Dans le désert médical de Mantes-la-Jolie, le kiné rappelé à l’ordre… pour excès de travail »
Date de publication : 10 octobre 2025 https://www.mediscoop.net/index.php?pageID=25c08c099ecf5a6bf85657de6e89d6a4&id_newsletter=22556&liste=0&site_origine=revue_mediscoop&nuid=44baf5968540a6248a8065e80f2f7273&midn=22556&from=newsletter
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Mehdi Gherdane indique en effet dans Le Parisien qu’« un kinésithérapeute de Mantes-la-Jolie (Yvelines) vient de recevoir un courrier assez inédit de la caisse primaire d’assurance maladie des Yvelines (CPAM). La Sécu l’accuse de… beaucoup trop travailler ».
Le journaliste explique que « Frédéric Juge, installé depuis 1990 dans cette ville de 44.000 habitants, dépasserait les quotas en vigueur. Il accueille, au pic de son activité, 7 à 8 patients par tranches de 30 minutes alors que la réglementation n’en permet que 3 en simultané. Ils sont parfois 150 à lui rendre visite quotidiennement ».
La CPAM lui a indiqué : « Notre organisme a considéré que vos facturations au-delà de 30 patients par jour étaient une anomalie ».
Mehdi Gherdane s’interroge : « Abus ou hyperactivité ? Il faut se rendre dans le cabinet de ce soignant pour tenter de comprendre. Loin des salles médicales modestes, ses locaux ont des allures de salle de sport, avec des machines de musculation, des salles plus intimes et des appareils de rééducation. Il conviendrait d’ailleurs de parler de «centre de rééducation». En chef d’orchestre, Frédéric Juge accueille et oriente ses visiteurs vers chacune des machines qu’il maîtrise parfaitement ».
Ce dernier déclare : « Le kiné qui se contente de simples massages, c’est fini. Désormais, grâce à la technologie, les patients sont plus autonomes et le travail, plus précis ».
Mehdi Gherdane évoque cet exemple : « le traitement des lombalgies, opéré par électrothérapie. Il suffit aujourd’hui de brancher les électrodes sur le patient et de le laisser travailler une demi-heure. Même protocole pour la «pressothérapie», qui permet de lutter contre les œdèmes grâce à des «bottes» adaptées ».
Frédéric Juge indique : « On adapte le programme selon les patients. Vous comprenez bien que je n’ai pas besoin de rester 30 minutes avec eux ».
Le journaliste relève que « selon la CPAM, et en dépit de sa connaissance de ces appareils, son volume d’activité ne peut pas être «compatible avec le maintien de la qualité, de la sécurité et de l’efficacité des soins» ».
Mehdi Gherdane note ainsi que « le kiné va réduire ses consultations. Il n’a pas le choix : l’administration lui réclame déjà une somme considérable et en cas de nouveaux manquements, il pourrait perdre son conventionnement. Le professionnel refuse déjà de nouveaux patients et a diminué les séances avec ses habitués ».
« Un crève-cœur dans une région classée comme désert médical où les médecins et les professionnels de santé manquent cruellement », continue le journaliste.
Charles, 58 ans, du Val-d’Oise, réagit ainsi : « Je viens ici depuis 3 ans pour trois hernies discales à raison de trois séances par semaine alors qu’avant je devais me rendre à Paris. Je vais devoir me restreindre à une seule séance hebdomadaire. J’ignore comment je vais faire pour trouver des créneaux ailleurs ».