La crise que traverse le service de pédiatrie de l’hôpital Jacques-Cœur de Bourges.

Publié le 10/10/2022

Pédiatrie hospitalière à bout de souffle : nouvel épisode à Bourges

Bourges, le lundi 10 octobre 2022

http://www.jim.fr/e-docs/pediatrie_hospitaliere_a_bout_de_souffle_nouvel_episode_a_bourges_194386/document_actu_pro.phtml

– La pénurie de soignants en pédiatrie défraye régulièrement la chronique ces dernières années, dernier épisode en date la crise que traverse le service de pédiatrie de l’hôpital Jacques-Cœur de Bourges.

Ce week-end, à Bourges, était ainsi organisée par la CGT une manifestation de soutien au service de pédiatrie de l’hôpital qui pourrait fermer prochainement.

Selon Armelle Paris, déléguée syndicale, qui témoigne dans le Berry Républicain, le manque de pédiatres met en effet en danger l’ouverture même du service de pédiatrie, mais aussi de celui de néonatalogie, de la maternité, des urgences pédiatriques et de l’hôpital de jour pédiatrique.

Bourges, comme ailleurs…

Actuellement, trois pédiatres exercent au centre hospitalier Jacques-Cœur de Bourges, contre cinq en temps normal. Dans un communiqué publié ce vendredi, l’hôpital, qui assure que « l’activité du service de pédiatrie n’a pour le moment pas été limitée », indique en effet faire face à « l’absence inopinée d’un des pédiatres du service pour une période minimale d’un mois ». Il serait, selon les syndicats, « en arrêt maladie ». La seconde absence s’explique par un congé de maternité.

« Les pédiatres actuellement présents ne peuvent pas tout gérer », déplore Armelle Paris. « Il faut recruter. Surtout que nous arrivons dans la période des bronchiolites et des gastroentérites ».

Si la CGT tire la sonnette d’alarme dès à présent, c’est également car un pédiatre est « censé partir en 2023 »« Ce que nous allions rencontrer l’année prochaine, on y arrive déjà, là. » Pour y faire face, « on demande à ce que la direction fasse appel aux intérimaires ou à la réserve sanitaire. Et qu’on donne envie aux pédiatres en place de rester ».

L’établissement de son côté assure avoir engagé « immédiatement toutes les actions à sa disposition : modification des tableaux de présence des praticiens titulaires du service, sollicitation des établissements hospitaliers de la région, des pédiatres libéraux, des médecins généralistes et recherche de médecins intérimaires avec proposition de majoration tarifaire ».

Une cellule de crise s’est par ailleurs mise en place ce jeudi, permettant, selon l’hôpital, d’assurer « la majorité des astreintes du mois d’octobre » grâce à la « mobilisation exceptionnelle des pédiatres du service ». Malgré tout, « l’établissement poursuit sa recherche de renforts pour aider en journée les pédiatres du service ».

Les difficultés de l’hôpital de Bourges ne sont pas sans rappeler celles de l’hôpital de Montluçon où le service de pédiatrie devrait fermer le 1er novembre. L’effectif médical du service pédiatrie de l’hôpital public de Montluçon aura ainsi été réduit à néant alors qu’il comptait encore sept médecins il y a quatre ans !

Exsangue en ville et à l’hôpital

Et il ne s’agit là que de deux exemples médiatisés dans un contexte général de crise de la pédiatrie hospitalière et libérale.

Fin 2021, le Collectif inter-hôpitaux avait rapporté : « A l’instar de la grave crise que traverse l’hôpital public, les services de pédiatrie font face à la fermeture de lits ou à l’impossibilité d’ouvrir leurs lits saisonniers par manque de puéricultrices et d’infirmières, d’auxiliaires puéricultrices et de pédiatres. Les urgences pédiatriques sont submergées comme tous les hivers par les épidémies virales (…) Les fermetures de services d’urgences pédiatriques ou accueillant des enfants dans les villes de taille moyenne font la une des journaux. (…) Se surajoutent des consultations par manque de recours en ville, les pédiatres sont en nombre insuffisant, et dans de nombreux territoires, les médecins généralistes sont saturés, seul l’hôpital public a un recours pédiatrique. La situation mentale de notre jeunesse est, elle aussi, alarmante : une vague de troubles psychiatriques principalement chez les adolescents vient heurter notre système qui connait à la fois un déficit chronique de l’offre de pédopsychiatrie et une situation aigue de tension sur l’ensemble de la pédiatrie hospitalière publique. »

Une crise hospitalière qui s’ajoute à une crise en libéral, avec une baisse continue des effectifs.

« Partout des cabinets se ferment et l’activité pédiatrique n’est pas reprise. Le manque de pédiatres est criant » dénonçait ainsi le Syndicat national des pédiatres français (SNPF) en 2019.

Les épidémies hivernales risquent de faire tanguer encore davantage le navire pédiatrie…

F.H.

Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

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