Lettre ouverte de ASALEE (Action de Santé Libérale En Equipe).

ASALEE, ce n’est pas une structure abstraite. Ce sont des médecins, des infirmières et infirmiers, des médiatrices et médiateurs, des psychothérapeutes, des équipes d’ingénierie, et surtout : des patients et des aidants (Lettre ouverte)

01/02/2026 https://toute-la.veille-acteurs-sante.fr/240543/asalee-ce-nest-pas-une-structure-abstraite-ce-sont-des-medecins-des-infirmieres-et-infirmiers-des-mediatrices-et-mediateurs-des-psychotherapeutes-des-equipes-dingenierie-et-su/

Émis par : Association Asalée

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ÇA SUFFIT ! NOUS NE LÂCHONS RIEN.

À Monsieur le Premier ministre,
Aux ministres en charge de la Santé, des Finances, du Travail et du Numérique,
Aux parlementaires, élus locaux,
Aux autorités de tutelle,
Et à toutes celles et ceux qui tiennent debout notre système de soins : soignants, patients, aidants.

Madame, Monsieur,

Nous vous écrivons en plein week-end parce qu’il y a des moments où attendre revient à céder. Et nous ne céderons pas.

D’abord, une vérité simple : les soignants d’Asalée doivent être payés. Point.
Les rémunérations des infirmières, infirmiers, et salariés, en janvier 2026 ont été sécurisées et versées. Quand il y a le moindre écart, il est corrigé. Parce qu’on ne joue pas avec la vie des gens, et encore moins avec la paie de celles et ceux qui soignent, y compris les week-ends et les jours fériés.

Ensuite, une réalité grave : nous faisons face à une stratégie d’attaque.
Des tiers ont tenté de s’en prendre à l’argent destiné aux salaires, de créer la peur, de diffuser des rumeurs, d’impressionner, de fragiliser. Qu’ils assument : nous avons vu. Nous avons compris. Et nous avons décidé.
Ils ont franchi une ligne rouge. Alors nous répondons : ça suffit.

Nous ne sommes pas une cible facile. Nous sommes un corps.
ASALEE, ce n’est pas une structure abstraite. Ce sont des médecins, des infirmières et infirmiers, des médiatrices et médiateurs, des psychothérapeutes, des équipes d’ingénierie, et surtout : des patients et des aidants qui comptent sur nous.
Quand on attaque ASALEE, on attaque la possibilité même d’un soin humain, de proximité, dans la continuité, dans son intégralité, qui protège les plus fragiles au lieu de les abandonner à la loi du marché.

Alors oui : maintenant, c’est l’action.
Nous engageons toutes les voies juridiques nécessaires contre les auteurs de calomnies, d’usurpations, de diffamations, de faux et d’atteintes à la vie privée. Nous irons jusqu’au bout. Sans trembler. Sans nous excuser. Sans détourner le regard.

Nous engageons toutes les voies juridiques pour que ce qui est dû à Asalée soit payé sans délais désormais, et pour obtenir une convention 2026 -2028 qui assure la sérénité de notre exercice.

Mais qu’on ne se trompe pas : ce combat n’est pas seulement juridique. Il est politique.
Car lorsque des décisions administratives, des textes, des pressions, des manœuvres et des lâchetés mettent en danger une organisation de soins, c’est l’État qui est interpellé. Et quand l’administration obéit, la question devient : qui donne l’ordre ? Qui couvre ? Qui laisse faire ?

Nous demandons donc une réponse claire, au plus haut niveau.
Monsieur le Premier ministre, nous demandons à vous rencontrer dès le lundi 2 février 2026 après-midi. Si vous n’êtes pas disponible, nous rencontrerons votre cabinet, et toute personne que vous désignerez.
Et puisque la vérité n’a rien à craindre de la lumière : nos courriers, nos pièces, nos alertes, seront également communiqués à la presse. Parce que le pays doit savoir.

À celles et ceux qui soignent : nous lançons un appel.
Nous n’attendrons pas que “ça se tasse”. Nous ne ferons pas le dos rond. Nous ne nous diviserons pas.
Au contraire : nous allons nous rassembler. Nous allons compter nos alliés. Nommer les renoncements. Identifier les attaques. Et construire une force. Une force pacifique, légale, déterminée. l
Oui : une armée du soin. Une armée de blouses, de compétences, de terrain, de patients, d’aidants, d’ingénieurs. Une armée qui dit : vous ne prendrez pas ce qui protège les plus fragiles, la santé est un bien fondamental, inaliénable

À celles et ceux qui gouvernent : prenez vos responsabilités. Maintenant.
On ne “gère” pas la santé comme une ligne comptable. On ne “pilote” pas le soin en pressurant celles et ceux qui le rendent possible. On ne laisse pas l’ubérisation et la financiarisation précariser les métiers, casser les collectifs, faire reculer l’éthique, abîmer notre sécurité sociale solidaire.
Vous avez un choix : protéger ou abandonner. Assumer ou vous défausser. Agir ou vous cacher derrière des parapheurs.

À toutes et tous : rejoignez le mouvement.

  • Venez aux temps d’échange et de mobilisation annoncés par le Conseil d’administration.
  • Partagez un message de soutien. Faites du bruit, Faites-vous entendre, communiquez, rencontrez , expliquez , vous avez la conviction : partagez là.
  • Patients, aidants : votre voix compte. Nous défendons votre accès à des soins dignes. Prenez place à nos côtés.

Et que notre mot d’ordre circule, comme un serment collectif :

“Tyen byen rèd ! Pa moli !”
Tenez bon. Ne lâchez pas.

Nous ne lâchons rien.
Parce que ce que nous défendons dépasse une structure : nous défendons l’idée même du soin.

Margot Bayart
Présidente d’ASALEE, médecin généraliste

Laurent Quessard
Vice-Président d’ASALEE, médecin généraliste

Jean-Luc Fièvre
Trésorier, Directeur Administratif et Financier ASALEE, médecin généraliste

Elodie Barbet
Trésorière adjointe, médecin généraliste ASALEE

Guillaume de Gardelle
Responsable de l’analyse des risques ASALEE, psychothérapeute, médecin généraliste

Pour nous soutenir : contact@asalee.fr

Une remise en cause du dispositif au moment de l’espoir suscité par la loi infirmière

https://www.albus.fr/blog/actualites/asalee-une-menace-pour-les-infirmieres-liberales/#toc-une-remise-en-cause-du-dispositif-au-moment-de-lespoir-suscit-par-la-loi-infirmire-2

Dans l’esprit du dispositif, le patient reste au centre de la prise en charge qui doit être globale. Les infirmiers libéraux jouissent alors d’une grande souplesse dans l’organisation de leurs consultations dans le temps. Ces dernières apparaissent comme complémentaires aux autres soins infirmiers, que l’IDEL peut prodiguer au patient. Toujours est-il, que le dispositif Asalée a permis une meilleure reconnaissance du rôle de l’infirmière à l’instar de ce qu’a pu généraliser plus récemment encore l’adoption de la grande loi infirmière.  

Toujours est-il, que le dispositif Asalée a été sévèrement mis en cause ces dernières semaines, suite à la publication d’un rapport de l’Inspection Générale des Affaires Sociales (IGAS) Contrôle de la gestion et du déploiement du dispositif Asalée  

Sur 250 pages, les auteurs du rapport s’efforcent de souligner la pertinence et l’utilité du dispositif tant pour les professionnels de santé concernés que pour les patients. Mais le rapport souligne également de graves dysfonctionnements conduisant à un « constat préoccupant sur la gouvernance du dispositif ». Les auteurs identifient de nombreux conflits d’intérêt, soulignent les défaillances financières mais aussi le non-respect de règles de droit tant en ce qui concerne le fonctionnement de l’association que ce qui touche au travail des professionnels de santé. Enfin, le pilotage est qualifié d’ »hésitant et insuffisamment rigoureux ».  

En cette période de rigueur budgétaire, le rapport liste des préconisations conduisant toutes à une remise en cause du dispositif (tel qu’il existe et fonctionne aujourd’hui).  

Et demain, quel avenir pour le dispositif Asalée ?

Tous les acteurs ont été consterné à la lecture de ce rapport, tant le médecin que l’infirmière ou encore le patient. C’est d’autant plus regrettable, que des décisions rapides devraient être prises pour assurer la pérennité d’un dispositif ayant déjà fait ces preuves. En revanche, l’instabilité politique, qui caractérise la France depuis plusieurs mois, menace cette rapidité d’action. Soulignons enfin, qu’au même moment, les infirmières et infirmiers libéraux sont déjà en négociation avec l’Assurance Maladie dans le cadre de l’élaboration de l’avenant 11.  

Dans ces conditions, l’Ordre National des Infirmiers (ONI)  a déjà réagi par communiqué de presse : » L’Ordre national des infirmiers exprime sa vive préoccupation quant aux conséquences que pourrait avoir une remise en cause brutale du dispositif Asalée sur la continuité des soins, en particulier pour les patients atteints de maladies chroniques. » 

Voir aussi:

Dispositif Asalée, l’Ordre des infirmiers exprime ses vives inquiétudes après le rapport de l’IGAS

Publié le 21 juillet 2025 Mis à jour le 8 août 2025 https://www.ordre-infirmiers.fr/dispositif-asalee-l-ordre-exprime-ses-vives-inquietudes-apres-le-rapport-de-l-igas

communiqué

L’Ordre national des infirmiers exprime ses profondes inquiétudes suite à la publication du rapport de l’IGAS daté du 24 juin 2025, portant sur le « contrôle de la gestion et du déploiement du dispositif Asalée ».

Le rapport de l’IGAS, tout en reconnaissant la pertinence du dispositif Asalée pour les patients chroniques, dresse un constat préoccupant sur sa gouvernance : défaillances financières, conflits d’intérêts, non-respect du droit des associations, du travail et de la commande publique, ainsi qu’un pilotage administratif jugé hésitant et insuffisamment rigoureux.

Plus de 2 000 infirmières et infirmiers en pratique avancée (IPA) sont actuellement mobilisés dans le dispositif Asalée, en lien avec 9 000 médecins, partout sur le territoire. Ces professionnels participent activement à la prise en charge des maladies chroniques et à des missions de prévention, souvent dans des zones médicalement sous-dotées.

L’Ordre national des infirmiers exprime sa vive préoccupation quant aux conséquences que pourrait avoir une remise en cause brutale du dispositif Asalée sur la continuité des soins, en particulier pour les patients atteints de maladies chroniques

Au-delà des conséquences pour les patients, l’Ordre national des infirmiers s’inquiète fortement de l’incertitude qui pèse sur plus de 2 000 infirmiers et IPA investis au sein de ce dispositif.

Ces professionnels expérimentés, formés et engagés dans une approche de santé publique innovante, voient aujourd’hui leur activité fragilisée, leur avenir professionnel incertain, alors même qu’ils répondent à des besoins de soins prioritaires sur le terrain.

Par conséquent, le dispositif Asalée doit se conformer sans ambiguïté aux recommandations de l’IGAS, mais il doit aussi pouvoir perdurer et évoluer pour continuer à répondre aux besoins de santé publique.

Contrôle de la gestion et du déploiement du dispositif Asalée

Publié le  24/06/2025 |  https://igas.gouv.fr/controle-de-la-gestion-et-du-deploiement-du-dispositif-asalee

Temps de lecture : 2 minutes

Dr Sylvie Baqué, Corinne Chérubini, Nicolas Durand, Emmanuel Fermond, Marie Sirinelli (Igas)


Le dispositif Asalée permet à des malades chroniques de bénéficier gratuitement de séances d’éducation thérapeutique délivrées par un infirmier. La gestion de ce dispositif est assurée par l’association Asalée qui emploie plus de 2 000 infirmiers, sur l’ensemble du territoire national.  L’assurance maladie assure le financement de cette association (104 M€ en 2024, soit 98 % des ressources).

https://igas.gouv.fr/sites/igas/files/2025-06/Contrôle%20gestion%20et%20déploiement%20du%20dispositif%20asalée%20%282025%29.pdf

A la demande du ministre chargé de la santé et de la prévention, l’IGAS a procédé au contrôle de la gestion et du déploiement de ce dispositif. Sans remettre en cause la pertinence du dispositif d’éducation thérapeutique, qui au demeurant n’était pas l’objet de la mission, le rapport pointe de multiples dysfonctionnements en termes d’organisation et de pilotage de celui-ci par l’association. De nombreuses irrégularités ont également été constatées, tant en ce qui concerne la mise en œuvre des conventions conclues avec l’assurance maladie que du droit des associations, du travail et de la commande publique. La mission a, enfin, relevé que le contrôle exercé par les autorités administratives sur la gestion de ce dispositif a été parfois hésitant, voire incohérent. 

Compte tenu de ces dysfonctionnements et irrégularités, la mission formule 38 recommandations (dont une grande partie pour 2025) principalement à l’association Asalée mais également à l’Assurance maladie et au ministère de la santé. 

Le rapport définitif de l’IGAS contient des informations couvertes par les secrets protégés par la loi. C’est pourquoi, en application des articles L. 311-6 et suivants du code des relations entre le public et l’administration, ces informations ont été occultées. 

Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

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