Dr Braun: « Est-ce qu’encadrer la liberté d’installation permettrait de lutter contre les inégalités dans l’accès au soin ? Je suis convaincu que non. »

« François Braun, ministre de la Santé : « Notre système construit sur l’offre de soins est à bout de souffle » »

Date de publication : 14 octobre 2022

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Libération

Libération publie un long entretien avec François Braun, ministre de la Santé, selon qui « la gronde étudiante contre son projet d’instaurer une quatrième année d’internat de médecine générale sous forme de stage ambulatoire à réaliser «en priorité» dans les déserts médicaux, est le fruit d’un «malentendu» qu’il se charge de dissiper ».
« Pour «répondre aux besoins de santé» de la population, l’ex-président du syndicat Samu-Urgences de France mise davantage sur la «responsabilité» des professionnels de terrain »,
note le journal.


François Braun déclare ainsi : « C’est parti comme une traînée de poudre sur un malentendu. A l’origine, cette quatrième année de DES [diplôme d’études spécialisées, ndlr] de médecine générale, c’est une demande des étudiants ! Ils considéraient que leur cursus ne leur offrait pas une formation suffisante en gynécologie-obstétrique, en pédiatrie et même dans la gestion d’un cabinet médical ».
« C’est dans cet objectif qu’on avait fait figurer cette mesure dans le programme présidentiel du candidat Macron. Ce qu’on leur propose aujourd’hui, c’est d’ajouter une année d’internat entièrement consacrée à des stages ambulatoires pour mieux les préparer à l’exercice professionnel en cabinet médical »
, poursuit le ministre.
Il ajoute : « En parallèle, on va se donner les moyens, en lien étroit avec les élus locaux, pour que les étudiants puissent les effectuer de préférence en zones sous dense. Mais cela reste sur la base du volontariat. La quatrième année est d’abord un projet pédagogique. Les internes auront des maîtres de stages universitaires. Il n’est pas question de les lâcher seuls dans la nature ».
François Braun remarque en outre : « Même si on doit se priver en 2026 de 3 500 jeunes diplômés, en réalité, on va gagner du temps. Je m’explique : pour devenir docteur junior, il faut avoir soutenu sa thèse. Dans les autres spécialités médicales, cela conditionne le passage en quatrième et dernière année d’internat ».


« Mais comme ils n’ont pas à faire cette quatrième année, beaucoup d’apprentis généralistes traînent à passer leur thèse, sésame pour pouvoir poser sa plaque. En attendant, ils ne peuvent faire que des remplacements. Résultat, ils ne sont que 18% à s’installer au sortir de leurs études. Une fois la quatrième année mise en place, ils n’auront plus le choix : il leur faudra avoir soutenu leur thèse en fin de troisième année. Cela va lever un frein à l’installation »,
déclare le ministre.


Il précise par ailleurs : « Mon principal objectif est de répondre aux besoins de santé de nos concitoyens. Est-ce qu’encadrer la liberté d’installation permettrait de lutter contre les inégalités dans l’accès au soin ? Je suis convaincu que non. C’est même l’inverse. Dans le meilleur des cas, on va voir émerger des comportements mercenaires : les jeunes médecins iront exercer durant un temps réglementaire dans une zone sous-dotée puis dès que possible ils partiront. C’est ce qu’il s’est passé au Québec, où la régulation de l’installation des médecins a entraîné des ruptures délétères de suivi et de prises en charge des patients ».


François Braun ajoute : « Je veux que les professionnels de santé s’organisent ensemble, au plus près des réalités de terrain de sorte à couvrir les besoins de santé de leur territoire. L’important, c’est d’être en mesure de fournir une réponse à toutes les personnes qui ont un problème de santé. […] Aujourd’hui, on ne peut plus raisonner uniquement en termes de densité médicale. Il faut avoir une vision plus en prise avec la réalité des besoins de santé des territoires. La Mayenne par exemple est un désert médical mais la population y est en meilleure santé qu’ailleurs ! La question est donc moins où sont installés les médecins que la façon dont ils s’organisent pour couvrir les besoins de santé de leur population ».

Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

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