Education et santé: dans l’ombre du président, des ministres venus de la « société civile » sont chargés de l’intendance.

Éducation et santé : Macron en patron, les ministres au charbon

Décryptage vidéo

Par Louis Hausalter

Publié le 19/01/2023 à 6:00

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Éducation et santé : Macron en patron, les ministres au charbon

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Face aux graves crises de l’école et du système de santé, Emmanuel Macron a enclenché la même méthode : il se met en avant en lançant de multiples chantiers, tandis que, dans l’ombre du président, des ministres venus de la « société civile » sont chargés de l’intendance. Efficace ?

Ce sont deux services publics essentiels menacés d’effondrement. Et les deux priorités qu’Emmanuel Macron a inscrites dans son dernier programme présidentiel : l’éducation et la santé. Au point d’en faire les thèmes majeurs de son « Conseil national de la refondation », ces concertations de terrain censées aboutir à des solutions concrètes. Que ce soit à l’école ou chez les professionnels de santé, les difficultés à résoudre sont immenses et assez similaires : pénuries de personnel, rémunérations faibles, conditions de travail difficiles, inégalités d’accès…null

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Le président veut donner l’impression d’avoir pris ces problèmes à bras-le-corps, et depuis le début de son second mandat, il multiplie les interventions et se réserve les annonces. Comme lors de ses vœux aux acteurs de la santé, le 6 janvier. Ou son discours de rentrée devant les recteurs, fin août.

Mais les ministres, à quoi servent-ils donc ? Pap Ndiaye, à l’Éducation nationale, et François Braun, à la Santé, se trouvent relégués au second plan. On notera d’ailleurs qu’Emmanuel Macron a choisi le même type de profil pour ces deux portefeuilles : des ministres inconnus du grand public, venus de la fameuse « société civile », mais qui ont tout de même un peu de bouteille dans leurs domaines respectifs.

SURTOUT, LAISSER LE PRÉSIDENT PRENDRE LA LUMIÈRE

Face à l’activisme présidentiel, les deux ministres ont adopté à peu près la même méthode, que l’on peut résumer en trois points.

  • 1) humilité. Surtout, laisser le président prendre la lumière. C’est lui qui annonce la fin de la tarification à l’activité à l’hôpital ou le déploiement d’innovations pédagogiques dans des écoles de Marseille. François Braun fait mine de ne pas s’en offusquer et trouve même formidable que l’Élysée s’investisse autant sur ses sujets. « Je n’ai pas de problème d’ego. L’essentiel, c’est qu’on avance » assure-t-il en petit comité. « J’échange très régulièrement avec le président » vante de son côté Pap Ndiaye, qui ne se voit pas « intervenir à tout bout de champ » : pas son style. Et tant pis si Brigitte Macron l’a contredit sur l’uniforme à l’école.
  • 2) lucidité. Les deux ministres n’ont pas cherché à mentir sur la situation dramatique dans leurs domaines. « Disons-le clairement : le niveau d’ensemble baisse ! » a même écrit Pap Ndiaye dans une tribune en décembre. Un fait objectivé année après année par des études internationales, mais qu’il reste tabou de formuler aussi clairement lorsqu’on occupe le bureau de ministre de l’Éducation nationale. À la Santé, François Braun ne promet pas de miracle non plus : les déserts médicaux seront encore une réalité pendant longtemps. « On ne va pas avoir 5 000 médecins et 20 000 infirmières en plus en un claquement de doigts » disait-il au Monde cet automne.
  • 3) efficacité. Après les grands discours d’Emmanuel Macron, l’intendance revient aux ministres. À eux de concerter, négocier, régler les détails techniques, sans provoquer de fronde. C’est pour cela que, rue de Grenelle, Pap Ndiaye s’est d’abord attaché à rétablir le dialogue avec des syndicats exaspérés par son prédécesseur Jean-Michel Blanquer

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Besogner, donc, sans chercher la notoriété ou le coup politique immédiat. Ça tombe bien : le docteur François Braun répète à ses interlocuteurs de son ton bonhomme qu’il n’a pas d’ambition politique. Quant au professeur Pap Ndiaye, il ne semble pas voir d’inconvénient à retourner à l’université après son expérience ministérielle. Des profils parfaits pour laisser la postérité du travail accompli au président. Mais la méthode comporte une limite : un ministre effacé risque de peiner à imposer son autorité. Or, l’Éducation et la Santé ne sont pas les administrations les plus simples de ce pays…

Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

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