Que savons-nous sur l’Hantavirus ?

Hantavirus : de nombreuses inconnues autour d’un événement sanitaire « inédit et inquiétant » ; l’OMS veut rassurer sur le risque pandémique

La souche des Andes, transmissible entre humains par des gouttelettes de salive, a été détectée, mercredi, par séquençage chez trois malades ayant voyagé à bord du MV « Hondius », qui doit accoster dans les jours qui viennent aux Canaries. Le point sur les principales questions posées par ce foyer épidémique. 

Par Delphine Roucaute

Le 06 mai 2026 à 18h56, modifié à 08h39 https://www.lemonde.fr/planete/article/2026/05/06/hantavirus-de-nombreuses-inconnues-autour-d-un-evenement-sanitaire-inedit-et-inquietant-l-oms-veut-rassurer-sur-le-risque-pandemique_6686152_3244.html

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Le paquebot MV « Hondius », au large du port de Praia, la capitale du Cap-Vert, le 6 mai 2026.
Le paquebot MV « Hondius », au large du port de Praia, la capitale du Cap-Vert, le 6 mai 2026. MISPER APAWU / AP

Un vent de panique commençait à souffler, mercredi 6 mai, alors que les informations concernant la situation du MV Hondius, un bateau de croisière où ont été identifiés plusieurs cas d’infection par un hantavirus de l’espèce Andes, se multipliaient, en provenance de nombreux pays. Au-delà de la gravité de la maladie, ayant infecté huit passagers, dont trois morts à ce jour, le parcours complexe et chahuté de ce petit bateau d’exploration, qui transporte environ 150 personnes, complique la tâche des autorités sanitaires censées suivre l’évolution de la situation.

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La fébrilité entourant ce foyer de hantavirus inédit par son ampleur et sa dissémination n’est pas sans rappeler les premiers temps de la pandémie de Covid-19, lorsque le monde avait redécouvert à quel point la mondialisation des mouvements de personnes sert de catalyseur à la dissémination des virus. Le sentiment de cacophonie est fortement lié au fait que les autorités sanitaires de tous les pays des ressortissants à bord et de ceux concernés par le trajet du bateau s’expriment, de même que l’Organisation mondiale de santé (OMS), qui centralise les informations dans ce genre de crise.

Mais il est encore beaucoup trop tôt pour envisager un nouveau risque pandémique. « A ce stade, le risque global pour la santé publique demeure faible », a redit, mercredi, Tedros Adhanom Ghebreyesus, le directeur général de l’OMS. Pour le moment, seuls trois cas ont été formellement diagnostiqués comme atteints par un hantavirus de l’espèce Andes, une souche qui ne circule qu’en Argentine et au Chili, et seul hantavirus pouvant se transmettre directement entre humains par les gouttelettes de salive.

Qui sont les trois victimes ?

Trois passagers du MV Hondius sont morts lors de la traversée qu’a effectuée le navire depuis son départ, le 1er avril, d’Ushuaia, à l’extrême sud de l’Argentine. Un ressortissant néerlandais de 70 ans est mort le 11 avril après avoir présenté des symptômes tels que de la fièvre, des maux de tête, des douleurs abdominales et une diarrhée. Son corps a été débarqué, le 24 avril, sur l’île de Sainte-Hélène, au large de l’Angola, en même temps que sa compagne, une Néerlandaise de 69 ans. Après avoir à son tour présenté des symptômes gastro-intestinaux, cette dernière a embarqué, le 25 avril, dans un avion pour Johannesburg, en Afrique du Sud, où elle est morte le lendemain dans un hôpital. Le couple avait voyagé en Amérique du Sud, notamment en Argentine, avant le départ de la croisière.

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Cette Néerlandaise fait partie des trois personnes ayant été testées positives à un hantavirus de l’espèce Andes, transmissible par voie respiratoire. C’est pourquoi les autorités sanitaires ont activement recherché, dès mardi, les personnes ayant voyagé à bord du même avion de la compagnie Airlink faisant le trajet entre l’île de Sainte-Hélène et Johannesburg. Un Français a été identifié parmi eux.

Le 2 mai, une ressortissante allemande est morte à bord du bateau, après avoir présenté des premiers symptômes tels que de la fièvre et un malaise général, dès le 28 avril. Son corps est toujours à bord.

Où sont les malades et quels sont les risques de transmission à la population ?

Une ambulance évacue des passagers du paquebot MV « Hondius » vers l’aéroport de Praia, au Cap-Vert, le 6 mai 2026.
Une ambulance évacue des passagers du paquebot MV « Hondius » vers l’aéroport de Praia, au Cap-Vert, le 6 mai 2026. MISPER APAWU/AP

En Afrique du Sud. Un Britannique de 69 ans est actuellement pris en charge dans un hôpital de la banlieue de Johannesburg. Il avait consulté le médecin de bord, le 24 avril, avant d’être débarqué, le 27 avril, sur l’île de l’Ascension, un territoire britannique au milieu de l’Atlantique, et transféré en Afrique du Sud. Il s’agit de la première personne à avoir été formellement diagnostiquée comme porteuse d’un hantavirus, puis plus précisément de la souche des Andes. « Son état est critique, mais il reçoit des soins médicaux », a précisé auprès du Monde Foster Mohale, porte-parole du ministère de la santé sud-africain, qui ne se déclare pas inquiet concernant une transmission potentielle dans le pays. « Mais nous intensifions nos efforts de lutte contre la maladie, notamment le traçage des contacts, afin de prévenir toute propagation potentielle du virus en Afrique du Sud », précise-t-il.

En Suisse. Un homme est actuellement hospitalisé à l’hôpital universitaire de Zurich. Lui « et son épouse revenaient d’un voyage en Amérique du Sud fin avril », et les deux avaient voyagé à bord du MV Hondius, a fait savoir, mercredi, le ministère de la santé suisse. Le laboratoire de référence des Hôpitaux universitaires de Genève a déterminé qu’il était également contaminé par l’espèce Andes.

L’homme s’est présenté à l’hôpital de Zurich après avoir ressenti des symptômes de la maladie. Il y a immédiatement été placé en isolement. Son épouse, qui « ne présente jusqu’ici aucun symptôme (…), s’est placée en isolement pour des raisons de sécurité », a expliqué le ministère de la santé suisse. Les autorités cherchent à savoir si le patient a eu des contacts avec d’autres personnes alors qu’il était malade. « Il est peu probable que d’autres cas surviennent en Suisse », estime le ministère, considérant que « le risque pour la population est faible ».

Aux Pays-Bas et en Allemagne. Deux membres d’équipage malades, l’un britannique et l’autre néerlandais, dont l’état est présenté comme « grave » par la compagnie, ainsi qu’une personne « étroitement liée à la personne décédée le 2 mai », ont été débarqués à Praia, la capitale du Cap-Vert, et ont été évacués mercredi par avion vers les Pays-Bas. Cette dernière personne va être prise en charge dans ce pays par les secours allemands pour être hospitalisée à l’hôpital de Düsseldorf, dans l’ouest de l’Allemagne.

Du personnel médical accueille l’un des malades évacués du paquebot « Hondius », à son arrivée à l’aéroport d’Amsterdam, le 6 mai 2026.
Du personnel médical accueille l’un des malades évacués du paquebot « Hondius », à son arrivée à l’aéroport d’Amsterdam, le 6 mai 2026. PETER DEJONG/AP

Les autres passagers, dont cinq Français, sont toujours à bord, confinés. Le navire accostera pour sa part dans un délai de trois jours au port de Granadilla, dans l’île de Tenerife, aux Canaries, a annoncé la ministre de la santé espagnole, Monica Garcia Gomez. Et, sauf cas critique, « tous les passagers étrangers seront rapatriés » après leur arrivée aux Canaries.

Quelles sont les caractéristiques des hantavirus ?

Le virus identifié chez trois passagers du MV Hondius appartient à la famille des hantavirus, une large famille virale présente dans le monde entier. Ces virus sont transmis aux humains par inhalation de poussières et aérosols contaminés par les excrétions de rongeurs infectés, c’est-à-dire urines, déjections, salive. « Ce ne sont pas des rongeurs communs, de maison, qui transmettent ces virus, mais plutôt ceux que l’on trouve dans un environnement sauvage », explique Anne Lavergne, responsable du centre de référence national des hantavirus de l’Institut Pasteur de Guyane. Par ailleurs, le temps d’incubation peut être long, jusqu’à huit semaines dans les cas extrêmes, même si l’on observe une moyenne de deux à trois semaines après l’exposition.

C’est sur la base de ces deux caractéristiques que les experts de l’OMS supposent qu’un ou des premiers cas « ont été infectés en dehors du navire », a fait savoir mardi Maria Van Kerkhove, qui dirige le département de prévention et préparation aux épidémies et pandémies de l’OMS. Mais, selon l’autorité sanitaire de la province argentine de la Terre de Feu, dont Ushuaia est la capitale, le MV Hondius avait fait l’objet des contrôles de rigueur avant son départ de cette ville. Elle a également jugé « très improbable » que la maladie ait été contractée localement.

Que sait-on de leur létalité ?

Les spécialistes divisent les hantavirus en deux sous-groupes : ceux dits « de l’Ancien Monde », circulant en Europe et en Asie, déclenchant une fièvre hémorragique avec syndrome rénal, et ceux dits du « Nouveau Monde », identifiés sur le continent américain et caractérisés par un syndrome cardio-pulmonaire. Les premiers sont associés à une létalité de 15 %. En Europe de l’Ouest, l’espèce qui circule le plus, l’espèce Puumala, a une létalité encore plus faible, estimée à 0,4 %. Mais, aux Amériques, les syndromes pulmonaires entraînent la mort de près de 40 % des malades. Le virus identifié chez les passagers du MV Hondius fait partie de ceux-là.

Quelle est la particularité de l’espèce Andes ?

Après trois jours de conjectures sur le virus à l’origine du foyer, l’espèce Andes a été déterminée par séquençage chez trois malades, mercredi. Parmi tous les hantavirus connus à ce jour, ceux de l’espèce Andes, observés uniquement en Argentine et au Chili, sont les seuls à pouvoir se transmettre directement entre humains. Cela signifie qu’après une contamination par un animal, le virus peut continuer à se propager indépendamment de son environnement d’origine.

La principale voie de transmission est respiratoire, par les gouttelettes de salive. C’est la raison pour laquelle des mesures d’isolement des malades sont nécessaires sur le bateau et dans les lieux où sont pris en charge les malades. Des mesures comparables à celles qui doivent être prises face aux virus respiratoires hivernaux comme la grippe (isolement, port de masques, blouses).

Les foyers de transmission causés par l’espèce Andes sont extrêmement rares, ce qui rend la situation actuelle d’autant plus exceptionnelle. L’espèce a été identifiée pour la première fois chez un jeune Chilien en 2002. Mais il a été à l’origine d’un des plus importants foyers de hantavirus jamais recensés, entraînant 34 cas et 11 morts à Epuyen, un village de Patagonie, entre la fin de 2018 et le début de 2019.

C’est le seul épisode d’infections à virus Andes ayant fait l’objet d’études. Dans la principale, parue dans The New England Journal of Medicine en 2020, les chercheurs ont pu déterminer que de nombreuses contaminations ont eu lieu précisément le jour de l’apparition de la fièvre chez la personne transmettant le virus, c’est-à-dire avant que d’autres symptômes plus spécifiques apparaissent. Chez les malades, les périodes d’incubation variaient ensuite de neuf à quarante jours. Le taux de mortalité était de 32 %. Et un malade contaminait 2,12 personnes, soit un taux de reproduction supérieur à celui de la grippe.

« Nous sommes face à un événement inédit et inquiétant avec beaucoup d’inconnues, estime Antoine Flahault, professeur à l’Université Paris Cité, hôpital Bichat-Claude Bernard. On ne sait pas si les malades sont contagieux pendant leur temps d’incubation, s’il existe des formes asymptomatiques, ou si ce virus à ARN a muté. » L’épidémiologiste insiste également sur la nécessité d’investiguer rapidement l’origine de la contamination des premiers passagers : « Il faut surveiller s’il y a un foyer d’infections humaines qui essaime en Argentine. » 

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Madrid et les Canaries s’affrontent sur l’arrivée du MV « Hondius » à Tenerife

Delphine Roucaute

Hantavirus : pour le spécialiste Gustavo Palacios, « le virus de l’espèce Andes n’est pas aussi transmissible que d’autres virus respiratoires »

Propos recueillis par Delphine Roucaute

Publié aujourd’hui à 06h55, modifié à 09h35 https://www.lemonde.fr/planete/article/2026/05/08/hantavirus-pour-le-specialiste-gustavo-palacios-le-virus-de-l-espece-andes-n-est-pas-aussi-transmissible-que-d-autres-virus-respiratoires_6686959_3244.html

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Recherche de l’hantavirus des Andes à l’Institut Malbran (Argentine), le 6 mai 2026.
Recherche de l’hantavirus des Andes à l’Institut Malbran (Argentine), le 6 mai 2026.  MINISTÈRE DE LA SANTÉ ARGENTIN/AFP

La découverte d’un foyer d’infections à hantavirus sur le bateau de croisière MV Hondius, dimanche 3 mai, a mis en lumière cette famille virale présente dans le monde entier mais très peu connue du grand public. Plus précisément, c’est un hantavirus de l’espèce Andes, qui a été identifié chez au moins trois personnes malades, et qui est le seul capable de se transmettre entre humains et non simplement de rongeur à humain. Ce virus Andes n’a été étudié qu’à de très rares occasions, n’ayant engendré que deux véritables épisodes épidémiques en Argentine, en 1996 et en 2018, pour un total de 51 cas.

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Gustavo Palacios est l’un des auteurs ayant cosigné la principale étude sur cette deuxième épidémie, parue en 2020 dans The New England Journal of MedicineIl y a décrit avec ses collègues l’épidémie survenue de novembre 2018 à février 2019 dans la petite ville d’Epuyén, dans le sud de l’Argentine, où 34 personnes sont tombées malades, dont 11 sont mortes. Il a étudié le cas de malades « superpropagateurs », responsables de quatre vagues de contamination. Un premier malade, fiévreux, a infecté cinq convives lors d’une fête d’anniversaire, l’un d’entre eux en a ensuite contaminé six autres en raison d’une vie sociale active, puis, dix autres personnes sont tombées malades après sa veillée funèbre, etc.

Le virologue, professeur à l’école de médecine Icahn du Mont Sinaï, à New York, explique que si les comportements sociaux favorisent la contagion, des mesures simples de distanciation suffisent généralement à stopper la progression du virus.

Quels enseignements pouvez-vous tirer de l’étude que vous avez menée sur l’épidémie de 2018 en Argentine, au cours de laquelle un hantavirus de type Andes a causé la mort de 11 personnes ?

Le principal enseignement de cette étude, c’est que même si ce virus peut causer des transmissions secondaires, il n’est pas aussi transmissible que d’autres virus respiratoires. Et dès le moment où vous exercez certaines contraintes en termes de rassemblements sociaux, vous pouvez limiter le taux de transmission. En menant cette enquête, à Epuyén, nous avons pu constater que tous les cas se sont produits après l’apparition des symptômes ou immédiatement après l’apparition des symptômes, au moment où la virémie est la plus élevée, et pour une période allant jusqu’à un jour.

Mais le contexte spécifique que nous avons étudié à Epuyén et le contexte environnemental sur un navire ou dans un avion pourraient être différents. L’épidémie en Argentine s’est produite pendant la saison sèche, dans une région du pays qui n’est pas très peuplée. Un bateau de croisière est un environnement complètement différent où vous avez beaucoup de personnes dans un espace clos avec un type de ventilation spécifique et des conditions d’humidité différentes. Donc les conditions de transmission primaire ou secondaire pourraient être différentes de ce que nous avons observé en Argentine.

Pensez-vous que le virus actuel se comporte différemment de celui que vous avez étudié en 2018 ?

Non, actuellement avec les informations dont nous disposons, ce n’est pas le cas. Le virus semble se comporter de la même manière. Par ailleurs, je ne pense pas que nous puissions conclure complètement qu’il y a eu plus d’un événement de transmission. Tous ces individus auraient pu être des contacts étroits du même cas index. Le premier et le deuxième cas, tous deux décédés, étaient mariés, donc ils étaient en contact très étroit. Le médecin de bord actuellement hospitalisé aux Pays-Bas peut être considéré comme une sorte de transmission nosocomiale. Donc la plupart des cas qui ont été confirmés par laboratoire actuellement pourraient en fait entrer dans la définition d’une seule vague de contamination.

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Que savons-nous exactement sur les modes de transmission du virus ? L’OMS souligne que le virus se transmet lors de contacts étroits et prolongés, mais votre étude semble indiquer que le virus est plus contagieux, avec un taux de reproduction supérieur à celui de la grippe.

Je comprends que le taux de reproduction que nous avons estimé à 2,12, qui signifie qu’une personne malade contamine plus de deux personnes, attire l’attention du public. Mais à partir du moment où les gens ont commencé à être sensibilisés à la notion d’auto-isolement, au fait que, quand on est malade, il ne faut pas se rendre à des événements sociaux, le taux de reproduction a baissé à 0,96.

Certes, nous avons établi qu’un patient superpropagateur a pu transmettre le virus à beaucoup de gens lors d’une fête d’anniversaire, mais il était tellement malade qu’il n’y est resté qu’une heure. Ce que cela nous dit, en réalité, c’est que si les gens restaient chez eux s’ils ne se sentent pas bien, cela pourrait suffire à faire baisser ce taux de reproduction. Ce taux est calculé dans le pire scénario potentiel où vous avez un individu qui a décidé d’assister à un très grand rassemblement social exactement au moment où il a commencé à excréter le virus, après avoir incubé l’infection pendant un certain temps.

C’est un virus particulier qui a une faible probabilité de transmission. Si nous respectons une distanciation sociale et si nous identifions tous les malades potentiels grâce à la recherche des contacts, nous n’aurons probablement pas besoin d’imposer une quarantaine. Vous devez simplement limiter vos contacts autant que possible.

Savons-nous combien de temps doit durer cet auto-isolement ?

L’un des défis de la maladie à hantavirus est que la durée d’incubation peut être très variable, entre deux et six semaines. Donc il faut rester prudent pendant au moins six semaines. Je trouve ça presque amusant que nous soyons si surpris par le fait que, oui, quand on est malade, il vaut mieux éviter les contacts sociaux.

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Lorsque nous aurons le séquençage complet du virus, serons-nous en mesure de dire que telle mutation est liée à tel type de caractéristique et donc de déterminer si cette souche est plus dangereuse que les précédentes ?

Non, il n’y a pas eu beaucoup d’investissements dans les hantavirus jusqu’à présent. C’est l’une des choses que j’ai poussées et essayé de faire depuis l’épidémie d’Epuyén. Nous n’avons pas les outils pour les étudier comme nous les avons pour le SARS-CoV-2 ou la grippe ou d’autres agents qui sont davantage une préoccupation pour les organisations scientifiques qui investissent là-dedans.

Certes, ces événements sont rares, mais cela pourrait tout de même perturber grandement notre mode de vie si nous ne savons pas comment les gérer. Et pour savoir comment les gérer, nous devons mettre en place les bons outils.

Comment évaluez-vous le risque actuel de propagation du virus dans le monde ?

J’ai tendance à être d’accord avec la plupart des gens qui pensent qu’il n’y a aucun risque de pandémie due à ce virus. Je recommanderais de poursuivre une recherche stricte des cas et des contacts, avec un suivi pendant une période de temps qui permette d’être sûr qu’ils ne deviendront pas symptomatiques. Il faudrait demander de respecter un auto-isolement mais sans nécessairement imposer de quarantaine, mais ce n’est que mon avis.

S’agissant du taux de létalité très élevé, espérons que la disponibilité de meilleures ressources et de plus de soins médicaux et de laboratoires de haut niveau de confinement pourra le faire diminuer. La plupart des cas et des contacts arrivent dans des pays développés, avec un meilleur accès aux établissements de santé que ce qu’ils avaient en Amérique du Sud.

Donc nous devrions être prudents, mais ne pas trop nous inquiéter ?

J’essaie d’avoir un discours équilibré. Si nous ne nous inquiétons pas suffisamment, nous oublierons très vite cette situation et nous ne demanderons pas à nos autorités sanitaires et scientifiques d’investir pour nous protéger contre ce type de risque. Mais si, d’un autre côté, nous exagérons un risque simplement pour sensibiliser, alors les gens seront moins enclins à nous écouter lorsque nous aurons réellement besoin d’alerter sur une situation très grave. Je ne suis qu’un scientifique, je n’occupe aucune fonction politique qui m’oblige à prendre des décisions ; je peux simplement parler librement.

Delphine Roucaute

Ce qu’il faut savoir sur les hantavirus : origine, moyens de transmission, symptômes potentiels…

Selon l’Organisation mondiale de la santé, trois personnes qui se trouvaient à bord du navire de croisière MV « Hondius », dans l’Atlantique, sont mortes, liés à un foyer d’infection à hantavirus. Le type de hantavirus détecté sur un des passagers de la croisière est celui des Andes, transmissible entre humains. 

Le Monde avec AFPPublié hier à 17h50 (republication de l’article du 04 mai 2026 à 10h31) https://www.lemonde.fr/sante/article/2026/05/07/ce-qu-il-faut-savoir-sur-les-hantavirus-origine-moyens-de-transmission-symptomes-potentiels_6685359_1651303.html

Etude micrographique d’un tissu hépatique observé chez un patient atteint du syndrome pulmonaire à hantavirus (SPH) sur cette photo non datée.
Etude micrographique d’un tissu hépatique observé chez un patient atteint du syndrome pulmonaire à hantavirus (SPH) sur cette photo non datée.  CENTRES POUR LE CONTRÔLE ET LA PRÉVENTION DES MALADIES VIA REUTERS

Alors que l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a fait état, dimanche 3 mai, de trois morts liés à un foyer d’infection à hantavirus sur le navire de croisière MV Hondius, dans l’Atlantique, les interrogations se multiplient autour de cette maladie. Deux médecins spécialistes des maladies infectieuses sont d’ailleurs en route depuis les Pays-Bas pour se rendre à bord du bateau.

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Trois personnes, – un couple de Néerlandais et une Allemande – qui ont voyagé à bord du MV Hondius sont mortes depuis le début de la croisière, selon l’OMS. Une personne est hospitalisée à Johannesburg, une autre à Zürich et trois cas suspects sont en cours d’évacuation. Le séquençage du virus est en cours en Afrique du Sud.

Que sont les hantavirus ?

Les hantavirus font partie des agents pathogènes pouvant provoquer des détresses respiratoires et cardiaques ainsi que des fièvres hémorragiques. En l’absence de vaccin comme de médicaments spécifiques contre les hantavirus, les traitements proposés consistent uniquement à soulager les symptômes.

Les hantavirus sont présents sur tous les continents et doivent leur nom à la rivière Hantaan, qui se situe à la frontière entre les deux Corées. Durant la guerre de Corée (1950-1953), plus de 3 000 soldats étaient tombés grièvement malades après avoir été infectés par ces virus, explique l’Office fédéral de la santé publique suisse (OFSP) sur son site Internet. Environ 200 cas de syndrome pulmonaire à hantavirus surviennent chaque année, principalement en Amérique du Nord et du Sud, selon le site de l’agence de la santé publique du Canada.

Il existe de nombreux types de hantavirus, qui se distinguent par leur répartition géographique et leur tableau clinique. Selon l’OFSP, « un seul type de virus, extrêmement rare, peut se transmettre d’un être humain à un autre », celui du type Andes, qui circule en Argentine et au Chili. C’est cet hantavirus qui pourrait être présent sur le navire MV Hondius, selon l’OMS., qui en a fait son « hypothèse de travail ».

Quels sont les modes de contamination ?

Les hantavirus se transmettent à l’être humain par l’intermédiaire de rongeurs sauvages infectés tels que des souris ou des rats, qui excrètent le virus par la salive, l’urine et les excréments. Une morsure, un contact avec ces rongeurs ou leurs déjections ainsi que l’inhalation de poussière contaminée peuvent provoquer une infection.

« La contamination humaine se fait généralement par inhalation de poussières et aérosols, contaminées par les excrétions des animaux infectés (urines, déjections, salive), aux cours d’activités en forêt ou dans des locaux proches de la forêt et longtemps inhabités ainsi que lors d’activités dans des zones rurales où les champs et les fermes offrent un habitat favorable pour les rongeurs réservoirs », précise le site de l’Agence nationale de santé publique française. La prévention de l’infection consiste essentiellement à limiter les contacts avec les rongeurs et leurs excrétions.

A propos du foyer de contamination à hantavirus sur le navire de croisière, l’OMS suppose qu’un ou des premiers cas « ont été infectés en dehors du navire » par le virus et qu’il y a eu ensuite « une transmission interhumaine ». Le directeur général de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, a affirmé sur X mercredi qu’« à ce stade le risque global pour la santé publique demeure faible ».

Quels sont les symptômes ?

Lorsqu’ils affectent l’être humain, les hantavirus peuvent être responsables d’infections de gravité variable, parfois mortelles. Les premiers symptômes cliniques sont généralement ceux de la grippe : fièvre, maux de tête, douleurs musculaires.

Les deux maladies les plus communes causées par une infection à hantavirus sont le syndrome pulmonaire à hantavirus (SPH), que l’on retrouve sur le continent américain, et la fièvre hémorragique avec syndrome rénal (FHSR), que l’on retrouve surtout en Europe et en Asie.

Les types de virus que l’on trouve sur le continent américain peuvent ainsi entraîner des complications telles que des œdèmes pulmonaires et des syndromes de détresse respiratoire aiguë. Selon le site des Centres pour le contrôle et la prévention des maladies (CDC) américains, 38 % des personnes qui développent des symptômes respiratoires peuvent succomber à la maladie.

Le Monde avec AFP

Hantavirus : que sait-on sur cette famille de virus ?

 vidéo  Le décès de trois passagers d’un navire de croisière a attiré l’attention sur cette infection relativement rare et peu connue du grand public. 

Par Laurent Selinder et Pierre Lecornu

Publié hier à 17h24

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Trois personnes qui se trouvaient à bord du navire de croisière MV Hondius, dans l’Atlantique, sont mortes après avoir présenté des symptômes tels que de la fièvre, des maux de tête ou des douleurs abdominales. L’origine de leurs maux a été identifiée : un hantavirus de l’espèce Andes, que l’on trouve généralement en Amérique du Sud.

Dans cette vidéo nous faisons le point sur les principaux éléments à connaître sur cette famille de virus méconnue, de ses modes de contamination à son taux de létalité.

Pour aller plus loin, nous vous recommandons la lecture de l’article ci-dessous.

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Laurent Selinder et  Pierre Lecornu

Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

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