Une lueur d’espoir pour le traitement du cancer du pancréas.

Un nouveau médicament prometteur pour le cancer du pancréas

15 avril 2026 https://www.jim.fr/viewarticle/nouveau-médicament-prometteur-cancer-du-pancréas-2026a1000bri?ecd=wnl_all_260419_jim_jim-pro_etid8272558&uac=368069PV&impID=8272558&sso=true

En inhibant l’action de la protéine RAS, le daraxonrasib permet de doubler l’espérance de survie des patients atteints d’un cancer du pancréas métastatique.

Si le développement de nouvelles thérapies en oncologie, notamment en immunothérapie, a permis des améliorations de survie dans la plupart des types de tumeurs, le cancer du pancréas reste un angle mort du combat contre le cancer. L’espérance de vie des patients atteints de cette pathologie reste extrêmement faible (moins de 10 % de survie à cinq ans), notamment car plus de 80 % des patients reçoivent un diagnostic à un stade tardif en l’absence de symptômes. Chaque année en France, plus de 13 000 personnes meurent d’un cancer du pancréas et le taux d’incidence de la maladie est en augmentation.

Une lueur d’espoir vient cependant de naître de l’autre côté de l’Atlantique. Basé à Redwood City dans la banlieue de San Francisco, le laboratoire Revolution Medicines a publié ce lundi les résultats prometteurs de l’essai de phase 3  (avant une présentation prévue auprès de l’ASCO) de son nouveau médicament contre le cancer du pancréas. Baptisé daraxonrasib, ce médicament inhibe l’action des protéines RAS, responsables de la prolifération cellulaire. Les mutations génétiques qui empêchent la désactivation des protéines RAS sont en cause dans 25 % des cancers en général et dans 90 % des cancers du pancréas.

Six mois de vie en plus pour les patients sous daraxonrasib

Le daraxonrasib a été testé chez 460 patients atteints d’un cancer du pancréas métastatique et déjà traités par chimiothérapie. En moyenne, le traitement par cette nouvelle molécule a permis de doubler la durée de survie des patients par rapport à un traitement par chimiothérapie classique : 13,2 mois en moyenne contre 6,7 mois pour ceux sous chimiothérapie classique. 

« Pour les patients atteints d’un cancer du pancréas métastatique, de nouvelles options thérapeutiques sont urgemment nécessaires afin d’augmenter la durée de survie et d’améliorer la qualité de vie », a commenté le Pr Brian M. Wolpin, enseignant à la prestigieuse université d’Harvard et principal responsable de cet essai thérapeutique. « Les résultats très attendus de cette étude indiquent que le daraxonrasib constitue une avancée claire et hautement significative pour les patients atteints d’un cancer du pancréas », poursuit-il. 

« Dans cet essai pivot, le daraxonrasib, en tant que traitement ciblé, a permis une amélioration spectaculaire de la survie globale chez des patients atteints d’un cancer du pancréas métastatique déjà traité, comparativement à la chimiothérapie standard », abonde dans le même sens le Pr Mark Goldsmith, PDG de Revolution Medicines. « Ces résultats représentent une avancée potentiellement transformatrice pour les patients et soulignent le potentiel du daraxonrasib à redéfinir le paysage thérapeutique ».

Un essai partiellement mené en France

Une soixantaine de patients inclus dans cette étude étaient suivis à l’hôpital Paul Brousse de Villejuif. « On n’a jamais vu de résultats pareils », commente pour France info le Pr Pascal Hammel, chef du service d’oncologie de l’hôpital francilien. L’oncologue se réjouit notamment de la bonne tolérance du daraxonrasib. « Il peut y avoir des lésions, des boutons sur la peau, mais pas de toxicité grave », commente-t-il.

Le laboratoire Revolution Medicines a d’ores et déjà déposé une demande d’autorisation de mise sur le marché aux Etats-Unis auprès de la Food and Drug Administration (FDA), l’agence américaine du médicament (et a par ailleurs lancé une levée de fonds de deux milliards de dollars). En parallèle du daraxonrasib, la firme développe d’autres médicaments anti-cancéreux basés également sur l’inhibition des protéines RAS. « Nous pensons que ces résultats valident solidement notre approche pionnière consistant à cibler les cancers fréquents dépendants des protéines RAS via l’inhibition de ces protéines » a ainsi commenté le Pr Goldsmith.

Selon le Pr Jean-Yves Blay, président de la Fédération nationale des centres de lutte contre le cancer (Unicancer), il faudra sans doute attendre plusieurs mois avant que le daraxonrasib ne soit disponible aux Etats-Unis et « peut-être un à deux ans » pour que ce médicament traverse l’Atlantique. « On espère surtout qu’il pourra être disponible très rapidement » conclut l’oncologue.

Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

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