Sur le terrain beaucoup d’hôpitaux n’appliquent les mesures pour renforcer l’attractivité médicale suite à l’engagement du gouvernement

Mesures estivales d’attractivité médicale : sont-elles vraiment appliquées ?

12  SEPTEMBRE 2022 Communiqué de Action Praticien Hôpital

https://aph-france.fr/Mesures-estivales-d-attractivite.html

Action Praticiens Hôpital, union d’Avenir Hospitalier et de la Confédération des Praticiens des Hôpitaux, organisations syndicales majoritaires pour le collège des praticiens hospitaliers titulaires et contractuels, a alerté le Ministre de la Santé et de la Prévention, Matignon et l’Élysée suite à des remontées du terrain très négatives de la non-application éventuelle des mesures estivales de la mission flash pour certains hospitaliers.

Nous avons demandé, dès le début de l’été, la parution d’une instruction expliquant la teneur exacte des mesures et les modalités de leur mise en œuvre.  
Malgré les arrêtés publiés début juillet, nous découvrons qu’un nombre conséquent de directions indiquent qu’elles ne vont pas appliquer ces mesures, pour diverses raisons qui demeurent contradictoires avec la réglementation.  
Nous ne pouvons l’accepter ! Une telle approche, si elle était confirmée, serait l’équivalent d’un acte de provocation sans précédent et laissera une nouvelle fois des cicatrices irréversibles dans la confiance réciproque entre soignants, praticiens d’une part et équipes de direction et tutelles d’autre part.

APH, qui a déjà signalé l’absence de prise en compte de la pénibilité des astreintes des praticiens hospitaliers qui eux aussi ont assuré la permanence des soins sans la moindre compensation, ne comprendrait pas que l’engagement sur les gardes ne soit tenu par le gouvernement, ce qui nous paraissait le minimum, d’autant plus que la portée de cette mesure avait déjà été divisée par deux entre le rapport de la mission flash et les mesures obtenues.

Ce manque de lisibilité va une fois de plus cristalliser la « non-attractivité » de l’Hôpital Public, toutes spécialités confondues, sans parler du sentiment de défiance vis à vis des directions, des tutelles et de nos gouvernants. APH demande la pérennisation de ces mesures en attendant le rendu de la mission IGAS en y intégrant les astreintes des autres praticiens qui n’ont bénéficié d’aucune mesure.

APH demande au Ministre de bien vouloir confirmer les modalités exactes d’application de l’arrêté du 12 juillet, que nous comprenons comme devant être appliqués à TOUS les praticiens, et d’en contrôler leur application.

Nous apprenons parallèlement que l’IGAS a sollicité certains praticiens pour répondre aux deux missions que le Ministre a confié à cette instance. Nous rappelons notre demande d’être auditionnés au titre des représentations syndicales, pour que les retours terrain soient réels, objectifs et les plus 
exhaustifs possibles et ne se limitent pas au prisme de certains points de vue.

En raison de l’implication sans faille de tous nos collègues, il est essentiel, de clarifier ce trouble grandissant et de partir sur des nouvelles modalités de dialogue social pour que l’Hôpital Public retrouve son attractivité, son dynamisme et sa dynamique territoriale comme sa juste place dans notre système de santé solidaire, pilier de notre République.  
Le maintien de la valorisation de la pénibilité de la permanence des soins partiellement pris en compte de ces mesures doit être acquis le temps de la mission Igas. De plus, APH exige le renforcement de ces mesures en intégrant les astreintes et a minima le doublement prévu par la 
mission flash. 
Nous insistons sur la nécessité en tant que praticiens et représentants élus des praticiens, d’être entendus et écoutés. 

Majorations de gardes : l’intersyndicale Action praticiens hôpital craint le non-versement par certains établissements

PAR 

JULIEN MOSCHETTI – 

PUBLIÉ LE 12/09/2022 https://www.lequotidiendumedecin.fr/hopital/majorations-de-gardes-lintersyndicale-action-praticiens-hopital-craint-le-non-versement-par-certains

Crédit photo : S.Toubon

Début juillet dernier, le gouvernement publiait un ensemble de textes réglementaires pour permettre le déploiement pour l’été des mesures d’attractivité  de la « mission flash ». Ce week-end, l’intersyndicale Action praticiens hôpital (APH) a annoncé avoir envoyé un courrier au ministre de la Santé, François Braun, pour lui faire part « des remontées de terrain très négatives de la non-application éventuelle des mesures estivales [d’attractivité médicale] de la mission flash pour certains hospitaliers ».

Selon APH, un nombre « conséquent » de directions d’établissement « indiquent qu’elles ne vont pas appliquer ces mesures, pour diverses raisons qui demeurent contradictoires avec la réglementation ». L’intersyndicale ne comprendrait pas, par exemple, que « l’engagement sur les gardes ne soit tenu par le gouvernement », d’autant plus que la portée de cette mesure avait déjà été « divisée par deux entre le rapport de la mission flash et les mesures obtenues ».

Manque de lisibilité

Contacté par « Le Quotidien », le président de l’intersyndicale, le Dr Jean-François Cibien rappelle que la « mission flash » « préconisait avant l’été le doublement de l’indemnité de sujétion » qui a finalement été majorée de 50 %. Il demande donc « un alignement de l’indemnité de sujétion sur celle des HU qui a été doublée ».

Pour le vice-président du Samu-Urgences de France (SUdF), ce sont « toutes les mesures de majoration des gardes et du temps de travail additionnel » qui manquent aujourd’hui de lisibilité. Il demande donc au ministre de confirmer les modalités exactes d’application de l’arrêté du 12 juillet 2022 qui gravait dans le marbre la majoration de 50 % du montant de l’indemnité de sujétion. APH avait en effet compris que cette revalorisation concernerait tous les praticiens, elle demande donc au ministère de contrôler son application.

Directions « dans le brouillard »

Selon le Dr Cibien, APH avait déjà demandé au ministère et à la DGOS de communiquer sur le sujet il y a deux mois, pour expliquer notamment aux directions d’établissement et aux praticiens que « les majorations allaient être répercutées sur le mois septembre, voire en octobre ». Mais il semblerait que certaines directions soient encore « dans le brouillard ». Certaines « ne savent pas si elles sont concernées ou pas par ces mesures, ou comment tout cela sera financé », observe l’urgentiste du Centre hospitalier d’Agen qui évoque des « échanges tendus avec certaines directions ».

Ce manque de lisibilité risquerait de « cristalliser la « non-attractivité » de l’hôpital public, mais aussi de laisser « des cicatrices irréversibles dans la confiance réciproque entre soignants, praticiens d’une part et équipes de direction et tutelles d’autre part », avertit APH. Le Dr Cibien demande donc au ministère de « clarifier sa position pour que l’on puisse passer à autre chose ».

Voir aussi:

https://environnementsantepolitique.fr/2022/09/18/lattractivite-des-carrieres-hospitalieres-et-la-prise-en-compte-de-la-penibilite-de-la-permanence-des-soins-en-termes-de-remuneration-et-de-retraite-priorites-du-nou/

Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s