Suède les errements de certains sociaux démocrates

En Suède, dans l’attente d’un gouvernement, l’extrême droite polarise

Après les élections du 11 septembre, deux camps se font face : ceux qui s’inquiètent de la victoire de l’extrême droite, et ceux qui les accusent de diaboliser les Démocrates de Suède. 

Par Anne-Françoise Hivert(Malmö (Suède), correspondante régionale)Publié aujourd’hui à 10h30

Temps de Lecture 2 min. 

Débat organisé par la Radio suédoise, entre les différents partis du pays, le 2 septembre, avant les élections générales du 11 septembre 2022.
Débat organisé par la Radio suédoise, entre les différents partis du pays, le 2 septembre, avant les élections générales du 11 septembre 2022.  JONATHAN NACKSTRAND / AFP

Près d’un mois après les élections législatives du 11 septembre, la Suède se cherche toujours un gouvernement. Sorties victorieuses des urnes, la droite libérale conservatrice et l’extrême droite négocient dans le plus grand secret. En attendant de parvenir à un accord, les quatre partis composant la nouvelle majorité se sont déjà partagé plusieurs postes-clés au Parlement. Parmi les nominations les plus controversées, celle de Richard Jomshof, secrétaire du parti nationaliste des Démocrates de Suède (SD), choisi pour présider de la commission de la justice.

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Membre des SD depuis 1999, cet ancien enseignant, âgé de 53 ans, proche de Jimmie Akesson, le chef de file du parti, s’est fait connaître pour ses prises de position incendiaires sur l’islam notamment, une religion « abominable » telle qu’elle est « majoritairement interprétée dans le monde musulman » et « pire que la chrétienté sur tous les plans ». Il mélange fréquemment « islam » et « islamisme », qu’il qualifiait encore de « religion/idéologie antidémocratique, prônant la violence et misogyne », dans un tweet, le 1er octobre.

Pour Richard Jomshof, sa nomination n’est rien de moins qu’un « jalon » dans l’histoire de son parti. En Suède, elle a déclenché un nouveau débat au sein d’une intelligentsia qui ne cesse de se diviser à coups de tweets et d’éditoriaux, depuis le 11 septembre, entre un groupe qui voit dans la progression des SD et leur alliance avec la droite une « menace pour la démocratie » et les autres, qui défendent au contraire le rapprochement avec ce mouvement, au nom de cette même démocratie. Deux camps qui paraissent aujourd’hui irréconciliables.

Pas de rassemblement après le score des SD

Après les élections, ceux qui, s’identifiant avec la gauche, le centre et même le parti libéral, avaient mis en garde contre la dédiabolisation des SD par la droite semblaient sonnés. Comme s’ils n’avaient jamais cru que la victoire du bloc de droite était possible. En septembre 2010, plus de 10 000 personnes avaient manifesté à Stockholm pour protester contre l’entrée de l’extrême droite au Parlement. Cette année, le score historique des SD n’a provoqué aucun rassemblement.

Les jours passant, les éditorialistes des grands journaux ont repris la plume pour dénoncer « l’illibéralisme » des SD, qui s’inscrit, comme le rappelle le quotidien libéral Dagens Nyheter après la victoire du parti postfasciste de Georgia Meloni en Italie, « dans un mouvement plus large » en Europe. Le journal s’insurge contre le parti conservateur, qui fait mine de l’ignorer et décrit « de plus en plus souvent les SD comme une formation parmi d’autres ».

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Björn Wiman, responsable des pages culture, dénonce, pour sa part, les tentatives de l’extrême droite pour « effacer la mémoire collective ». Après une campagne électorale « profondément destructrice », il faut, insiste-t-il, « s’accorder sur ce qui s’est produit dans le passé ». C’est-à-dire « continuer à parler des racines nazies des Démocrates de Suède et rappeler comment elles caractérisent encore la politique du parti ».

Accusé de vouloir diaboliser l’extrême droite

Dans le camp opposé, les leaders d’opinion conservateurs ne ménagent pas leurs efforts pour décrédibiliser leurs opposants et banaliser l’ampleur du bouleversement politique à l’œuvre. Certains avaient sauté le pas il y a plusieurs années, comme Ivar Arpi, ex-chroniqueur du journal conservateur Svenska Dagbladet, qui ne cesse de ridiculiser ceux qui s’inquiètent de l’arrivée du parti postfasciste au Parlement. « Le fascisme remplit aujourd’hui, avec le nazisme, la même fonction que Satan remplissait aux époques précédentes », estime-t-il, dans un texte publié par Dagens Nyheter, le 6 octobre.

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Lui comme d’autres accusent leurs adversaires de vouloir diaboliser l’extrême droite et tentent d’inverser la discussion. Relayant les arguments des SD, certains renvoient les sociaux-démocrates à un passé soi-disant « antisémite ». En réaction, plusieurs historiens, spécialistes du sujet, ont pris la plume pour dénoncer une manipulation. Hakan Blomqvist et Lars M. Andersson rappellent ainsi que, « lorsque l’antisémitisme est devenu une arme politique du nazisme, la social-démocratie est devenue l’un de ses principaux adversaires ».

Mais la discussion se poursuit et, sur les médias publics, désormais, chaque commentaire d’un invité faisant état de l’extrémisme des SD est assorti d’une remarque des journalistes, rappelant qu’« aucun représentant du parti n’est là pour se défendre ».

Anne-Françoise Hivert(Malmö (Suède), correspondante régionale)

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Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

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