Interview de la présidente de MG France dans libération

Accès aux soins : « Si le système de santé ne s’appuie pas sur les généralistes, il ne tiendra pas longtemps »

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Libération publie un entretien avec Agnès Giannotti, présidente du syndicat MG France, qui « promet une fronde des médecins généralistes face à la volonté du gouvernement de permettre aux patients de consulter directement kinésithérapeutes ou infirmières. Elle appelle à privilégier les besoins des patients plutôt que leurs demandes ».


Le journal remarque ainsi : « Faute d’avoir partout sur le territoire assez de médecins pour assurer les gardes les soirs et le week-end, le gouvernement préconise, dans un amendement au budget de la Sécurité sociale pour 2023, d’étendre la permanence des soins ambulatoire aux infirmiers, sages-femmes et dentistes ».


Agnès Giannotti déclare que « dans les endroits où les besoins de santé de la population ne sont pas couverts, cela me va. Nous sommes favorables à ce que d’autres professions de santé participent à la permanence des soins, à condition toutefois que cela se fasse dans le cadre d’un exercice coordonné par un médecin régulateur ».


Libération évoque « la suppression en 2002 de l’obligation de garde », notant que « la participation des généralistes à la permanence de soins est en chute libre, puisque seuls 40% ont effectué au moins une garde en 2020. N’aurait-il pas mieux valu la rétablir ? ».
La responsable répond que « cela n’aurait pas permis de résoudre le problème. Aujourd’hui 40% des généralistes inscrits à l’Ordre ne sont pas des médecins traitants. Comme ils sont salariés, travaillent sur des plates-formes ou dans des centres de soins non programmés, ils ne participent pas à la permanence des soins. Les autres spécialistes n’y participent pas non plus, alors qu’ils sont censés le faire, souvent parce qu’ils n’ont pas de compétence en médecine générale ».


Agnès Giannotti ajoute que « la permanence des soins est bien assurée sur 96% du territoire. Il arrive même que les agences régionales de santé décident de l’arrêter faute de besoin, comme à Tours ou à Limoges. Il est inutile de contraindre un généraliste à veiller toute la nuit s’il n’y a pas ou très peu d’appels, le Samu pouvant se charger des urgences vitales ».


Le journal continue : « Le ministre de la Santé, François Braun, envisage, dans les zones médicalement sous-dotées, de permettre aux patients de consulter directement d’autres professionnels de santé, comme les infirmières ou les kinésithérapeutes. Vous êtes d’accord ? ».


Le Dr Giannotti répond : « Absolument pas. Concrètement cela voudrait dire que, quand on a une entorse, on pourrait consulter directement un kiné, alors même que les personnes atteintes de lombalgie chronique, médicalement suivies, n’arrivent pas à obtenir un rendez-vous ? Ce serait le contraire de la coordination dont on a impérativement besoin dans un contexte de pénurie d’offres de santé. Ce serait là répondre à la simple demande des patients et pas à leurs besoins de santé ».


« Autoriser l’accès direct, c’est le contraire de l’exercice coordonné que MG France a toujours cherché à développer, au travers des maisons de santé pluriprofessionnelles ou des communautés professionnelles territoriales de santé. On est pour que les professionnels de santé qui ont des compétences différentes et complémentaires travaillent ensemble. Mais on s’oppose à tout ce qui risque de désorganiser le parcours de soins, et compromettre la sécurité des patients »,
poursuit la responsable.
Elle ajoute que « l’exercice coordonné doit être un partage de tâches. Pas un transfert d’activité à une autre profession sans négociation. Il faut ouvrir des négociations conventionnelles entre les différentes professions de santé et la Cnam pour réfléchir à la bonne articulation des tâches entre tous ».

nterview

Accès aux soins : «Si le système de santé ne s’appuie pas sur les généralistes, il ne tiendra pas longtemps»

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La présidente du syndicat MG France, Agnès Giannotti, promet une fronde des médecins généralistes face à la volonté du gouvernement de permettre aux patients de consulter directement kinésithérapeutes ou infirmières. Elle appelle à privilégier les besoins des patients plutôt que leurs demandes.

Consultation d’une médecin généraliste à domicile auprès d’une dame âgée vivant seule en zone rurale, pendant la pandémie de Covid-19, en mars 2020. (Romain Longieras/Hans Lucas/AFP)

par Nathalie Raulin

publié le 20 octobre 2022 à 6h50

La pénurie de médecins généralistes compromettant l’accès aux soins sur une fraction de plus en plus large du territoire national, le gouvernement cherche à mobiliser d’autres professions de santé pour répondre aux besoins. Alors que les députés débutent ce jeudi l’examen du budget de la sécurité sociale pour 2023, la docteure Agnès Giannotti, présidente de MG France, premier syndicat de médecins généralistes, se dit favorable à une plus grande participation des autres professions de santé aux gardes de nuit et de week-end comme au suivi des patients, sous coordination médicale. En revanche, si le gouvernement persiste dans son projet d’autoriser l’accès direct aux autres professionnels de santé, «cela risque de mal tourner», avertit-elle.

Faute d’avoir partout sur le territoire assez de médecins pour assurer les gardes les soirs et le week-end, le gouvernement préconise, dans un amendement au budget de la Sécurité sociale pour 2023, d’étendre la permanence des soins ambulatoire aux infirmiers, sages-femmes et dentistes. Qu’en pensez-vous ?

Dans les endroits où les besoins de santé de la population ne sont pas couverts, cela me va. Nous sommes favorables à ce que d’autres professions de santé participent à la permanence des soins, à condition toutefois que cela se fasse dans le cadre d’un exercice coordonné par… (Suite Abonnés)

Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

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