prévenu par le Landais.
Voilà des semaines que Boris Vallaud, tout en se disant favorable à « un candidat commun à la gauche, de [Raphaël]Glucksmann à [François] Ruffin », cherche une alternative au processus unitaire de Lucie Castets, l’ex-candidate du Nouveau Front populaire pour Matignon en 2024. Il tente de monter une coalition avec le cofondateur de Place publique, Raphaël Glucksmann, le sénateur (Paris) écologiste Yannick Jadot, l’ex-PS et député Emmanuel Maurel (Val-d’Oise), ainsi que d’autres écologistes, comme la directrice générale d’Oxfam, Cécile Duflot. Il s’est associé dans cette entreprise à l’autre courant minoritaire du PS, auquel participent Nicolas Mayer-Rossignol ou la présidente de la région Occitanie, Carole Delga.
« Consensus organisé »
Ex-apôtre de ce processus démocratique unitaire, le député des Landes est intarissable sur les raisons qui le conduisent désormais à l’écarter. En privé, il se souvient des « biais sociologiques considérables » de la « primaire populaire de 2022 ». Quant à celle de 2017, dont Benoît Hamon était sorti vainqueur, elle n’avait pas provoqué de dynamique et elle avait engendré des « trahisons ». Même le processus, en 2011, qui avait mené François Hollande au pouvoir, avait, selon lui, semé les graines de la discorde dans le mandat du président socialiste, parasité par les frondeurs.
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En conséquence, l’ancien secrétaire général adjoint à l’Elysée souhaiterait plutôt un « consensus organisé », fondé sur la recherche en amont d’un accord sur les législatives et d’une équipe organisée façon gauche plurielle à la Lionel Jospin, qui permettrait à toutes les formations politiques de s’y retrouver, ce qui relativiserait de cette façon l’importance du candidat choisi in fine. Raphaël Glucksmann est également sur cette ligne et pense que la gauche sera « suffisamment adulte » pour désigner « le meilleur candidat », comme il l’a précisé sur France 2.
Pour Laurent Baumel, cette méthode se heurte à un problème majeur, le refus des partenaires. « On n’a pas trouvé d’alternative à la primaire : la solution Vallaud-Glucksmann-Jadot ne fonctionne pas non plus », décrète l’élu, considérant que ce consensus revient à imposer au reste de la gauche de se ranger « derrière un candidat social-démocrate en échange de ministères ». De fait, certains, comme Nicolas Mayer-Rossignol et Carole Delga, semblent avoir déjà fait leur choix, celui de Raphaël Glucksmann.
Au pied du mur
S’il est vrai que, chez Les Ecologistes, la secrétaire nationale, Marine Tondelier, tient mordicus à la primaire, d’autres en ont déjà fait leur deuil, assistant même aux travaux de Boris Vallaud. La décision de ce dernier pourrait encourager ceux qui n’y croient plus à forcer le destin et à chercher des alternatives. Chez les Verts, une motion prévoyant la marche à suivre en cas d’échec du processus sera mise au vote en juin. Prenant les devants, le député (Debout !) de la Somme François Ruffin a dit qu’il mènerait sa candidature à terme, quoi qu’il advienne.
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Paradoxe de la situation, Olivier Faure, qui a pourtant participé au meeting unitaire de La Bellevilloise, à Paris, mardi 5 mai en compagnie de François Ruffin, de la députée (ex-La France insoumise, Seine-Saint-Denis) Clémentine Autain et de Marine Tondelier, n’est pas « fétichiste » du processus. C’est ce que lui fait remarquer Alexandre Ouizille dans sa lettre, l’accusant d’avoir « esquivé » la question en interne, quand certains de ses proches, comme le président du département de Haute-Garonne, Sébastien Vincini, exprimaient carrément leur opposition. « Que faut-il en comprendre ? », s’interroge donc le sénateur de l’Oise, sous-entendant que lui aussi est contre. Au sein des courants minoritaires, on soupçonne le premier secrétaire d’avoir espéré que la primaire tombe d’elle-même à son profit après les municipales, à la faveur d’une lourde défaite des Ecologistes. Sauf que si les Verts ont perdu de nombreuses villes, le PS n’est pas non plus apparu comme le grand vainqueur du scrutin.
En réalité, Olivier Faure s’oppose surtout à la désignation d’un candidat socialiste en juin, une « mystification » qui ne « résoudrait rien », selon lui, dans la mesure où François Hollande par exemple, qui avance ses pions pour 2027, ne s’y plierait pas. Ou alors, comme le disent ses contempteurs, parce qu’il estime qu’il ne peut gagner un vote interne, ou que la nomination d’un candidat autre que lui le placerait au second plan. En privé, il accuse Boris Vallaud de vouloir se placer « au milieu de la pièce » pour « exister » et dézingue son dernier livre sur la « démarchandisation », un concept « de congrès » difficile à mettre en œuvre.
Ces dernières semaines, il s’est démené pour reprendre la main en organisant des bilatérales avec François Ruffin, Marine Tondelier et même Raphaël Glucksmann, avec lequel il est en froid. Mis au pied du mur par Boris Vallaud, il devra tôt ou tard trancher et, pour survivre dans le parti, trouver un consensus avec ses opposants.
Olivier Faure appelle les socialistes à sortir du « congrès permanent », après le départ de Boris Vallaud de la direction du PS
Le premier secrétaire du PS, partisan d’une primaire de la gauche, n’est « pas un fanatique de quelque processus que ce soit », mais défend un « candidat commun » pour l’élection présidentielle 2027, a-t-il défendu sur Franceinfo. Boris Vallaud a appelé, lundi matin, à des « rencontres de la nouvelle gauche plurielle ».
Le Monde avec AFP Publié 05/11/26 à 10h59 https://www.lemonde.fr/politique/article/2026/05/11/olivier-faure-appelle-les-socialistes-a-sortir-du-congres-permanent-apres-le-depart-de-boris-vallaud-de-la-direction-du-ps_6688099_823448.html
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Olivier Faure, le premier secrétaire du parti socialiste, a appelé, lundi 11 mai, les membres de sa formation à « avancer d’un même pas » pour « bâtir une offre commune » en vue de l’élection présidentielle 2027, alors même qu’avec le départ fracassant de Boris Vallaud de la direction du PS, vendredi, le parti voit s’éloigner la perspective d’une primaire pour désigner le candidat de la gauche hors LFI.
« Ce dont je ne me dépars pas, c’est de l’idée d’un candidat commun ou d’une candidate commune », sans quoi « il n’y aura pas de deuxième tour pour la gauche », a réagi M. Faure, partisan de la primaire, sur Franceinfo. « Je ne suis pas un fanatique de quelque processus que ce soit », a-t-il continué, estimant qu’il leur fallait « trouver une solution ».
« Le congrès permanent, ça n’est pas possible », a plaidé le premier secrétaire. Sans ce candidat commun, « nous irons à la défaite, peut-être même une défaite honteuse, parce qu’elle conduira à l’extrême droite au pouvoir ». « Et donc cela, je n’en veux pas, a ajouté M. Faure. Je vais continuer à discuter avec les uns et les autres, avec Boris Vallaud y compris. »
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« Une direction qui ne donne pas de direction »
Interrogé sur France Inter, quelques minutes plus tôt, Boris Vallaud a, de son côté, proposé d’organiser « des rencontres de la nouvelle gauche plurielle » pour que la gauche hors LFI se mette d’accord « sur un programme commun » avant de trancher la question du candidat qui divise partisans et opposants d’une primaire.
Hostile à l’organisation d’une primaire, Boris Vallaud, qui a démissionné vendredi de la direction du PS, a proposé sur France Inter aux partisans de ce processus, « de Marine Tondelier, à Olivier Faure, à Clémentine Autain, à François Ruffin un rendez-vous de la gauche plurielle pour avoir à la fin un contrat de législature, un contrat de gouvernement et un candidat commun ».
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« On est parfaitement capables de trouver quelque chose qui convienne à tout le monde », « une forme de consensus organisé après ce travail collectif », a-t-il plaidé. Dans une critique d’Olivier Faure, il a justifié sa décision de quitter la direction du PS « par le sentiment d’un collectif défaillant », « d’une direction qui ne donne pas de direction » alors que « tout le monde est [déjà] en campagne, mais pas nous ».
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Désaccords sur l’étendue de l’union de la gauche
Sur le fond, « convoquer une nouvelle gauche plurielle, c’est exactement ce que, semaine après semaine, je tente de bâtir », a répondu Olivier Faure sur France Inter. « Mais, pour l’instant, les partenaires disent “Attendez, on veut bien, nous, une coalition, à une condition, c’est qu’on ait la règle de départage qui permet d’arriver à un candidat”. »
« C’est un peu trop facile de dire “On va en fait faire entrer tout le monde dans l’entonnoir, et puis à la fin, on vous dira qui est le candidat” », a-t-il dit à l’adresse de Boris Vallaud. Ce dernier, arrivé troisième au dernier Congrès du PS il y a un an, avait alors choisi de rallier Olivier Faure.
Le premier secrétaire du PS, tout comme Boris Vallaud, s’est détaché des commentaires de François Hollande, qui défend une alliance uniquement avec Raphaël Glucksman à gauche. Le premier secrétaire s’est dit opposé à « faire cavalier seul, (…) et exclure toutes celles et ceux avec qui nous avons tout construit depuis des années, et avec lesquelles nous avons cherché au contraire à bâtir une offre commune ».
M. Vallaud a pointé leur « désaccord majeur » : « Moi, je veux l’union de la gauche, de [Raphaël] Glucksmann à[François] Ruffin. »
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Le Monde avec AFP
L’ÉDITO
Le PS éternue et c’est la primaire qui s’enrhume
Par Sarah Benhaïda
Guerre des chefs, « congrès permanent », éléphants en embuscade et tentation hégémonique : le dernier épisode du vaudeville au Parti socialiste (PS) manque décidément d’originalité. Vendredi 8 mai au soir, Boris Vallaud a voulu mettre un coup de pied dans la fourmilière en quittant la direction du parti, avec son courant : avec vingt-quatre personnes en moins au secrétariat national, son patron, Olivier Faure, n’a plus du tout de majorité.
Mais le coup d’éclat en plein week-end prolongé ne fait qu’entériner ce que tout le monde savait déjà : lors du congrès, il y a un an, à Nancy (Meurthe-et-Moselle), Olivier Faure avait déjà été forcé de reconnaître qu’il n’avait pas de majorité – c’est d’ailleurs pour cela qu’il s’était allié avec le courant de Boris Vallaud. Surtout, la primaire dite « unitaire » est mort-née, malgré toutes les incantations de Marine Tondelier, François Ruffin et Clémentine Autain.
Ce qui se cache derrière ces discours sur la méthode en dit long sur le PS, parti composé principalement d’élu·es décidé·es à garder leur poste ou leur circonscription et dont les membres sont nostalgiques de l’époque où rien ne se décidait à gauche sans avoir été préalablement approuvé rue de Solférino.
D’ailleurs, le seul véritable différend entre Boris Vallaud et Olivier Faure – qui sont d’accord pour délimiter la gauche « de Glucksmann à Ruffin » – est le calendrier : le patron des député·es socialistes veut d’abord parler d’accords à gauche sur les législatives, quand le premier secrétaire du parti veut commencer par discuter de la présidentielle.
Mais les temps ont changé et le PS n’est plus hégémonique. À sa gauche, il est débordé par Jean-Luc Mélenchon dont la candidature a réuni en moins de quarante-huit heures dix fois plus de signatures que l’initiative « Construire 2027 » de Boris Vallaud. Il se fait aussi doubler par le centre par une palanquée de candidats qui ont déjà tiré un trait sur la primaire : François Hollande qui a redit« c’est fini » ou Raphaël Glucksmann qui n’en a jamais accepté l’idée.
Englué dans ses querelles picrocholines, le PS verra que, alors que la quasi-totalité des autres partis ont déjà désigné leur champion·ne, il risque de voir le train de la présidentielle partir sans lui. Et, déjà, il ralentit l’ensemble de la gauche alors que se dessine la ligne de départ.
Le PS se déchire encore une fois et coule la primaire
Le courant de Boris Vallaud a annoncé quitter la direction du Parti socialiste. Un coup dur pour le premier secrétaire Olivier Faure, qui perd la majorité, mais aussi pour la primaire de la gauche, qui semble désormais impossible.
8 mai 2026 à 22h57 https://info.mediapart.fr/optiext/optiextension.dll?ID=Jlou2tE4d0CR1llxiSEEBXZp19fc1P6o6PjABe3iFgbX3U-WB6tfA9tVwGc-vESFFajR5PDvYJyccXTH7m0
« La« La crise, c’est quand on va droit dans le mur et qu’on reste sur le siège passager en attendant l’impact », expliquait en milieu de semaine l’entourage de Boris Vallaud, patron des député·es socialistes. Deux jours plus tard, le député des Landes décidait de sauter du véhicule socialiste. Vendredi soir, celui qui avait permis à Olivier Faure de former une majorité pour obtenir la direction du parti l’a lâché en rase campagne.
Et il a fait d’une pierre deux coups : il a sonné le glas d’une primaire de la gauche dite « unitaire » –, sans La France insoumise (LFI) ni le Parti communiste (PCF) – qui semblait déjà compromise depuis bien longtemps. Mardi 5 mai, Boris Vallaud n’était d’ailleurs pas sur la scène de La Bellevilloise, à Paris, aux côtés d’Olivier Faure, de Marine Tondelier, de François Ruffin, de Clémentine Autain et d’autres, pour défendre une primaire de la gauche.
Depuis des mois, par médias, bureaux nationaux et événements publics interposés, les deux hommes défendaient des lignes opposées. Notoirement hostile à la primaire, Boris Vallaud avait annoncé le 19 avril une initiative concurrente, « Construire 2027 » – dont le manifeste affiche aujourd’hui moins de 19 000 signatures –, avec notamment un candidat putatif de la gauche hors primaire, Raphaël Glucksmann. Ces deux-là se sont ensuite affichés ensemble, aux côtés notamment de Yannick Jadot, un ex-candidat écologiste à la présidentielle, lors de déplacements.

Olivier Faure et Boris Vallaud à l’Assemblée nationale, le 2 décembre 2025. © Photo Stéphane Lemouton / Sipa
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Vendredi soir, Boris Vallaud a franchi un nouveau palier dans les hostilités en frappant le parti là où cela lui fait le plus mal : au cœur même de ses instances, toujours brandies comme gage de démocratie interne. Le mandataire de son courant, le sénateur de l’Oise Alexandre Ouizille, a annoncé dans une lettre adressée à Olivier Faure que ses membres avaient décidé de « tirer les conséquences en [se] retirant à regret de la direction » du PS. De quoi alimenter l’agacement des partis de gauche qui ont accepté d’aller à la primaire mais dénoncent un « PS en congrès permanent », qui ne fait qu’entraver le processus.
« Le plus souvent désormais tu décides seul. Le plus souvent en dehors des instances, de plus en plus rarement réunies », accuse le texte, qui ne dénombre « que deux conseils nationaux en dix mois », contre quatre par an prévus par les statuts, tandis que les membres du courant assurent qu’aucun bureau national n’a été réuni depuis deux semaines et que des militant·es ont même évoqué la possibilité de saisir la justice administrative, sans toutefois sauter le pas.
« Lorsqu’on a fait le choix d’Olivier Faure, on s’est promis collectivement qu’on mettait le parti en ordre de bataille pour l’élection présidentielle. On voulait que les militants votent avant l’été sur un calendrier et une méthodologie : soit la primaire, ce que propose Olivier Faure, soit ce que nous proposons avec Construire 2027, et un candidat. Mais les votes sont refusés ou ajournés, et les bureaux ne sont plus réunis. Le fait majoritaire est un peu l’âme des socialistes mais la direction le nie. Donc c’était intenable pour nous », explique à Mediapart Alexandre Ouizille.
« Lourde responsabilité »
Laurent Baumel, député d’Indre-et-Loire, et l’un des socialistes chargés de discuter avec les partenaires du PS au sein de la primaire, récuse ces accusations en bloc. « Boris Vallaud peut démissionner, il peut agiter plein de choses, mais pour le moment, son talon d’Achille, c’est qu’il ne propose pas une alternative opérationnelle qui serait acceptée par nos partenaires, lâche-t-il. La primaire a des défauts mais elle a le mérite d’être sur la table et d’être acceptée par des gens qui peuvent effectivement être candidats. C’est avec eux qu’il faut résoudre le problème, parce qu’il n’y a aucun monde dans lequel Marine Tondelier, François Ruffin ou Clémentine Autain se retirent devant l’évidence naturelle d’un candidat socialiste ou social-démocrate en échange d’un programme, de circonscriptions ou de ministères. »
Car c’est là tout l’impensé socialiste face à la primaire : le parti, qui fut un temps le plus grand de la gauche, est-il prêt à s’effacer face à un·e candidat·e d’autres forces qui ne serait pas issu·e de ses rangs, comme Olivier Faure en a fait le pari ? Pour le politiste Rémi Lefebvre, ce retrait « scelle la fin de la primaire » et la fin, surtout, du déni socialiste puisqu’il prouve qu’Olivier Faure n’a pas réussi à convaincre. Alors même que les candidats putatifs – François Hollande caresse l’idée de se représenter – ou déclarés – comme Jérome Guedj – au sein de son parti sont déjà légion.
« Son problème, depuis le début, c’est qu’il est premier secrétaire d’un parti mais qu’il prône la non-centralité de sa propre organisation face à des adhérents qui ont la nostalgie de l’hégémonie passée. Il est authentiquement unitaire mais beaucoup des socialistes considèrent que Marine Tondelier n’a pas vocation à être la candidate unique de la gauche ou que François Ruffin et Clémentine Autain sont trop à gauche pour le PS, car le centre de gravité de la gauche devrait être plus au centre », analyse Rémi Lefebvre.
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18 avril 2026
Pour Luc Carvounas, maire socialiste d’Alfortville (Val-de-Marne) et lui-même candidat concurrent d’Olivier Faure lors du dernier congrès, le PS pâtit de cette « image d’un parti qui se fracture alors que les gens de gauche attendent non seulement un Parti socialiste soudé mais aussi une gauche soudée ». « Plus on se divise entre nous, plus cela se retrouve dans l’opinion publique, dans les manifestations où nous sommes vilipendés, insultés, comme il y a maintenant neuf ans, au début de l’après-François Hollande, alors qu’on avait remonté la pente », déplore-t-il, plaidant lui aussi pour que les militant·es votent fin juin pour ou contre une primaire.
Pour Laurent Baumel, il faut plutôt recentrer le débat. « Le problème fondamental, c’est l’élection présidentielle de 2027. Pour le moment, la gauche n’est pas au deuxième tour et la gauche non-mélenchoniste n’est pas devant Mélenchon. Ceux qui vont se tromper dans la stratégie portent une lourde responsabilité puisqu’ils engagent la gauche dans un chemin où, à la fin, c’est le Rassemblement national au pouvoir ou de nouveau les macronistes. »