La dégradation du système de santé Québécois: un copier-coller de la France

Le système de santé québécois à bout de souffle

Montréal, le lundi 17 octobre 2022

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– Comme la France, le Québec est confronté tout à la fois à un manque de médecins généralistes et à une pénurie d’infirmiers.

L’herbe n’est pas toujours plus verte ailleurs. Longtemps, le Québec est apparu comme un eldorado pour les Français hautement diplômés, dont les médecins, grâce à des promesses de meilleures conditions de travail et de rémunérations élevés. Mais le système de santé de nos cousins québécois est en réalité confronté aux mêmes difficultés que le nôtre : le manque de médecins généralistes et les conditions de travail toujours plus difficiles du personnel hospitalier, mises en lumière par la crise sanitaire, contribuent à une dégradation généralisée de l’offre de soins.

10 % des Québécois privés de médecins traitants

Comme de notre côté de l’Atlantique, la désertification médicale (qui atteint des niveaux inquiétants dans les régions glacées du nord de la Belle Province) ainsi que la saturation des services d’urgence s’invitent régulièrement dans les débats. La réforme du système de santé était même l’un des enjeux majeurs des dernières élections locales qui ont eu lieu le 3 octobre dernier.

Reconduit à la tête de la province pour un second mandat de quatre ans, le Premier Ministre François Legault a promis de fluidifier le parcours d’accès de soins. Prenant l’exemple de la France, il souhaite également assouplir le numerus clausus pour augmenter le nombre de médecins formés.

Une mesure qui ne prendra cependant pleinement effet que dans une dizaine d’années alors que le système de santé québécois est déjà à bout de souffle. Echo au débat français sur la liberté d’installation, certains Québécois appellent à réformer le statut des médecins généralistes. Ces derniers, qui constituent la porte d’entrée du système de santé québécois, sont grassement payés par la province (jusqu’à 226 000 euros par an) mais peuvent pourtant décider librement de leurs horaires et de leurs volumes de travail.

La féminisation du métier et le nouveau rapport au travail des nouvelles générations ont conduit à une forte baisse du nombre d’heures travaillées. Résultat, 850 000 Québécois (10 % de la population) ne disposent pas d’un médecin traitant et la Fédération des médecins omnipraticiens estime nécessaire d’embaucher 1 000 médecins généralistes supplémentaires, en plus de 7 500 déjà en activité.

Des hôpitaux très efficaces…mais uniquement pour les soins complexes

Ce manque de médecins de ville provoque un afflux de patients dans les services d’urgence, qui étaient occupés à près de 120 % début septembre et où il faut parfois attendre 48 heures pour être pris en charge. Pour garantir la continuité des soins, certains hôpitaux ont contraint leurs infirmiers à enchainer des journées de 16 heures de travail, mesure qualifiée de « travail forcé » par la Fédération des infirmières et infirmiers du Québec.

« Toute la profession des infirmières est en état d’épuisement général, résultat, cinq ans après la fin de leurs études, 30 à 35 % des jeunes ont quitté le système public » affirme Julie Bouchard, présidente du syndicat, qui estime qu’il manque 10 000 infirmiers supplémentaires pour faire tourner les hôpitaux québécois.  

Malgré ces difficultés, les Québécois et les Canadiens en général restent très attachés à leur système de santé quasiment gratuit, surtout quand ils ont vent du coût exorbitant des soins pratiqué chez leurs voisins Américains. Paradoxalement, les investissements massifs menés dans le système de santé québécois ont permis de créer des hôpitaux à la pointe de la technologie, pourvus de médecins spécialistes particulièrement efficaces…quand il s’agit de traiter des maladies complexes.

« Au Québec, mieux vaut être traité pour un cancer que chercher à soigner une angine »résume une Québécoise.  

Grégoire Griffard

Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

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