En Suède, dans l’attente d’un gouvernement, l’extrême droite polarise
Après les élections du 11 septembre, deux camps se font face : ceux qui s’inquiètent de la victoire de l’extrême droite, et ceux qui les accusent de diaboliser les Démocrates de Suède.
Par Anne-Françoise Hivert(Malmö (Suède), correspondante régionale)Publié aujourd’hui à 10h30
Temps de Lecture 2 min.

Près d’un mois après les élections législatives du 11 septembre, la Suède se cherche toujours un gouvernement. Sorties victorieuses des urnes, la droite libérale conservatrice et l’extrême droite négocient dans le plus grand secret. En attendant de parvenir à un accord, les quatre partis composant la nouvelle majorité se sont déjà partagé plusieurs postes-clés au Parlement. Parmi les nominations les plus controversées, celle de Richard Jomshof, secrétaire du parti nationaliste des Démocrates de Suède (SD), choisi pour présider de la commission de la justice
.Lire aussi : Les Démocrates de Suède, un parti nationaliste aux racines fascistes
Membre des SD depuis 1999, cet ancien enseignant, âgé de 53 ans, proche de Jimmie Akesson, le chef de file du parti, s’est fait connaître pour ses prises de position incendiaires sur l’islam notamment, une religion « abominable » telle qu’elle est « majoritairement interprétée dans le monde musulman » et « pire que la chrétienté sur tous les plans ». Il mélange fréquemment « islam » et « islamisme », qu’il qualifiait encore de « religion/idéologie antidémocratique, prônant la violence et misogyne », dans un tweet, le 1er octobre.
Pour Richard Jomshof, sa nomination n’est rien de moins qu’un « jalon » dans l’histoire de son parti. En Suède, elle a déclenché un nouveau débat au sein d’une intelligentsia qui ne cesse de se diviser à coups de tweets et d’éditoriaux, depuis le 11 septembre, entre un groupe qui voit dans la progression des SD et leur alliance avec la droite une « menace pour la démocratie » et les autres, qui défendent au contraire le rapprochement avec ce mouvement, au nom de cette même démocratie. Deux camps qui paraissent aujourd’hui irréconciliables.
Pas de rassemblement après le score des SD
Après les élections, ceux qui, s’identifiant avec la gauche, le centre et même le parti libéral, avaient mis en garde contre la dédiabolisation des SD par la droite semblaient sonnés. Comme s’ils n’avaient jamais cru que la victoire du bloc de droite était possible. En septembre 2010, plus de 10 000 personnes avaient manifesté à Stockholm pour protester contre l’entrée de l’extrême droite au Parlement. Cette année, le score historique des SD n’a provoqué aucun rassemblement.
Les jours passant, les éditorialistes des grands journaux ont repris la plume pour dénoncer « l’illibéralisme » des SD, qui s’inscrit, comme le rappelle le quotidien libéral Dagens Nyheter après la victoire du parti postfasciste de Georgia Meloni en Italie, « dans un mouvement plus large » en Europe. Le journal s’insurge contre le parti conservateur, qui fait mine de l’ignorer et décrit « de plus en plus souvent les SD comme une formation parmi d’autres ».
Lire aussi : L’aide internationale et le climat dans le viseur des Démocrates de Suède
Björn Wiman, responsable des pages culture, dénonce, pour sa part, les tentatives de l’extrême droite pour « effacer la mémoire collective ». Après une campagne électorale « profondément destructrice », il faut, insiste-t-il, « s’accorder sur ce qui s’est produit dans le passé ». C’est-à-dire « continuer à parler des racines nazies des Démocrates de Suède et rappeler comment elles caractérisent encore la politique du parti ».
Accusé de vouloir diaboliser l’extrême droite
Dans le camp opposé, les leaders d’opinion conservateurs ne ménagent pas leurs efforts pour décrédibiliser leurs opposants et banaliser l’ampleur du bouleversement politique à l’œuvre. Certains avaient sauté le pas il y a plusieurs années, comme Ivar Arpi, ex-chroniqueur du journal conservateur Svenska Dagbladet, qui ne cesse de ridiculiser ceux qui s’inquiètent de l’arrivée du parti postfasciste au Parlement. « Le fascisme remplit aujourd’hui, avec le nazisme, la même fonction que Satan remplissait aux époques précédentes », estime-t-il, dans un texte publié par Dagens Nyheter, le 6 octobre.
Lire aussi : L’extrême droite assoit son influence au sein du Parlement suédois
Lui comme d’autres accusent leurs adversaires de vouloir diaboliser l’extrême droite et tentent d’inverser la discussion. Relayant les arguments des SD, certains renvoient les sociaux-démocrates à un passé soi-disant « antisémite ». En réaction, plusieurs historiens, spécialistes du sujet, ont pris la plume pour dénoncer une manipulation. Hakan Blomqvist et Lars M. Andersson rappellent ainsi que, « lorsque l’antisémitisme est devenu une arme politique du nazisme, la social-démocratie est devenue l’un de ses principaux adversaires ».
Mais la discussion se poursuit et, sur les médias publics, désormais, chaque commentaire d’un invité faisant état de l’extrémisme des SD est assorti d’une remarque des journalistes, rappelant qu’« aucun représentant du parti n’est là pour se défendre ».
Anne-Françoise Hivert(Malmö (Suède), correspondante régionale)
Les Démocrates de Suède, un parti nationaliste aux racines fascistes
Si le parti d’extrême droite, fondé en 1988, a poli son discours et imposé une tolérance zéro face au racisme, ses idées centrées sur le rejet de l’immigration et du multiculturalisme n’ont guère évolué depuis.
Par Anne-Françoise Hivert(Malmö (Suède), correspondante régionale)Publié aujourd’hui à 11h00, mis à jour à 11h00

Etait-ce au printemps 1995 ? Ou bien, quelques mois plus tôt, à l’automne 1994 ? Encore aujourd’hui, Jimmie Akesson, leader de l’extrême droite suédoise, arrivée en deuxième position aux élections législatives du 11 septembre, et soutien indispensable du futur gouvernement, maintient qu’il a adhéré au parti des Démocrates de Suède (Sverigedemokraterna, SD) après l’arrivée de l’ancien centriste Mikael Jansson à sa tête, en mars 1995.
Pourtant, selon des documents découverts par le magazine antiraciste Expo, le jeune Jimmie Akesson, âgé de 15 ans, aurait pris contact avec les SD dès 1994, soit plusieurs mois auparavant. A l’époque, la formation, née en 1988, était encore dirigée par Anders Klarström, un de ses membres fondateurs, ayant milité au sein du Parti du Reich nordique, un groupuscule néonazi. Lors de ses rassemblements, on y croisait des chemises brunes, les militants faisaient le salut nazi, et la sécurité était assurée par des skinheads
.Lire aussi : L’exception suédoise mise à mal par une formation politique créée par d’anciens fascistes
C’est à cet encombrant passé que Jimmie Akesson, 43 ans, souhaiterait ne pas être associé, lui qui assure, dans son autobiographie Satis Polito, publiée en 2013 (non traduite), qu’il a été attiré par le « potentiel politique » du parti et non « par les nazis et les skinheads ». « J’étais nationaliste, et les Démocrates de Suède avaient réussi, malgré leurs défauts, à formuler un nationalisme foncièrement sain, démocratique et universel, dont je partageais largement les fondements », confie-t-il.
Le multiculturalisme, une menace
Pour la journaliste Anna-Lena Lodenius, qui suit le parti depuis sa création, peu importe quand Jimmie Akesson a adhéré aux SD : « Le fait est que lui et certains de ceux qui dirigent actuellement le parti ont décidé d’y adhérer à l’époque parce qu’ils en partageaient les idées et que celles-ci n’ont pas fondamentalement changé. »
En novembre 2020, Mattias Karlsson, l’idéologue des Démocrates de Suède, faisait d’ailleurs l’éloge du premier programme politique des SD, datant de 1989. La politique migratoire du royaume scandinave y est qualifiée de « suicidaire ». A l’époque, on ne parle pas encore de « grand remplacement », mais l’idée est là. Le multiculturalisme est présenté comme une menace : « Nous croyons qu’une nation ethniquement et culturellement homogène a un plus grand potentiel pour un développement pacifique et démocratique qu’une formation étatique multiculturelle et hétérogène », indique le document.
Lire aussi :
L’aide internationale et le climat dans le viseur des Démocrates de Suède
On est alors loin du discours tenu par les formations de la droite populiste qui ont émergé durant la décennie précédente dans les autres pays nordiques, en réaction à une fiscalité jugée trop élevée. Pour ces partis, le rejet de l’immigration n’est pas encore un thème principal. En Suède, la formation Ny Demokrati, fondée en 1991, tentera de capter ce mécontentement. Mais, après un mandat au Parlement, elle disparaîtra de la scène politique.
A la droite de la droite, ce sont les SD qui vont donc s’imposer. Contrairement à ses voisins, la Suède n’a pas participé à la seconde guerre mondiale. Elle n’a pas connu l’occupation nazie. En 1945, il n’y aura donc pas de grand nettoyage. Même si elles n’ont pas pignon sur rue, des organisations nostalgiques du IIIe Reich et du fascisme italien continuent d’exister. En 1979, plusieurs personnalités, issues de cette mouvance, lancent une campagne, baptisée Bevara Sverige Svensk (« gardons la Suède suédoise », BSS). Objectif : mobiliser la société contre les immigrés et le multiculturalisme.
Vers la dédiabolisation
La création du parti Démocrates de Suède, en février 1988, entend mener le combat sur la scène politique. Sur la trentaine de ses membres fondateurs, au moins un tiers avait des liens avérés avec des organisations nazies et fascistes, ou des groupuscules néonazis. L’un d’entre eux, Gustaf Ekström, a même été volontaire au sein de la Waffen-SS. Ces informations, mises en évidence par les historiens, ont été confirmées, en juin, par les SD, dans un « livre blanc »,destiné à faire la lumière sur leur histoire – et montrer par la même occasion qu’ils n’ont rien à cacher.
Lire aussi : L’extrême droite suédoise dédiabolisée par les conservateurs
Avec l’élection, en mars 1995, de Mikael Jansson, premier chef de file à ne pas être issu de la « nébuleuse brune », les SD font un premier pas vers la dédiabolisation. En 1996, le port de l’uniforme est interdit lors des rassemblements, de même que les drapeaux rappelant le nazisme ou le fascisme. Avant les élections générales de 1998, Expo révèle toutefois que la moitié des candidats du parti militent au sein d’organisations racistes. La campagne est alors en partie financée par le Front national (avec qui les SD rompront plus tard).
Pendant ce temps-là, dans un café autrichien à Lund, ville universitaire du sud de la Suède, un groupe d’étudiants se réjouit des victoires électorales du Parti de la liberté d’Autriche (FPÖ) de Jörg Haider, en Autriche. Ils sont quatre : Jimmie Akesson, conseiller municipal à Sölverborg, la petite ville de Scanie où il a grandi (aujourd’hui dirigée par son ex-femme), élu chef de file du parti en 2005 ; Björn Söder, qui va en devenir le numéro deux ; Matthias Karlsson, bientôt nommé secrétaire politique ; et le plus âgé, Richard Jomshof, futur rédacteur en chef du SD Kuriren, le journal du parti.
Lire notre reportage : La ville de Sölvesborg, laboratoire contesté de l’extrême droite suédoise
En 1999, ils ont lancé l’Association étudiante nationale démocratique et ravivé une vieille tradition associée à l’ultradroite : la procession au flambeau du 30 novembre, date de la mort du roi Charles XII, marquant selon eux le début de son déclin. Ils rêvent d’un sursaut nationaliste et d’une révolution conservatrice. Mais, avant, il faut polir l’image du parti, dont le logo est encore une flamme inspirée du fascisme italien. En 2006, elle est remplacée par une anémone hépatique aux couleurs du drapeau suédois.
« Renverser la Suède libérale »
Jimmie Akesson et la « bande de Scanie » imaginaient-ils alors qu’un jour de 2021 les SD dépasseraient le parti conservateur et seraient en mesure d’imposer leurs conditions à une droite dépendante de leur soutien au Parlement ?« On les a beaucoup sous-estimés, répond l’historienne Heléne Lööw. Ils ont agi avec détermination et réussi ce qu’on croyait impossible, en mobilisant les 20 % d’électeurs, dont des enquêtes montrent depuis des décennies qu’ils partagent leurs idées. »
Après avoir réussi à entrer au Parlement en 2010, le parti a donné l’impression de s’assagir. En 2012, Jimmie Akesson a décrété une « tolérance zéro » à l’égard du racisme. Les SD se sont mis à défendre le principe d’une « identité suédoise ouverte ». S’opposant à ces nouvelles orientations, les Jeunes Démocrates de Suède (SDU) ont été exclus en 2015 ; ils se sont ensuite regroupés au sein d’Alternativ för Sverige, où milite désormais Mikael Jansson.
A droite, leurs alliés conservateurs assurent qu’ils ne sont plus les mêmes. Mme Lööw dément : « Ce ne sont pas eux qui ont changé, mais la société. Elle les considérait comme extrêmes il y a trente ans, ce n’est plus le cas aujourd’hui. »« Si le packaging, la stratégie, le choix des mots a évolué, leur vision politique reste la même, et c’est sans doute une clé de leur succès », affirme Niclas Nilsson, chercheur auprès de la fondation Expo.
Lire aussi notre éditorial : Suède : le piège de l’alliance avec l’extrême droite
Depuis que les libéraux et les conservateurs se sont dits prêts à travailler avec eux, après les élections de 2018, leur discours s’est d’ailleurs radicalisé. Le parti prône de nouveau une politique active de retour des étrangers dans leur pays d’origine. Il met en garde contre « l’islamisation » de la société. « Il y a seulement deux choix : la victoire ou la mort, écrivait Mattias Karlsson, sur Facebook, en septembre 2018 : Nos adversaires nous ont véritablement contraints à une lutte existentielle pour la survie de notre culture et de notre nation. » « Leur projet est de renverser la Suède libérale, ouverte, plurielle et multiculturelle, qu’ils n’aiment pas », affirme le journaliste David Baas, auteur de l’essai Segra eller dö (« gagner ou mourir », non traduit).
Aujourd’hui, la Hongrie de Victor Orban fait figure de modèle. Le 15 septembre, les deux eurodéputés SD ont voté contre la résolution, adoptée par le Parlement européen, qualifiant le régime hongrois « d’autocratie électorale ». Cette position a suscité l’embarras des libéraux suédois. Elle pourrait n’être que la première d’une longue série.
Anne-Françoise Hivert(Malmö (Suède), correspondante régionale)
L’espace des contributions est réservé aux abonnés.
Abonnez-vous pour accéder à cet espace d’échange et contribuer à la discussion. S’abonnerDéjà abonné ? Se connecterContribuer
Vous pouvez partager un article en cliquant sur les icônes de partage en haut à droite de celui-ci.
La reproduction totale ou partielle d’un article, sans l’autorisation écrite et préalable du Monde, est strictement interdite.
Pour plus d’informations, consultez nos conditions générales de vente.
Pour toute demande d’autorisation, contactez droitsdauteur@lemonde.fr.
En tant qu’abonné, vous pouvez offrir jusqu’à cinq articles par mois à l’un de vos proches grâce à la fonctionnalité « Offrir un article ».
Suède : le piège de l’alliance avec l’extrême droite
Éditorial
Le Monde
En troquant la stratégie du cordon sanitaire contre celle du marchepied, le principal parti conservateur a puissamment aidé les Démocrates de Suède, nés d’un parti ouvertement néonazi, dans son entreprise de dédiabolisation.
Publié le 16 septembre 2022 à 11h00 Mis à jour le 16 septembre 2022 à 13h08 Temps de Lecture 2 min. Read in English
Le concept d’une Suède modèle de démocratie scandinave tempérée jusqu’à l’ennui a-t-il vécu ? L’issue des élections législatives, qui s’y sont tenues le 11 septembre, est en apparence sans appel. Certes, le scrutin a été très serré : seuls trois sièges séparent la coalition parlementaire de droite qui l’a emporté de celle de la gauche, et la solidité de la nouvelle majorité est déjà sujette à interrogations. Il n’empêche. Pour la première fois dans l’histoire de ce pays, le pouvoir va être exercé par un bloc élargi à la droite radicale, incarnée par le parti des Démocrates de Suède, une formation née d’un parti ouvertement néonazi.
En l’espace de douze ans, ce parti virulemment anti-immigration a quadruplé sa représentation, passant de 5,7 % à 20,6 % des voix. Il est devenu ainsi la deuxième force politique suédoise. Loin derrière le parti social-démocrate de la première ministre sortante (30,4 %), Magdalena Andersson, qui sera donc restée moins d’un an au pouvoir, mais devant le principal parti conservateur, qui a troqué pour ces élections la stratégie du cordon sanitaire contre celle du marchepied. Cette dernière a été considérée comme la seule voie possible, selon son dirigeant, Ulf Kristersson, pour accéder au pouvoir.
Lire aussi : En Suède, la droite devra composer avec l’extrême droite pour gouverner
Les résultats de ce calcul opportuniste interrogent donc sur sa pertinence. En parachevant l’intégration de cette droite dure dans le jeu politique suédois, les conservateurs ont puissamment aidé son chef, Jimmie Akesson, dans son entreprise de dédiabolisation. L’immigration et l’insécurité, ses thèmes de prédilection, ont ainsi dominé la campagne législative aux dépens d’autres plus fondamentaux comme la lutte contre le dérèglement climatique. Les Sociaux-Démocrates, qui ont durci leurs positions vis-à-vis des migrants bien avant ces élections, n’y sont d’ailleurs pas non plus imperméables.
Un exempe loin d’être isolé
Le bénéfice électoral que les Démocrates de Suède ont retiré du renoncement de la droite modérée les place désormais au cœur de la nouvelle coalition parlementaire, sans laquelle Ulf Kristersson ne pourra pas gouverner. Même s’ils ne participent pas à l’exécutif, ils n’hésiteront certainement pas à monnayer chèrement leur soutien, en revendiquant des postes importants au Parlement, ou bien en pesant de tout leur poids sur le contrat de gouvernement de la nouvelle équipe. Les conservateurs voulaient en faire une force d’appoint, ils en sont désormais les obligés.
ire aussi : En Suède, la leader du parti centriste est la cible préférée de l’extrême droite
L’exemple suédois de banalisation de la droite la plus radicale est loin d’être isolé, à commencer dans cette partie de l’Europe. La Finlande et le Danemark ont en effet ouvert la voie, avec à chaque fois un sévère tour de vis sur la politique migratoire, y compris de la part de gouvernements sociaux-démocrates.
En Italie, une autre coalition élargie à d’autres formations d’extrême droite, dont Fratelli d’Italia, dernier avatar du Movimento sociale italiano, d’ascendance fasciste, va tenter le 25 septembre de conquérir le pouvoir, pour le bénéfice de la dirigeante de ce dernier, Giorgia Meloni. Elle défend des positions proches des Démocrates de Suède. Les deux partis siègent d’ailleurs au sein du même groupe au Parlement européen, contrairement aux élus du Rassemblement national français.
Lire aussi : De l’héritage fasciste à l’incarnation de la nouveauté, le parti Fratelli d’Italia aux portes du pouvoir
Des différences significatives continuent de séparer ces familles de la droite populiste ou nationale conservatrice européenne, notamment sur l’OTAN et la Russie, mais leur progression constante se fait invariablement aux dépens de partis conservateurs. Loin d’être la planche de salut qu’ils imaginent, la main tendue à la droite radicale porte en elle, pour eux, une menace existentielle.
Le Monde