Composition du Cese : Les Amis de la terre annoncent contester le décret
MAJ le 02/03/2026
Gouvernance | 27.02.2026 | C. Girardin Lang

Ce jeudi 26 février 2026, est paru au Journal officiel le décret fixant la composition du Comité économique, social et environnemental (Cese). Ce comité a pour rôle de conseiller le Gouvernement et le Parlement, et participer à l’élaboration de la politique économique, sociale et environnementale. Sa composition est fixée par décret pour cinq ans. Ses membres sont répartis entre représentants d’entreprises, d’exploitations agricoles, représentants au titre de la cohésion sociale et territoriale, ou encore au titre de la protection de la nature et de l’environnement.
Pour le mandat 2026-2031, le Comité national des pêches maritimes et des élevages marins va pouvoir désigner un représentant. La Coordination rurale gagne, quant à elle, un deuxième représentant.
Les représentants de la protection de la nature et de l’environnement sont pour la plupart identiques au précédent mandat. Mais Les Amis de la Terre sont privés de représentant, la Fondation pour la Nature et l’Homme perd son deuxième représentant, et l’Institut de l’économie pour le climat n’a pas souhaité soumettre de représentant pour ce mandat par manque d’effectif. Tandis que l’association Banlieues climat, le Comité français de l’Union internationale pour la conservation de la nature et la Plateforme Océan & Climat gagnent chacun la possibilité de désigner un représentant. « L’intégration de nouveaux acteurs démontre la vitalité du Cese. La Plateforme Océan et Climat est particulièrement honorée d’en faire partie. Elle représentera la communauté océan, des instituts de recherches aux associations de protection de l’environnement, en apportant une dimension multiscalaire et une perspective internationale aux travaux du Cese », s’est félicitée la Plateforme Océan et Climat.
Les Amis de la Terre, qui siègent au Cese depuis la réforme constitutionnelle de 2008, entendent contester ce décret. Pour l’organisation, cette « éviction » traduit un choix politique clair : « réduire la place des organisations capables de porter une parole critique, de dénoncer les responsables des désastres écologiques et sociaux et de rappeler la France à ses obligations en matière de climat de biodiversité et de droits humains ». « Notre parole dérange, nous l’assumons, c’est notre identité. Nous ne nous laisserons pas déstabiliser et continuerons à porter une voix indépendante, exigeante et déterminée pour la justice environnementale, sociale et démocratique comme nous l’avons toujours fait, c’est-à-dire dans le respect et la non-violence. Si certains espéraient nous faire taire, c’est qu’ils nous connaissent mal. Cela renforce un peu plus, s’il en était besoin, notre détermination et notre engagement aux côtés des plus faibles et des plus impactés », a affirmé Laura Thiéblemont, co-présidente des Amis de la Terre.
Camille Girardin Lang, journaliste
Éditrice – rédactrice juridique