Diminution des émissions de CO2: la France ne progresse plus depuis 2 ans

Bilan carbone : la France fait du surplace

Gouvernance  |  Aujourd’hui à 07h00 https://www.actu-environnement.com/ae/news/prevision-bilan-carbone-France-Citepa-46901.php4#ntrack=cXVvdGlkaWVubmV8Mzg2Ng%3D%3D%5BNDExMDgz%5D

 |  N. Gorbatko

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Bilan carbone : la France fait du surplace

© Habman18

En matière de réduction de ses émissions de gaz à effet de serre, la France ne progresse plus. En témoignent les premières estimations du Citepa pour l’année 2025 : avec un bilan de 190 millions de tonnes équivalent CO2 (Mt CO2e) produites durant le premier semestre, le pays reste à un niveau similaire à celui de 2024 pour la même période (191 Mt CO2e). Pour l’ensemble de l’année 2025, les prévisions ne sont pas meilleures : le baromètre de l’association envisage une légère diminution des émissions de GES, de -0,8 % seulement (soit -2,9 Mt CO2e) par rapport à l’année précédente.

Cette baisse se situe très en deçà du rythme nécessaire pour atteindre les objectifs de la période 2022 à 2030, fixés à environ -5 % par an dans la version provisoire de la Stratégie nationale bas carbone 3 (SNBC3), actuellement en phase de concertation. Par ailleurs, elle est surtout portée par deux secteurs en difficulté, l’industrie manufacturière et de construction qui affichent une réduction de -1,4 Mt CO2e (-2,2 %). Les transports toujours compliqués à décarboner économiseraient seulement 1,3 Mt CO2e (-1 %). L’usage des bâtiments, l’agriculture et la production d’énergie verraient leurs émissions stagner entre 2024 et 2025.

Le raffinage du pétrole au beau fixe

Le recours aux énergies fossiles pour la production d’électricité décline légèrement durant le premier semestre 2025, entraînant une réduction relative des émissions (-0,2 Mt CO2e, soit -3 %) par rapport au même semestre 2024. Mais les émissions produites par l’activité de raffinage de pétrole ont augmenté dans le même temps de 14 % au premier trimestre 2025 par rapport à l’année passée. Ces résultats confirmeraient le ralentissement de la dynamique déjà observée ces dernières années, après de « fortes » baisses observées en 2022 et en 2023 (-3,9 % et -6,8 %), indique le Citepa.

Du côté des polluants atmosphériques, les évolutions diffèrent selon leur nature : -4 % (-1,5 kt) au premier semestre 2025 pour le dioxyde de soufre, -0,6 % (-0,3 kt), pour le plomb, +1 % (+8 kt) pour le monoxyde de carbone, +2,5 % (+2 kt) pour les particules fines [PM2,5].

Nadia Gorbatko, journaliste
Rédactrice spécialisée

Les émissions de CO2 devraient très légèrement baisser en France en 2025, très loin du rythme pour atteindre les objectifs climatiques

Cette baisse de 0,8 %, est « très en deçà du rythme nécessaire pour atteindre les objectifs de la période 2022-2030, fixés à environ − 5 % par an », estiment les experts du Citepa. 

Le Monde avec AFP

Publié aujourd’hui à 08h06, modifié à 09h32 https://www.lemonde.fr/planete/article/2025/10/10/les-emissions-de-gaz-a-effet-de-serre-baissent-tres-legerement-en-france-cette-annee_6645582_3244.html

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A Mulhouse, le 21 janvier 2023.
A Mulhouse, le 21 janvier 2023.  SEBASTIEN BOZON / AFP

Les prévisions d’émissions de gaz à effet de serre de la France ont été laissées inchangées pour 2025, avec toujours une « faible diminution », projetée à 0,8 % par les experts du Centre interprofessionnel technique d’études de la pollution atmosphérique (Citepa), vendredi 10 octobre. Cette baisse, écrit cette association, chargée par le gouvernement de calculer les émissions, dans son « baromètre » trimestriel, est « très en deçà du rythme nécessaire pour atteindre les objectifs de la période 2022-2030, fixés à environ  5 % par an ». Cet objectif est au cœur de la « Stratégie nationale bas-carbone (SNBC) » de l’exécutif, qui en élabore une troisième version depuis 2024, afin de respecter les engagements internationaux du pays.

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« Cette faible diminution des émissions de gaz à effet de serre confirmerait le ralentissement de la dynamique observée ces dernières années », a souligné le Citepa, chargé de cette évaluation par le gouvernement. Après les succès de 2022 et 2023 (− 3,9 % et − 6,8 %), rappellent-ils, la France avait moins bien réussi en 2024 ( 1,8 %). Les émissions brutes françaises (hors puits de carbone) devraient atteindre 366 millions de tonnes équivalent CO2 (MtéCO2) cette année.

Transports routiers

Les transports routiers, qui pèsent le plus avec un tiers environ des émissions, devraient abaisser les leurs de 1 %. C’est mieux que l’agriculture (− 0,3 %, pour un cinquième des émissions), mais moins bien que l’industrie et BTP (− 2,2 %, pour un sixième des émissions). Moins importants, les bâtiments résidentiels et de bureau devraient voir leurs émissions augmenter (+ 0,2 %), tandis que celles du traitement des déchets devraient stagner.

« Les fortes baisses entre 2022 et 2024 s’expliquaient notamment par la réduction des émissions associées à la production d’électricité et l’évolution du mix énergétique », explique le Citepa. Cet effet atteint ses limites en 2025, avec un recours au nucléaire « historiquement élevé » au second semestre, précise encore l’association. Les émissions du secteur énergétique avaient chuté de 7 % en 2023 puis de 4 % en 2024.

Dans le transport routier, « par rapport à l’édition de juin 2025, les prévisions sont réévaluées à la baisse, et notamment au troisième trimestre », note le Citepa. Les experts disent toutefois manquer d’estimations pour les transports maritimes et aériens.

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*Les émissions de gaz à effet de serre mondiales continuent leur progression, malgré une baisse en Chine

Les rejets carbonés mondiaux croissent toujours. Mais, contrairement aux dernières années, les émissions de gaz à effet de serre sont en hausse au premier semestre dans l’Union européenne et aux Etats-Unis, tandis qu’elles baissent en Chine. 

Par Audrey Garric

Publié le 01 septembre 2025 à 06h00, modifié le 01 septembre 2025 à 08h16 https://www.lemonde.fr/planete/article/2025/09/01/les-emissions-de-gaz-a-effet-de-serre-continuent-leur-progression-malgre-les-bons-chiffres-chinois_6637986_3244.html

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Vue aérienne d’une centrale photovoltaïque hybride, dans la province d’Anhui (Chine), le 23 juillet 2025.
Vue aérienne d’une centrale photovoltaïque hybride, dans la province d’Anhui (Chine), le 23 juillet 2025. CFOTO/NURPHOTO VIA AFP

Le déchaînement de catastrophes climatiques durant l’été, entre les canicules et les incendies en Europe et la mousson meurtrière au Pakistan et en Inde, va-t-il déboucher sur une accélération de l’action climatique ? Les dernières données sur les émissions de gaz à effet de serre, responsables du réchauffement, ne laissent rien présager de tel. Elles auraient augmenté de 0,7 % au premier semestre, comparativement à la même période en 2024, selon les chiffres provisoires du consortium international de scientifiques Carbon Monitor.

« Nous ne sommes pas surpris de cette progression globale des émissions, qui est conforme au rythme des dernières années – mais moindre que lors de la décennie précédente. Le monde continue de consommer davantage d’énergies fossiles », réagit Philippe Ciais, directeur de recherche au Laboratoire des sciences du climat et de l’environnement et l’un des membres du consortium. Selon ces chercheurs, les rejets carbonés avaient déjà progressé de 0,9 % en 2024.

Les évolutions régionales du premier semestre sont en revanche « étonnantes », poursuit le climatologue. Les résultats de Carbon Monitor révèlent une inversion de tendances entre les principaux émetteurs. Contrairement aux dernières années, où l’Union européenne (UE) et les Etats-Unis apparaissaient comme les bons élèves, désormais, les émissions seraient en hausse dans l’UE (+ 4,6 %) et outre-Atlantique (+ 4,2 %) et en baisse en Chine (− 2,7 %), ainsi qu’en Inde (− 2,2 %). Le cercle de réflexion Climate Trace, soutenu par l’ancien vice-président américain Al Gore, donne les mêmes tendances (avec des valeurs différentes), à l’exception de l’Inde, dont les émissions augmenteraient.

Le recul chinois se révèle, quant à lui, bien établi et significatif, venant du premier pollueur de la planète (avec environ un tiers des émissions mondiales). « Cette baisse poursuit une tendance entamée en mars 2024 », rappelle Lauri Myllyvirta, analyste au Centre pour la recherche sur l’énergie et la propreté de l’air (CREA) et à l’Institut Asia Society Policy, qui a de son côté compilé des chiffres quelque peu inférieurs : − 1 % au premier semestre, dont − 3 % pour la production d’énergie. Il anticipe également une réduction des émissions chinoises sur l’ensemble de l’année.

Hausse des énergies propres

Ces relativement bons résultats sont à mettre sur le compte de la hausse « massive » des énergies « propres », essentiellement du solaire, mais aussi de l’éolien et du nucléaire, depuis 2023. Les capacités photovoltaïques installées au premier semestre, qui se sont établies à des niveaux record (212 gigawatts, le double du premier semestre 2024), ont permis à elles seules de répondre à la forte hausse de la demande électrique – équivalente à la production d’électricité de toute la Turquie. En mai, avant un changement de politique sur les prix, 100 panneaux étaient installés chaque seconde dans le pays !

Ce boom des énergies « propres » a entraîné une baisse de l’usage du charbon dans le secteur énergétique chinois (− 3,4 %), selon l’analyse de Lauri Myllyvirta publiée sur le site Carbon Brief. Les secteurs des matériaux de construction et de la métallurgie sont également en retrait, en raison d’une contraction du BTP. Mais, dans le même temps, la Chine continue de construire des centrales à charbon à tour de bras. Un record de 80 à 100 gigawatts de nouvelles capacités est attendu en 2025 « pour garantir une production d’électricité suffisante et contrôlable pendant les pics de consommation, même si la Chine pourrait faire autrement », explique Lauri Myllyvirta.

La baisse des émissions va-t-elle se poursuivre en 2026, signifiant que la Chine aurait rempli son objectif d’atteindre le pic de ses rejets avant 2030 ? « La grande question est de savoir si la croissance des énergies propres se poursuivra aux taux record de 2023-2025. Ce niveau est suffisant pour couvrir l’ensemble de la croissance de la demande énergétique et donc pour réduire l’utilisation des combustibles fossiles », assure l’expert.

Mauvaise passe américaine

A l’opposé, le principal rival économique de la Chine, les Etats-Unis, deuxième émetteur mondial, a relâché ses efforts. L’administration Trump, ouvertement climatosceptique, n’a de cesse de détricoter les réglementations environnementales, de favoriser les énergies fossiles et d’entraver les renouvelables. Résultat : le recours au charbon et au gaz a progressé au premier semestre. L’agence américaine d’information sur l’énergie (EIA) anticipe désormais une hausse des émissions américaines de 1,6 % sur l’ensemble de l’année, soit la deuxième plus forte progression depuis dix ans, hors rebond dû au Covid-19.

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Cette mauvaise passe pourrait prendre fin dès 2026, alors qu’une baisse des émissions de 1,1 % est attendue par l’EIA en 2026. « Le charbon n’est pas compétitif face au solaire, qui continue sa forte progression, explique Rachel Cleetus, de l’organisation Union of Concerned Scientists. Mais même une seule année de hausse des émissions est alarmante, alors que le changement climatique est un problème d’accumulation des gaz à effet de serre dans l’atmosphère. »

Autre point noir : les émissions de l’Union européenne. Les dernières données d’Eurostat montrent également une hausse de 3,4 % au premier trimestre, comparativement à la même période en 2024. Cette tendance s’observe dans 20 Etats membres, dont six ont vu leurs rejets carbonés croître de plus de 5 % (notamment la Bulgarie, la République tchèque, Chypre et la Pologne). En France, le Centre interprofessionnel technique d’études de la pollution atmosphérique a noté une très légère hausse (+ 0,2 %).

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Selon le CREA, cette hausse est essentiellement liée à des températures plus fraîches en février et mars par rapport à 2024. La production de charbon a aussi augmenté au premier trimestre. Ces chiffres « inquiétants » soulignent la nécessité d’accélérer la décarbonation des transports et des modes de chauffage à travers le Vieux Continent et d’accroître la production de renouvelables, plaide Sven Harmeling, chargé du climat au Climate Action Network Europe. « On s’attend tout de même à une baisse des émissions européennes sur l’ensemble de l’année », indique Philippe Ciais.

Le cas indien est plus complexe à analyser. Les résultats de Carbon Monitor (une baisse de 2,2 % en raison d’une moindre consommation dans le secteur résidentiel, pour le chauffage et la climatisation) sont très incertains. Le CREA, de son côté, s’attend à une diminution des émissions du secteur énergétique, grâce à « une réduction de la croissance de la demande et à un ajout record d’énergies propres », mais pas à une baisse des rejets de l’ensemble du pays, indique Lauri Myllyvirta.

Les pays doivent présenter de nouveaux plans pour le climat, plus ambitieux, d’ici à la COP30, qui se tiendra en novembre à Belem, au Brésil. Dans l’immédiat, seulement 29 l’ont fait. Manquent à l’appel nombre de grands émetteurs, dont la Chine et l’UE. Il y a pourtant urgence, alors que 2025 s’annonce comme l’une des années les plus chaudes jamais enregistrées.

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Audrey Garric

Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

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