L’écologie semble mal partie avec le nouveau gouvernement, inexpérience et un rang de parent pauvre: dixième rang pour Christophe Béchu, ministre de la Transition écologique et de la Cohésion des territoires et en queue des secrétaires d’état, Bérangère Couillard, chargée de l’Ecologie

Remaniement : une nouvelle équipe gouvernementale novice en matière d’écologie

À la suite des élections législatives et de la démission d’Amélie de Montchalin et de Justine Bénin, Christophe Béchu devient le nouveau ministre de la Transition écologique secondé par trois ministres délégués et deux secrétaires d’État.

Gouvernance  |  04 juillet 2022  |  Laurent Radisson  |  Actu-Environnement.com

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Remaniement : une nouvelle équipe gouvernementale novice en matière d'écologie

© dbrnjhrj

L’équipe en charge de l’écologie au sein du gouvernement est profondément remaniée et ne se distingue pas par son expérience sur ces questions. Suite aux élections législatives qui ont vu chuter la ministre de la Transition écologique Amélie de Montchalin, la secrétaire d’État à la mer Justine Bénin et la ministre de la Santé Brigitte Bourguignon, le président de la République a recomposé le gouvernement d’Élisabeth Borne ce lundi 4 juillet.

Si la stabilité prévaut du côté d’Agnès Pannier-Runacher qui reste ministre de le Transition énergétique et de Marc Fesneau qui conserve l’agriculture, une nouvelle équipe est constituée autour de Christophe Béchu qui devient le nouveau ministre de la Transition écologique et de la cohésion des territoires.

Trois ministres délégués et deux secrétaires d’État

L’éphémère ministre délégué chargé des collectivités territoriales et ex-maire d’Angers se voit adjoindre deux ministres délégués. Clément Beaune, fidèle du président et éphémère ministre délégué chargé de l’Europe, est nommé ministre délégué chargé des transports. Olivier Klein, maire de Clichy-sous-Bois et membre de la Fédération progressiste, est nommé ministre chargé de la ville et du logement.

Deux secrétaires d’État sont également nommés auprès de Christophe Béchu. Il s’agit tout d’abord de Bérangère Couillard en charge de l’écologie. Fraîchement réélue députée de la Gironde, elle avait été porte-parole du groupe LREM à l’Assemblée nationale. La deuxième secrétaire d’État est la radicale Dominique Faure qui venait d’être élue députée de la Haute-Garonne. Elle se voit confier la ruralité.

Caroline Cayeux est, quant à elle, nommée ministre déléguée chargée des collectivités territoriales auprès du ministre de l’Intérieur et de la Transition écologique. Elle était maire divers droite (ex LR) de la ville de Beauvais, présidente de l’Agence nationale de la cohésion des territoires (ANCT) et également présidente de la Fédération des villes de France.

Quant au secrétariat d’État chargé de la mer, placé directement auprès d’Élisabeth Borne, il est confié à Hervé Berville. Ce natif du Rwanda, qui a occupé les fonctions de porte-parole du groupe LREM à l’Assemblée nationale, venait d’être réélu député des Côtes-d’Armor. Marlène Schiappa revient au gouvernement, auprès de la Première ministre également, en tant que secrétaire d’État chargée de l’économie sociale et solidaire et de la vie associative.

Enfin, le président de la République a nommé le médecin urgentiste François Braun pour remplacer Brigitte Bourguignon en tant que ministre de la Santé et de la prévention. Président du syndicat Samu Urgences de France, il venait de remettre un rapport sur les urgences à Élisabeth Borne dont elle a annoncé retenir toutes les préconisations.

Une nouvelle équipe qui va devoir faire ses preuves sur les questions d’écologie.

Laurent Radisson, journaliste
Rédacteur en Chef délégué aux marchés HSE

Antoine Pellion, un jeune secrétaire général à la planification écologique spécialiste des questions d’énergie et du nucléaire

Rattaché à Matignon, Antoine Pellion hérite de ce nouveau poste de coordination gouvernementale. 

Par Rémi BarrouxPublié aujourd’hui à 11h30  

Temps de Lecture 4 min. 

https://www.lemonde.fr/planete/article/2022/07/05/antoine-pellion-un-jeune-secretaire-general-a-la-planification-ecologique-specialiste-des-questions-d-energie-et-du-nucleaire_6133417_3244.html

Antoine Pellion, sur le perron de l’Elysée, le 27 juillet 2020.
Antoine Pellion, sur le perron de l’Elysée, le 27 juillet 2020.  LIONEL PRÉAU/RIVA PRESS

Avant même que la présentation du nouveau gouvernement d’Elisabeth Borne ne se fasse, lundi 4 juillet, une chose était certaine : le tandem de la première ministre, chargée de la planification écologique, avec son secrétaire général Antoine Pellion était confirmé par l’Elysée. A 39 ans, celui-ci inaugure donc un nouveau poste auprès de la première ministre, celui de secrétaire général à la planification écologique.

Une première sur cette thématique, car d’autres secrétariats généraux, sous l’autorité de Matignon, existent déjà, tels le secrétariat général aux affaires européennes, celui pour l’investissement ou encore celui de la mer. Ce nouveau poste doit « coordonner l’élaboration des stratégies nationales en matière de climat, d’énergie, de biodiversité et d’économie circulaire », a fait valoir, dans un communiqué, le 20 mai, la première ministre. Et le choix d’Antoine Pellion apparaît logique, tant les deux se connaissent bien et s’apprécient. « Dans son rôle de planification écologique et énergétique, la première ministre est comme un numéro 10 au rugby, elle distribue le jeu. L’enjeu, justement, c’est que tous les ministres soient concernés. Et ma mission va être de m’assurer très concrètement que la planification permette d’atteindre les objectifs fixés par le président de la République », décrypte le nouveau secrétaire général.

Le diplômé de l’Ecole des mines, père de deux garçons de 6 et 8 ans, s’est déjà frotté à de nombreux ministères, en spécialiste des questions d’énergie qu’il est. Entré dans la haute administration comme conseiller de Ségolène Royal, c’est en 2014 qu’il fait la connaissance d’Elisabeth Borne, alors directrice du cabinet de la ministre socialiste de l’environnement. Trois années plus tard – il est alors conseiller (environnement, énergie et transports) à l’Elysée –, quand il se plonge dans des dossiers complexes, comme la réforme de la SNCF ou encore le délicat problème du projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, à côté de Nantes, c’est avec Mme Borne, ministre des transports, qu’il travaille.

Lire aussi :  Le gouvernement et la haute administration seront formés à la transition écologique

Sur les réseaux sociaux et dans certains articles, on rappelle qu’il a travaillé chez Total, puis pour la compagnie nucléaire Areva. Deux entreprises guère appréciées dans la sphère écologiste. « Dans les deux cas, en 2005 chez Total, comme deux années plus tard sur le chantier de l’EPR en Finlande, il s’agissait de stages », répond l’intéressé. Passé aussi chez Enedis (l’entreprise publique qui gère le réseau d’électricité), c’est à la direction régionale de l’industrie, de la recherche et de l’environnement de l’Ile-de-France, alors qu’il dirigeait le service de la prévention des risques, qu’il fait la connaissance de Bernard Doroszczuk, à la tête de cette direction. Les deux hommes, passés par les Mines, ont de bons contacts et, alors que M. Pellion est conseiller à l’Elysée, le président de la République nomme, en 2018, M. Doroszczuk président de l’Autorité de sûreté nucléaire.

« Un écologiste nucléaire »

Le nucléaire est un des credo du nouveau secrétaire général. « C’est quelqu’un de compétent, qui connaît bien ses dossiers, ouvert au dialogue. Mais il a une vision très technocentrée. Quand on lui parle “sobriété”, il répond toujours qu’on ne peut pas imposer quelque chose aux gens, que la sobriété est vécue comme une contrainte, raconte Anne Bringault, coordinatrice des programmes du Réseau Action Climat. Et il est clairement pronucléaire, pro-EPR. Il sortait tout le temps un petit schéma, qu’il avait lui-même dessiné, pour démontrer la nécessité du nucléaire. »

« Ce n’est pas un militant écologiste, mais un écologiste nucléaire. Il a aussi défendu la taxe carbone, qui était demandée par les ONG, l’éolien en mer. Il sait entrer dans la technique des dossiers mais a tendance à micromanager, à garder la main, ce qui peut retarder le travail », dit aussi de lui, sous le couvert de l’anonymat, une personne qui a côtoyé Antoine Pellion, quand ce dernier était le chef du « pôle vert » à Matignon.

Une responsabilité qu’Antoine Pellion va conserver. Le jeune homme continuera, en effet, de superviser ses cinq conseillers (écologie, énergie, transports, logement et agriculture). Son secrétariat général devrait être constitué d’une équipe de plusieurs dizaines de personnes et s’appuiera sur les directions centrales des ministères, notamment le commissariat général au développement durable

Lire aussi :  Ecologie : les dossiers urgents aux mains d’Agnès Pannier-Runacher

La question des moyens reste, bien sûr, déterminante. « Sur ces sujets de la transition écologique, il faut s’assurer de voir qui est en charge de quoi et suivre au quotidien leurs avancées. Si le secrétariat général à la planification écologique ne le fait pas, nous aurons du mal à identifier les points de blocage, et à nous assurer que ces dossiers soient toujours en haut de la pile dans chaque ministère », confie au Monde Antoine Pellion.

Un parcours déjà long

Gros travailleur, rompu aux questions technologiques, le nouveau responsable de la planification a pour lui un parcours déjà long dans la haute administration et les ministères, et « une expérience de terrain », revendique-t-il. « Spécialiste des sujets énergie, il va devoir monter en puissance sur la biodiversité, par exemple », estime Matthieu Orphelin, ex-député écologiste du Maine-et-Loire. Tout en pointant que le nouveau secrétaire général est aussi « comptable du bilan et de la difficulté à avancer sur ces sujets ». L’ancien député, qui sera directeur de la Ligue pour la protection des oiseaux en novembre, s’inquiète aussi du retard pris par la mise en place de ce nouveau secrétariat général, et des conséquences sur les dossiers urgents du climat et de l’environnement. Questionné sur le calendrier, M. Pellion assure que le décret de création du secrétariat général et celui de sa nomination devraient être publiés dans les prochains jours. Le recrutement de l’équipe devrait se faire dans la foulée, pour une mise au travail « la plus rapide possible ».

Affirmant n’avoir jamais été encarté dans un parti, c’est en 2019 qu’Antoine Pellion franchit le pas en rejoignant son ami Stanislas Guerini, alors délégué général de La République en marche. Il adhère au mouvement et dirige la campagne des élections municipales de 2020, séduit par « l’approche concrète de la transition écologique et [la] volonté de la mettre en œuvre » d’Emmanuel Macron, qu’il avait connu quand il était en poste au ministère de l’économie, durant le quinquennat de François Hollande.

Aujourd’hui, Antoine Pellion reste convaincu de la nécessité d’une approche pragmatique, loin d’une vision idéologique de l’écologie. « Il existe un consensus sur les principales actions à mener. Les mentalités évoluent très vite et ce qui semble aujourd’hui impossible peut devenir possible dans quelques mois, analyse-t-il. Par exemple, quand je faisais partie des équipes du ministère de Ségolène Royal de 2014 à 2016, la gestion des pics de pollution atmosphérique dans les métropoles était une source de grande tension avec des blocages sur la circulation alternée. Ce n’est plus le cas aujourd’hui. »

En assistant à la passation des pouvoirs entre Amélie de Montchalin et Christophe Béchu, nouveau ministre de la transition écologique, lundi, dans la cour de l’hôtel de Roquelaure, Antoine Pellion manifestait toute l’attention d’un coach pour sa nouvelle équipe.

Lire aussi :  Le gouvernement poussé à se convertir à la sobriété énergétique

Rémi Barroux

BILLET DE BLOG 5 JUIL. 2022

Sous Macron, l’écologie chute en 10ème place mais l’homophobie se classe en 1ère

Au dernier remaniement, plusieurs homophobes rentrent définitivement au gouvernement. Le plus notable, Christophe Béchu, maire d’Angers, devient Ministre de la transition écologique, domaine où il n’a aucune compétence. Le rang protocolaire du Ministère de l’Ecologie, lui, passe du 5ème au 10ème rang.

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Lors de ce remaniement, des homophobes notoires se sont vu accorder des ministères dans le nouveau gouvernement d’Elisabeth Borne, alors qu’elle promettait aux personnes LGBT+ “qu’elles trouveront en [elle] et [son] gouvernement un allié pour défendre leurs droits et lutter contre toutes les discriminations” le 17 mai, journée internationale de lutte contre l’homophobie, la transphobie et la biphobie. Christophe Béchu reçoit le poste de la Transition écologique dans ce nouveau gouvernement. Soutien de la Manif pour Tous, le ministre délégué chargé des Collectivités territoriales durant la campagne législative s’est fait largement connaître en 2016 lorsqu’il demande le retrait d’affiches de prévention de Santé Publique France contre le VIH/SIDA, car, pour lui, ces affiches “particip[aient] pour les enfants à une forme de trouble à l’ordre public”. Sur le mariage gay, il avait publié une tribune avec le très à droite Bruno Retailleau, dans le journal d’extrême-droite Valeurs Actuelles contre, ou demandait encore “comment refusera-t-on à un frère ou une soeur qui s’aime la possibilité de se marier” en comparant de façon répugnante l’homosexualité et l’inceste.

Affiches retirées à Angers par Christophe Béchu

D’autres homophobes restent ou s’installent au gouvernement. Gérald Darmanin, opposé au mariage pour tous et qui s’opposait à marier un couple de même sexe – et accusé de viol, voit son portefeuille élargi. Nouvelle entrante, Caroline Cayeux, qui remplace Christophe Béchu au ministère chargé des Collectivités territoriales, est également une ancienne opposante au mariage pour Tous. Sébastien Lecornu, qui reste le ministre de l’Armée, s’est également opposé au mariage pour tous en 2012. Magnifique pour un gouvernement prétendu progressiste.

Dans l’entre-deux tour, Emmanuel Macron s’était épris d’une passion pour l’écologie, multipliant communication et discours. Un goût soudain de la protection de la planète s’était alors emparé de lui. Un ministère de la « planification écologique » avait même fait son apparition, reprenant à son compte le combat de Jean-Luc Mélenchon. Cependant, personne n’était dupe de la manœuvre électorale auquel jouait le président de la République. Seuls les journalistes des chaînes d’information en continu, qui y voyaient le renouveau d’un homme, se faisaient l’écho de cette communication trompeuse et quasi provocatrice, pour un gouvernement condamné deux fois pour inaction climatique. 

Nous ne pouvons aujourd’hui que contempler un nouveau mensonge de la part d’Emmanuel Macron. Un discours de Marseille qui n’aura servi à rien. Alors que « la politique à venir sera écologique ou ne sera pas« , selon ses propres mots, nous pouvons certifier aujourd’hui qu’elle ne sera pas. Dans l’ordre protocolaire, le ministère de la Transition écologique se voit rétrogradé de la 5ème place à la 10ème place lors de ce remaniement. Le nouveau ministre n’a également absolument aucune compétence dans ce domaine. Maire d’Angers, il s’est illustré comme défenseur du tout voiture, dans l’abattage massif d’arbres et d’une artificialisation folle dans sa ville. Le nouveau ministre s’est également opposé à l’interdiction des néonicotinoïdes lorsqu’il était sénateur. 

La crise écologique et environnementale n’est donc toujours pas prise au sérieux par ce gouvernement. Le GIEC a rendu ses derniers rapports, nous donnant 3 ans pour agir réellement contre le changement climatique. Nous sommes donc à la croisée des chemins pour tenter d’infléchir les émissions à l’échelle mondiale et chaque choix pris aujourd’hui aura des conséquences sur notre futur, et celui de nos enfants. Et le choix d’un ministre non-sensibilisé à l’écologie dans ce moment charnière est une honte absolue mais est également catastrophique pour l’avenir de notre planète

En souhaitant que ce nouveau gouvernement excelle plus dans sa politique écologique que dans son homophobie.

Publié par jscheffer81

Cardiologue ancien chef de service au CH d'Albi et ancien administrateur Ancien membre de Conseil de Faculté Toulouse-Purpan et du bureau de la fédération des internes de région sanitaire Cofondateur de syndicats de praticiens hospitaliers et d'associations sur l'hôpital public et l'accès au soins - Comité de Défense de l'Hopital et de la Santé d'Albi Auteur du pacte écologique pour l'Albigeois en 2007 Candidat aux municipales sur les listes des verts et d'EELV avant 2020 Membre du Collectif Citoyen Albi

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