L’avion Dijon-Nevers moins cher pour l’hôpital de Nevers que les intérimaires !

« Désert médical : Nevers affrète un jet privé pour faire venir des médecins »

La Croix 25 Janvier 2023

Paul de Coustin relate dans La Croix une« initiative inattendue contre les déserts médicaux. Pour pallier le manque chronique de soignants dans sa commune, le maire de Nevers (Nièvre), Denis Thuriot, va faire venir des médecins, en avion, pour la journée. Le projet « Flying Doctors » fera voler sa première navette aérienne jeudi 26 janvier ».


Le journaliste précise que « jusqu’à 8 praticiens pourront prendre place dans le Pilatus, un jet privé. […] Décollage prévu à 8h15 de l’aéroport de Dijon-Longvic, atterrissage à Nevers à 8h50, soit 35 minutes de vol. Bien moins que les 2 heures en train ou les 3 heures de voiture nécessaires pour parcourir les 190 km qui séparent les deux villes ».
Denis Thuriot déclare que « le temps de trajet depuis Dijon est le principal obstacle à la venue des soignants ». Il « déplore que le centre hospitalier de l’agglomération de Nevers (Chan), «un bel hôpital d’une vingtaine d’années», soit «le plus éloigné de France de son CHU» », relève Paul de Coustin.
Le journaliste ajoute que « la création de cette liaison aérienne hebdomadaire lui semblait d’autant plus nécessaire que des travaux sur la voie ferrée vont couper la ligne entre juillet 2023 et mars 2024 ».
L’agence régionale de santé (ARS) de Bourgogne-Franche-Comté, partenaire de l’opération, indique ainsi qu’« à ce stade, une vingtaine de médecins seraient intéressés. Il faut mesurer si d’autres professionnels de santé sont candidats à ce mode de transport ».
Paul de Coustin explique que « la navette aérienne a pour but de lutter contre la pénurie de soignants dans la Nièvre. Il manque actuellement «une cinquantaine de médecins et autant d’infirmiers et d’infirmières» rien qu’à l’hôpital, selon Denis Thuriot. La médecine de ville est également sinistrée. […] Le département compte un généraliste pour plus de 2 000 patients, contre 854 au niveau national ».


Le journaliste note que l’hôpital de Nevers « a actuellement recours à une vingtaine d’«intérimaires conventionnés qui viennent du CHU» mais aussi à ceux que Denis Thuriot appelle «les chasseurs de prime», ces soignants «qui demandent 2000 €, 2500 € voire 3000 € la journée». La navette aérienne, malgré un coût d’environ 670 € la place, soit plus de 5000 € aller-retour, permettra à l’établissement de faire des économies en limitant le recours à «ces mercenaires», soutient l’édile ».


Paul de Coustin ajoute que « l’ARS a demandé au Chan une analyse médico-économique «pour s’assurer d’un retour sur investissement (…) dans un contexte de finances contraintes pour le centre hospitalier» ».
Il remarque toutefois que « tout le monde ne partage pas l’enthousiasme du maire ». David Boucher, infirmier et représentant de la CFDT à l’hôpital de Nevers, déclare que « c’est un pansement sur une jambe de bois. […] Ces docteurs qui font des allers-retours, même en avion, c’est impraticable humainement. Il ne peut pas y avoir de cohésion d’équipe, de suivi de qualité des patients ».

Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

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