Le déclin des insectes entrainerait 500 000 décès prématurés chaque année.

Le déclin des insectes pollinisateurs, un danger pour la santé

Selon une étude relayée par « The Guardian », le déclin des insectes pollinisateurs a un impact sur la disponibilité de fruits, légumes et noix et ainsi la santé humaine.

Par LePoint.fr

La perte mondiale de pollinisateurs cause environ 500 000 deces prematures par an, a cause notamment de la reduction de l'approvisionnement en aliments sains. (image d'illustration)
La perte mondiale de pollinisateurs cause environ 500 000 décès prématurés par an, à cause notamment de la réduction de l’approvisionnement en aliments sains. (image d’illustration)© ROMAIN LONGIERAS / Hans Lucas / Hans Lucas via AFP

Publié le 10/01/2023 à 01h21 – Modifié le 10/01/2023 à 15h46 https://www.lepoint.fr/sante/le-declin-des-insectes-pollinisateurs-cause-500-000-deces-prematures-par-an-10-01-2023-2504239_40.php#11

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Des pertes massives à l’origine de risques alarmants sur la santé des humains. Selon une étude relayée par The Guardian, le déclin progressif des insectes pollinisateurs, en réduisant l’approvisionnement en aliments sains – légumes, fruits et noix – de la population mondiale, entraînerait environ 500 000 décès prématurés chaque année.

« Cette étude établit que la perte de pollinisateurs a déjà un impact sur la santé à l’échelle d’autres facteurs de risque pour la santé mondiale, tels que le cancer de la prostate ou les troubles liés à l’utilisation de substances », souligne le Dr Samuel Myers, auteur principal de l’étude publiée dans la revue Environnemental Health Research.

« L’aspect le plus préoccupant de cette étude est que, puisque les populations d’insectes continuent de décliner, cette perte de rendement des cultures va s’aggraver à l’avenir, et ce, alors que la population humaine va continuer à croître pour atteindre au moins 10 milliards d’habitants », s’inquiète David Goulson, professeur de biologie à l’université de Sussex. « Les problèmes décrits ici vont probablement s’aggraver au fur et à mesure que le XXIe siècle avance », présage-t-il également.

Un demi-million de morts par an seraient attribuables au déclin des insectes pollinisateurs

Des chercheurs de l’université Harvard ont modélisé l’impact du défaut de pollinisation sur la production agricole, les prix et les effets induits sur l’alimentation et la santé. 

Par Stéphane Foucart

Publié hier à 11h38 https://www.lemonde.fr/planete/article/2023/01/20/un-demi-million-de-morts-par-an-seraient-attribuables-au-declin-des-insectes-pollinisateurs_6158647_3244.html

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Si les scientifiques chiffrent souvent en dollars les dégradations de l’environnement, leurs effets sanitaires, de fait, sont souvent bien plus difficiles à évaluer. Une équipe pilotée par l’université Harvard (Etats-Unis) s’est attelée à cet exercice délicat, s’agissant des effets de l’effondrement des insectes pollinisateurs. Publiés dans la dernière livraison de la revue Environmental Health Perspectives, en décembre 2022, ses résultats sont frappants : à l’échelle mondiale, l’impact alimentaire du défaut de pollinisation des cultures serait responsable de près d’un demi-million de morts prématurées par an. Un chiffre sans doute en deçà de la réalité, selon les auteurs.

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Ces derniers ont d’abord évalué, région par région, les effets de la chute des populations de pollinisateurs sauvages (bourdons, syrphes, papillons, etc.) sur la production agricole. « Leurs résultats indiquent que de 3 % à 5 % de la production de fruits, légumes et fruits à coque sont perdus en raison d’une pollinisation insuffisante », décrypte Josef Settele (Helmholtz Centre for Environmental Research de Halle, Allemagne), qui n’a pas participé à ces travaux. Des chiffres « tout à fait plausibles et même plutôt faibles, compte tenu de ce que l’on sait sur l’importance de la pollinisation ».

Le chercheur allemand, qui a coprésidé le rapport mondial de la Plate-forme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques, salue « une très belle étude, qui intègre de grandes quantités de données dans un modèle transparent ».

Les chercheurs ont ensuite modélisé l’effet de cette perte de production sur les prix, pays par pays, et l’effet induit sur la baisse de consommation de fruits et légumes. En utilisant les données les plus consensuelles de l’épidémiologie nutritionnelle, les auteurs sont parvenus à modéliser l’impact de la sous-consommation de ces produits sur la mortalité, et concluent à quelque 427 000 morts par an.

Impacts inégalement distribués

Or, comme le précise Matthew Smith (université Harvard), premier auteur de l’étude, les données utilisées pour estimer le défaut de pollinisation ont été collectées, sur les cinq continents, entre 2010 et 2014. « Depuis, la plupart des pressions causant des pertes de pollinisateurs sauvages ont continué ou se sont aggravées au niveau mondial, dit-il.Cela suggère que l’insuffisance de la pollinisation sauvage a aujourd’hui sur le rendement des cultures un effet plus important encore que nous ne l’avons estimé dans nos travaux. »

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Les impacts sont inégalement distribués. « La perte de production agricole est concentrée dans les pays à faible revenu,dit M. Settele, tandis que les impacts sur la consommation alimentaire et sur la mortalité attribuables à une pollinisation insuffisante sont plus importants dans les pays à revenu moyen et élevé, où les taux de maladies non transmissibles [cancers, maladies cardiovasculaires, etc.] sont plus élevés. » En clair, les auteurs montrent qu’« une part importante du fardeau sanitaire lié à la consommation insuffisante des aliments les plus sains est liée à des dommages que nous infligeons à notre environnement », ajoute M. Settele.

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Comment arbitrer entre les pertes de rendement par réduction des pesticides et celles qui sont induites par l’effondrement des pollinisateurs ? « L’agriculture conventionnelle a de nombreuses conséquences involontaires sur l’environnement : émissions considérables de gaz à effet de serre, pollution des sols et des cours d’eau, épuisement de ressources limitées comme les minéraux pour les engrais et l’eau douce pour l’irrigation, et c’est le principal facteur de perte de biodiversité au niveau mondial, répond M. Smith. Au contraire, favoriser les pollinisateurs sauvages pour augmenter le rendement des cultures n’a aucun dommage collatéral sur l’environnement. »

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Stéphane Foucart

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Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

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