« À Paris, la mortalité liée au Covid-19 multipliée par 4 lors des pics de pollution »
Date de publication : 25 octobre 2022 Le Parisien
Elodie Soulié remarque en effet dans Le Parisien : « Y a-t-il un lien entre qualité de l’air et mortalité au Covid-19 ? Données à l’appui, «la réponse est oui», assène Jean-Baptiste Renard, directeur de recherches au laboratoire de physique et chimie de l’environnement et de l’espace au CNRS ».
La journaliste explique que « l’étude circonstanciée de ce scientifique, publiée dans la revue internationale Science of the Total Environnement, met des chiffres évidents sur une «probabilité» souvent évoquée, désormais quantifiée ».
Elodie Soulié relève que « ce lien avait déjà été établi par «une première étude italienne en 2020, bien qu’assez grossièrement», explique le chercheur. Les scientifiques ont mené cette fois une analyse poussée en exploitant les données des stations de référence d’Airparif et surtout des capteurs mobiles Pollutrack ».
« Fixés aux toits des véhicules électriques du groupe de transport et livraison de colis DPD, partenaire de Pollutrack, ces capteurs sillonnent la capitale et permettent de couvrir toutes les zones de façon aléatoire, donc avec des résultats très représentatifs », précise la journaliste.
Elle continue : « Les scientifiques ont suivi les mesures de pollution atmosphérique au jour le jour, depuis mars 2020 jusqu’au début de cet automne 2022, dans 32 villes de 6 pays d’Europe de l’Ouest, dont Paris. Données qu’ils ont comparées aux paramètres de la mortalité des personnes malades du Covid-19, plus fiables que les seuls nombres de nouveaux cas déclarés ».
Elodie Soulié retient « 10% de mortalité en plus par microgramme de pollution aux particules fines ». Jean-Baptiste Renard précise ainsi qu’« à chaque pic de pollution, le nombre de morts par million d’habitants a augmenté. De la même manière qu’à chaque période d’absence de pollution, la mortalité a été faible. […] La mortalité liée au Covid a été multipliée jusqu’à 4 fois lorsque la pollution aux particules fines a augmenté. C’est énorme ».
La journaliste note en outre la « mauvaise place de Paris : seule la Lombardie italienne fait pire, avec une multiplication par 5 ».
Elle indique que « si les recommandations de l’OMS fixent le seuil de particules fines en dessous de 5 microgrammes par mètre cube en moyenne et inférieur à 15 par jour, «à Paris, en moyenne sur un an, ce taux atteint 10 à 12 microgrammes…», souligne Jérôme Giacomoni, cofondateur d’Aérophile, [qui] mesure la qualité de l’air ».
Jean-Baptiste Renard indique qu’« à Paris, il y a eu un effet cumulatif. Plus la période d’exposition aux particules fines a été longue, avec des pics, plus la mortalité a augmenté aussi. Or la pandémie a commencé en pleine période anticyclonique, qui a duré, et donc dans des conditions qui favorisent la stagnation de la pollution ».
Pour cet hiver, le chercheur remarque : « Il y aura sans doute une augmentation de la mortalité des personnes souffrant du Covid-19. Si les conditions anticycloniques perdurent, sans vent pour disperser la pollution, et que l’on ajoute à cela l’utilisation probablement plus importante du chauffage au bois, le plus toxique, à cause de la crise énergétique, il faut s’attendre à cette croissance ».
À Paris, la mortalité liée au Covid-19 multipliée par 4 lors des pics de pollution
Une étude menée entre le printemps 2020 et le début de cet automne 2022 a permis de confirmer et quantifier le lien entre pics de pollution aux particules fines et décès des personnes malades du Covid. L’hiver 2023 pourrait connaître une situation comparable.

Par Elodie Soulié
Le 24 octobre 2022 à 16h34
Y a-t-il un lien entre qualité de l’air et mortalité au Covid-19 ? Données à l’appui, « la réponse est oui », assène Jean-Baptiste Renard, directeur de recherches au laboratoire de physique et chimie de l’environnement et de l’espace au CNRS. L’étude circonstanciée de ce scientifique, publiée dans la revue internationale Science of the Total Environnement, met des chiffres évidents sur une « probabilité » souvent évoquée, désormais quantifiée.