Le futur hôpital commun Tarbes-Lourdes à mi chemin à Lanne, en gestation depuis 20 ans !

La concertation préalable à l’Enquête d’Utilité Publique sur le projet d’hôpital unique à Lanne (Mai-Juillet 2024)

En ligne le débat public ( La Commission nationale de débat public-CNDP)

https://www.registre-numerique.fr/nouvel-hopital-tarbes-lourdes/documents?fbclid=IwZXh0bgNhZW0CMTEAAR1mJ0PIYY3aBwum-Y2CBf6q5fzzo_BzlKwV4MlOndAOTH0tpK2LE846C2k_aem_AlLYHnlgifwxgoEmbj0x-w

Résumé:

Les enseignements clefs de la concertation préalable

Synthèse Le Centre Hospitalier Tarbes-Lourdes envisage la modernisation des hôpitaux de Tarbes et de Lourdes, afin de maintenir une offre publique de soins qualitative et pérenne dans le département des Hautes-Pyrénées(65). Au cours des dernières années, il a envisagé 3 scénarios d’évolution possibles : – Réhabilitation du site actuel de Tarbes (à la Gespe) et mise aux normes sismiques du site de Lourdes ; – Regroupement des deux établissements à Tarbes (à La Gespe) ; – Construction d’un nouvel hôpital sur un site commun sur la commune de Lanne.

La présente concertation préalable porte sur le scenario préférentiel (pour le maître d’ouvrage) de la construction d’un hôpital commun sur la commune de Lanne (à mi-distance entre Tarbes et Lourdes) en remplacement des deux hôpitaux existants sur Tarbes et sur Lourdes.

En application de l’article L121-17 du Code de l’environnement, eu égard aux montants financiers annoncés dans le dossier de sollicitation (évalués à environ 340 M€), et en co-saisine avec le Conseil Départemental des Hautes-Pyrénées, le Centre Hospitalier Tarbes-Lourdes a saisi, de manière volontaire, la Commission Nationale du Débat Public en septembre 2023. L’instruction du dossier en réunion plénière du 4 octobre 2023 a conduit la CNDP à décider de l’organisation d’une concertation préalable du public sous l’égide de deux garant.e.s pour une mission de prescription, encadrée par une lettre de mission en date du 6 octobre 2023, afin de veiller aux principes fondateurs de la participation du public.

Cette concertation préalable d’une durée de plus de deux mois (73 jours, du 13 mai au 24 juillet 2024) a permis une relativement large mobilisation du public, ainsi qu’une information par des moyens diversifiés (publications règlementaires, dossier de concertation, site internet, dépliants, affiches, registres papier et numérique, exposition mobile…), tenant compte des prescriptions des garant.e.s issues de leur étude de contexte. Les vingt-deux temps d’échange ont donné lieu à une prise de parole régulière et diversifiée de la part d’un large panel d’« acteurs» concernés (citoyens, professionnels et acteurs de la santé, élus des territoires, représentants des syndicats professionnels, associations et collectifs divers, partis politiques, représentants institutionnels…).

L’information relative à la concertation et au projet de nouvel hôpital commun Tarbes-Lourdes a été relayée largement par différents médias locaux (journaux locaux, radios locales, affichages, distributions de dépliants…).

Les enseignements clefs de la concertation préalable

Le choix du porteur du projet Centre Hospitalier Tarbes-Lourdes (CHTL pour le compte des 2 maîtres d’ouvrage) d’engager cette concertation « préalable » sur la base d’un soutien affirmé pour un site préférentiel d’implantation du projet à Lanne, a donné au public l’impression de limiter singulièrement l’éventail des variantes de scénarios possibles ou imaginables et des lieux d’implantation du projet. Le public a souvent mentionné qu’il lui semblait que la décision était déjà prise et que le processus de concertation était un alibi dénué de sincérité. Ce choix affirmé d’un hôpital commun à Lanne a suscité de nombreuses réactions, questions, mises en cause, et controverses et d’un autre côté a mobilisé pour une participation active et déterminée.

S’appuyant sur leur étude du contexte réalisée entre novembre et janvier 2024, les garants ont remis leurs préconisations aux porteurs de projet le 16 janvier 2024. Celles-ci ont été reprises en grande partie dans les propositions du Maître d’ouvrage pour la mise en œuvre de la concertation préalable.

Dans le cadre des dispositifs de contributions mis en place, et conformément à la préconisation des garants, le porteur de projet (CHTL) a pris soin de répondre aux questionnements formulés (y compris en différant certains éléments de réponse) eu égard aux informations disponibles et communicables.

Il convient de noter que le maître d’ouvrage (sous l’insistance des garants), a mis en place, en milieu de processus, la possibilité pour le public de formuler des scénarios alternatifs soit lors des débats soit dans les contributions, en indiquant que son argumentaire en réponse après évaluation, serait formulé à l’occasion de sa réponse au bilan des garants. Il a également indiqué qu’il maintiendrait un dispositif d’information/concertation au moins jusqu’à l’enquête publique.

Sur la base de l’analyse des verbatims de réunions, les nombreux points abordés par le public relèvent des thèmes principaux suivants : – Accès aux soins et maillage territorial, – Articulation avec la médecine de ville, – Attractivité pour les professionnels, – Avenir des sites de Tarbes et Lourdes, – Comparaison scénarios étudiés, – Effets sur l’environnement, – Evolution/qualité offre de soins – Financements et aspects économiques – Modalités de concertation, – Nouveaux scénarios et variantes.

Il ressort de la concertation un consensus sur le fait que la situation actuelle du centre hospitalier de Tarbes Lourdes est insatisfaisante et coûteuse (déficit chronique), et marqué par un manque d’attractivité. Des inquiétudes persistent sur le passage de 2 à 1 hôpital, sur le départ des urgences des centres-villes et l’éloignement de 10 minutes supplémentaires des vallées. Le public a insisté sur l’importance de maintenir des services de soins de proximité, surtout dans les vallées et zones rurales. La fermeture de l’hôpital de Lourdes a été perçue comme problématique, augmentant les délais d’intervention pour les urgences.

La concertation a mis en avant l’importance de garantir des soins accessibles à tous passant aussi par une meilleure coordination entre l’hôpital et les professionnels de santé libéraux pour assurer une continuité des soins.

Sur le volet financier, des questions sur les coûts (directs et induits) et le potentiel de la réhabilitation sur place du site de la Gespe restent posées. Le public a exprimé des regrets sur le sous-investissement passé sur le site de Tarbes et sur les difficultés à faire émerger un projet, puisque le projet soumis à la concertation a mis plus de 16 ans à se faire jour.

Le projet à Lanne est vu comme cohérent médicalement par certains, mais des interrogations sur la durabilité et l’impact environnemental ont été formulées. La consommation de zones naturelles et agricoles a été critiquée, et des solutions pour minimiser l’impact environnemental sont demandées. Le fait de consommer 16 hectares de zones naturelles et agricoles et d’éloigner l’hôpital des centres villes est jugé comme à contre-temps et non réglementaire eu égard aux enjeux climat et biodiversité.

Le public estime que le projet doit intégrer des mesures pour réduire les nuisances en phase de travaux et en fonctionnement.

Les garants de la concertation ont recommandé une transparence et une communication accrues, avec une information accessible à tous les publics. Les scénarios alternatifs proposés par le porteur de projet doivent être évalués, et les contributions du public doivent être prises en compte de manière visible.

Quatre scenarios alternatifs et quelques propositions d’autres localisations pour un hôpital modernisé ont été formulées par le public.

A l’issue de cette concertation, le lieu d’implantation continue à faire débat.

En outre, rappelons que le présent bilan sera mis en ligne sur le site internet de la concertation, tout comme les réponses de la maîtrise d’ouvrage qui seront apportées dans les 2 mois (avant le 24 octobre).

Enfin la maitrise d’ouvrage a précisé que l’ensemble des éléments du dossier resterait disponible pendant un an sur le portail internet de la concertation du centre hospitalier.

Les principales demandes de précisions et recommandations des garant.e.s formulées à l’issue de la concertation préalable

Le tableau ci-dessous présente les principales demandes de précisions et recommandations que les garant.e.s formulent à la fin de la présente concertation préalable. Les responsables du projet, lorsqu’ils vont publier leur réponse à ce bilan avec les enseignements de la concertation, sont invités à répondre à ces différents points. Le tableau transmis aux maîtres d’ouvrage pour répondre aux demandes des garant.e.s est joint en annexe 1.

Tableau des demandes de précisions et/ou recommandations

Suite(s) à donner à des interrogations ayant émergé mais n’ayant pas trouvé de réponse sur les huit thématiques suivantes. Toutes ces questions sont détaillées dans ce bilan en partie 4.1 etdevront faire l’objet de réponses exhaustives de la part du maître d’ouvrage.

-Le CHTL devra analyser les nouveaux scénarios proposés par le public, selon les critères sociaux, techniques, environnementaux et économiques. -Un consensus a émergé sur la pertinence de centres de soins non programmés pour désengorger lesurgences. Des réponses aux propositions et/ou questions formulées par le public, méritent d’être précisées par le porteur de projet à ce sujet. -Sur le volet financier, le public attend des éléments chiffrés détaillés sur le coût global (direct et indirect) du projet de construction d’un hôpital commun à Lanne. Le public attend qu’il soit précisé le maintien ou non du financement par l’Etat pour les différents scénarios comparés. -Mettre à disposition du public les diagnostics environnementaux réalisés par les bureaux SCE etAMIDEV et l’étude relative aux solutions de raccordement et de traitement des eaux usées via le site internet de la concertation sans délais. -Mettre à disposition les analyses de trafic accompagné d’une note de synthèse sur les enseignements que le porteur de projet en tire. -Le CHTL devra préciser ses engagements en matière de prévention des nuisances en phase chantier et fonctionnement en réponse aux contributions du public lors de l’atelier à Lanne du 26/6. -Le CHTL devra préciser ses engagements en matière de conditions de travail du personnel hospitalier en intégrant les questions du public mentionnées en partie 3.1 du présent bilan (sous-paragraphe attractivité pour les professionnels). -Des fiches thématiques synthétiques devront être mises en ligne sur le site de la concertation portant sur : – La gestion des urgences sur le département dans le cadre du projet de modernisation de l’hôpital ; – Le coût global, direct et indirect du projet d’hôpital commun à Lanne et sa comparaison aux autres scenarios ; – Les engagements pris pour un chantier à moindres impacts ; – Les engagements et réponses aux questions/ propositions du public lors de l’atelier à Lanne sur les impacts sur la commune.

Recommandations portant sur les modalités d’association du public, sur la gouvernance du projet, sur la prise en compte des avis des participant.e.s. Toutes ces recommandations sont détaillées dans ce bilan en partie 4.2.

Le site internet de la concertation devra être maintenu en ligne et disponible pour le public, au minimum pendant un an et jusqu’à l’ouverture de l’enquête publique (comme annoncé par le maître d’ouvrage).

L’évaluation environnementale du projet d’hôpital commun à Lanne devra intégrer les réponses auxquestions et observations du public évoquées dans les thèmes mentionnés au paragraphe 3.1 duprésent bilan (modalités d’information et de participation du public, opportunité du projet, comparaison des scenarios, alternatives au projet, accès au soin et maillage territorial, évolution/qualité offre de soins, articulation avec la médecine de ville, attractivité pour les professionnels, effets sur l’environnement,avenir des sites de Tarbes et Lourdes, financement et aspects économiques). Elle devra être mise à disposition du public via le site internet de la concertation jusqu’à l’enquête publique.

En cas de décision de poursuivre le projet de construction à Lanne, le MO devra mettre en place (avec les collectivités territoriales concernées) une concertation sur le devenir des deux sites existants, et communiquer les avancées et/ou prises de décisions par le comité de pilotage Préfecture-ARS sur ce sujet.

Le CHTL devra expliquer sa décision de poursuivre le projet (tel que présenté ou intégrant desévolutions de la concertation, et/ou lancer les études complémentaires utiles et /ou suspendre le projet ou relancer le processus sur un nouveau projet).

Il devra expliquer et rendre public via le site de la concertation à mimima : -Comment le CHTL et le conseil départemental vont prendre leur décision ; -Quelle forme prendra la concertation jusqu’à l’enquête publique.

Il est suggéré la mise en place d’une concertation continue jusqu’à l’enquête publique permettant entre autres la participation des professionnels de santé libéraux. Sachant que cette concertation continue peut être mise en œuvre, à la demande du maître d’ouvrage, avec les conseils en appui de la CNDP, conformément à l’article L121-16-2 du Code de l’Environnement.

Il est suggéré de renforcer durant la concertation continue l’information de tous les publics y compris pour les personnes les plus « éloignées » des sphères décisionnelles.

Bilan plus détaillé mais seulement des extraits de la consultation des garants:

Les propositions du public, à savoir : – Site de l’hôpital de Tarbes transformé en gérontopôle, pôle mère-enfant, rééducation fonctionnelle, crèche, télémédecine, accueil des familles de patients ; – Site de l’hôpital de Lourdes : • Maintien d’un service d’urgences ou a minima d’un centre de soins non-programmées ;• Antenne SAMU/SMUR ; • Création d’une unité de soins palliatifs ; • Aire de stationnement en entrée de ville ; • Logements sociaux, n’ont pas fait l’objet de réponse du porteur de projet.

L’avenir définitif des sites des hôpitaux existants de Tarbes et Lourdes n’étant pas déterminé, le CHTL a renvoyé ce sujet vers le groupe de travail dédié existant au sein du Comité de Pilotage Préfecture-ARS pour évaluer les options possibles.

Financement et aspects économiques Comme expliqué ci-avant le budget d’investissement et les aides financières octroyées ont été mis à disposition du public via l’étude comparative des différents scenarios. Le montant des crédits d’État et Régionaux a été précisé : 162 millions d’euros de l’État et 48 millions d’euros de l’ARS. Le CHTL ne dispose pas de capacité d’autofinancement et doit recourir à des emprunts bancaires pour financer le projet

Le public ayant souhaité une justification de la comparaison des coûts de réhabilitations à celui de la construction d’un hôpital neuf sur Lanne, le CHTL a mis à disposition une synthèse de l’étude comparative des coûts des travaux des trois scenarios.

Le CHTL a indiqué prendre en compte dans les investissements les coûts d’infrastructure (Voiries et réseaux divers (dont assainissement), gros œuvre, second œuvre routes, études techniques, indemnisations, raccordements, provisions pour aléas et acquisition de terrains), avec une contribution potentielle aux collectives compétentes. L’acquisition des terrains est budgétée à hauteur de 350 000 €.

Le porteur de projet a aussi précisé que : – Les coûts de gestion des deux anciens sites avant revente (en particulier désamiantage de l’hôpital de Tarbes) sont compensés par le coût de rachat ; – Le coût de gardiennage du site de Tarbes après fermeture de l’hôpital est intégré dans les projections financières ; – Les plans d’équipements en acquisition et en transfert sont en cours d’élaboration pour les équipements structurants comme l’IRM et le scanner ; – La gestion des fonds : Disponibilité alignée avec les décaissements de l’établissement a été validéepar le Comité National de l’Investissement en Santé.

Au questionnement « pourquoi le financement de l’État s’applique-t-il uniquement au projet de Lanne ? » et aux critiques sur la tarification à l’activité, le CHTL a répondu que cette concertation n’a pas vocation à faire évoluer les règles de financement de la santé.

Sur le volet économique, la construction du nouvel hôpital à Lanne mobiliserait certainement le tissu économique local et régional. L’impact économique serait mesurable après la désignation des entreprises responsables des travaux.

Évolution du projet résultant de la concertation (le cas échéant):

Le maître d’ouvrage (direction de l’hôpital Tarbes Lourdes) s’est d’ailleurs engagé (y compris lors de la réunion de clôture) à étudier et évaluer ces autres scénarios avancés par le public, et à donner ses éléments de réponse dans sa décision finale, en réponse au bilan des garants CNDP

Toutefois, il a précisé qu’il étudierait les contre-propositions qui comprendraient une description du projet médical, la présentation de la localisation et du dimensionnement des sites, ainsi qu’une approche financière.

Cette étude s’appuiera selon la proposition du CHTL sur les critères suivants : – Réponse aux enjeux de soins du territoire ; – Acceptabilité par le comité national de l’investissement en santé ; – Caractéristiques techniques ; – Risques possibles ; – Évolutivité ; – Localisation ; – Accessibilité ; – Réseaux disponibles et et/ou à proximité ; – Paysage ; – Environnement ; – Enjeux fonciers.

Lors du forum de clôture, le CHTL s’est engagé à travers sa réponse au bilan des garants de la CNDP de justifier sa décision relative aux modalités de modernisation des hôpitaux. Les quatre options possibles sont : – Poursuivre le projet d’hôpital à Lanne tel qu’il a été présenté ; – Poursuivre le projet d’hôpital à Lanne en intégrant des évolutions issues de la concertation ; – Lancer les études complémentaires utiles à la décision ; – Suspendre le projet ou relancer le processus sur un nouveau projet.

A cet effet, le porteur de projet s’est engagé à expliciter : – Comment la décision sera prise ; – Comment il entend informer le public de sa décision ; – Quelle forme prendra la concertation jusqu’à l’enquête publique.

Précisions à apporter de la part du responsable du projet:

Certaines interrogations et arguments qui ont émergé durant le débat, n’ont pas encore fait l’objet d’une réponse par le responsable du projet ou bien la réponse était incomplète. Ainsi, les garants demandent que des précisions soient apportées sur les thèmes suivantes : – Les centres de soins non programmés ; – Les éléments financiers ; – Les diagnostics et études environnementales ; – Les analyse de trafics ; – La prévention des nuisances en phase chantier ; – Les engagements relatifs aux conditions de travail ; – La mise à disposition de fiches synthétiques.

A cet effet, ils formulent huit recommandations.

Recommandation 1 : Analyser les nouveaux scénarios et variantes proposés par le public, selon les critères sociaux, techniques, environnementaux et économiques, pour une publication des enseignements tirés dans un délai de deux mois après la parution du bilan de la concertation des garants.

Recommandation 2 : Un consensus a émergé sur la pertinence des centres de soins non programmés pour désengorger les urgences. Des réponses aux propositions et/ou questions suivantes formulées par le public, méritent d’être précisées par le porteur de projet : – Quelles propositions pour renouer la communication entre l’hôpital et les libéraux, fortement détériorée ces dernières années, notamment avec les infirmières en réponse au besoin de facilitation à l’accès au dossier médical du patient ? – Quelles solutions concrètes pour une collaboration renforcée et facilitée avec les médecins et infirmiers libéraux pour une continuité des soins ? – Quelles possibilités d’intervention des libéraux dans les hôpitaux ?

Recommandation 3 : Sur le volet financier, apporter des éléments chiffrés détaillés pour répondre aux questions du public sur le coût global (direct et indirect) du projet de construction d’un hôpital commun à Lanne et comprenant les coûts portés par les collectivités territoriales (notamment voiries et aménagements, raccordement et traitement des eaux usées, solutions de transport en commun et de mobilités douces, coûts induits par l’arrêt d’activité dans les bâtiments existants de Tarbes et Lourdes). Il est aussi nécessaire de préciser le maintien du financement par l’Etat pour les différents scenarios comparés.

Recommandation 4 : Des diagnostics ont été réalisés par les bureaux SCE et AMIDEV pour compléter l’étude d’impact environnemental, prévue pour septembre 2024. Une étude est en cours concernant les solutions de raccordement et de traitement des eaux usées sous la responsabilité de la CATLP. Il convient de mettre à disposition du public ces diagnostic et étude via le site internet de la concertation sans délais.

Recommandation 5 : Le maître d’ouvrage devra mettre à disposition les analyses de trafic, tel que souhaité par le public, accompagné d’une note de synthèse sur ses enseignements.

Recommandation 6 : Préciser les engagements du CHTL de prévention des nuisances en phase chantier (circulation des engins et du personnel de chantier, gestion des ruissellements d’eaux pluviales notamment avec un focus sur le risque d’inondation du fait de crues récurrentes de la Geüne en aval du site, site de réception des excavations, coupe d’arbres…) et en fonctionnement en réponse aux retours du public lors de l’atelier à Lanne du 26/6.

Recommandation 7 : Préciser les engagements du CHTL en matière de conditions de travail du personnel hospitalier en intégrant les questions du public mentionnées en partie 3.1 du présent bilan (sous-paragraphe attractivité pour les professionnels).

Recommandation 8 : Synthétiser dans des fiches thématiques, les réponses qui ont été apportées pendant la concertation sur les sujets de questionnement et/ou de préoccupation récurrent à savoir : – La gestion des urgences sur le département dans le cadre du projet de modernisation de l’hôpital ; – Le coût global, direct et indirect du projet d’hôpital commun à Lanne et sa comparaison aux deux autres scenarios (centralisation à La Gespe ou rénovation des deux hôpitaux) ; – Les engagements pris pour un chantier à moindre impact, – Les engagements et réponses aux questions/ propositions du public lors de l’atelier à Lanne sur les impacts sur la commune.

Ces fiches ont pour objectif de centraliser et de structurer les réponses apportées par le CHTL et le Conseil Départemental, pour un accès équitable à l’information de tous.

4-2 Recommandations des garant.e.s pour garantir le droit à l’information et à la participation du public suite à cette concertation, et notamment jusqu’à l’ouverture de l’enquête publique Pour garantir le droit à l’information et à la participation du public suite à cette concertation, et notamment jusqu’à l’ouverture de l’enquête publique, les garants formulent ces six recommandations.

Recommandation 9 : Maintenir le site internet de la concertation en ligne et disponible pour le public, au minimum pendant un an et jusqu’à l’ouverture de l’enquête publique.

Recommandation 10 : Une évaluation environnementale du projet d’hôpital commun à Lanne inclura une analyse détaillée des impacts potentiels du projet sur l’environnement, conformément aux prescriptions légales. Elle devra intégrer les réponses à toutes les questions du public mentionnées au paragraphe 3.1 du présent bilan (sous- paragraphe « effets sur l’environnement »). Elle devra être mise à disposition du public, dès finalisation, via le site internet de la concertation jusqu’à l’enquête publique.

Recommandation 11 : En cas de décision de poursuivre le projet de construction à Lanne, associer les collectivités territoriales concernées à la mise en place d’une concertation sur le devenir des deux sites actuels avec les habitants et acteurs du territoire pour aboutir à une solution concertée et adaptée aux besoins locaux.)

Au fur et à mesure de l’avancement des réflexions sur le devenir des sites actuels des hôpitaux de Tarbes etLourdes, conduites en comité de pilotage Préfecture-ARS, informer le public des avancées et des prises de décisions éventuelles.

Présentation du rapport sur le débat public par « l’association de sauvegarde des hôpitaux et de la santé dans les Hautes-Pyrénées »

Le CHTL devra analyser les nouveaux scénarios proposés par le public, selon les critères sociaux, techniques, environnementaux et économiques ».
Retrouvez notre nouveau tract sur le bilan de la concertation de la CNDP :

Hautes-Pyrénées – Nouvel hôpital de Tarbes-Lourdes : où en est-on ?

01 août 2024 https://www.lasemainedespyrenees.fr/hautes-pyrenees-nouvel-hopital-de-tarbes-lourdes-ou-en-est-on/?uid=vpid&q_ressource_uri=https://www.lasemainedespyrenees.fr/hautes-pyrenees-nouvel-hopital-de-tarbes-lourdes-ou-en-est-on/&widget=viewpay&success=true

 Lecture 15 minute(s)

Jean Salomon, Préfet des Hautes-Pyrénées, s'est exprimé sur l'enjeu pour le département de ce nouvel équipement de santé.

Jean Salomon, Préfet des Hautes-Pyrénées, s’est exprimé sur l’enjeu pour le département de ce nouvel équipement de santé.

Par Séverine Cuesta 

Le Centre hospitalier Tarbes-Lourdes a organisé une concertation préalable afin de consulter les habitants des Hautes-Pyrénées sur le projet de création d’un nouvel hôpital. La consultation a eu lieu du 13 mai au 24 juillet et 797 personnes ont participé. La Semaine fait le point dans cet article avec les différents protagonistes.

Suite à la consultation publique, le Préfet Jean Salomon livre son sentiment sur l’enjeu crucial que pourrait être le nouvel hôpital de Tarbes-Lourdes à Lanne, « moteur » de l’offre de soins des Hautes-Pyrénées.

L’avis du préfet Jean Salomon

La Semaine : La consultation publique du nouvel hôpital de Tarbes-Lourdes s’est terminée le 24 juillet. Le compte-rendu sera livré en octobre. Quelles sont vos premières impressions suite à la consultation ?

Jean Salomon : « Le sujet a suscité de l’intérêt et il y a eu beaucoup de réunions. C’est un sujet clivant sur le territoire mais il faut distinguer que 50 mêmes personnes qui viennent à la vingtaine de réunions, ce n’est pas 1000 avis contre. Ce qui est important, c’est que tous les avis soient retracés par la Commission nationale du débat public (CNDP). Elle a maintenant jusqu’à octobre, donc deux mois pour faire son compte-rendu qui tiendra compte des avis et de l’ambiance. J’ai constaté depuis que je suis arrivé à l’été 2022 que tout le monde n’avait pas connaissance du projet. C’est pour cela que j’ai créé, avec le DG ARS, un comité de pilotage que l’on co-préside qui comprend 3 groupes de travail. Le premier est consacré au projet immobilier, le deuxième, au projet médical d’établissement qui gère la transition entre les hôpitaux actuels et la nouvelle structure hospitalière en fédérant les équipes. Enfin, le troisième prend en compte le devenir des 2 sites des hôpitaux actuels lorsque le nouvel hôpital sera livré. »

Les opposants vous reprochent d’avoir privilégié le scénario de construction d’un nouvel hôpital de Lanne…

« Faire des travaux en site occupé, c’est très compliqué, en règle générale. Encore plus dans un hôpital, lorsqu’il y a des normes sanitaires à respecter. Par expérience, j’ai constaté que lorsqu’il y a des travaux sur un site hospitalier, des médecins partent et c’est très difficile ensuite de les faire revenir sur le nouvel équipement. Faire du neuf sur du vieux, ce n’est pas pleinement satisfaisant, ne serait-ce qu’au niveau des normes incendie qui diffèrent selon qu’il s’agisse d’une construction ou d’une réhabilitation. De déménager un bloc de radiologie et un service d’urgences, c’est très compliqué. Par exemple, à Tarbes, le service des urgences et de radiologie sont à l’opposé, alors que la radiologie devrait être à côté des urgences car ces deux services sont liés dans leur fonctionnement. Se dire demain que construire un nouvel équipement, oui, bien sûr, cela aura un coût mais je considère que la santé n’a pas de prix. C’est également écoresponsable en terme de déplacement d’avoir un seul site. L’hôpital et le personnel des 2 hôpitaux ont pu s’exprimer. Ils attendent beaucoup de ce nouvel hôpital car leurs conditions de travail sont actuellement difficiles. Si on avait choisi de rénover les 2 hôpitaux de Tarbes et Lourdes, cela aurait impliqué que, pendant que l’un est mis aux normes, l’autre n’aurait pas pu de toute façon absorber ni en volume, ni en technique l’autre. »

Quelle articulation prévoyez-vous entre le nouvel hôpital et l’offre de santé du territoire ?

« Il faut commencer par assumer en terme d’amélioration de santé sur le territoire d’avoir un centre hospitalier de référence qui soit un vrai pôle d’expertise. Le deuxième point important, c’est qu’on ne touchera pas aux hôpitaux de proximité, et ce à aucun moment. Ce nouveau pôle d’expertise doit fonctionner avec une offre de soins structurée venant en complémentarité de ce pôle qui capitalise une expertise. On pourra aussi attirer progressivement de nouveaux médecins. Par exemple, aujourd’hui, les radios de type EOS -un système d’imagerie émettant moins de rayons- ne se font qu’à Toulouse. Si on peut avoir le même cliché, ici, ce sera de toute façon beaucoup plus près. Aujourd’hui, il nous manque énormément de spécialités. On n’a plus d’urgences neuro-vasculaires, la pédopsychiatrie nous fait défaut ainsi que le volet obstétrique pour lequel on s’appuie beaucoup sur le privé. Lorsqu’on fait un AVC aujourd’hui, s’il faut se rendre à Pau, cela fait loin. Si on veut attirer des médecins, garder des internes et préserver notre médecine de ville, la construction de ce nouvel hôpital sera un outil géographique essentiel pour l’attractivité de notre territoire ».

L’hôpital de Bagnères-de-Bigorre et ses urgences seront-elles maintenues ?

« Comme je l’ai indiqué, nous ne toucherons pas aux hôpitaux de proximité. À Bagnères-de-Bigorre, nous venons de recruter un directeur. L’hôpital de Bagnères-de-Bigorre sera maintenu et ses urgences de jour aussi. Pour la nuit, il faut que l’on travaille avec le système de régulation du 15. »

Que deviendront les sites des hôpitaux de Tarbes et Lourdes ?

« Lorsqu’interviendra la livraison du nouvel hôpital, le devenir des 2 sites actuels fera l’objet d’investissements en lien avec la santé. On a d’ailleurs reçu à ce sujet plusieurs propositions dans le cadre de la consultation publique, de la part de personnes qui étaient foncièrement contre le projet de construction d’un nouvel hôpital. On sera vigilants là-dessus »

L’avis du président du Département Michel Pélieu

Pour Michel Pélieu, président du Département des Hautes-Pyrénées, la construction d’un nouvel hôpital à Lanne permettrait d’avoir un hôpital départemental, outil indispensable en termes d’offre de soins de qualité entre Pau et Toulouse. « Je n’ai jamais caché mon adhésion à ce projet. Nous avons avec le Président de l’agglomération une position commune sur ce projet »nous a-t-il confirmé.

Proche de l’aéroport

« L’un des avantages est qu’il serait situé à côté de la zone aéroportuaire, ce qui lui donnerait toute sa place. Cet hôpital neuf équipé des dernières technologies et disposant d’un personnel formé à cet effet constituerait  un outil en terme d’offre de soins de qualité entre Pau et Toulouse. Sans ce nouvel équipement, nous risquons d’aller vers un désert médical » indique-t-il. Avant de préciser : « La rénovation des hôpitaux de Tarbes et de Lourdes ne pourra pas remplacer un équipement de dernière génération. Le caractère départemental de ce nouvel hôpital n’a pas été assez affirmé. La distance jusqu’à Tarbes et Lourdes quand on habite un secteur de montagne est la même distance à 3 minutes près que pour aller à Lanne ». Et d’ajouter : « Ce scénario prévoit un ensemble d’aménagements routiers sur le réseau exploité par le Conseil départemental des Hautes-Pyrénées qui sera facilitateur. »

Michel Pélieu, président du département est favorable à la construction d’un nouvel hôpital à Lanne

L’avis du député de la 2ème circonscription Denis Fégné

Le député Denis Fégné se positionne également sur un plan départemental en mettant en avant la nécessité de défendre « une structure hospitalière départementale avec une qualité des soins et un équipement technique performant, et du personnel soignant justement rémunéré ».

Il complète : « C’est l’offre de santé de manière globale qu’il faut redessiner. Qu’il s’agisse d’un hôpital commun ou pas, cela ne règlera pas le problème global. J’ai assisté à la restitution du Conseil territorial de santé où il a été notamment question du retour sur la campagne de concertation. J’étais d’ailleurs le seul député. Cela a permis de faire un point sur cette campagne de concertation. Aujourd’hui la situation n’est plus tenable pour les soignants. Il faut une modernisation des équipements. » 

L’avis des opposants et de la députée de la 1ère circonscription Sylvie Ferrer

L’association de sauvegarde des hôpitaux dénonce le projet d’hôpital commun de Lanne et plaide pour la réhabilitation des hôpitaux de Tarbes et de Lourdes. Elle demande un moratoire tout comme la députée Sylvie Ferrer.

« Cette consultation est tardive et orientée. Je le redis. Pour autant, nous l’avions sollicité et même si elle arrive trop tard, nous avons été partie prenante en termes de présence aux réunions publiques, de contributions et lors de la dernière réunion de clôture. D’ailleurs, lors de cette dernière réunion, notre demande de moratoire sur le nouvel hôpital de Lanne n’a pas bien été perçue. Nous ne voulons pas laisser les hôpitaux de Tarbes et de Lourdes dans l’état où ils sont. Nous ne voulons pas de statu quo. On est pour la modernisation de ces hôpitaux mais on refuse de croire qu’il y a un seul scénario possible qui est la construction du nouvel hôpital de Lanne car les autres scénarios ont été insuffisamment fouillés. C’est pour cela que l’on demande un moratoire à l’automne » expose José Navarro, président de l’association de sauvegarde des hôpitaux.

La déclaration de l’Union locale santé de la CGT huée

« Lors de la réunion du 18 juillet, la déclaration de l’Union départementale santé de la CGT a été huée et l’on nous a reproché de faire de la politique et d’être du parti communiste. La santé dépend d’un Ministère et vu l’état de détresse dans lequel se trouve le système de santé aujourd’hui, c’est normal que l’on fasse de la politique sur la santé publique. J’entends la souffrance du personnel de soins qui a travaillé sur le scénario de construction du nouvel hôpital de Lanne depuis plusieurs années. Je conçois tout à fait que cela peut constituer de la souffrance. Mais, nous pensons aussi en tout état de cause qu’il faut un moratoire sur le projet de ce nouvel hôpital de Lanne. Notre organisation demande aussi un recensement des besoins de la population et un investissement conséquent sur les 5 hôpitaux de notre département » appuie à ses côtés, Laurence Charroy, représentante de l’Union départementale santé de la CGT. L’association et l’Union locale de ce syndicat continuent d’ailleurs de récolter des signatures -24 000 actuellement- dans le cadre de la pétition qu’ils ont engagé depuis plusieurs mois.

L’association de sauvegarde des hôpitaux s’oppose au projet d’un nouvel hôpital à Lanne

La députée Sylvie Ferrer requiert également un moratoire

Elle a apporté sa contribution à la consultation publique au tout dernier moment mais cela n’a en rien modifié son avis sur le scénario de construction du nouvel hôpital de Lanne. »J’avais déjà exprimé mon désaccord sur la forme dont a été décidé ce projet de nouvel hôpital de Lanne. Le débat public sur l’offre de soins au niveau départemental aurait du avoir lieu en amont de toute décision du projet d’hôpital public à Lanne. Il manque également une concertation au niveau des collectivités locales. Les élus de la Communauté d’agglomération Tarbes-Lourdes-Pyrénées ont découvert que les projets d’aménagement du nouvel hôpital étaient à la charge de la collectivité ». Et de pointer les problèmes d’écologie liées à l’émission des gaz à effet de serre au regard du lieu d’implantation entre Tarbes et Lourdes, sachant qu’il n’est pas envisagé « de pistes cyclables venant de ces villes pour le personnel et les visiteurs »

La députée s’interroge également sur le manque d’informations écrites relatives aux aides de l’Etat annoncées -à hauteur de 210 000 euros- sur un coût de 341 500 euros. Elle déplore également que l’hôpital de Bagnères puisse « être mis à contribution à hauteur de plusieurs millions d’euros. J’ai participé à la signature de la pétition contre ce projet qui a reçu 23 000 signatures et je demande également un moratoire avec une convention citoyenne départementale avec un accès aux soins qui prenne en compte les besoins de la population ».

Sylvie Ferrer a signé la pétition contre le projet de création d’un hôpital commun à Lanne

La contribution de France Nature Environnement

France Nature Environnement Hautes-Pyrénées (FNE) a été entendue par un garant dans la phase amont de la concertation. L’association déplore notamment que « personne aujourd’hui ne soit en mesure d’estimer le coût « du scénario « d’hôpital unique ».

L’avis du directeur de projet Hervé Gabastou

Nous avons fait le point avec Hervé Gabastou, directeur de projet du Centre hospitalier de Tarbes-Lourdes après la fin de la concertation publique du nouvel hôpital le 24 juillet.

La Semaine : Combien de personnes ont-elles participé à cette concertation préalable qui a eu lieu du 13 mai au 24 juillet ?

Hervé Gabastou « 797 personnes au total ont participé aux différentes formes de consultation: réunions publiques, forums, ateliers…125 personnes ont assisté à la réunion publique du 15 mai à Tarbes et 160 à la réunion publique de clôture qui a eu lieu le 18 juillet à Bénac. Nous avons également rencontré 142 personnes sur les différents marchés où nous nous sommes rendus. » 

La Semaine : Quand seront livrées les conclusions de cette concertation préalable ?

Hervé Gabastou : « Les garants ont un mois pour établir le bilan de cette concertation préalable. Et ensuite, le Centre hospitalier dispose de 2 mois pour apporter des réponses ».

La Semaine : Quel est votre premier ressenti suite à cette concertation préalable ?

Hervé Gabastou : « Le premier enseignement est que nous avons voulu montrer le projet en partageant les différents scénarios. Nous avions soumis notre scénario préférentiel qui est celui de la construction d’un nouvel hôpital à Lanne dans les différentes réunions publiques mais nous avons indiqué dans le cadre de cette concertation préalable que nous pouvions entendre des scénarios alternatifs. Ceux-ci nous ont été proposés par plusieurs personnes. Nous allons les étudier selon une grille de critères afin qu’ils soient comparables et cela fera partie des réponses de l’établissement entre la remise du bilan des garants et la restitution au 24 octobre ».

La Semaine Quels sont les scénarios alternatifs qui ont été proposés ?

Hervé Gabastou : « Deux prévoient d’implanter le nouvel hôpital tel qu’il est prévu à Lanne, préférentiellement sur le site de la Gespe, et la variation est de maintenir ou non un service d’urgences et un plateau technique à Lourdes. La deuxième alternative est de construire un nouvel hôpital au parc de l’Adour de Séméac tout en conservant l’urgence SMUR et le plateau technique à Lourdes ».

La Semaine : Ces deux hypothèses alternatives favoriseraient donc le maintien d’un service d’urgence à la fois à Tarbes et à Lourdes ?

Hervé Gabastou : « Deux possibilités prévoient d’implanter le nouvel hôpital tel qu’il est prévu à Lanne. Cela se rapproche du scénario que nous avions étudié en 2018 avec un service des urgences maintenu en bi-site. Mais, c’était le scénario qui était apparu le plus coûteux lorsque notre programmiste l’avait étudié. Finalement, les scénarios alternatifs qui nous sont proposés changent juste la localisation du « bâtiment neuf ». »

La Semaine : Le scénario de la construction du nouvel hôpital à Lanne tiendrait donc toujours la corde ?

Hervé Gabastou : « Dans les suites de la concertation, nous avons 4 options. Soit on poursuit le projet de construction d’un nouvel hôpital à Lanne tel que nous l’avons présenté. Soit on le poursuit à Lanne en intégrant l’évolution ou les remarques issues de la consultation. Troisième option, réaliser des études complémentaires au projet de Lanne pour la décision. Dernière option, suspendre le projet de Lanne ou le relancer sur un nouveau projet tel qu’on nous l’a proposé pendant les consultations. »

La Semaine : Quel scénario a la préférence du personnel de soins ?

Hervé Gabastou : « Il se positionne clairement sur le scénario de l’hôpital de Lanne car c’est celui que nous travaillons avec eux depuis un moment. Les premières études sur ce projet remontent à 2018. Il s’est accéléré depuis 2022 depuis que le Conseil National d’investissement de la santé a accepté le projet de Lanne avec le financement qui lui a été réservé. Puis, il a été travaillé avec 18 groupes de travail dans ses différentes dimensions : logistique, soins, organisation. Ses plans leur ont même été déjà diffusés ». 

Les acteurs de santé du nouvel hôpital Tarbes-Lourdes avaient présenté la consultation publique du projet le 13 mai dernier au centre hospitalier de Tarbes

Projet d’hôpital à Lanne : la coordination 65 TPNH répond au préfet

Société

Publié le 23/08/2024 à 05:13 https://www.ladepeche.fr/2024/08/23/projet-dhopital-a-lanne-la-coordination-65-tpnh-repond-au-prefet-12154818.php

La Dépêche du Midi

La coordination 65 TPNH communique : « La consultation publique sur le projet d’hôpital unique à Lanne s’est terminée le 24 juillet. Depuis, le Préfet des Hautes Pyrénées s’est exprimé dans la presse. Il est le représentant de l’État dans notre département donc nul ne sera étonné qu’il défende le projet de Lanne. Les représentants de la Commission nationale de débat public (CNDP) ont désormais deux mois pour rendre la teneur du résultat de cette consultation et nous attendons avec impatience leur rapport.

Dans l’expression de Mr le Préfet nous relevons au passage un certain mépris vis à vis de celles et ceux qui défendent depuis des années un tout autre projet qui suppose le maintien des quatre sites hospitaliers actuels.

Quand Mr le Préfet déclare que « 50 mêmes personnes qui viennent à la vingtaine de réunions ce n’est pas 1000 avis contre », il devrait faire preuve de beaucoup plus de respect et surtout de beaucoup plus de prudence.

En effet, depuis des mois nous avons rencontré des milliers de personnes et 25000 d’entre elles ont déjà signé une pétition pour le maintien des quatre hôpitaux de proximité actuels et donc contre le projet de Lanne. La quasi unanimité des personnes rencontrées nous a fait part de l’aberration qui consisterai à faire disparaître à l’avenir, le service public hospitalier de Tarbes et de Lourdes

Par ailleurs, nous pourrions retourner à Mr le Préfet que ce ne sont pas une vingtaine de médecins appelés visiblement à la rescousse à la dernière réunion de la consultation publique qui font

l’expression unanime du personnel hospitalier et encore moins l’adhésion de la population !

Ainsi nous demandons à Mr le préfet, si en tant que représentant de l’État, il peut entendre cette requête populaire ou bien s’il compte adopter une attitude de surdité comme sait si bien le faire son supérieur hiérarchique Mr Macron ?

D’autre part, Mr le Préfet affirme « qu’on ne touchera pas aux hôpitaux de proximité, et ce à aucun moment » alors que les hôpitaux actuels de Lourdes et Tarbes seraient rayés de la carte sanitaire si le projet de Lanne voyait le jour. Il faudra alors expliquer aux habitantes et aux habitants des Hautes-Pyrénées la logique de ces affirmations contradictoires. Il faudra aussi expliquer en quoi la proximité d’un nouvel hôpital départemental avec un aéroport serait un atout supplémentaire pour la population des Hautes Pyrénées.

Quant à faire miroiter aux soignants et agents hospitaliers, dont nous entendons la souffrance au travail extrême, que l’exercice de leur profession et donc leurs conditions de vie seraient bien meilleurs dans des locaux flambant neuf c’est à notre avis, les exposer à de sévères désillusions.

Nous tenons à rappeler que leurs conditions d’exercice dépendent surtout d’une tout autre politique de santé que celle qui est mise en œuvre actuellement. La politique de santé actuelle accentue

considérablement les politiques de santé néfastes imposées depuis plusieurs décennies et entraîne de ce fait, un véritable écroulement du service public hospitalier.

Répondre à la souffrance actuelle du personnel hospitalier passe donc, au-delà de la vétusté des

locaux, par une nécessaire amélioration immédiate de leurs conditions de travail, ce qui suppose de faire sans attendre, d’autres choix politiques.

La « Coordination 65 Touche pas à nos hôpitaux » réaffirme donc qu’il est impératif de maintenir

les quatre sites actuels, Tarbes, Lourdes, Bagnères de Bigorre et Lannemezan et d’en faire, avec tous les aménagements nécessaires, de véritables hôpitaux de proximité de nouvelle génération. C’est ce que demande la très grande majorité de la population des Hautes Pyrénées !

Pour cette raison nous demandons expressément qu’une nouvelle étude transparente de rénovation et et de restructuration du site de La Gespe à Tarbes et si nécessaire de construction extensive pour accueillir de nouveaux équipements sur ce même site, soit mise en œuvre de toute urgence. Le résultat de cette étude doit donc être un préalable inconditionnel à la mise en œuvre de tout autre scénario. »

Hôpital Tarbes-Lourdes : « Nous voulons un projet de construction à Tarbes, qui intègre la reconversion du site actuel »

Le groupe "Tarbes pour tous" plaide pour une reconversion de l'hôpital de La Gespe.

ABONNÉS

  • Le groupe « Tarbes pour tous » plaide pour une reconversion de l’hôpital de La Gespe. Photo Cyrille Marqué – CYRILLE MARQUE

   

Politique,  Hautes-Pyrénées,  Tarbes

Publié le 24/06/2024 à 15:50 https://www.ladepeche.fr/2024/06/24/hopital-tarbes-lourdes-nous-voulons-un-projet-de-construction-a-tarbes-qui-integre-la-reconversion-du-site-actuel-12037008.php

Cyrille Marque

Les élus de « Tarbes pour tous » proposent aux porteurs du projet et à la commission nationale du débat public « une réflexion sur un projet hybride entre neuf et ancien, qui prend en compte la reconversion du site de la Gespe ».

« Le projet de construction de l’hôpital à Lanne occulte le problème de la reconversion du site actuel » souligne le groupe politique « Tarbes pour Tous », autour de Pierre Lagonelle, suite à l’atelier qui s’est tenu à l’institut de formation des soins infirmiers, dans le cadre de la commission nationale du débat public (CNDP). « Pas un euro n’a été budgétisé sur ce poste, mis à part 600.000 € alloués pour le gardiennage pendant trois ans » regrettent-ils.

C’est pourquoi les élus d’opposition de « Tarbes pour tous » proposent aux porteurs du projet et à la CNDP « une réflexion sur un projet hybride entre neuf et ancien, qui prend en compte la reconversion du site de la Gespe. En d’autres termes, le projet médical de Lanne nous convient très bien mais nous voulons qu’il se fasse à Tarbes. Cela aurait aussi l’avantage de livrer un projet plus vertueux, libéré des contraintes et oppositions liées à l’environnement, et donc dans de meilleurs délais ».

« Il s’agit de prévoir un hôpital extensible, ce qui est tout à fait possible sur le site de la Gespe »

Les élus sont appuyés par des médecins comme Richard Cassou et Laurence Toneatti : « Si l’on veut s’orienter vers l’hôpital de demain, il s’agit de prévoir un hôpital évolutif, modulable et surtout extensible, ce qui est tout à fait possible sur le site de la Gespe, mais inconcevable à Lanne.

Avec notre projet de construction neuve associée à l’utilisation progressive des anciens locaux au fil du temps et des besoins, nous pouvons envisager plusieurs pistes qui pourraient constituer au final une sorte de campus de la santé : un gérontopôle, l’évolution de la maternité vers un pôle mère enfant, un service de rééducation fonctionnelle, une extension des services de chirurgie, une crèche, une plateforme télé médicale, une maison de santé pluridisciplinaire et enfin une partie hôtellerie-restauration ».

Cet hôpital est une nécessité pour tous » : échanges entre professionnels autour du futur établissement commun Tarbes-Lourdes

L’hôpital commun Tarbes-Lourdes devrait voir le jour en 2029
  • L’hôpital commun Tarbes-Lourdes devrait voir le jour en 2029 DDM – Adrien Danos

Société,  Santé,  Tarbes

Publié le 08/06/2024 à 07:01 https://www.ladepeche.fr/2024/06/08/cet-hopital-est-une-necessite-pour-tous-echanges-entre-professionnels-autour-du-futur-etablissement-commun-tarbes-lourdes-11999155.php

Adrien Danos

Plusieurs responsables médicaux des hôpitaux de Lourdes et de Tarbes ont rencontré le personnel soignant des deux établissements, lors d’une réunion publique dans les locaux de l’école d’infirmière de Tarbes. Les débats portaient sur le projet d’une seule et même structure hospitalière pour les deux villes bigourdanes.

Un amphithéâtre à moitié plein, un diaporama projeté au-devant de la salle, une personne qui parle au micro. Non, il ne s’agissait pas d’un cours magistral se déroulant dans le cadre des formations au métier d’infirmier, comme c’est traditionnellement le cas dans cet « amphi Dunant » de l’institut de formation aux métiers de la santé de Tarbes.

Ce sont des professionnels de santé qui se sont installés à la place des étudiants. Ils se sont déplacés dans le cadre d’une réunion organisée par le « Centre hospitalier de Tarbes-Lourdes », CHTP. Quatre responsables de services médicaux des deux hôpitaux ont échangé et tenté de répondre aux inquiétudes des membres du personnel présents. Le sujet principal abordé a concerné l’évolution de l’offre de soins en vue du futur établissement.

Une trentaine de personnes étaient présentes pour un débat tenu en présence du maire Thierry Lavit, de la conseillère municipale et docteure Laurence Desmasles, de Maxime Heins, et Hervé Gabastou, du centre hospitalier Tarbes Lourdes, et sous l’égide de Gilles Faure, garant de la concertation.

 » Cet hôpital commun est une nécessité pour tous, témoigne Simon Alik, médecin à l’hôpital de Lourdes. Nous travaillons dans des bâtiments dans lesquels nous ne pourrions pas vivre. Les problèmes sont nombreux aussi pour les patients. Aujourd’hui, c’est très compliqué de trouver sa salle de consultation entre tous les bâtiments. À Lanne, il n’y aura qu’un seul « plateau de consultation », ce sera plus simple pour tout le monde », ajoute-t-il.

Pour rappel, le centre hospitalier Tarbes-Lourdes devrait se situer sur la commune de Lanne, à mi-chemin entre les deux villes.

 » Ce n’est pas un problème » Pour ce projet, le problème de l’éloignement du nouvel hôpital, des deux villes et de l’accessibilité pour les usagers revient souvent dans les échanges.  » Ce n’est pas un problème, affirme Simon Alik. Ce site est certes, plus éloigné des centres-villes, mais il est très étendu et les points d’accès seront nombreux et moins bouchés. Ce n’est pas parce qu’un lieu se situe plus loin, qu’il est plus difficilement accessible ».

 » Quasiment plus personne ne vient à pied à l’hôpital aujourd’hui », conclut Simon Alik.

Selon les propos des quatre responsables de secteur, les conditions de travail seront améliorées pour les employés avec la création de ce nouvel édifice. Le séjour des patients devrait lui aussi être de meilleure qualité.  » Actuellement à la maternité de Tarbes, il n’y a pas de banquettes disponibles pour les futurs papas, déplore Sylviane Harambat, sage-femme et cadre supérieur au pôle mère enfant. Pourtant c’est une demande faite depuis longtemps. Dans le futur établissement, on pourra mettre cela en place ».

 » Il est important que ce soit le personnel médical qui explique le futur fonctionnement de l’hôpital à leurs homologues car ce sont eux les plus légitimes pour en parler », conclut Christian Dublé, directeur du CHTP.

Depuis 2022, le projet d’hôpital commun est rentré dans « la phase d’étude de conception ». Il devrait voir le jour d’ici 2029.

Lourdes. Thierry Lavit : « Tout le monde s’accorde à dire qu’il faut un hôpital moderne »

Le maire ravi d’avancées du nouvel hôpital communDDM, Delphine Pereira
  • Le maire ravi d’avancées du nouvel hôpital communDDM, Delphine Pereira

Santé,  Lourdes

Publié le 04/06/2024 à 05:14 https://www.ladepeche.fr/2024/06/04/thierry-lavit-tout-le-monde-saccorde-a-dire-quil-faut-un-hopital-moderne-11993030.php

Delphine Pereira

À quelques jours d’une réunion au palais des congrès sur le thème du devenir de l’hôpital de Lourdes, le 12 juin et une présence des responsables sur le marché le 13, le maire a pris la parole pour réaffirmer son soutien au futur l’hôpital commun.

Thierry Lavit a voulu réaffirmer sa position sur ce dossier. Pour l’élu, cet hôpital n’est plus un choix : « C’est une urgence ! Déjà, en 2008 ceux qui s’étaient positionnés pour un hôpital commun étaient des visionnaires et aujourd’hui, cela va nous coûter beaucoup plus cher. Nous ne pouvons pas nous permettre de louper ce grand virage pour la santé, sur le territoire, au regard de la fréquentation du département et de l’arrivée de futurs résidents ». Le maire de la cité mariale défend un nouveau modèle : « C’est une nouvelle vision de la santé avec des structures qui se complètent, ici à Lourdes un nouveau centre d’imagerie orienté sur le traitement du cancer du sein, ainsi que le centre de soins à Lourdes sur le site de l’ancienne trésorerie qui verra le jour dans un an. L’objectif, c’est d’avoir des postes avancés de tri afin de travailler à réduire les flux. L’hôpital commun sera un hôpital dynamique articulé avec les autres ».

À 10 minutes des villes principales

Thierry Lavit a aussi indiqué avoir noté un changement dans les rangs des opposants au projet : « J’ai participé à la première date de concertation avec le docteur Dulac, Christian Dublé, le directeur de l’hôpital Tarbes-Lourdes, Hervé Gabastou, directeur adjoint et Manon Mordelet de l’ARS. C’est une vision très républicaine et pas seulement médicale. Parmi les opposants, nous avons vu aussi une évolution car, si une partie d’entre eux souhaite garder les deux hôpitaux, d’autres, penchent aujourd’hui pour un « hôpital moderne » mais à Tarbes voire Séméac ». Il a donc tenu à rappeler pourquoi le site de Lanne est le plus opportun pour y implanter ce nouvel outil : « C’est le barycentre démographique. Il sera positionné à 10 minutes des deux villes principales du département ».

Les conditions de travail du personnel soignant sont aussi au cœur des préoccupations des défenseurs de cet outil moderne : « Je veux rendre hommage aux soignants qui travaillent dans des conditions difficiles. Cet hôpital commun permettra de retrouver de l’attractivité pour le personnel médical et paramédical. Il manque des infirmières de bloc à Tarbes et à Lourdes ».

Le futur plateau technique est aussi un paramètre qui entre en ligne de compte : « Il nous faut des services bien reliés, bien équipés, un hôpital numérique, de l’Intelligence Artificielle. Ces derniers auront aussi accès à un plus grand confort, avec des chambres silencieuses, individuelles. Des services travaillent ensemble dans une meilleure coordination. Il nous faut un hôpital robuste ou les pannes sont rares et qui sera aussi articulé avec la polyclinique de l’Ormeau pour un maillage complet de la santé »

Un projet dans lequel les élus du département sont très impliqués : « Je tiens à remercier les responsables de l’hôpital Tarbes et Lourdes mais aussi, Michel Pélieu, président du département, Gérard Trémège, président de la CATLP et le préfet Jean Salomon, tous fortement engagés sur ce dossier lourd et compliqué ».

Hôpital hors ZAN

Autre raison de se réjouir pour Thierry Lavit, le message reçu vendredi et qui apporte une pierre supplémentaire à l’édifice du nouvel hôpital par l’entremise du président du département, Michel Pélieu qui émettait des réserves par rapport à la loi Zan (zéro artificialisation nette des sols) : « Le ministre de la transition écologique, Christophe Béchu signe un arrêté qui précise les projets d’envergure nationale et européenne où apparaît le projet de projet de l’hôpital Tarbes et Lourdes. Ce qui exclut donc le site du débat sur la réserve foncière. Je veux, une nouvelle fois, remercier Michel Pélieu car c’est grâce à lui que nous en sommes là ».

Tarbes : Concertation citoyenne contre l’hôpital de Lanne

Hôpital,  Santé,  Hautes-Pyrénées

Publié le 19/06/2023 à 18:15

Scott Dubois

Les représentants des partis et organisations engagées contre le projet d’hôpital unique se sont rassemblés avec des citoyens devant la préfecture ce lundi pour échanger sur le projet pendant que le premier comité de pilotage avait lieu en  préfecture. 

Pendant que le premier comité de pilotage dédié au projet d’hôpital de Lanne se tenait à huis clos en préfecture, un « contre-comité » avait lieu sur la place de la préfecture pour échanger entre citoyens et représentants de partis et de collectifs engagés contre le projet. L’objectif de cette concertation était de faire part de leur opposition à l’hôpital de Lanne. Ce « contre-COPIL » démonte point par point ses arguments et avance des alternatives et solutions pour les hôpitaux de Tarbes et de Lourdes. Les partis comptent unir leur force pour s’opposer à cet hôpital, comme cela avait été le cas pour la méga scierie de Lannemezan et ainsi atteindre la même issue : l’abandon du projet.
Selon Roland Cazeneuve, membre du PCF65, « c’est une problématique politique majeure. Depuis des années, un ensemble de décisions politiques sont prises et détruisent les services publics. » Les opposants utilisent l’exemple d’un cas similaire dans les Deux-Sèvres dont l’hôpital, issue de la fusion de plusieurs autres, voit son déficit augmenter jusqu’à atteindre plusieurs millions d’euros. Pour eux, investir dans un nouvel hôpital est un gâchis financier.

Les citoyens doivent participer aux échanges

Dans le cadre de l’hôpital de Lanne, l’opposition estime que la population n’est pas écoutée. Une pétition contre l’hôpital unique de Lanne a recueilli environ 18 000 signatures. Une preuve pour les partis que les citoyens sont opposés au projet. Ils demandent un débat public car ce changement concerne avant tous les patients. Un hôpital à Lanne ajouterait du temps de trajet pour les habitants de l’est du département et des vallées des Pyrénées. Les opposants veulent défendre les personnes âgées de Tarbes et de Lourdes pour qui il serait encore plus compliqué d’accéder aux soins. Ils ajoutent aussi que la durée de transport des urgences vitales pourrait être rallongée, ce qui présenterait un risque sanitaire.

« Il faut des réponses immédiates »

L’hôpital unique interviendrait trop tardivement, avec une mise en service en 2029, pour faire face aux problématiques actuelles du système de santé. Pour Roland Cazeneuve, « le personnel hospitalier ne peut pas attendre aussi longtemps. Il faut des réponses immédiates pour que le personnel puisse faire son travail correctement. » Certaines rénovations ont été faites dans les hôpitaux tarbais et lourdais et l’opposition exige qu’elles continuent.

Bilan écologique

Le projet d’hôpital préoccupe sur d’autres aspects, notamment écologique. Les contestataires dénoncent l’emprise de 17 hectar

Quel avenir pour l’hôpital de Lourdes ?

Une réunion publique sur l’avenir de l’hôpital de Lourdes.DDM, Jérémie Heins

Une réunion publique sur l’avenir de l’hôpital de Lourdes.DDM, Jérémie Heins   

Santé,  Lourdes

Publié le 19/06/2024 à 05:15 https://www.ladepeche.fr/2024/06/19/quel-avenir-pour-lhopital-de-lourdes-12026122.php

Jérémie Heins

L’atelier ouvert au public sur l’avenir des bâtiments de l’hôpital du centre-ville s’est transformé en réunion publique sur la nécessité de conserver, ou non, un hôpital dans la cité mariale.

Initialement c’est sur la problématique des bâtiments de l’hôpital de Lourdes que l’atelier organisé mercredi 12 juin devait se pencher. Une réunion qui devait répondre à la création de l’hôpital unique de Lanne, qui laisserait les locaux de l’hôpital de Lourdes vides, en plein centre-ville.

« L’hôpital est un objet de soin, mais aussi un objet urbain » a d’abord mis en avant Emmanuelle Bégué-Loncan, directrice des services. Un avis partagé par Maxime Heins : « Le site de Lourdes possède une grande surface, que va-t-on en faire ? C’est une question à se poser ! »

Alors quel avenir pour l’hôpital de Lourdes ? Pour une partie des personnes dans la salle, représentantes d’associations opposées au projet d’hôpital unique, il doit rester un hôpital de proximité, ou a minima conserver un service d’urgence. Un débat surtout centré, donc, sur la création de cet hôpital unique. José Navarro, de l’association de sauvegarde des hôpitaux de proximité, a ainsi regretté la faible concertation et le peu de réunions publiques avec la société civile, dans la mise en place du projet.

Se tourner vers les enjeux sociaux et psychiatriques ?

Thierry Lavit a confirmé que s’il restait favorable à l’hôpital commun à Lanne, la problématique semblait toujours ouverte : « Ce qui est bien, c’est qu’on commence à comprendre qu’il faut un hôpital moderne, ça dépend où, le débat reste ouvert… Mais en tant que maire je défendrai l’hôpital de Lanne car je préfère aller dans un centre de qualité, que deux centres avec des faibles moyens. » Pour le maire de Lourdes, toutes les options restent sur la table sur ce que pourraient devenir les locaux de l’hôpital. Une possibilité : ouvrir un centre permettant pour s’occuper « de l’urgence médico-sociale, qui devient très vite de l’urgence psychiatrique » a indiqué Thierry Lavit. « Nous ne sommes pas au rendez-vous » sur ces sujets a affirmé l’édile, soulignant que les hôpitaux traditionnels et les services d’urgence de l’hôpital Tarbes-Lourdes ne sont aujourd’hui pas assez formés, ni équipés, pour prendre en charge ces problématiques. Une réalité exacerbée dans le département, alors que le service dédié en psychiatrie du département est à Lannemezan. D’autres possibilités pourraient être envisagées à l’image de la création de logements sociaux, comme l’a expliqué le maire après la question d’une participante, ou éventuellement la mise en place de parkings, manquants au centre-ville.

Pour l’instant, rien n’est décidé sur l’avenir des lieux.

Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

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