Une « progression » des inégalités d’accès aux soins.

Les territoires les mieux dotés en médecins continuent d’en gagner » : Garot appelle à réguler l’installation

Si le dernier Atlas de la démographie médicale, publié mardi 31 mars par l’Ordre, fait état d’une augmentation du nombre de médecins, il montre aussi une « progression » des inégalités d’accès aux soins. Pour le groupe transpartisan sur les déserts médicaux, des mesures doivent être prises pour y mettre fin. 

02/04/2026 https://www.egora.fr/actus-pro/acces-aux-soins/les-territoires-les-mieux-dotes-en-medecins-continuent-den-gagner-garot

Par Louise Claereboudt

« Les territoires les mieux dotés en médecins continuent d’en gagner. Les moins bien dotés continuent d’en perdre. Agissons avant qu’il ne soit trop tard : régulons l’installation des médecins ! » Cet appel, c’est le député Guillaume Garot qui l’a lancé sur X mardi 31 mars, jour de la publication du nouvel Atlas de la démographie médicale. Un document publié chaque année par l’Ordre des médecins.

Les derniers chiffres dévoilés confirment une tendance à la hausse (+2%) du nombre de médecins en activité régulière (hors remplaçants et cumul emploi-retraite) depuis 2025. Soit un gain de 3 975 praticiens. Une tendance amorcée en 2024, et qui s’explique notamment par la progression du nombre d’étudiants formés sur les bancs des facultés de médecine, rappelle l’AFP.

Lire aussi : « La baisse du nombre de médecins en activité est derrière nous » : les chiffres encourageants de la démographie médicaledes lecteurs

Comme dans toute organisation professionnelle, qu’elle soit syndicale ou autre, on trouvera toujours des abus avec des notes de fr… Lire plus

« Pour autant, l’accès aux soins demeure une difficulté pleinement d’actualité, avec une majoration persistante des inégalités territoriales, affectant les soins primaires (médecine générale), et plus encore l’accès aux spécialistes médicaux et chirurgicaux », nuance l’Ordre des médecins dans son communiquéaccompagnant la publication de son atlas.

Ainsi, entre 2010 et 2026, la Haute-Marne a connu une baisse du nombre de médecins de 35,6 %, la Creuse, de 33,1 % et le Cher, de 31,4 %. La Haute-Savoie, la Savoie et l’Ille-et-Vilaine sont les départements métropolitains ayant connu les plus fortes augmentations : respectivement +29,8%, +29,4% et +28,8% entre 2010 et 2026.

Si l’on prend en compte l’ensemble des médecins en activité, ce sont, là aussi, la Creuse, le Cher et la Haute-Marne qui ont connu les baisses les plus importantes de médecins entre 2010 et 2026 : -19,3 %, -17,3 % et – 16,7 %. Les Hautes-Alpes, la Haute-Savoie et la Savoie sont les départements métropolitains ayant connu les plus fortes augmentations : respectivement +44,7 %, +40,6 % et +38,6 %.

Si l’on regarde les densités régionales, les régions les mieux dotées en médecins en activité sont la Provence-Alpes-Côte d’Azur, La Réunion, et l’Ile-de-France avec respectivement 432,1, 412,7 et 396,1 médecins en activité pour 100 000 habitants. À l’inverse, les régions présentant les densités les plus faibles sont le Centre-Val-de-Loire (266,1), la Guyane (282,3) et les Hauts-de-France (313,3).

Lire aussi : Femmes majoritaires, « rôle croissant » des médecins étrangers, rajeunissement… Le bouleversement de la profession est en marche

Dans le détail des densités régionales par spécialités, les régions Centre-Val-de-Loire et Guyane apparaissent systématiquement parmi les moins bien dotées, avec les densités les plus faibles. L’Ile-de-France est l’une des régions les mieux dotées, chez les spécialistes médicaux et chirurgicaux, mais compte parmi les plus faibles densités chez les généralistes. La Bretagne se distingue avec la plus forte densité de généralistes (177,9). La région Paca est « systématiquement parmi les régions les mieux dotées, quel que soit le groupe de spécialité ».

« Malgré l’augmentation du numerus clausus, malgré l’augmentation globale du nombre de médecins en activité en France, malgré les mesures d’incitation à l’installation qui coûtent chaque année des centaines de millions d’euros à l’État et à l’Assurance maladie, l’écart entre les territoires les mieux dotés et les moins bien dotés continue de grandir », a réagi mercredi, dans un communiqué cité par l’AFP, le groupe transpartisan de députés contre les déserts médicaux.

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L’ensemble du groupe, mené par Guillaume Garot, appelle le Gouvernement à « regarder en face cette réalité des chiffres », et à mettre leur proposition de loi instaurant une régulation de l’installation des médecins à l’ordre du jour du Sénat. Ce texte a été adopté en mai dernier en première lecture à l’Assemblée nationale, malgré l’opposition du Gouvernement à la régulation. « Les effets d’annonce ne suffisent plus », martèle le groupe, allant de la France insoumise aux Républicains.

Ce dernier rappelle que, selon les chiffres de l’Assurance maladie, « de juin 2024 à juin 2025, « les installations de médecins sont en hausse de 3,5% en moyenne sur le territoire, mais en baisse de 1,7% dans les déserts médicaux ». 

Auteur de l’article

Louise Claereboudt

Cheffe de rubrique Rencontres 

Déserts médicaux : les inégalités s’aggravent malgré une hausse du nombre de médecins

En dépit des promesses du chef de l’Etat, Emmanuel Macron, et des mesures adoptées depuis le début de sa présidence, le conseil de l’ordre des médecins constate, dans son dernier état des lieux, la persistance des écarts entre « territoires gagnants » et « territoires perdants ». 

Par  et Publié aujourd’hui à 14h00, modifié à 14h12 https://www.lemonde.fr/societe/article/2026/04/07/deserts-medicaux-les-inegalites-s-aggravent-malgre-une-hausse-du-nombre-de-medecins_6677889_3224.html

Temps de Lecture 4 min.

Au CHU de Nice, le 11 février 2026.
Au CHU de Nice, le 11 février 2026.  ÉLÉONORA STRANO POUR « LE MONDE »

C’est une photographie statistique qui vient rappeler, à un an de l’élection présidentielle de 2027, l’ampleur du chemin restant à parcourir dans la lutte engagée contre les déserts médicaux. Publié le 31 mars par le conseil national de l’ordre des médecins, l’Atlas 2026 de la démographie médicale livre un état des lieux de l’offre de soins proposée par les 245 847 praticiens en activité, salariés ou libéraux : féminisation de la profession, attrait croissant de l’exercice salarié, rajeunissement, augmentation du nombre de médecins… Des tendances fortes se confirment, dans un paysage toujours marqué par les inégalités. Celles-ci disent quelque chose des limites de l’action politique sur ce terrain, alors que le candidat Emmanuel Macron s’était engagé, en 2017, et encore en 2022, à lutter contre les déserts médicaux.

Or les lignes de fracture territoriale demeurent, quand bien même le nombre global de professionnels continue d’augmenter (+ 1,9 % depuis 2025), résultat de la hausse du nombre d’étudiants en médecine ces dernières années. Les inégalités s’aggravent, même, entre des « territoires gagnants », sur la façade atlantique, les côtes bretonnes et à la frontière avec la Suisse, ou encore dans les métropoles dotées d’un centre hospitalier universitaire, et des « territoires perdants », toujours en grande partie localisés le long d’une diagonale du vide traversant le pays du nord-ouest au sud-est, dans son centre notamment.

La Haute-Marne, la Creuse ou le Cher se caractérisent par les baisses de densité médicale (pour les médecins dits « en activité régulière ») les plus fortes entre 2010 et 2026 – soit, respectivement, – 30,2 %, – 28,8 % et – 28,7 %. A l’inverse, les Hautes-Alpes, la Savoie, les Pyrénées-Atlantiques et le Morbihan affichent des hausses proches de 20 %. Si le nombre de médecins spécialistes progresse, sur la période, dans une soixantaine de départements, celui des généralistes diminue dans une très large majorité d’entre eux (87). L’Atlas évoque ainsi une évolution « très contrastée ».

Dynamique de féminisation

Le portrait-robot du médecin en activité vient confirmer la progression du salariat qui représente le premier mode d’exercice (47 % des effectifs, 41,6 % en exercice libéral exclusif, 11,4 % en activité mixte). L’âge moyen passe sous la barre des 50 ans (49,9 ans), tandis que, pour la première fois, les femmes sont majoritaires, représentant 50,5 % des effectifs en 2026, contre 40,1 % en 2010. Cette dynamique de féminisation est, sans surprise, particulièrement marquée dans les jeunes générations.

Lire aussi l’entretien (2025) |  Déserts médicaux : « Tous les pays sont confrontés à des inégalités territoriales d’offre de soins »

Le nombre de médecins étrangers (diplômés hors ou dans l’Union européenne), ces derniers exerçant surtout dans les hôpitaux des territoires les plus touchés par la pénurie médicale, continue, pour sa part, d’augmenter : il atteint 15,2 % en 2026, contre 14,6 % en 2025, et 7,2 % en2010. Leurs principaux pays d’origine sont la Roumanie, l’Italie, l’Algérie ou encore la Tunisie.

Pour réduire les écarts entre les territoires, les gouvernements successifs ont pris plusieurs engagements, relayant la promesse présidentielle de faire de la santé une « priorité ». L’ex-premier ministre François Bayrou a ainsi annoncé, le 25 avril 2025, le lancement de « missions de solidarité territoriale », soit l’obligation (finalement réduite à du volontariat) pour des médecins de zones bien dotées d’aller prêter main-forte, jusqu’à deux jours par mois, dans les territoires les plus en souffrance. Un an plus tard, si l’on ignore combien de soignants se sont engagés dans ces missions, quelque 15 000 consultations ont pu être réalisées par ce biais, chiffre-t-on au ministère de la santé.

Lire aussi le reportage (2025) |  Les centres municipaux de santé, derniers recours face à la pénurie de médecins

Au tour de Sébastien Lecornu, le 13 septembre 2025, dès son premier déplacement comme chef du gouvernement, de prendre un nouvel engagement contre les déserts médicaux, en promettant le déploiement d’un réseau « France Santé », avec une « offre de soins à trente minutes de chaque Français ». Une labellisation de structures préexistantes, assortie d’un soutien financier de 50 000 euros, qui concernait 1 300 « maisons » fin 2025, pour un objectif fixé à 5 000 en 2027, sans que l’on sache combien d’entre elles pourront, ainsi, élargir la file de patients accueillis.

« Trop de médecins en 2040 ? »

A contre-courant des alertes sur le manque de médecins, l’ordre remet en avant, dans cet Atlas, une question : « Va-t-on avoir trop de médecins en 2040 ? » L’institution ordinale, étrillée ces derniers jours par l’inspection générale des finances pour sa gestion défaillante, avance le chiffre d’une augmentation d’environ 40 % du nombre de praticiens d’ici dix ans, à la suite de l’ouverture très forte du numerus clausus – le nombre d’étudiants autorisés à poursuivre en médecine, remplacé depuis 2020 par un numerus apertus, fixé par chaque université – ces dernières années.

Cette position ne fait pas l’unanimité, alors que la projection est particulièrement complexe en raison des inconnues en jeu, qu’il s’agisse de l’évolution des besoins de santé, des progrès médicaux, mais aussi des évolutions sociétales telle la diminution du temps de travail dans les nouvelles générations. L’ancien ministre de la santé Yannick Neuder (décembre 2024-octobre 2025) avait évoqué la proportion d’environ deux médecins généralistes nécessaires, aujourd’hui, pour en remplacer un qui part à la retraite.

Face à l’accroissement des inégalités d’accès aux soins, l’exécutif, sous la présidence d’Emmanuel Macron, n’a pas changé de position, préférant toujours écarter la contrainte à l’installation des médecins, au bénéfice d’autres mesures (aides à l’installation, délégation de tâches à des professions paramédicales, recours à des assistants médicaux…). Parmi les députés et les sénateurs, en revanche, ce levier de la régulation territoriale, massivement rejeté par les principaux intéressés, a été remis à l’ordre du jour avec l’adoption, en mai 2025, de deux propositions de loi, l’une à l’Assemblée nationale, l’autre au Sénat, introduisant des mesures de ce type, plus ou moins contraignantes. Sans suite, à ce stade, faute d’inscription à l’agenda parlementaire.

Lire aussi (2025)|  Contre les déserts médicaux : Médecins solidaires, l’association qui entend soigner les territoires ruraux

Dans la foulée de la publication de l’Atlas, le groupe transpartisan de députés animé par l’élu socialiste de Mayenne Guillaume Garot, qui a porté l’une des propositions de loi, a appelé le gouvernement à relancer ce débat et à « regarder en face cette réalité des chiffres ». Il défend l’instauration de la « règle » d’une arrivée conditionnée à un départ de médecins dans les zones les mieux dotées.

Déserts médicaux : les inégalités s’aggravent malgré une hausse du nombre de médecins

En dépit des promesses du chef de l’Etat, Emmanuel Macron, et des mesures adoptées depuis le début de sa présidence, le conseil de l’ordre des médecins constate, dans son dernier état des lieux, la persistance des écarts entre « territoires gagnants » et « territoires perdants ». 

Par  et 

le 07 avril 2026 à 14h00, modifié le 09 avril 2026 à 17h34 https://www.lemonde.fr/societe/article/2026/04/07/deserts-medicaux-les-inegalites-s-aggravent-malgre-une-hausse-du-nombre-de-medecins_6677889_3224.html

Temps de Lecture 4 min.

A l’entrée de Matignon (Côtes-d’Armor), le 22 avril 2025.
A l’entrée de Matignon (Côtes-d’Armor), le 22 avril 2025.  DAMIEN MEYER/AFP

C’est une photographie statistique qui vient rappeler, à un an de l’élection présidentielle de 2027, l’ampleur du chemin restant à parcourir dans la lutte engagée contre les déserts médicaux. Publié le 31 mars par le conseil national de l’ordre des médecins, l’Atlas 2026 de la démographie médicale livre un état des lieux de l’offre de soins proposée par les 245 847 praticiens en activité, salariés ou libéraux : féminisation de la profession, attrait croissant de l’exercice salarié, rajeunissement, augmentation du nombre de médecins…

Des tendances fortes se confirment, dans un paysage toujours marqué par les inégalités. Celles-ci disent quelque chose des limites de l’action politique sur ce terrain, alors que le candidat Emmanuel Macron s’était engagé, en 2017, et encore en 2022, à lutter contre les déserts médicaux.

Or les lignes de fracture territoriale demeurent, quand bien même le nombre global de professionnels continue d’augmenter (+ 1,9 % depuis 2025), résultat de la hausse du nombre d’étudiants en médecine ces dernières années. Les inégalités s’aggravent, même, entre des « territoires gagnants », sur la façade atlantique, les côtes bretonnes et à la frontière avec la Suisse, ou encore dans les métropoles dotées d’un centre hospitalier universitaire, et des « territoires perdants », toujours en grande partie localisés le long d’une diagonale du vide traversant le pays du nord-ouest au sud-est, dans son centre notamment.

La Haute-Marne, la Creuse ou le Cher se caractérisent par les baisses de densité médicale (pour les médecins dits « en activité régulière ») les plus fortes entre 2010 et 2026 (soit, respectivement, −30,2 %, − 28,8 % et − 28,7 %). A l’inverse, les Hautes-Alpes, la Savoie, les Pyrénées-Atlantiques et le Morbihan affichent des hausses proches de 20 %. Si le nombre de médecins spécialistes progresse, sur la période, dans une soixantaine de départements, celui des généralistes diminue dans une très large majorité d’entre eux (87). L’Atlas évoque ainsi une évolution « très contrastée ».

Dynamique de féminisation

Le portrait-robot du médecin en activité vient confirmer la progression du salariat, qui représente le premier mode d’exercice (47 % des effectifs, 41,6 % en exercice libéral exclusif, 11,4 % en activité mixte). L’âge moyen passe sous la barre des 50 ans (49,9 ans), tandis que, pour la première fois, les femmes sont majoritaires, représentant 50,5 % des effectifs en 2026, contre 40,1 % en 2010. Cette dynamique de féminisation est, sans surprise, particulièrement marquée dans les jeunes générations.

Lire aussi l’entretien (2025) Déserts médicaux : « Tous les pays sont confrontés à des inégalités territoriales d’offre de soins »

Le nombre de médecins étrangers (diplômés hors ou dans l’Union européenne), ces derniers exerçant surtout dans les hôpitaux des territoires les plus touchés par la pénurie médicale, continue, pour sa part, d’augmenter : il atteint 15,2 % en 2026, contre 14,6 % en 2025, et 7,2 % en2010. Leurs principaux pays d’origine sont la Roumanie, l’Italie, l’Algérie ou encore la Tunisie.

Pour réduire les écarts entre les territoires, les gouvernements successifs ont pris plusieurs engagements, relayant la promesse présidentielle de faire de la santé une « priorité ». L’ex-premier ministre François Bayrou a ainsi annoncé, le 25 avril 2025, le lancement de « missions de solidarité territoriale », soit l’obligation (finalement réduite à du volontariat) pour des médecins de zones bien dotées d’aller prêter main-forte, jusqu’à deux jours par mois, dans les territoires les plus en souffrance. Un an plus tard, si l’on ignore combien de soignants se sont engagés dans ces missions, quelque 15 000 consultations ont pu être réalisées par ce biais, chiffre-t-on au ministère de la santé.

Lire aussi le reportage (2025) |  Les centres municipaux de santé, derniers recours face à la pénurie de médecins

Au tour de Sébastien Lecornu, le 13 septembre 2025, dès son premier déplacement comme chef du gouvernement, de prendre un nouvel engagement contre les déserts médicaux, en promettant le déploiement d’un réseau baptisé « France Santé », avec une « offre de soins à trente minutes de chaque Français ». Une labellisation de structures préexistantes, assortie d’un soutien financier de 50 000 euros, qui concernait 1 300 « maisons » fin 2025, pour un objectif fixé à 5 000 en 2027, sans que l’on sache combien d’entre elles pourront, ainsi, élargir la file de patients accueillis.

« Trop de médecins en 2040 ? »

A contre-courant des alertes sur le manque de médecins, l’ordre remet en avant, dans cet Atlas, une question : « Va-t-on avoir trop de médecins en 2040 ? » L’institution ordinale, étrillée ces derniers jours par l’inspection générale des finances pour sa gestion défaillante, avance le chiffre d’une augmentation d’environ 40 % du nombre de praticiens d’ici à dix ans, à la suite de l’ouverture très forte du numerus clausus – le nombre d’étudiants autorisés à poursuivre en médecine, remplacé depuis 2020 par un numerus apertus, fixé par chaque université – ces dernières années.

Cette position ne fait pas l’unanimité, alors que la projection est particulièrement complexe en raison des inconnues en jeu, qu’il s’agisse de l’évolution des besoins de santé, des progrès médicaux, mais aussi des évolutions sociétales telle la diminution du temps de travail dans les nouvelles générations. L’ancien ministre de la santé Yannick Neuder avait évoqué la proportion d’environ deux médecins généralistes nécessaires, aujourd’hui, pour en remplacer un qui part à la retraite.

Face à l’accroissement des inégalités d’accès aux soins, l’exécutif, sous la présidence d’Emmanuel Macron, n’a pas changé de position, préférant toujours écarter la contrainte à l’installation des médecins, au bénéfice d’autres mesures (aides à l’installation, délégation de tâches à des professions paramédicales, recours à des assistants médicaux…).

Parmi les députés et les sénateurs, en revanche, ce levier de la régulation territoriale, massivement rejeté par les principaux intéressés, a été remis à l’ordre du jour avec l’adoption, en mai 2025, de deux propositions de loi, l’une à l’Assemblée nationale, l’autre au Sénat, introduisant des mesures de ce type, plus ou moins contraignantes. Sans suite, à ce stade, faute d’inscription à l’agenda parlementaire.

Lire aussi (2025)| Contre les déserts médicaux : Médecins solidaires, l’association qui entend soigner les territoires ruraux

Dans la foulée de la publication de l’Atlas, le groupe transpartisan de députés animé par l’élu socialiste de Mayenne Guillaume Garot, qui a porté l’une des propositions de loi, a appelé le gouvernement à relancer ce débat et à « regarder en face cette réalité des chiffres ». Il défend l’instauration de la « règle » d’une arrivée conditionnée à un départ de médecins dans les zones les mieux dotées.

Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

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